Contamination par propagation d’une substance biologique dans l’environnement

Un accident pharmaco-indutriel majeur est survenu résultant de comportements individuels irresponsables aux conséquences multiples potentiellement dangereuses pour les populations d’europe centrale. Pour tenter de faire face à ces bévues les pays de l’union européenne ont mis en place des plans d’intervention en cas de risque NRBC qui signifie Nucléaire, radiologique, biologique, chimique. En l’occurence c’est la lettre B qui retient toute notre attention car l’accident majeur qui est survenu correpond au risque biologique, c’est à dire que l’europe s’est retrouvée confrontée à une contamination par un agent vivant virulant, le H5N1.
Ce risque existe d’ailleurs pour une épidémie de grippe aviaire tout comme pour une contamination par des spores d’anthrax dans la filière de production bovine notamment.

Les autorités (US) tentent de découvrir comment la compagnie Baxter International Inc., qui fabrique des vaccins, a pu produire du « matériel viral expérimental » basé sur une souche de la grippe humaine mais contaminé par le virus H5N1 de la grippe aviaire, qui a ensuite été envoyé à une entreprise autrichienne.

Cette dernière, Avir Green Hills Biotechnology, a ensuite transmis le produit viral qui aurait été exposé au H3N2 à des sous-traitants en République Tchèque, en Slovénie et en Allemagne. Les autorités dans les quatre pays européens examinent l’incident et leurs efforts sont suivis de près par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies (ECDC).

Même s’il semble qu’aucune des 36 ou 37 personnes qui ont été exposées au produit contaminé n’ait été infectée, l’incident est considéré comme une « erreur grave » de la part de Baxter, qui est sur le point d’obtenir une licence européenne pour un vaccin contre le H5N1. Ce vaccin est fabriqué dans un autre laboratoire en République Tchèque.

« Pour cette fois... Le cheval n’est pas sorti (de l’étable) » a indiqué Dr. Angus Nicoll de l’ECDC depuis Stockholm.

« Mais cela ne signifie pas que l’OMS, la Commission Européenne et d’autres ne prennent pas cet incident au sérieux comme cela se passe pour chaque accident de laboratoire avec des pathogènes dangereux, ce qui est le cas ici. »

Une propagation accidentelle du mélange des virus actifs du H5N1 et du H3N2 – comme cela semble s’être produit – aurait pu avoir des conséquences désastreuses. Nicoll a indiqué que les experts n’étaient pas à 100 % sûrs que le mélange contienne des virus actifs du H5N1. Mais étant donné que des furets exposés au mélange sont morts, il semblerait que ce soit bien le cas.

Le H5N1 ne contamine pas facilement les humains mais le H3N2, oui. Il fait partie d’un des deux types de virus de grippe A qui affecte les gens, chaque saison.

Si une personne exposée au mélange avait été infectée simultanément par le H5N1 et le H3N2, elle aurait pu servir d’incubateur à un virus hybride capable de se propager facilement d’un humain à un autre. Ce mélange de souches, appelé réassortiment, est l’une des deux manières de créer un virus pandémique.

Une recherche publiée l’été dernier par des scientifiques des Centres de Contrôle et de prévention des maladies des USA (CDC), indiquait que dans le laboratoire, les virus du H5N1 et du H3N2 s’accouplaient facilement. Même s’il est moins virulent que le H5N1, un certain nombre de rejetons de ces deux virus semblait conserver, du moins une partie, du pouvoir mortel de leur dangereux parents.

Baxter International qui est basé à Deerfield, IIIinois, a indiqué que la contamination était le résultat d’une erreur de son laboratoire de recherche à Orth-Donau en Autriche.

Ce dernier a passé un contrat de sous-traitance avec Avir Green Hills pour fabriquer ce que Baxter appelle du « matériel viral expérimental » basé sur des virus humains H3N2.

