Contre la Psychologie officielle asservissante et accusatrice.

Les sciences mentales sont sans doute les plus instrumentalisées et idéologisées par les tyrans de l’ordre social qui définissent l’axiologie systémique. Elles constituent dans la majorité des cas, le signe du pouvoir suprême et régalien des establishments dont le sceptre oligarchique régit la société et s’érige divin par la redéfinition de la nature humaine des individus selon les mesures et les schèmes d’intérêts du pouvoir économique et politique.

Rien n’est plus évident dans la société pathogène où nous vivons que l’inféodation de la psychologie aux tenants de l’institution sociale. Le psychologue officiel voire affairiste accuse, et dans le sens du dénigrement ou, ce qui est du même ordre, de la pitié et du secours tout importun troublant l’ordre établi qui se retrouve ipso facto dénigré par le spécialiste de santé mentale afin de plaire à la société subtilement servile et à sa justice, sa fonctionnalité. L’ordre social établi serait donc le référent exclusif du juste, du bon et du sain. C’est là, la sociodicée, c’est-à-dire l’autodéification de la société par ses dirigeants, qui accuse tout contraire de malédiction et de pathologie… L’on comprend alors la société abjecte du mensonge dont nous héritons ! Quand l’infâme société transforme son infamie en jugement et idéal, c’est l’individu qui en devient suspect de tous les maux, de toutes les pestes ! Notre société pestiférée dans ses fondements, n’étant pas plus saine que chaque effondré ou révolté qu’elle accuse, n’adoube ses spécialistes du psychisme ou du mental que pour éviter de se regarder elle-même et se conforter dans son narcissisme, ses névroses, ses psychoses, ses phobies, ses ethnocentrismes ostracistes, ses sociocentrismes grossiers, ses xénophobies sadiques, ses racismes primaires… Ce sont ces graves pathologies qu’elle projette sur ses membres et qui font soupçonner tout individu non arrondi selon le moule livide de la société, d’être un malade sans valeur humaine, un apathique pitoyable quand ce n’est un psychopathe dangereux, méprisable et assignable à l’ostracisme ou à la claustration. Pourtant, le narcissisme agressif, la violence primitive du dominateur, la cupidité compulsive, la propension au crime contre quiconque n’acceptant leur pouvoir, est d’abord un trait caractéristique si évident des oligarchies qui mènent le social et au nom desquelles procèdent consciemment ou inconsciemment la plupart de nos psychologues. Naturellement, les actes de cette psychopathologie dénigreuse, sont anonymes puisqu’elle bénéficie de la kunée systémique et opère grâce aux structures de conservation, de reproduction, de répression et de conversion des individus par l’ordre social. Ordre au service de quelques abominables cossus qui se prennent pour le centre de gravité de l’univers, voués qu’ils sont par un dévolu transcendant et cosmique à être établisseurs de sens, fondateurs de significations, créateurs de symboles, corrupteurs de signes, maîtres des vies et des biens dans un monde où l’accaparement de toutes les ressources communes par leurs groupuscules, fait de la majorité humaine un atelier d’esclaves dont l’humanité est ainsi confisquée et réifiée par leur pouvoir, pour être leur marchepied.

Oligarchie criminelle et pathogène

Transformer une société et toute gouvernance étatique en une ignoble course à l’enrichissement privé par la finance tel que le fait la nôtre qui érige une économie où les escrocs et les voyous cravatés, subordonnent par leurs spéculations financière et boursière, la richesse réelle des peuples à l’argent fictif du crédit - tout en essentialisant l’argent comme valeur unique par laquelle se définissent l’homme et le monde asservis au nom de quelques familles autorisées à s’enrichir aux dépens de ceux qui triment et produisent la richesse - est pathologique, criminel et catastrophique pour le sort du monde. D’autant plus que cette compulsivité diabolique de l’avoir - disons ici de l’oseille car il s’agit vraiment de l’obsession d’accumulation de l’argent pour l’argent - n’a aucune raison d’être que le délire des grandeurs des riches qui pensent qu’avec des milliards virtuels thésaurisés par la spéculation de la finance, milliards dont nul ne saurait avoir besoin pour vivre, ils deviennent des dieux ! L’on comprend alors l’attitude d’accusateur permanent d’un système conscient de ses inhumanités, ses malpropretés et ses méchancetés, pour mimer une humanité par la purgation légaliste et juridique… Faire luire une pureté par la « science », la loi et la terreur du droit ! De cela, comme de fait, la mégalomanie, le complexe d’infériorité et son pendant simiesque qu’est le complexe de supériorité, les frustrations, les obsessions, les manies, les délires de puissance et de pouvoir, les triomphalismes, certaines formes de schizophrénie, la violence meurtrière, certaines dépressions et catatonies participent de la liste des pathologies portées par le système social soit à travers ce qu’il signifie dans son rapport axiologique aux individus, soit par le biais de ses harcèlements qui épuisent des personnalités plus exposées à ces horreurs et incapables d’encaisser les agressions lourdes et brutales de la société de performance où les humains sont hiérarchisés selon leur capacité motrice à produire ou leur moyen matériel à consommer.

