Iran : tout est bien qui finit bien…

par Israel Shamir
23 juin 2009
traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

Le drame iranien fut une bonne chose car, après des années de diabolisation, les Iraniens sont apparus en leur qualité d’êtres humains aux yeux du public occidental. Même McCain a pleuré la jeune fille iranienne tuée, alors qu’hier seulement il l’aurait jovialement « bombardée, bombardée, bombardée », elle et des millions de ses sœurs, jusqu’à les faire totalement disparaître. Glenn Greenwald a relevé « cette nouvelle sollicitude du quarteron des « Faut bombarder l’Iran ! » envers Le Peuple Iranien » : « Imaginez combien des personnes qui sont en train de manifester, ces jours-ci, seraient mortes, si l’un quelconque de ces partisans du bombardement à outrance avait eu gain de cause ! Heureusement, un des principaux avantages des troubles en Iran, c’est le fait qu’ils ont le don d’humaniser le pire Ennemi, quel qu’il puisse bien être ». Cette humanisation risque fort de ne pas être contrée de sitôt et, par conséquent, les bombardements pourraient bien ne jamais avoir lieu, en dépit des plaidoiries en leur faveur de MM. Netanyahu & Lieberman…

Reste que l’on a senti le vent du boulet. Un jour ou deux après les élections, l’Iran semblait au bord du gouffre, prêt à entrer dans la folie totale, avec d’énormes foules incontrôlables et une garde révolutionnaire bien armée, face à face, avec une haine implacable entre les deux camps. Toutes les réalisations de l’Iran auraient pu être détruites dans le maelström des affrontements ; une puissance régionale chancelante aurait fort bien pu être renvoyée cinquante ans en arrière. Durant un instant, il fut impossible de prédire le script de l’avenir. Téhéran allait-elle suivre Kiev, la capitale de l’Ukraine, les autorités cédant à une pression inexorable des rebelles, organisant de nouvelles élections et installant au pouvoir un président pro-occidental, privatisant le pétrole et le gaz, donnant le pouvoir à des oligarques et à des transnationaux, adhérant à l’Otan ? Ou allait-elle suivre celui de Tiananmen, avec ses tanks écrasant des étudiants obstinés ?

Mais cela s’est bien terminé, en évitant les deux écueils extrêmes. De jeunes professions libérales, parfois qualifiées de manière peu élégante « la bande à Gucci », des communistes anticléricaux et des libéraux, beaucoup d’Iraniens ordinaires de la classe moyenne, ont saisi la chance de montrer qu’ils aspiraient à un régime moins austère. Ils veulent pouvoir prendre un verre en terrasse, porter des vêtements élégants, célébrer de somptueux mariages sans se faire houspiller. Certains d’entre eux veulent user de leurs privilèges et limiter le pouvoir de l’Etat et de la mosquée. Ils ne veulent pas être contrôlés à tout instant par les services de sécurité. Certains partisans de Moussavi soutiennent aussi le combat du peuple palestinien ; ce ne sont pas des agents de la CIA, mais des gens honnêtes et sincères. Beaucoup d’entre eux ont une activité artistique, notamment dans la riche littérature et le merveilleux iraniens. Les Iraniens de l’étranger ont très majoritairement soutenu Moussavi, et ce sont de braves gens, eux aussi.

Le gouvernement du Président légitimement réélu Ahmadinejad feraient bien d’apporter attention à leurs désirs, ne serait-ce que partiellement. Bien sûr, il est loisible de moquer ces jeunes Iraniens occidentalisés, qui criaient « Ahmadi, Bye-bye ! » dans leur langage d’adolescents, style dessin animé, mais personne ne saurait bien gouverner tout en s’aliénant totalement ces élites édificatrices de la nation : l’art de gouverner, c’est, avant tout, l’art du compromis.

