LES CAISSES SONT VIDES – mélo des frères Fillon et Sarkozy

Casting imparable. François Fillon au mieux de sa forme, sciatique oubliée. Le plus fameux regard latin-killer du cinéma politique français, dans un mélo poignant sur fond de crise sociale. Sauf que le film n’existe que pour nous et que nous on supporte plus les nanars qui nous servent toujours la même daube.

A tous les résistants, libres ou emprisonnés, de France.

Casting imparable. François Fillon au mieux de sa forme, sciatique oubliée. Le plus fameux regard latin-killer du cinéma politique français, dans un mélo poignant sur fond de crise sociale. Les seconds rôles sont parfaits. La direction d’acteur de Sarkozy, au millimètre.

Il suffirait de peu pour que les larmes viennent, devant ces images intenses d’un homme résolu devant l’adversité et les micros de journalistes tous secrètement ligués contre lui. Socrate en costume, dirait-on. Prêt à boire la cigüe, il ne cèdera jamais devant la force des baïonnettes syndicales, devant la gabegie printanière, les hordes grondantes et baveuses enfilant les kilomètres de goudron pour le couvrir de plumes et de poix.

Un cinémascope de grande qualité propulsé sur tous les écrans cette semaine. Marketing d’enfer, toutes la presse a suivi. On ne compte plus les animateurs télés reprenant au petit pied les mimiques orwelliennes du roc gouvernemental, ni les rédacteurs en chef non-alignés serrant leur prose au plus près de la sécheresse du gardien des cordons de notre bourse nationale.

Le sort en est jeté, on jettera les revendications au panier. Pas d’argent, pas de blé, on a assez fait et vous nous faites vraiment...trop d’exigences incongrues, inutiles, absurdes, voire cocasses, venant de plébéiens trop gavés. Fillon François aurait-il ajouté « Hugh ! » qu’on ne s’en serait point étonné.

Quoique. Sauf que, peut-être qu’à bien voir y aurait à revoir. Faut voir.

Sauf que, finalement, les vieux films aux censeurs inflexibles, alternant les moulinets d’une règle impérieuse et les coups de gueule bien sonores pour mioches de la communale, c’est très légèrement daté, un tantinet obsolète, assez dépassé et même totalement inapproprié.

Fillon François, mauvais acteur d’une série B des années 30, aurait dû se douter qu’à oser reprendre une formule qu’on a totalement désavouée à peine sorti toute chaude des bouches gouvernementales, il susciterait au mieux l’incrédulité, sûrement le rire et certainement la colère.

Comment ?...Les caisses sont vides ?...Elle est excellente. Bis repetita, c’est toujours drôle, n’est-il pas ?..

Regardez un peu M. Fillon, sous les 300 milliards accordés sans aucune contrepartie à nos amis banquiers, constructeurs du désastre des subprimes, grand distributeurs d’agios, systématiquement pingres sur le crédit et si prompt à fermer les comptes, supprimer les chéquiers, matraquer le pauvre sans garantie. Jetez un œil M. Fillon...N’y a-t-il pas quelques dizaines de milliards négligés ?...

Pas de dette nous en sommes en dette, dites-vous ?..Ah bon. Il y a donc toutes possibilités de dettes quand il s’agit d’éteindre les feux propagés par nos incendiaires possesseurs de coffre-forts, mais pas pour indemniser les 70000 chômeurs que vos entreprises balancent à la benne chaque mois, sans oublier de prendre les aides et de les verser qui au patron, qui aux actionnaires, à fond perdu, sans créer d’emplois, naturellement ?...

Il est tout à fait normal, nous intimez-vous de comprendre, de laisser 14000 coiffés bénéficier de 350 millions d’euros de réduction d’impôts, au prétexte risible qu’ils auraient, en réalité, un revenu égal à quelques dizaines de milliers d’euros par an. C’est sans doute à cause de cette détresse financière qu’ils sont imposés à l’ISF, à feu l’ISF, pardon...Et pendant ce temps, à peine un dixième des chômeurs du mois verront leur dossier bouclés par les services de l’ANPE. Cette ANPE que vos services ont patiemment sabordée, détournée de ses missions, conduite à bidonner le nombre de chômeurs, rayer des indemnisations pour un oui pour un non, plutôt pour un papier oublié, parce que la tête oublie dans la détresse, savez-vous cela M. Fillon ? Bref, une ANPE qui n’aide pas mais fait la traque au chômeur, comme d’autres aux sans-papiers.

