Vide-greniers à l’Elysée

Analyse du sommet social du 18 juillet du point de vue de Sirius, pour l’Elysée. Le nôtre, pour les pôv’ cons.
Mesurettes et Verroteries sont dans un bateau. Verroteries tombe à l’eau, que reste-t-il ? Rien.

Rien qu’une goutte d’eau dans le Sahara du pouvoir d’achat en chute libre, des salaires qui stagnent, et régressent même, grâce aux changement autoritaires du nombre d’heures travaillés, de la fonction, grâce à la mise en chômage « technique », grâce aux investissements hasardeux, grâce aux caresses prohibitives prodiguées aux actionnaires.
Rien qu’une goutte de Chanel n°5 dans l’océan, tant le logement demeure stratosphérique pour les trois-quarts des français. Rien qu’une brasse indolente dans le tsunami, pour ceux qui ont deux boulots n’arrivant pas à faire une unique activité bien payée et épanouissante. Antique activité, qu’on voyait encore avant que le premier cow-boy de la série américaine « pile je gagne, face tu perds » ne monte à la Maison Blanche, avec Milton Friedmann dans sa musette, avant que les ultra-décomplexés ne déboulent sur la piste avec leurs images dorées et leurs grosses masses.

Donc, la première tranche de revenu saute. Est-ce que ça va changer quelque chose au fait que cet effacement est quasiment indolore sur l’ampleur des problèmes financiers que rencontre aujourd’hui une personne, une famille avec des revenus même moyens, tant tous les éléments de la vie sous Marché sont hors de prix ?

Toujours dans le rouge à la fin du mois. Toujours obligé de passer au demi le moins cher au café, définitivement abonné au tabac à rouler tant que quelqu’un n’aura pas cogné sur le prix des Camelles. Toujours obligé d’écouter le répondeur sophistiqué de la CAF, toujours rat de bibliothèque pour s’administrer sa dose de culture presque gratos, même si datée. Toujours à hésiter en Mc Daube et Kentucka Poulet Carton pour calmer les gosses qui veulent consommer les préconisations ADSL pour consommacteur pré-pubère.

Donc, le reste, puisque reste il y a dans l’immense rien qui nous est délivré sur grand écran.

Chômage partiel indemnisé mieux. Excellente initiative. Au conditionnel. Vieux et familles avec un handicapé, un bon d’achat de 200€. Magnifique opportunité de s’offrir le dixième d’un implant dentaire, ou un nouveau fauteuil roulant entrée de gamme. Prime rentrée scolaire, 150€. Trois cartables tous neufs, ça déchire. Les vêtements neufs, chaussures, stylos, cahiers, classeurs, chemises, cantine, transport, sorties scolaires, forfait mobile sont offerts par votre porte-monnaie.
Formation des jeunes : concertation à l’horizon événementiel potentiel. On pourrait améliorer la formation, la formation pourrait être meilleure, il faut vous réunir, partenaires sociaux, pour décider des mesures envisageables qui pourrait constituer l’esquisse d’un projet. Fonds d’investissement social : l’Etat pourrait financer à hauteur de 2,5 milliards. Méga-géant, c’est carrément autant que le dixième donné aux titulaires de comptes Bahamas, appelés banquiers. Seulement la moitié financé par l’Etat. Les caisses sont pleines de vide. Ah bon ?...Bel effort, reconnaissez-le. Mais il faut ça pour remettre l’emploi sur les rails de la route qui monte après la pente, mes chers amis électeurs.
Les entreprises n’attendent pas pour licencier à tour de bras ? Elle passe la surmultipliée dans la production de kleenex par effet d’aubaine ?...Allons, allons, je ne suis celui dont on dira qu’il a osé substituer l’Etat aux partenaires sociaux, qu’on se le dise.

Toutes ces immenses mesures structurelles qui vont radicalement s’attaquer au fond des problèmes sont, bien entendu, souhaitées par le chef de l’Etat, à défaut d’être actées illico presto. Modalités, financement exact et dates précises viendront. Bientôt.

Pour parachever la valse piécettes et claques sur l’épaule, le pilote nous a vanté le travail. Travail dont il a quelques années d’exercice au compteur, comme avocat d’affaires. Mais il travaille 120 heures par semaine à représenter le peuple, votre discours niais du « tous-pourri » alimente la montée de l’extrême-droite !...
L’extrême-droite qui revendique ce nom est quasiment au Père-Lachaise. Mais il demeure toujours difficile de faire passer l’activité d’élu pour un travail, au sens où l’entend un salarié moyen rentrant crevé à la maison.

Ou alors considérer qu’être libre de fixer son emploi du temps, choisir ses interlocuteurs, ne pas avoir de patron, ne pas avoir de compte à rendre sauf à ses pairs qui n’en demandent pas, ne pas avoir de remontrances et encore moins de harcèlement de la part des petits chefs, constitue l’obligé et pénible exercice que nous appelons travail aujourd’hui.

Car appeler « travail » cette merveilleuse autonomie, extrêmement bien rémunérée, avec petits avantages afférents, qu’est l’activité d’élu de la Nation, l’assimiler au vrai boulot qui nous obsède, nous épuise, nous rémunère peu et bouche les horizons ensoleillés de la vie à la plupart d’entre nous, paraît, comment dire, abusé.

Bref, les exhortations de Sarkozy pour que nous travaillons plus sonnent de manière aussi pertinente que celles d’un PDG d’industrie pétrolière encourageant ses employés à mieux trier leurs déchets, pour préserver l’environnement.

Pour prendre un peu de hauteur, par rapport à ce qui n’est finalement qu’un bref passage de temps télévisuel à huit minutes/lumière du soleil regardons, pour clore l’exercice, la prestation sarkozienne d’un point de vue global.

La tentative, du point de vue de l’environnement, apparaît inévitablement comme un gaspillage d’énergie patent, pour saupoudrer le statu quo et maintenir le cap droit sur l’effondrement socio-économique à l’horizon.

Elle s’avère donc strictement anti-écologique, ce qui, à l’heure où Borloo repeint tout en vert, fait un peu désordre.

Nul ne s’en étonnera néanmoins, Nicolas Sarkozy n’ayant, ni de près ni de loin, le profil d’un décroissant. Sauf dans les sondages.


 
 
 
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