Les partisans de Mousavi ne devraient pas être trop marris de leur défaite : ils composaient une telle foule disparate, allant des communistes aux anticommunistes, des anticléricaux aux mullahs et aux ayatollahs, qu’en aucune manière ils n’auraient pu être, tous, contents, même s’ils avaient remporté cette élection. En réalité, une victoire de Moussavi ne saurait être autre chose que le début d’une lutte ouverte pour le pouvoir, et les adeptes les plus en voix et les plus visibles du changement finiraient par se retrouver les grands perdants. C’est ce qui est arrivé aux dissidents soviétiques. Dans la confrontation russe, similaire en bien des points à celle de l’Iran, en août 1991, l’opposition l’avait emporté – et une vaste majorité des gens qui ont tenu les barricades pour Yeltsine ont eu à le regretter : ils se sont fait avoir et ils ont été dépouillés. Cela s’est produit, également, pour les dissidents iraniens, après la chute du Shah : les communistes du parti Toudéh se sont retrouvés hors-la-loi après le succès de la révolution à laquelle ils avaient œuvré si longtemps.

Si l’immense majorité des Iraniens ont voté Ahmadinejad, c’est parce que celui-ci est un homme modeste, qui se dévoue corps et âme pour son peuple, c’est parce qu’il s’est soucié des pauvres et qu’il a protégé l’Iran contre les serres impérialistes. Son œuvre, en matière de programme nucléaire, semble très largement populaire, si bien que même son opposant vaincu n’a pas osé la moindre critique contre ledit programme. Ahmadinejad a bénéficié d’un soutien énorme dans l’ensemble du pays, y compris dans le Nord-Ouest peuplé d’Azéris. Il est aussi populaire dans le monde entier, qui voit en lui un symbole de la rébellion du Tiers-Monde, aux côtés de Castro et de Chavez. Il maintient de bonnes relations avec la Russie et avec la Chine voisines, et même avec l’Irak et l’Afghanistan, sous occupation américaine. La visite-éclair qu’Ahmadinejad a effectuée à Iekaterinbourg, afin d’y assister à la conférence de l’Organisation de Coopération de Shangaï, en pleine insurrection, a démontré sa stature d’homme d’Etat. Dans son discours dynamique, extrêmement bien reçu, il n’a pas fait la moindre allusion à la crise, chez lui, en Iran, et il a été félicité par ses homologues, le Président russe Medvedev et le Président chinois Hu Jintao, pour sa victoire électorale. Sa position antisioniste irréfragable l’a rendu cher aux voisins arabes de l’Iran, fût-ce au grand déplaisir des gouvernants arabes. Ses armes ont sauvé le Liban, en 2006, qui eût été voué, sans elles, à être phagocyté par Israël. Certes, par moment, Ahmadinejad pousse le bouchon un peu trop loin… (Mais, s’il ne le faisait pas, comment pourrait-il savoir jusqu’où il peut aller trop loin ?

Les accusations de fraude électorale sont absolument dénuées de fondement, comme notre ami James Petras l’a démontré, Thierry Meyssan ayant, quant à lui, expliqué la technique utilisée afin de convaincre les Iraniens qu’ils se seraient fait avoir. Mais au-delà du bobard de la soi-disant « fraude », il y avait une plainte authentique : les élites, bien souvent, ne sont pas d’accord avec la démocratie, avec les décisions adoptées par une quelconque majorité. Les gens riches, cultivés et puissants ont le sentiment qu’il est impossible que leur voix ne pèse ni plus ni moins que celle d’un O.S. ou d’un simple paysan. Ils sont partisans « du gouvernement d’une élite », et « d’un vote proportionnel à la place occupée par chaque individu, dans ladite élite », comme aime à le répéter le personnage d’Henderson (ce pote de James Bond est un détective non moins poivrot qu’australien), créé par Ian Fleming, dans le roman « On ne vit que deux fois ».