Mais vous persistez, dans les moins pires passages de ce minable mélo concocté par les artistes de la communication de crise, dénomination bien propre sur elle du rapport de mensonge permanent et généralisé qu’entretient ce gouvernement avec ceux qui l’ont élu.

Il est absolument légitime de ne pas toucher aux revenus obscènes des ploutocrates du CAC, il est tout à fait normal de ne pas distraire un centime des dividendes que vont toucher des actionnaires gras et autistes, pendant que crèvent dans la rue toujours autant de SDF, pendant que six millions d’ouvriers peinent sur le territoire moyenâgeux de l’entreprise d’aujourd’hui, pour un simili-esclavage qu’on appelle travail.

Il est de votre devoir, nous assurez –vous subliminalement, de ne pas toucher à ceux qui ont, qui savent, qui ont le droit de et la propriété pour. C’est à peu près ce que nous disent votre président, votre porte-parole et, à vrai dire, l’ensemble du gouvernement. Difficile de ne pas reconnaître qu’en cela vous ne manquez pas de cohérence.

Cependant, il est de mon devoir à moi, citoyen lambda, de vous informer que votre pellicule aura autant de succès cette semaine et les suivantes que le péplum d’un philosophe de plateau, il n’y a pas si longtemps.

Nous savons tous que vous nous racontez qu’il pleut quand le soleil brille, vous ainsi que l’ensemble du gouvernement. Ce qui ne manque de...d’être particulièrement éprouvant à la longue, M. Fillon, quand des fins de mois peu insouciantes nous tiennent lieu de chateaux.

Nous savons tous qu’il y a des réalités nouvelles. Nous sommes en train de les modeler dans nos têtes pour qu’elles deviennent des armes de dissolution massive de votre gouvernment, M. Fillon.

Nous savons que notre Etat n’est pas obligé d’emprunter sur les marchés financiers, nous savons que l’on peut distraire quelques pour cent à la richesse honteuse de toute cette frange mondialisée des patrons de notre esclavage salarié, sans même qu’un seul grain de caviar ne soit retiré de leurs assiettes dorées à l’or fin.

Nous savons que la Bourse soumise à la taxe Tobin, ou variante, trouverait le chemin des placements durables. En cela, elle ne serait plus cette chasse en Sologne des loups, qu’elle a toujours été, en vérité. Il faudrait donc la fermer, vu qu’elle ne servirait plus les spéculateurs et qu’elle nous a toujours desservi, à nous, victimes des spéculateurs.

Au vu des milliards d’euros et des milliards de gens que son fonctionnement totalement censitaire et destructeur produit, ce serait un jour à marquer férié dans le calendrier, m’est avis, M. Fillon, si seulement vous connaissiez la valeur de ces jours pour ceux qui travaillent non pas à boursicoter, mais durement et pour des salaires trop souvent indignes.

Nous savons que modifier la TVA, remodeler les impôts dans le sens de la légitimité républicaine, citoyenne, amènerait aussi suffisamment de ressources pour détruire cet interminable chape de plomb dans laquelle vous nous avez enfermé.

Prison dont les solides fondations sont votre dogmatisme autiste et votre conscience d’être du côté du manche des décideurs et possesseurs. Prison qui perdure contre toute raison, contre le serment démocratique, contre nous, pour la bonne et simple raison que vous ne voulez pas faire les réformes qu’exige le peuple français de plus en plus fortement.

Nous irons voir sans doute certain film que n’aime pas M. Besson, mais nous refusons désormais le moindre visionnage de votre navet archi-usé et nocif, M. Fillon.

Et, sans doute, allons-nous vous montrer tantôt quelle est notre film d’avenir et même d’avant-garde, pour employer un de ces mots qui insupporte tant, du côté de l’ultra-droite, votre nid. Un film lumineux et collectif, très réaliste, vous verrez. Il se joue déjà à guichet fermés. Première projection le 19 Mars, M. Fillon. Et plus, si affinités.


 
 
 
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