Fors les troubles de l’apprentissage liés à des malformations ou défaillances organiques ou encore à des problèmes hormonaux du cerveau (ce qui relève exclusivement de la neuropsychologie et de la psychiatrie) et les vraies altérations de la personnalité, la plupart des malades ou tarés de notre société ne sont que le miroir fidèle de la pathogénie des tenants du système social malsain, mirée à l’extrême dans le conscient voire dans l’inconscient de certaines individualités qui les rendent et les expriment avec tout le cru des saletés intrinsèques du système socioéconomique et de la politique qu’il sous-tend. Nous comprenons ici qu’il faille nous méfier du vocable « troubles de personnalité » abusivement brandi par une psychologie sociale manipulatrice et dénigrante de l’individu au nom de l’ordre social. Car c’est une société où il faut distinguer ce qu’il convient de nommer « la pathologie positive » parce que honorée par le système et érigée en modèle selon le mensonge économique des maîtres et assimilés de l’ordre social du crédit et de la consommation où nous vivons, à la pathologie négative décriée par le système, qui serait celle des révoltés, des non assimilés et de tout individu marginal, ou psychotique désigné parce que mirant paroxystique des horreurs inavouables de la société qu’ils finissent par mettre en danger. La psychologie officielle des praticiens du système choisit en prostituée, d’acculer les individus, ces épiphénomènes de l’ordre morbide et tératogène établi, plutôt que d’oser s’en prendre justement à cet ordre qui est le phénomène central, la parturiente monstrueuse qui ne peut, de sa nature, qu’accoucher de monstres agressifs ou de tarés non violents voire apathiques, débilités que le psychologue doit traiter. En vérité, malgré l’hypocrisie pseudo-scientifique de la plupart des psychologues, la grande majorité des plus agressifs et pires criminels des métropoles de la civilisation sont des psychés, reflets spéculaires microcosmiques des malaises, des tares et horreurs inhumaines du macrocosme qu’est la société. De fait, le psychologue joue le rôle hiératique du confesseur des anciens royaumes catholiques qui devaient accuser les hérésiarques de péché en absolvant les monarques génocidaires et leurs monarchies. Ah ! Vraiment vicieuse altération, l’étiologie des maux est éludée par le psychologue trop lâche ou trop vendu dans beaucoup de cas pour oser dire la vérité au système. Trop satisfait de son privilège de « juge » de santé mentale pour remettre en question l’ordre qui l’a fait roi, l’a adoubé et intronisé précisément pour déblatérer contre les mal pris, les victimes, les exclus, les marginalisés en absolvant les riches prédateurs et déprédateurs, ces crapules tortionnaires du monde, honorées et autorisées par l’ordre établi, le psy préfère fermer les yeux et donner bonne conscience aux criminels responsables de l’ordre mangeur d’hommes !

Honneur et gloire toutefois à tout psychologue, à tout psychiatre délaissant la posture de juge qui sanctionne comme un surhomme les pauvres humains sans en avoir l’air, mais qui, se sachant aussi vulnérable que la plupart des patients s’il était dans leur situation, et, reconnaissant la griffe traumatique directe ou indirecte du social chez le malade, agit avec respect et compassion même s’il n’ose dire haut et fort à la société que la culpabilité de la plupart de ses individus-rejets abhorrés comme antisociaux n’est que le reflet grimaçant de leur statut de gens de bien, confortables systémiques au-dessus de tout soupçon et de tout mal ! Car les affects et représentations qui engendrent les complexes morbides et compulsifs dégénérant en altérations comportementales et parfois en crimes - (je parle de vrais crimes pas de toutes ces situations banales criminalisées à satiété par des crapules législatrices comme le fait d’être sans papier dans des états voyous impérialistes) - sont des produits et projections de la société et de ses clivages diaboliquement inhumains.

Honneur et gloire à ce psychologue dont le rapport à l’État ne transforme guère l’inadapté ou le révolté en malade ni ne fait du vrai malade à soigner, le fou à lier qu’il métamorphose en bouc émissaire de la psychopathologie du système inhumain qui fait des hommes des murs d’idiolectes sans possible communication. Hommes jetables aux cloaques du système à moins qu’ils ne répondent au code de la servitude collective de notre civilisation d’aliénés !

