Evo Morales souligne que la grève de la faim qu’il suit défend la nouvelle constitution

Source : Radio Havane Cuba (RHC)

La Paz, 10 avril (RHC-PL).- Le Président bolivien, Evo Morales, a signalé que la grève de la faim qu’il préside au Palais Quemado depuis près de 24 heures a pour but de défendre la Constitution en vigueur depuis le mois de février.
Dans des déclarations à la presse accréditée à La Paz, il a précisé que la grève se poursuivra tant que le Congrès ne votera pas la loi de transition électorale, permettant la tenue d’élections générales en décembre 2009 et des élections régionales en avril 2010. 14 dirigeants syndicaux et des mouvements sociaux se sont joint à cette grève de la faim pour défendre le vote du peuple. Des centaines de personnes dans toute la Bolivie se sont jointes à la grève.

Evo Morales qui se profile comme favori des présidentielles du 6 décembre face à une opposition fragmentée, avait dénoncé à maintes reprises les manœuvres de l’opposition pour empêcher les élections.

Les sénateurs boliviens de l’opposition ont quitté ce jeudi soir le Congrès alors qu’il semblait y avoir un consensus sur le projet de loi provisoire garantissant la tenue des présidentielles et des législatives du 6 décembre et des régionales d’avril 2010.

Ce projet de loi avait pourtant fait l’objet d’une trentaine de modifications au Sénat contrôlé par l’opposition.

Après 24 heures de débats houleux, marqués souvent par des attaques verbales, les élus sont arrivés à adopter les grandes lignes du projet, mais les élus les plus radicaux de l’opposition ont quitté l’hémicycle avant l’analyse en détails du projet.

Le Président du Parlement bolivien, Alvaro Garcia, a appelé l’opposition à se rasseoir à la table de négociations afin de doter le pays du mécanisme prévu par la constitution adoptée au terme d’un référendum populaire, le 25 janvier.

Les listes électorales, le vote des Boliviens résidant à l’étranger et la représentation des Indiens au futur Parlement sont au cœur du débat. Pour l’opposition, ces listes sont entachées d’irrégularités, un critère repoussé par la Cour Nationale Electorale avec des arguments techniques.

Les organisations sociales ont annoncé des rassemblements à proximité du Congrès afin d’exiger l’adoption de ce projet de loi dont le délai était arrivé à expiration mercredi.

Evo Morales a expliqué à l’agence Prensa Latina que le 25 janvier dernier, avec presque 62% des voix, le peuple bolivien a adopté une nouvelle constitution octroyant au Congrès 60 jours pour voter une loi sur un système électoral transitoire. Il a précisé que c’est l’opposition qui ne veut ni écouter, ni respecter la décision du peuple. C’est pour cela qu’aux cotés de plusieurs dirigeants d’organisations sociales, nous nous soumettons à la volonté de Dieux, en défense aussi de la démocratie.

Il a rappelé que lorsqu’il était dirigeant syndical, il a réalisé des grèves de la faim pendant plus de 18 jours, en défense de la culture de la feuille de coca.

Il a ajouté que l’actuelle grève de la faim est un effort supplémentaire qui est appuyé par des milliers de Boliviens dans tout le pays. Evo Morales a dénoncé une sale campagne de ses adversaires, contre son gouvernement, parce qu’ils craignent de perdre leur pouvoir dans les urnes surtout dans les régionales d’avril 2010.

Il a mentionné les résultats d’un sondage récent en vertu desquels 54% des Boliviens appuient sa gestion et 11% qui ne savait pas pour quel autre candidat voter, ce qui démontre- a-t-il précisé- que l’opposition est divisée, sans un programme défini.

Le Président Morales a également remercié l’appui international à sa grève de la faim et aux autres mesures prises en défense de la Patrie. Il a mentionné tout spécialement une lettre des Mères de la Place de Mai, de l’Argentine, le communiqué du Secrétaire Général de l’Assemblée Générale des Nations Unies et les réflexions de Fidel Castro.

Des centaines de Boliviens refusent de suspendre la grève de la faim

La Paz, 10 avril (RHC)—Des centaines de Boliviens dans tout le pays ont confirmé leur décision de poursuivre la grève de la faim entamée jeudi, tant que la loi électorale ne sera pas adoptée par le Congrès.

Le Président Evo Morales avait appelé les autres grévistes à suspendre temporairement jusqu’à lundi, la grève à l’occasion de Pâques.

"Célébrez Pâques avec vos familles en paix"- avait dit le Président Morales.

Il a cependant fait savoir qu’il poursuivra la grève avec 13 autres dirigeants sociaux tant que des députés et des sénateurs de l’opposition persisteront à boycotter la loi électorale.

Nous continuerons la grève aux cotés de notre Président- a souligné le Préfet de Cochabamba, Jorge Ledezma.

Pour sa part, le leader du MAS à Oruro, Florencio Choque, a fait savoir que la grève se poursuivra tant que la volonté populaire ne sera pas respectée.

Fidel Surco, de la Coordination Nationale pour le changement qui est lui aussi en grève, plus d’un millier de personnes se sont jointes à la grève.

Le Président de l’Assemblée Générale de l’ONU exprime sa solidarité avec le Président bolivien

Nations Unies, 9 avril (RHC-PL).- Le Président de l’Assemblée Générale de l’ONU, le Nicaraguayen, Miguel D’ Escoto a exprimé son appui et sa solidarité avec le Président bolivien, qui réalise une grève de la faim.

Le prêtre nicaraguayen, qui est un diplomate vétéran a déclaré qu’il fait des prières pour Evo Morales et son ferme engagement avec les pauvres de la Bolivie.

Le porte parole, Enrique Yeves, a souligné que D’Escoto a fait ses déclarations lors d’une réunion avec ses collaborateurs, préparatoire du sommet sur la crise économique et financière convoquée pour le mois de juin.


 
 
 
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