Usa-Steele, ou la manipulation ethno-épidermique des émotions...

En plaçant Michaël Steele à la tête du parti républicain étasunien, l’establishment de l’empire, fait délibérément le choix de l’insolite comme nouvelle méthode de fascination des émotions collectives de masses. Ainsi donc, la surexposition excentrique de l’inhabituel est dorénavant la méthode de la société étasunienne en crise. Comme pour prouver au peuple étasunien qu’il n’est pris que pour chose par ses dirigeants, les deux grands partis qui se partagent la dictature de l’électivité, font désormais dans le surfait des minorités ethniques pour opérer la révolution d’apparence afin de sauver leurs riches patrons et pourvoyeurs oligarques de leurs propres aberrations et extrêmes les ayant mis en péril. Mais cet abysse flottant du paraître qu’est la peau foncée, risque, à force de l’évidence même de cette séduction par le racisme inversé, de se retourner contre l’establishment lorsque les minorités ethniques auront découvert que le changment de peau ne change guère le substratum du pouvoir ni oncques ses méthodes. Comme un trou noir politique dont l’accrétion ingurgite toute signification, la face ludique de la politique-people phagocyte le sens et plonge l’univers socio-idéologique étasunien dans un burlesque à nul autre semblable. Désormais, la surenchère caricaturale du pigmentaire (particulièrement du mélanique) atteint les sommets de la manipulation et de l’abêtissement. Michael Steele, nouveau chef du parti républicain est un autre figurant de cette cynique farce du système étasunien en déclin. Sur le plan personnel, tout cela donne l’espoir sans doute aux afro-étasuniens instruits, d’être cooptés par les magnats fumistes de l’establishment. Ce qui, néanmoins, est pernicieux dans cette nouvelle formule d’image par la discrimination positive, est que la masse des minorités s’en paie le leurre de l’intégration lors même où ces individus-image qu’on leur présente sont eux-mêmes non des militants d’une quelconque intégration mais élément d’une assimilation bien rémunérée de leur mérite personnel mis au service du système fondamentalement d’exclusion des masses et minorités discriminées qu’est le capitalisme.

Il faut dire que depuis Obama, de nombreux noirs, de par l’Occident, se disent que c’est leur chance de devenir chef, de s’efforcer d’être présélectionnés par les dieux déchus et maudits qui, en « temps normal », savent bien user avec dédain et racisme des minorités ethniques. Alors, l’on comprend que dans l’empire en décadence qui donne le ton à tout cela, et fort de la gigantesque réussite du test obamaïque dans l’opinion publique, les décideurs des coulisses, se permettent un surcroît de doublures dans le cinoche grotesque qui est le leur. La politique de doublure, en effet, est la technique classique des classes du pouvoir évitant habilement de se mouiller à l’eau putride des conjonctures de crises sociales trop aiguës, qui préfèrent parfois donc en ces circonstances - au lieu d’avoir leurs authentiques représentants, et, pour ménager ceux-ci en vue de temps moins tempétueux - projeter à l’avant-scène des membres de minorités ou majorités opprimées pour faire fonction de vedettes politiques dans une société obnubilée par l’image et le vedettariat. Classes de pouvoir qui, dans ces occurrences de démagogie, jouent le tout pour le tout afin de porter plusieurs coups par la seule pierre lancée de la figuration des catégories discriminées (catégories qui peuvent autant être majoritaires que minoritaires dans la société). Le premier coup évident porté consiste à préserver la crédibilité des politiciens authentiques de leur classe ; le second coup, moins obvie, vise à placer à la proue, en temps difficile de désagrégation de leur système, ceux qu’ils abhorrent et dédaignent afin de mieux dénigrer l’ethnie à laquelle appartiennent ces désignés-doublures qui serviront le cas échéant de tampon des flux malsains du moment ; et enfin, en troisième coup, prévenir la révolte des minorités et masses prises au leurre de la fascination et de la séduction que leur procure cette prestidigitation politique de l’establishment.