Habituellement, les élites s’arrangent pour « diriger » la démocratie, si bien que les gens ordinaires finissent par voter par un représentant desdites élites. C’est comme ça, de l’Inde aux Etats-Unis… Toutefois, en de certains moments critiques, ce système peut ne pas fonctionner. Dans ces cas-là, les élites ont tendance à mépriser totalement le vote de la majorité et à agir à leur guise. Ce fut le cas, en Russie, en 1993, quand les nouvelles élites pro-occidentales ne furent pas d’accord avec la majorité représentée par le Parlement et qu’elles firent bombarder ledit Parlement par des tanks… Sur ses ruines, ces élites pro-occidentales installèrent le nouveau système de gouvernement direct. Cela fut également le cas à Belgrade, où les Serbes durent voter, puis revoter, puis re-revoter, puis re-re-revoter, jusqu’à ce que le candidat des élites fût (enfin) confirmé. Ainsi, au niveau psychologique, les partisans de Moussavi ont eu le sentiment d’avoir été privé du pouvoir qu’ils méritaient, par nature. Mais les élections, en Iran, ne sont pas chose rare : ils peuvent donc en rabattre un peu sur leurs ambitions folles, accorder un tantinet de considération à la volonté des citoyens ordinaires… et attendre les prochaines.

En sus des participants directs et des candidats, le drame iranien a eu deux protagonistes d’importance, dont les actions positives ont contribué à éviter le bain de sang et la catastrophe. L’un des deux est le guide spirituel Ali Khamenei, un sage, diplômé de l’Université de Moscou. Il a conservé un contrôle total sur les événements. Un homme tel que lui a cruellement manqué, à Kiev et à Pékin. Son sermon de vendredi a calmé les passions. Il a établi l’évidente contradiction entre les hooligans et les agents de la CIA, d’un côté, et les partisans sincères du programme de Moussavi, de l’autre. Après cette séparation des moutons d’avec les chèvres, la paix civile a pu se rétablir sans délai. Khamenei a pardonné aux partisans de Moussavi, qu’il a accueilli à bras ouverts. De fait, ce fut la fin des grandes manifestations – seuls, de petits groupes d’activistes nés deux fois ont défié ses ordres, ils ont été dispersés grâce au recours à des moyens non létaux.

Le deuxième protagoniste se trouvait à l’endroit le plus inattendu, à savoir… à Washington. Le président Obama, puisque c’est de lui dont il s’agit, est un authentique héros, dans cette dramaturgie. Il s’est refusé à faire procéder à l’escalade dans les troubles, en dépit des exigences des néocons. Il n’a jamais appelé les Iraniens à se soulever, armés, contre le régime honni ; il n’a jamais mis en doute la légitimité des élections, il n’a jamais menacé Téhéran de la rayer de la carte. Pour un président élu récemment, pris en sandwich entre la vieille garde d’Hillary Clinton et de Joe Biden et la jeune garde (sioniste, ndt) d’Emmanuel Rahm et d’Axelrod, avec une sévère récession dans les pattes, avec les coffres de son budget électoral remplis par des donations juives, ce fut, de ça part, un acte d’un héroïsme insensé, dans le genre Iwo Jima. J’imagine ce que Ronald Reagan ou George Bush Père&Fils, auraient dit, à sa place… On aurait eu droit à un truc dans le genre : « Nous sommes tous des Iraniens… » (Et encore, dans le meilleur des cas…).

La « révolution verte » qui a fait pschitt avait été préparée par la CIA infiltrée par les sionistes, du temps de Bush. Paul Craig Roberts a cité le néoconservateur Kenneth Timmerman, qui a écrit, à la veille des élections, qu’une « révolution verte » était annoncée à Téhéran, « le National Endowment for Democracy (le NED, un des instruments de la CIA, I.Shamir) ayant dépensé des millions de dollars à promouvoir des révolutions « colorées »… Une partie de cet argent semble avoir terminé entre les mains de groupes pro-Moussavi ». Mais le Président Obama était un acteur plus que rétif, dans cette histoire. Ce n’est qu’après y avoir été poussé par Biden qu’il a exprimé un désir plus que modeste de n’assister à rien de fâcheux à Téhéran. Ainsi, à mes yeux, le Président Obama s’est honorablement dédit de sa promesse, faite au Caire, de reconnaître les résultats des élections et d’éviter de s’immiscer dans les affaires intérieures des pays du Moyen-Orient… Bon : il aurait pu arrêter la CIA. Mais c’était là, probablement, quelque chose qui n’était pas dans ses possibilités (ça pas dans son « Yes we can » ? ndt…).

