"A Droite toute" : Merci

Suite à la Diffusion sur France 3, le dimanche 8 février 2009 de 20:30 à 23:30, des deux épisodes de 100 minutes de "A Droite Toute" de Marcel Bluwal, produit par Phares & Balises (Jean Labib), Le Monde - Télévision de la semaine du 23/02/2009 au 01/03/2009 a publié partiellement cet article de Marcel Bluwal et de Jean Labib. Le voici en totalité...

À Droite Toute : MERCI !

Merci au million sept cent mille téléspectateurs qui nous ont manifesté leur approbation franche et souvent même leur enthousiasme après avoir vu sur France 3, chaîne nationale désormais affranchie des impératifs catégoriques de l’Audimat, A Droite Toute, cette fiction que nous avons produite, réalisée et qui a été diffusée le 8 Février 2009.

Plus d’infos sur ce film

Sujet politique jusqu’à présent tabou, la « Cagoule », pensez ! Intrigue complexe et à priori déroutante, personnages voulus subtils et subtilement joués, les téléspectateurs ont, pendant 3 heures et demie, tout engrangé et applaudi, leurs réactions nous le prouvent surabondamment. Quant à la presse, elle n’a pas été en reste, bien au contraire.

C’est clair, l’Audimat, n’a pas réussi à formater tous les Français téléspectateurs. Et précisément, nous pensons que A Droite Toute est parmi les premiers exemples d’un travail indispensable à une télévision nationale généraliste digne de ce nom.

Bien sûr, ce film a été pensé, écrit, produit et réalisé, alors que les chaînes publiques vivaient encore, en soirée, sous la férule du professeur Audimat lequel a une fâcheuse tendance à faire croire qu’apprendre plus loin que « lire, écrire et compter » est inutile à la masse des téléspectateurs français. Pourtant, France 3 et France 2 ont obstinément propulsé ce projet jusqu’à sa diffusion, désormais « libre ». Grâces en soient rendues à tous ceux qui ont oeuvré pour que cette exception existe.

Ne nous cachons pas derrière notre doigt, nous pensons, nous, que ces 6,7% de part d’audience (oui, vous avez bien lu, 6,7%), sont le signe d’un vrai succès public. Absolument. Public.

Succès réel, bien entendu, mais très relatif comparé au triomphe actuel de l’addiction crée par d’autres formes de narration beaucoup plus complaisantes chez des millions de gens chloroformés à leur insu et parfois très habilement.

Mais c’est là précisément ce à quoi il va désormais falloir travailler. Et dur. Et longtemps. A patiemment désemboiter la tête du plus grand nombre de téléspectateurs possible de ce carcan appelé « formatage ».

Ce formatage imposé par les écrans publicitaires et à quoi les décideurs, les auteurs, les réalisateurs se sont trop longtemps pliés. De très mauvaise grâce, bien sûr, mais pliés tout de même : il faut bien vivre.

Et si cette tribune a un sens, c’est celui-ci : un appel.

Un appel à ceux, justement, qui ont en main, à travers la télévision, instrument capital de culture, l’imaginaire de l’ensemble des Français, c’est-à-dire les responsables des chaînes, les producteurs, les auteurs, les metteurs en scène. L’occasion nous est donnée et par la loi, une fois n’est pas coutume, de nous dégager les bronches. Prenons donc la loi au mot.

Il y a de la place pour tous les genres et nous pouvons, si nous en avons l’audace, travailler désormais pour un public adulte dans des chaînes publiques différentes des autres. Alors, libérons à notre tour la Nouvelle Télévision Française.

À condition, bien entendu, que l’existence et le financement de cette nouvelle télévision soient pérennes.

Marcel Bluwal, réalisateur Jean Labib, producteur.


 
 
 
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