Gaza du bain de sang à la catastrophe humanitaire

"Vous vaincrez parce que vous possédez la force brutale ; vous ne convaincrez pas parce qu’il vous manque la raison" UNAMUNO 1936

Gaza une langue de terre et de sable aux proportions minuscules et qui pourtant abrite un million et demi de personnes est aujourd’hui réduite à une plaie béante, à un tas de ruines. Cela donne une idée de ce qu’une armée d’occupation est capable de faire. Il ne manquait rien à cette démonstration, il ne manquait rien dans leur panoplie de barbare qui puisse leur faire défaut, rien des nouveaux produits allant du phosphore à l’uranium appauvri rien si ce n’est l’ absence d’humanité. et un déni de justice et de droit humanitaire pour ce peuple qu’ils comparent à des animaux à deux pattes.

Les impératifs guerriers furent baptisés « plomb durci »

Les bombardements vus aux infos donnent une petite idée sur le but poursuivi par cette armée d’occupation : une offensive dont l’ampleur n’a d’égale que le potentiel en équipement mis à sa disposition pour accomplir cette mission de destruction gigantesque, et disproportionnée quand on pense à la superficie du lieu et le nombre de personnes qui y vivent. Il y a là tous les éléments pour être traduit devant un tribunal international pour crimes de guerre. Le monde a retenu le terrorisme palestinien comme exutoire et pour cause, ce qualificatif inonde les journaux télévisés. Aujourd’hui l’Etat d’Israël est surpris en flagrant délit de mensonge après la mise en scène qui a suivi le bombardement des locaux de l’ONU ainsi que d’autres « bavures », se disculpant avec une argumentation tellement invraisemblable qu’elle en devient outrancière. Le mensonge a toujours servi la cause du terrorisme d’Etat, pratiqué sur les populations civiles palestiniennes par Israël (depuis son installation en 1948) et l’ expulsion en masse de 80% de la population palestinienne qui suivit. Mais ce terrorisme la, n’intéresse que moyennement les medias. Dénoncer ou dire la vérité, c’est un peu comme s’ils se tiraient une balle dans le pied .

Catastrophe humanitaire à Gaza

Plus de 1300 morts près de 6000 blessés exsangues, des hôpitaux submergés alors qu’attendent des milliers de blessés graves qu’il faut amputer à la hâte alors qu’ils manquent tout pour opérer ; ils ne peuvent plus faire d’anesthésie ; l’absence de médicaments ne fait qu’augmenter le chiffre des victimes et en premier lieu, les plus vulnérables comme les enfants et les personnes âgés. Ce qu’Israël a appelé « guerre » pour justifier la démesure c’est du terrorisme aveugle. Les bombardements , l’utilisation de bombes au phosphore, les obus à l’uranium appauvri ... c’est quoi si ce n’est pas le terrorisme le plus accompli et le mieux occulté. Les bombardements annoncés par jet de tracts insistant sur l’effet et la force de l’impact des bombes , ce qui produit irrémédiablement un traumatisme psychologique dont on peut imaginer les dégâts sur les populations autochtones sans défense et sans aucun moyen de se soustraire par la fuite. C’est dans un couloir coincé entre la mer (interdite) et Israël que l’armée la mieux équipée au monde (après les USA ,et la Russie) bombarde là où vivent dans un dénuement effroyable 1 million et demi de personnes. A ce moment précis je ne peux m’empêcher de penser à Yeshayaou Leibowitz( 1903-1994 ). Il était la « mauvaise conscience d’Israël » en traitant de « judéo-nazis » les soldats de Tsahal en 1982, pendant la guerre au Liban. Maître à penser du mouvement des soldats qui s’opposent à servir dans les territoires occupés, ce scientifique et philosophe est considéré comme l’un des intellectuels les plus marquants de la société israélienne. Gaza n’est pas sans rappeler le ghetto de Varsovie qui enfermait 380 000 juifs. Gaza n’est ni plus ni moins qu’ un immense ghetto à la fois prison et camp de concentration où sa population paye le prix de sa résistance à l’occupation coloniale de sa terre de Palestine. Israël est un Etat voyou et terroriste qui n’a jamais respecté une seule des nombreuses résolutions des Nations unies depuis 1948. Israël a maintes fois été condamné à respecter les termes des résolutions votées par le conseil de sécurité. Mais rien n’y a fait. Pourquoi aurait-il agi autrement quand il sait qu’il n’y sera jamais contraint ni sanctionné. La preuve, la brutalité avec laquelle, il entre dans l’histoire de la colonisation et la suite qu’on lui connaît comme les dernières démonstrations qui en disent long sur son parcours ainsi que son avenir de colonisateur .