Si quelqu’un voulait en faire une pièce de théâtre, le prologue devrait être campé à la Maison-Blanche, avec l’arrivée du Premier ministre israélien Netanyahu… Son rôle pourrait être interprété par une grosse dondon habituée à ce qu’on lui obéisse au doigt et à l’œil.

- « Je veux un nouveau manteau de vison ! » – exigerait-elle, ce à quoi l’Africain s’enquerrait non sans rudesse de savoir si elle ne se contenterait pas de deux coups de pied au cul, en lieu et place ?

Sauf que, dans une attitude typique tout à fait dans le style de Salomé, à la place du manteau de vison, Netanyahu a exigé son comptant de têtes persanes coupées. Il a trouvé l’explication biblique idoine : les Perses sont Amalek, la tribu ennemie : ils doivent donc tous être exterminés, jusqu’à leur dernier chat de gouttière.

Habituellement, lorsqu’ils rencontrent des Premiers ministres israéliens, les Présidents américains commencent à mégoter, comme le fait Abraham avec le Dieu de l’Ancien Testament : « Oh, non : pas jusqu’au dernier chat de gouttière… : laissez-nous épargner quelques chats persans…Hein ? S’il vous plaît !? »

Toutefois, Barack Obama n’a pas débattu de cette question : il a exigé des Israéliens qu’ils gèlent l’expansion des colonies juives.

- Nous ferions bien mieux de ne pas perdre notre temps à ça, et d’envisager les diverses méthodes pour bombarder l’Iran…, objecta Netanyahu… Mais le Nègre-en-chef ne marcha pas dans la combine : il n’acheta pas la marchandise défraîchie du juif. Il insista, exigeant le démantèlement de quelques colonies, et il a mis ça à l’ordre du jour. Alors, pour remettre l’Iran sous les projos, et pour nous faire oublier les colonies, les manipulateurs sionistes décidèrent de remuer la boue au fond de la mare Iran…

Les événements d’Iran font partie intrinsèque de la lutte menée actuellement par l’âme de l’Amérique, incarnée par son président Obama, afin de ramener l’excessive influence juive à sa juste proportion. En dépit du temps très court depuis lequel il tient ferme en main le gouvernail du brave navire Amérique, Obama a franchi quelques pas vraiment courageux :

- Il a fait son discours, au Caire, tendant un rameau d’olivier au monde musulman ;
- Il a exigé d’Israël qu’il démantèle les colonies et lève son blocus sur Gaza ;
- Il a refusé de soutenir le projet visant à bombarder et/ou à saper l’Iran ;
- Quarante-deux ans après, son Administration a décerné la Silver Star Medal à un survivant de l’USS Liberty. Ce navire de guerre américain avait été attaqué par des avions et des torpilleurs israéliens, cette lâche agression ayant été cachée aux yeux des citoyens américains avec la connivence de tous les présidents successifs des Etats-Unis… jusqu’à Obama ;
- Inspirée par la victoire d’Obama, l’Université de Californie sise à Santa Barbara a bloqué la tentative du lobby juif de discréditer et de licencier le Professeur Robinson. C’est là une première absolue en Amérique ! Cet événement est comparable aux premiers échecs du Sénateur McCarthy et de son HUAC (le House Committee on Un-American Activities, Comité Intérieur des Activités Antiaméricaines) au moment où cette machine à broyer les humains était inopinément tombée en panne.