Sans tomber dans le négationnisme antipsychiatrique des R. Laing et D. Cooper ou dans la vision d’Éros et la civilisation de Marcuse, qui n’accuse que la société, la psychologie et/ou toute science mentale au 21ème siècle, doit interpeller la conscience collective de la société et en même temps aider l’individu encore récupérable, à relativiser voire à contourner le poids du social qu’il subit et sous lequel il a finalement flanché ou carrément été écrasé. Il faut protéger autrui, la collectivité du dément agressif que l’on soumet aux soins nécessaires tout en déculpabilisant et cessant d’humilier par une fausse pitié celui qui souffre et qui n’est pas dangereux. Cela, sans manquer de responsabiliser l’agresseur collectif, l’establishment ignoble qui pose de lourds fardeaux sur les épaules des humains et qui finit par déshumaniser à peu près tous. Ceux qui, comme les industriels forcenés, les banquiers pillards, leurs complices gouvernementaux escrocs officiels, ont placé pour satisfaire leur ordre systémique du crédit, la croissance exponentielle qui détruit peu à peu la planète et engendre la majorité des souffrances sociales de l’homme, sont les charognards à rejeter hors de l’humanité et à enfermer loin d’une civilisation humaine à bâtir.

Dans nos sociétés où la pauvreté a des yeux de péché originel et où tout contestataire et inadapté volontaire ou involontaire est culpabilisé, soupçonné de pathologie voire de crime ; dans nos sociétés où est considérée saine et modèle, la canaille mégalomane qui prend tout le bien commun pour en faire ensuite l’enjeu de performance dans la production et le crédit au service du système économique que dirige la riche pègre oligarchique, c’est la psychologie et la psychiatrie qui sont souvent violentes et qui, dans bien des occurrences, devraient être mises sur la sellette et interpellées à répondre de leur complaisance avec les criminels contre l’humanité et contre l’environnement que sont les puissants groupes commerciaux ou industriels, compagnies, cartels, trusts, banques, gouvernements, tous ostracisant la majorité humaine du droit de vivre. Terroristes de toutes sortes et écoterroristes qu’ils sont par la surexploitation des ressources naturelles et de la personne humaine pour leur enrichissement oligarchique de classe...

Et, comme nos superbes psychologues, sexologues, psychanalystes, psychiatres et machins sont eux-mêmes souvent larbins, vendus, malades et obsessifs compulsifs à degrés divers, comme ils font partie de cette même triste humanité confrontée aux situations pathogènes de la vie quotidienne dans la barbarie socio-systémique dite civilisation, un peu d’humilité de leur part, ferait du bien à la santé mentale collective. La posture abominable de juge que prennent la plupart d’entre les spécialistes de santé mentale - leur réduction de ladite santé mentale à la fonctionnalité sociale de l’individu ciblé par eux comme dysfonctionnel, alors que la société est crassement, salement, sordidement malade et pathogène, terreau satanique de germination d’infinis maux et malaises - doit céder le pas à l’humilité de l’entraide à la transcendance d’une société génératrice paroxystique de névroses et de psychoses, qui fait de tous soit des malades déclarés soit des malades potentiels dans l’univers pathogène, l’asile de fous que notre « belle humanité » cossue des gouvernements et establishments a fait du monde !

Quant aux prédateurs et charognards, aux juges et psy prétentieux, tous dépouilles de la bêtise systémique, je redis ces mots d’un dialogue inédit : Va, sois humain avant d’être grand car grandeur sans humanité, n’est que désastre et déroute de ta vocation humaine, mégalomanie abortive du destin... Hélas ! L’Homme n’est même pas encore que des mégalomanes cupides au pouvoir, excentriques de la fausse grandeur et du faux dépassement, lui brûlent bêtement et cyniquement les étapes par le surhomme simiesque qu’ils projettent !

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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2 commentaires
  • Comment parler à un lance flamme, comment saisir au milieu de l’infernale fureur des signes de lumières ?
    J’aperçois derrière ce torrent imprécateur une vision qui me convient. Lu ici ou ailleurs (d’autres articles) la référence au Christ, la critique du systémisme, et sans doute des individualismes et holismes méthodologiques.
    Mon affaire c’est l’Humanisme Méthodologique, la transcendance de la personne et la dépendance de l’individu, la responsabilité communautaire et le Sens du bien commun. Même si la colère me prend c’est aux affaires humaines que j’essaie de contribuer de donner Sens c’est-à-dire esprit dans la réalité actuelle.

    Voir en ligne : l’humanisme méthodologique

 
 
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