Halte au mercure mais pas au plombage

Depuis qu’il est reconnu comme une substance extrêmement toxique pour l’homme, l’animal et les écosystèmes, le mercure n’a plus le vent en poupe. Ce polluant majeur, parmi les plus dangereux au monde, doit être éliminé de l’environnement mais pas de la bouche des humains où il séjourne sous la forme d’amalgames dentaires ou plombages.

Fin février, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) a lancé un programme international destiné à élaborer un traité visant à limiter, voire supprimer, l’utilisation du mercure au niveau mondial*. 140 pays, dont la France, s’y sont ralliés.

De son côté, l’Union européenne a décidé de cesser d’exporter ses stocks de mercure dès mars 2011 afin de lutter contre la pollution par ce métal hautement toxique. Si par la bouche de son commissaire à l’Environnement, l’Union européenne reconnaît volontiers que "le mercure représente une menace pour la santé humaine et pour l’environnement", il semble bien qu’en Europe, il y ait mercure et mercure.

Il y a le mercure que les usines (industrie du chlore, centrales à charbon, etc.) rejettent dans l’atmosphère. Rejeté dans l’environnement où il contamine la chaîne alimentaire, ce mercure-là est toxique et doit être éliminé, en particulier en développant des technologies permettant de se passer de mercure, notamment dans la production du chlore.

Et il y a le mercure qui est incorporé dans une proportion de 50% à d’autres métaux et posé sous forme de plombages ou amalgames dentaires dans la bouche des européens. Le mercure dentaire qui représente l’équivalent de 125 tonnes posées annuellement en Europe, ce mercure-là n’est pas reconnu comme toxique par l’Union européenne.

Bien au contraire, dans un rapport publié début 2008, un comité scientifique européen, composé il est vrai majoritairement de dentistes, a conclu à l’innocuité de l’amalgame au mercure et déclaré qu’il n’y avait aucune raison scientifiquement valable pour ne pas continuer à l’utiliser en dentisterie. Ce rapport n’a pas même jugé utile de mettre un bémol en ce qui concerne l’emploi du plombage au mercure chez les femmes enceintes pourtant exposées du fait du passage transplacentaire du mercure.

Si le mercure doit être chassé de l’environnement, il peut continuer de séjourner en bouche où il se libère et empoisonne ses porteurs à petit feu, il est vrai, non pas traités pour intoxication au mercure, mais envoyés directement chez le psychiatre. Cherchez l’erreur…

* Stratégie mondiale contre le mercure : mercure, guerre mondiale totale


 
 
 
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