Conférence de presse du LKP du mercredi 18 février 2009

le 18 février 2009 Sources : UGTC

Cela fait maintenant quatre semaines, presque jour pour jour, que les travailleurs sont dans la rue à revendiquer. Tout le monde est d’accord pour dire que oui, le coût de la vie est chère, que les travailleurs ont raison.

Pourtant nous en sommes arrivés au pourrissement de la situation, tout simplement parce qu’il y a un certain nombre de gens représentées par M. JEGO qui ont refusé d’assumer leurs engagements, engagements conclus le 08 février au matin à la préfecture. Mais c’est également le patronat qui en quatre semaines n’ont jamais fait une seule proposition ; alors que nous sommes toujours là, mobilisés, et que nous attendons, debout dans la rue. C’est également M. DESFORGES [préfet de Guadeloupe] qui justement, au lieu de respecter l’engagement de l’Etat, a envoyé ses manblos (forces de répression) pour tabasser les Guadeloupéens et les traiter de "sales nègres".

Dès lors, tous viennent dire aujourd’hui, " oui, certes, mais n’était-ce pas évitable ? ". Tous viennent aujourd’hui faire de beaux discours appelant au calme... C’est bien beau de venir aujourd’hui après la tempête ; mais c’est avant qu’il fallait entendre et écouter ce que les travailleurs disaient et revendiquaient.

Comment peut-on admettre que dans un petit pays de 450000 habitants, qu’on ait plus de 100000 manifestants dans les rues chaque semaine ; que le pays soit bloqué depuis quatre semaines, et que la seule chose qu’on nous dise [ie : les politiques de Guadeloupe] c’est de " restez là, nous irons voir ce qu’il y a là bas et nous leur parlerons [ie : à l’Etat, au gouvernement français], et nous leurs parlerons, nous vous parlerons.

Eh bien, maintenant il faut que chacun assume aujourd’hui sa responsabilité, et en premier lieu M. JEGO et l’Etat français. Et ce matin encore, Mme ALLIOT-MARIE, ne dit même pas un mot sur le camarade abattu et se contente d’anonner : "il faut restaurer l’ordre, il faut restaurer l’ordre". Alors que cela fait quatre semaines que le pays est mobilisé, et que tout le monde nous ignore.

Et là, nous nous adressons particulièrement aussi aux jeunes. Trop souvent dans les discours, l’on stigmatise les jeunes. Mais nous nous disons simplement que si aujourd’hui il y a autant de révoltes à Baie-Mahault, Pointe-à-Pitre, Port-Louis, Pointe Noire, Bouillante Deshaies, partout dans le péyi GWADLOUP, c’est véritablement parce que le malaise est total et général. Et que si ce conflit n’est pas réglé, si l’on ne prend pas les décisions qu’il faut pour le régler immédiatement, cela signifie que l’on est proche du chaos social.

Aujourd’hui, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans est de 60% ! Et depuis ce matin nous entendons un certain nombre de personnes et notamment un certain nombre d’élus qui ne font rien qui n’utilisent pas leur mandat pour régler les problèmes et aider les gens dire que c’est la faute du LKP. Comment alors expliquer qu’il y ait autant de monde dans la rue, en même temps ?! Comment alors expliquer que c’est toute la Guadeloupe qui est mobilisée et concernée ?! Eh bien c’est tout simplement parce que la désespérance est totale et générale ! Il faut donc des réponses, et la répression n’est pas une réponse !

Car personne ne nous fera croire, ni ne fera quiconque croire que LKP monte la tête des jeunes, ni des autres. Personne ne fera croire que la vie est différente dans ce pays : Oui, il y a de la misère ; oui, il y a de la désespérance sociale dans ce péyi ! Et tous les cris que l’on entend et voit aujourd’hui, ce sont ceux de la désespérance, notamment chez les jeunes. Et c’est pourquoi nous disons, que même nous, nous n’avons jamais pensé que la situation était aussi criante et aussi profonde. Et aujourd’hui, ce n’est pas simplement le protocole d’accord de LKP, ce n’est pas simplement un accord interprofessionnel sur les salaires qui règlera la situation. Il faut un véritable plan d’urgence pour la formation professionnelle et pour l’emploi pour permettre aux jeunes guadeloupéens de travailler et d’être formés en Gwadloup. Voilà ce qu’il faut faire !

Ils faut qu’ils entendent ce qui se passe depuis quatre semaines où qu’il s’agisse de l’Etat et de certains élus, qu’il s’agisse des patrons : tous se contentent de jouer !

Tout cela pour réaffirmer aussi que nous restons mobilisés et que nous appelons le peuple de Gwadloup a tenir la mobilisation. Et que bien évidemment, le camarade [ie : Jacques BINO] est tombé ; qu’il était un militant. Nous pensons à lui et à sa famille. Mais lui, il aurait voulu que nous continuons la lutte. Et nous avons le devoir de de continuer pour tenir ce flambeau et pour montrer à l’Etat français qu’il ne fera pas avec nous ce qu’il a fait avec d’autres ! Que nous ne sommes pas leur serpillères ! Et que tout ceux qu’ils envoient pour nous détourner de la vérité, aille leur dire que nous ne nous détournerons pas de cette vérité : depuis un mois nous manifestons en ordre ! Quel autre pays au monde qui peut offrir l’exemple de manifestations et de mobilisations aussi importantes sans qu’il y ait aucun problème ?!

Dans le même temps les nous entendons que c’est seulement aujourd’hui que Mme ALLIOT-MARIE monte une cellule de crise ! Et quelle proposition font-ils ? Eh bien, c’est de renforcer l’ordre !

Nous demandons aux camarades présents sur les barrages de les assouplir pour permettre le passage, mais nous ne levons pas les barrages ! Nous ne levons pas les barrages ! Nous autres assumons nos responsabilités ! Que chacun assume les siennes ! Et singulièrement l’Etat français qui a négocié avec nous le 8 février dernier un protocole, un accord interprofessionnel sur les salaires ! Et que personne ne vienne jeter le discrédit sur LKP, ni sur NOMERTIN, ni sur FLEMIN, ni sur DOMOTA, ni sur aucun autre dirigeant de LKP.

Publié par Lyannaj kont pwofitasyon (LKP) le jeudi 19 février 2009


 
 
 
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1 commentaire
  • Conférence de presse du LKP du mercredi 18 février 2009 22 février 2009 10:05, par Taimoin

    Légitime est la lutte des guadeloupéens.

    Le patronat local est au-dessous de tout, enterré sour le pognon, indigne jusqu’au trognon.

    Il se pourrait qu’à force de défendre l’indéfendable, appuyée sur un Etat qui se renie honteusement et envoie des flics racistes pour toute réponse à la misère, à l’esclavage moderne et au profit insensé, que cette cohorte de minables ploutocrates se retrouve allègement bastonnée.

    Elle pourra toujours téléphoner à l’Elysée ou Matignon pour se faire plaindre.

 
 
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