Le triste dans cette forfaiture, c’est la gravité de l’affect sociopolitique qui fait que cette démagogie soit en train de gagner les consciences déjà fragiles des masses discriminées de ces ethnies et qui veulent dans leur représentation très émotionnelle, croire à cette mascarade systémique. Comme j’aime à le dire : donnez aux exclus traditionnels de la société, l’illusion qu’ils sont au pouvoir par des symboles, et ils vous donneront leur âme, vous supplieront de faire ce que vous voulez de leur vie ! Les populations humaines jadis asservies et constamment infériorisées sont à ce point marquées par l’écrasement et le traumatisme, qu’elles consentent à vivre par procuration du système qui les a toujours tyrannisées. Elles se disent alors qu’à défaut de pouvoir changer le système, vaut mieux l’intégrer. Elles ignorent dans leur engouement simpliste qu’aucun système établi ne fait de cadeau. Et que les opprimés ne s’affranchissent qu’en créant leur propre système ou en transformant par leur action structurelle-structurante, leur organisation politique propre faisant pression et démonstration de leur force, le système des oppresseurs. Mais cette possibilité de création et de transformation systémique radicale, n’existe que dans le cas où les opprimés comprennent les mécanismes de leur servitude par le système ambiant et apprennent qu’ils ne peuvent rien en attendre. Tant que l’opprimé croit pouvoir attendre quelque chose de la bonté ou de la conversion des bourreaux, il sera le berné ridiculisé dans la société des riches. Car en oubliant que leur subtile condition d’opprimés - présentée comme naturelle voire fatale par les médias officiels qui font tout pour rendre intangibles les causes de la précarisation du sort des majorités sociales - s’inscrit fonctionnellement dans les structures et institutions du système, les peuples se feront toujours avoir en bons alliés de leurs bourreaux, en tristes aliénés soumis à leurs contempteurs. Aliénés singeant la liberté sous les pieds des banquiers, des financiers et des gouvernements félons des droits économiques démocratiques des peuples dans l’État ploutocratique véritablement dirigé par une infime poignée de super riches. Là, aucun symbole rendant artificiellement ostensible une hypothétique intégration qui n’est guère en fait qu’assimilation du figurant ethnique et symbolique, ne peut changer la réalité des minorités ethniques, ni des majorités délaissées.

Dans ce monde, hélas, la couardise intellectuelle et l’évitement d’affrontement idéel et actif d’une réalité très ancrée et difficile à changer sans un mode créatif de substitution révolutionnaire, laisse la place aux dirigeants de l’ordre actuel s’érigeant metteurs en scène producteurs de singes, pour assouvir le besoin de spectacle des asservis indolemment satisfaits d’une libération d’apparat et par procuration. Asservis faisant le choix de la facilité, se privant pitoyablement de l’intellection de leur condition, allant jusqu’à haïr les intellectuels qui osent leur montrer la voie, préférant objectalement servir et flagorner leurs maîtres propriétaires.

Croyance et idolâtrie des dogmes du système.

Dans une société où les hommes délèguent leur capacité d’interroger et de comprendre par eux-mêmes aux officiels et à leurs médias, l’on conçoit immédiatement la déchéance de l’intelligence collective rendue rituelle comme par une sorte de croyance aveugle en l’infaillibilité des papes systémiques. Le dogme d’infaillibilité est désormais laïc dans le monde sécularisé. Abdication coupable des majorités mollement confortables de leur désinformation. Est-ce un habitat humain ou une usine d’objets que le monde ?! Les hommes sont-ils dignes d’être appelés humains ? Ce n’est même plus une mentalité primitive de horde, mais une avalanche de réactions automatiques chez les nouvelles machines biologiques que deviennent les douteux êtres humains de notre impropre civilisation contemporaine. Une servitude si forte, si profonde, si bien programmée, que les automates organiques en arrivent même à haïr tout ce qui n’est pas programme et activation systémique ! Il y a même ceux, et ils sont légion, qui croient vraiment que la terre peut disparaître puisque l’homme, tel que promis par les savants de la Nasa, pourra coloniser d’autres planètes qu’il rendra vivable pour son espèce après avoir rendu invivable la terre qui lui a été offerte avec tout ce qu’il faut et qu’il a détruit par ses saletés mentales et comportementales. C’est vraiment n’importe quoi ! C’est une autre preuve que beaucoup d’hommes ne dépassent guère le statut de chose dans le contexte réflexe de la société de désinformation. Et, même si, comme le dit un vieil ami : « il faut beaucoup plus de foi pour croire aux dogmes de cette ‘science’ qu’aux dogmes religieux », j’en connais qui rêvent vraiment habiter une autre planète !

Pour revenir à la politique, nous sommes maintenant devant une idéologie épidermique de mode. Le noir, d’ailleurs, était longtemps déjà à la mode dans le système nord-américain dans le spectacle (showbiz), le sport et le sexe. Par exemple, c’est une mode sexuelle dans certains milieux en Amérique du Nord que la petite blanche branchée couche au moins une fois de sa vie avec un noir ! Cette mode, d’ailleurs, entretient le mode social illusoire de l’absence de racisme que l’on veut faire accroire ! Tout comme c’est une mode de pratiquer le piercing ou le tatouage pour les punks. Mais ce qui est désormais dangereux pour les minorités ethniques (noires ou autres), c’est le fait que les establishments blancs souvent racistes, de toutes façons discriminants (étasunien et autres) étendent cette mode à la politique et leur laisse croire qu’elles sont au pouvoir par figuration. Que l’on peut être au pouvoir par figuration et procuration systémique ! Et que ces minorités dans leur émotion - cette désastreuse et asservissante privation de recul dans la lecture du social - risquent de consacrer inconsidérément le mensonge ! L’on comprend que rendre le peuple émotif et surexcité par le sport, le sexe et les spectacles de tous genres, soit une démarche forte et prioritaire du système pour émousser la raison par l’émotion, ce domaine du réflexe empêchant le réflexif, minant jusqu’à la faculté de réflexion.