En 60 ans les Palestiniens qui ont vécu en direct la dépossession progressive de leur terre ne sont pas sans nous rappeler les Indiens d’Amérique du nord, « la conquête de l’ouest » deux siècles en arrière.

«  Il est fondamental de détruire non seulement les hommes mais également leurs villages, leurs plantations. Il faut arracher ce qui est planté et empêcher toute nouvelle plantation ou récolte. » « Ce que le plomb ne pourra obtenir la famine et l’hiver y parviendront » Ainsi s’exprimait Georges Washington premier président des Etats Unis héros de l’indépendance et de la Révolution Américaine. Sa doctrine : « l’Amérique aux Américains »(Sic)... certains historiens présentent cette période comme étant la genèse des « Droits de l’Homme »(Sic)... En 1789 Georges Washington général et Président ordonne, en violation du traité, d’envahir les territoires des Confédérations Indiennes. Et il insiste pour que soient tués autant d’Indiens que possible, sans considération d’âge ni de sexe. Ceux qui réchappèrent aux massacres furent parqués dans des réserves. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître la colonisation Israélienne c’est le copié / collé d’un des dénis les plus infâmes de l’histoire : la colonisation des terres indiennes, et l’éradication de sa population. On croit rêver, l’histoire d’Israël de 1948 à Gaza 2008/9 l’opération « Plomb Durci » semble avoir pour motivations un certain mimétisme colonial. Le Plomb Durci ressemble au « plomb » de la métaphorique citation de G. Washington. « Il est fondamental de détruire non seulement les hommes, ... Ce que le plomb ne pourra obtenir, la famine et l’hiver y parviendront. Comment nous devons traduire cela : le plomb « promis » aux Indiens en 1789, eut pour résultat de modifier radicalement le cours de l’histoire. Des populations originaires de ce continent du Sud au Nord subiront en trois siècles une quasi-disparition qui commença à la fin du 15eme siècle : un génocide démentiel ( comme tous les génocides)... Le plomb durci « promis » aujourd’hui aux palestiniens ressemble étrangement au « plomb » qui permit aux " valeureux "colonisateurs, européens de surcroît , d’usurper ce patrimoine enfin vide de ses populations originelles et du même coup arborer avec la Révolution, l’éthique d’une nation libre. La théorie du plomb durci me laisse songeur sur le peu d’humanité de ceux qui ont eu l’idée de transposer cette allégorie simpliste mais qui résonne comme une « solution finale ». La conquête de l’ouest : une colonisation d’une violence inouïe , par des colons sans scrupules qui éradiquaient, éliminant en masse les tribus Indiennes qui peuplaient depuis des temps immémoriaux ce qui deviendra les Etat Unis. Le film « le soldat bleu »de Ralph Nelson 1970 traduit parfaitement cette période : « tuez et scalpez grands et petits. Le temps me dure de patauger dans le sang. Ne laissez pas les lentes devenir des poux... ! (à voir pour mieux comprendre la relation indien /palestinien) Paradoxalement le peuple Palestinien vit à l’identique le drame des indiens d’Amérique du Nord. A Gaza la nourriture vient terriblement à manquer, l’hiver est là, les tanks ont inexorablement tout écrasé sur leur passage. Le peuple palestinien se trouve confronté aujourd’hui au blocus Israélien qui depuis 3 ans organise la privation de tout ce qui est nécessaire à un peuple pour survivre et se soigner. Gaza n’as plus d’eau potable faute de dépendre des robinets israéliens. C’est la même chose pour l’électricité. Colonialisme oblige. Une décision pourtant pourrait changer la donne, mais pour cela les 27 pays membres de l’UE doivent sortir de la logique de soumission aux Etats-Unis et à l’Etat d’ Israël : En refusant l’ isolement politique et l’ étranglement économique des habitants de Gaza. En refusant d’être complices des crimes de guerre et d’un nouveau crime contre l’humanité. Voilà jusqu’où peut déraper une punition collective au goût génocidaire. Aux prochaines élections israélienne la paix sera encore la grande absente de la campagne parce que la paix n’a jamais fait gagner un candidat en Israél. Par contre on s’interroge : aujourd’hui c’est peut-être Obama qui donnera une réponse aux questions. En attendant, observons le fléau de la justice, si il donne pour un poids une ou deux mesures , (selon que l’accusé sera puissant ou misérable.)

Comme dit Nelson Mandela, « il faut avoir conscience du fait que la Palestine est l’une des grandes causes morales de notre temps et qui exige d’être défendue comme telle. Il ne s’agit pas de marchander, de trouver d’habiles compromis ».

Luis Lera janvier 2009


 
 
 
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