T comme "Traite négrière" suivi par : "De la France métropolitaine et des Antilles"

"Si ce sont les victimes qui jugent leurs bourreaux, il n’y a plus de justice. On règle des comptes.
- Oui Matthieu.

- Mais alors, qui nous rendra justice ? La justice d’un raisonnement juste dans la justesse d’un affranchissement courageux et altruiste ?

- Où veux-tu en venir, Matthieu ?

- Quand on juge un crime, ce qu’on juge en premier, c’est la victime. Alors, dites-moi quel regard vont porter sur cette victime tous ceux qui sont chargés de lui rendre justice et je vous dirai quelle sera la peine prononcée. Oui ! C’est bien la victime qu’on juge en premier. Toujours ! Et plus la victime nous est culturellement étrangère et géographiquement éloignée, plus magnanimes nous sommes quand il s’agit de punir et d’entretenir dans la mémoire collective toute l’horreur du crime. En d’autres termes, dites-moi, pauvres victimes que vous êtes, où et comment vous viviez avant qu’on ne vous asservisse, qu’on ne vous déporte et qu’on ne vous massacre... dites-moi aussi qui sont vos bourreaux et les juges de ces mêmes bourreaux - sans parler de leurs avocats -, et je vous dirai quelle sera la sentence prononcée et quelle place le crime perpétré occupera dans l’Histoire.

- Bien Matthieu. Bon. On pourrait peut-être...

- Attendez ! Je vous donne un exemple. Prenez la traite des noirs...

- La quoi ?

- La traite négrière !

- Ah ! Nous y voilà, donc ! Je me disais bien que... Tu ne vas pas remettre ça. On n’a pas le temps. Désolé Matthieu !

- Et pourquoi pas, après tout ?

- On n’a pas le temps, je te dis !

- Ecoutez ! Si l’Histoire ne s’est jamais vraiment intéressée à cette Traite Négrière qui a dû faire des pieds et des mains pour être entendue, c’est bien pour la raison suivante : dans l’imaginaire d‘un monde civilisé et arrogant, les victimes ont quitté une condition jugée peu enviable pour une condition jugée guère plus avilissante. On leur a fait quitter une existence jugée primitive et précaire, aux mœurs d‘un goût douteux et leur déportation puis leur exploitation les ont plongés dans une condition jugée ni pire ni meilleure.

- Oui. Vu comme ça, Matthieu...

- On peut légitimement affirmer que le crime n’a pas remis fondamentalement en question leur condition de vie. Comprenez bien une chose : ce qui était en cause, ce n’est pas la couleur de leur peau. Leur seul tort à eux tous, c’était d’être primitifs et éloignés culturellement et géographiquement de leurs bourreaux, dans un premier temps et puis, des juges et des historiens, dans un deuxième temps car, plus les bourreaux nous sont proches et plus leurs victimes nous sont culturellement éloignées, plus il nous est difficile de compatir et moins on compatit, plus légère est la peine et plus courte est la mémoire. Si on ne prête qu’aux riches, sachez qu’on ne prête qu’aux victimes civilisées toute l’attention que mérite le crime commis contre elles. Faites d’un peuple civilisé, un peuple d’esclaves et plus grand sera votre crime. Réservez le même sort à un peuple jugé primitif et votre crime sera vite oublié ou bien, minimisé car, quand on veut se débarrasser de son chien, on précise bien qu’il a la rage et qu‘il s‘agit d‘un animal et non d‘un être humain ; même si aujourd’hui, il semblerait que seuls les animaux domestiques soient encore dignes de respect.

- T’as fini ?

- Oui.

- Bien Matthieu, bien. On peut peut-être y aller maintenant.

- Y aller ? Mais où donc ?

- Loin des victimes, des bourreaux et des juges ; que je n’aie plus à t’entendre."

Extrait du titre inédit

 : "Des apôtres, des anges et des démons"


De la France métropolitaine et des Antilles

A en juger par les revendications du LKP - revendications plus proches de l’aumône et de la charité que de toutes autres demandes qui émaneraient d’une société un tant soit peu concernée par la recherche d’un équilibre entre ses différents composants civile, politique et économique -, il semblerait bien qu’il y ait quelque chose de pourri au "royaume" des Antilles.

Demande (entre autres) de baisse des prix des produits alimentaires de base...

Doit-on parler d’émeutes de la faim ?

Peut-on imaginer en France métropolitaine une réunion entre les patrons d’Auchan et - disons -, les représentants des petits salariés et des foyers populaires autour de la baisse du prix du lait, du riz et des pommes de terre ?

On n’y distingue plus qu’un tout petit bout de France, de République et d’Europe (Etat de droit, relations adultes et contractuelles entre les différents représentants de la société politique et civile), dans ces Départements d’outre-mer !

***

Aux Antilles, un mouvement de révolte a lieu tous les 40 ans. Les dernières émeutes datent de mai 67 ; elles ont fait une centaine de morts parmi les manifestants.