La liberté, plus qu’un déferlement d’enthousiasme des opprimés entraînés dans la danse du maître qui donne des illusions d’inclusion sociale aux exclus, est travail sur soi, affrontement idéel et actif de la réalité de servitude afin de forcer l’avènement du nouveau. Sinon, il n’y aura que l’ostentation d’une liberté factice, manipulatrice jetée aux asservis comme des miettes lâchées en pâture à des bêtes en cage pour gagner leur calme et pérenniser leur domptage !

La politique, quand elle est prise en main par le peuple, devient le catégorème de l’action sociale. L’action sociale est donc cette part d’engagement des citoyens dignes de ce nom, parce que dépassant le statut de simple masse d’individus que l’on appelle aux urnes à chaque élection pour légitimer les présélectionnés de la classe du pouvoir. Voilà pourquoi, l’engagement social par la politique, est et reste le principal dévolu de la citoyenneté qui, sans lui, n’est que singerie de masse, ineptie collective d’individus faits choses organiques, ombres ambulantes du système oligarchique.

L’homme pris au piège d’une fascination irrationnelle.

Jusque là, on a appris à la plupart des hommes en société de fonctionner comme des animaux fascinés et si primitifs, qu’ils vénèrent leurs oppresseurs distants d’eux, les majorités, grâce aux ressources qu’ils leur ont prises et au pouvoir que celles-ci [confèrent], dont les oppresseurs usent pour les soumettre. Et de la fascination pour la « supériorité » de ces soi disant élites économiques, surgit et se maintient l’aliénation quasi collective des majorités. Comme ces soi disant braves gens du peuple qui préfèrent insulter et dénigrer celui qui est à hauteur d’eux pour déifier leurs bourreaux systémiques, cerbères structurels qui les asservissent !

Ah ! Vraiment anthropophages État et société ! Il faut, pour humaniser un tant soi peu la société de ce troisième millénaire à tord dit de l’ère chrétienne, travailler pour que le 21ème siècle sonne le glas de ce non sens collectif de la fascination idolâtre de la plupart des peuples pour l’apparat de leurs bourreaux !

Actuellement, les manipulations "ethniques" de l’establishment étasunien, nous amènent particulièrement devant le problème de la sensibilité de soumission de l’homme pris au piège de la fascination irrationnelle. L’homme ami de la liberté doit maîtriser et dépasser ses émotions et sa sensibilité programmées, conditionnées par le système. Triompher du prêt-à-penser du pouvoir produisant l’humanité en horde, et refuser l’ordre des financiers cachés derrière le spectacle attrayant du pouvoir soi disant proche des délaissés, est dans le contexte actuel de ce statu quo planétaire puant, le seul choix social de dignité et de liberté. Certes, au stade marginal l’action citoyenne effective, libératrice peut provoquer l’ostracisme et l’excommunication des oppresseurs au pouvoir, mais leur temps est compté et leur influence immédiate peut être neutralisée si les peuples enfin dessillés, l’exigent ! Car la révolte et le changement radical sont le chemin de l’autre pouvoir possible, celui des opprimés émancipés et refaisant le monde. Car comme toujours, quand les exclus se mêlent de construire le monde selon la justice, le monde simiesque des maîtres, tremble et s’effondre...

Aux hommes et femmes des états de voir s’ils sont jouets que les dirigeants manipulent à travers des symboles ou s’ils veulent devenir des citoyens agissant, des hommes qui n’idolâtrent plus les banquiers et financiers, ces despotes bouffis et criminels se déifiant grâce aux richesses du monde qu’ils monopolisent en désinformant et en domestiquant tous les peuples ! Autrement dit, c’est aux peuples seuls de prouver leur humanité ou leur choséité ! Aux peuples de savoir s’il est bon de maintenir l’imposture oligarchique réifiante ou au contraire, s’il faut l’expédier à la poubelle de l’histoire !

Que les masses sachent que le « yes, we can » obamaïque, ne peut avoir de sens que par la transformation profonde du système dans ses structures socio-politico-économiques et non dans le spectacle d’un visage de quelque teint que ce soit, faisant exhibition au zoo politique des oligarques maîtres du véritable pouvoir social dans un statu quo séculaire qui n’en finit pas de durer !

Que vienne pour les peuples, l’heure de suspendre l’amalgame entre l’inclusion sociale effective et la démagogie du symbolique mimant le pouvoir des exclus pour mieux les garder dans l’exclusion !

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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