Christopher Bona, directeur de la communication mondiale en biosciences de Baxter, a déclaré que la substance liquide du virus n’était pas un vaccin et qu’elleavait été élaboré à des seules fins expérimentales. Il a évité les questions sur l’objectif de ces expérimentations pour Avir Green Hills, mais il a indiqué que le lot devait être utilisé sur des animaux et n’avait jamais été destiné à être utilisé sur des hommes.

Avir Green Hills a indiqué dans un courriel qu’il avait reçu le produit fin décembre. Il l’avait ensuite envoyé aux sous-traitants. Le courriel mentionnait que le produit avait été stocké et manipulé en respectant, à chaque étape, les conditions de haute sécurité biologique.

L’alarme a été donnée au début février quand des chercheurs du sous-traitant tchèque ont injecté le produit à des furets qui sont morts immédiatement. Baxter a eu connaissance du problème le 6 février, a déclaré Bona depuis Deerfield.

Les furets sont sensibles aux souches de grippe humaine mais n’en meurent pas. Une enquête préliminaire a déterminé que le produit était contaminé par le virus de la grippe H5N1 qui est mortel pour les furets.

Nicoll a indiqué que le fait que les furets meurent signifiait qu’il y avait des virus actifs du H5N1 dans le mélange produit par Baxter.

Bona a déclaré que Baxter avait identifié la façon dont la contamination s’était produite et avait pris des mesures pour que ça ne se reproduise plus. Il a indiqué que les autorités autrichiennes avaient fait un audit des opérations de recherche à Orth-Donau de Baxter après que le problème fut apparu et étaient satisfaites par les mesures prises.

Baxter est le seul fabricant de vaccins qui travaille avec des virus de la grippe de type dit « sauvage », c’est-à-dire naturels, qui sont plus dangereux que les virus modifiés et atténués (affaiblis) qui sont utilisés par les autres fabricants.

La société utilise ce qu’on appelle le niveau de précaution BSL3 dans tous ses laboratoires de recherche pour les vaccins, a indiqué Bona (les chercheurs des CDC aux USA utilisent un confinement biologique BSL3-plus quand ils travaillent avec les virus du H5N1, a déclaré un porte-parole de l’agence).

Des spécialistes en biosécurité se sont montrés préoccupés par le fait que le virus de grippe humaine H3N2 avait été mélangé avec le virus de la grippe aviaire H5N1 au laboratoire de recherche de Baxter. Il s’agit d’une pratique dangereuse qui devrait être interdite, ont signifié plusieurs experts.

La société n’a livré que peu de détails sur la façon dont s’est produit l’incident.

« Il y a eu une combinaison du procédé lui-même avec une erreur technique et humaine dans la procédure », a indiqué Bona. Quand nous lui avons demandé des précisions, il a déclaré qu’il ne pouvait pas donner plus d’information car ceci porterait atteinte à la propriété du processus de production de Baxter.

Bona a déclaré que quand Baxter s’est rendu compte de l’erreur, la société a aidé les différentes entreprises à détruire le produit contaminé et à tout nettoyer dans leurs laboratoires. Et les employés qui ont été exposés au produit contaminé ont été soumis à des analyses et surveillés par des docteurs spécialistes en maladies infectieuses. Ils ont également reçu un médicament antiviral, l’oseltamivir (Tamiflu).

L’erreur de Baxter fait penser à l’incident qui s’est produit en 2005 quand un fabricant usaméricain de kits utilisés dans les laboratoires pour tester leurs capacités de détection, avait associé des ampoules du virus H2N2 à des milliers de kits de test. H2N2, le virus à l’origine de la pandémie de 1957, n’était plus en circulation depuis 1968 et est considéré comme le principal candidat à l’origine de la prochaine pandémie.

Cette erreur, qui avait été découverte par le Laboratoire National de Microbiologie du Canada, avait amené les autorités du monde entier à un branle-bas de combat pour récupérer et détruire les ampoules contenant le virus, qui avaient été envoyées dans les laboratoires de 18 pays.

Helen Branswell, rédactrice médicale pour La Presse canadienne/The Canadian Press


 
 
 
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