Mais alors... qui, le reste du temps, "tient" cette population ?

Population-otage livrée à tous les arbitraires possibles et imaginables, à un paternalisme infantilisant proche du mépris, aux salaires obscènes versés par des porcs et au racket alimentaire exercé par des "enseignes géantes" dirigées par des truands en col blanc ?

Qui donc ?

Les Békés, les continentaux de l’administration de l’Etat et du secteur privé et quelques antillais relais-complices - métisses ou pas -, eux tous prospérant sur le dos d’une population le plus souvent hébétée sous le poids d’un quotidien dans lequel rien, jamais rien ! n’est acquis - un quotidien à la Sisyphe ?

***

Les événements des Antilles, c’est encore un autre miroir qui nous est tendu - un de plus -, et devant lequel, encore une fois, on ne pourra que baisser les yeux, converts de honte mais... la rage au ventre.


 
P.S.

Toile présentée de l’artiste peintre Ursula ULESKI 100x180 acrylique sur toile - Humain trop humain - Révélation

 
 
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2 commentaires
  • A ce jour, les allocations vieillesses, RMI, AAH... des Allocations Familiales et de la Sécurité Sociale n’ont toujours pas été versé et ce depuis le début janvier.

    Les organismes qui ne sont pas gérés QUE par des sympathisants du LKP sont toujours ou à nouveau en grève pour une période indéterminée et probablement longue si l’on se souvient de ce mouvement pour augmenter de 4 Euros des chauffeurs livreur d’un grand "Laitier Métropolitain" qui à duré près d’UN AN ! Les tentatives de livraison par avion étant détruites dans les supermarchés quand elles y arrivaient, par camions accompagnées d’escouades de gendarmes armés.

    Depuis toutes ces années, QUE recherche donc le mouvement et quel est son but profond ? L’indépendance ? La population se sentant financièrement soutenue par un état puissant, le refuse, face au travail que cela demanderait et à l’entente fort peu probable entre ses représentants actuels.

    Des morts ? Cela ferait bien sur leur carte de visite contre la "Patrie des Droit" de l’homme en allant à Cuba ! Et quelle belle cohésion gagnerait le mouvement !

    Des améliorations supplémentaires :(semaine à 32 heures, transport vers la métropole contre un billet de métro...)(avec jeu de mot), péage d’accès aux plages selon le faciès...

    Qui dira que le LKP, ou ceux qui se cachent derrière lui, entraîne l’île et peut-être l’archipel vers le néant ? Les répercussions vers le système de soins ne vont pas tarder à se faire sentir. L’IEDOM (institut d’émission d’outre mer) étant fermé, quelle banque va prêter aux collectivités, déjà passablement endettées, pour payer les pompiers, les policiers...Tous ceux qui assurent l’ordre Régalien de l’état ?

    Demandez ou allez voir les habitants des îles d’alentours qui bénéficient du "Common Wealth" et de programme d’ONG Américaines ou Anglaises. Avec des formations de cueilleurs de canne à sucre, ils découvrent le tourisme de luxe (St Kits, Nevis, La Dominique... ! Ou bien quelques puissants barons veulent-ils s’emparer du territoire pour confortablement gérer leur affaires...stupéfiantes ! Un peu comme à Haïti...l’île au Président défroqué !

    Ce n’est pas vers le leader, plutôt courageux, qu’il faudrait se retourner dans une enquête déjà vouée au classement "sans suite". Mais approfondir les tréfonds des organismes qui le soutiennent... et pour encore un bon moment. Que découvrira-t-on ? La C.I.A., La DGSE, le NKVD, les Chinois... Mais qui osera publier de telles révélations (L’expérience de "l’Ingénieur Agronome" à Port aux Princes à convaincu tout le monde)(Très bon film, allez le voir !)

    La République peut-elle se permettre de tolérer cette zone de "non droit", même à 8000 km de chez elle ? Le petit "Nicolas" restera-t-il de marbre encore longtemps face aux contraintes qui s’accumulent devant sa porte ? Et pas en Millions d’Euros...

    De toute façon, la France, incapable de gérer ces colonies ou dépendances, les perdra toutes...La Bretagne, l’Alsace, le sud, le Pays Basque...

    Même pas sûr qu’elle réussisse à conserver l’Ile de France !

  • Un des points ignorés de cette crise de la négraille est que bon nombre de grévistes ont subsisté grâce aux jardins créoles et à l’auto-suffisance partiellement réussie en ces semaines de grève générale.

    Ah bon !??

    "un quotidien à la Sisyphe ?"

    oui, on se souvient du joli "Titan La" de Malavoi.

    Qui montait et descendait les mornes avec ses "produits"..

    Mais on ne sait plus.

    L’absurde de l’homme révolté et on devient nostalgique, de Camus, et de Morvan Lebesque, qui plane sur le Canard Hebdo..

     ??
    Mais ou je suis moi ??