Vous ne pouviez pas vous attendre à ce que le Lobby accepte sa défaite stoïquement. Ils ont contre-attaqué Obama par tous les moyens possibles et imaginables, dont notamment des blogues imbéciles listant ce qu’il n’a pas encore fait, au lieu de célébrer ce qu’il a d’ores et déjà fait… Il a suffisamment d’ennemis sur sa droite, pour que la gauche puisse se laisser convaincre – en attendant des jours plus sûrs.

Les Iraniens, aujourd’hui, ont une tâche très importante à accomplir : ils doivent raccommoder les accrocs et les déchirures causées par la campagne au code coloré inspiré par les sionistes et la CIA. Ils doivent se rappeler que des techniques ultrasophistiquées de psycho-engineering social rend possible à des malfaiteurs d’utiliser des réseaux de socialisation tels que Twitter afin de s’emparer du contrôle sur des sociétés entières et de les détruire. Les citoyens iraniens ordinaires qui se sont fait piéger par cette forme de contrôle mental sont aussi innocents que si on les avait empoisonnés.

Le temps de jeter des pierres est derrière nous : voici venu le temps de bâtir avec.

°°°°°°°°° Version en Anglais :

Iran : All’s Well that Ends Well

By Israel Shamir
23.06.2009

Iranian drama was a good thing, because after years of demonisation, Iranians looked human to the Western audience. Even McCain bewept the killed Iranian girl, though yesterday he would gladly "bomb, bomb, bomb" her and million of her sisters into oblivion. Glenn Greenwald noted "the "Bomb Iran" contingent’s newfound concern for The Iranian People" saying : "Imagine how many of the people protesting this week would be dead if any of these bombing advocates had their way ! Hopefully, one of the principal benefits of the turmoil in Iran is that it humanizes whoever the latest Enemy is." This humanisation could not be undone fast, and thus the bombing may never occur, despite pleas of Netanyahu and Lieberman.

Although it was a close touch. A day or two after the elections, Iran poised at the edge of the abyss, ready to go berserk with huge unruly crowds and well armed revolutionary guard facing each other with great hatred. All Iran’s achievements could be undone in the turmoil of unrest ; a fledging regional power could be thrown back fifty years. For a while, the future script was unpredictable. Would Teheran follow Kiev, Ukraine with authorities giving in to an inexorable push of the rebels, calling another round of elections and installing pro-Western president, privatising oil and gas, empowering oligarchs and transnationals, joining NATO ? Or would it follow the script of Tiananmen, with tanks crushing the stubborn students ?

It ended well, avoiding both extremes. Young professionals, sometimes disparagingly called ’Gucci crowd’, anti-clerical communists and liberals, many ordinary middle-class Iranians used the chance to show that they wish a less austere regime. They want to have a drink, to wear pretty clothes, to celebrate lavish weddings without being roughed up. Some of them want to use their privilege and limit the power of the state and the mosque. They do not want to be constantly controlled by the security services. Some of Mousavi’s supporters also supported Palestinian struggle ; they are not CIA agents, but good and sincere people. Many of them are involved in arts, in the glorious Iranian cinema and literature. Iranians abroad supported Mousavi by large margin, and they are a nice bunch, too.

The government of the legitimately re-elected President Ahmadinejad will do well to pay attention to their wishes, at least partly. One may laugh at these westernised youths who called out "Ahmadi bye-bye" in their cartoon-style teenager talk, but nobody can rule well while totally alienating these budding elites, and government is first of all an art of compromise.

Supporters of Mousavi should not get upset overmuch by their defeat - they were such a disparate crowd, from communists to anticommunists, from anti-clericals to mullahs and ayatollahs, that in no way they could all be satisfied even in case of their victory. Actually, a victory of Mousavi would just begin an open struggle for power, and probably the most vocal and visible adepts of the change would find themselves losers. This happened to Soviet dissidents. In the rather similar Russian confrontation of August 1991 the opposition won - and vast majority of the people who stood at the barricades for Yeltsin came to regret it : they were cheated and robbed. This happened to Iranian dissidents after the Shah’s fall : Tudeh Communists found themselves outlawed after the revolution they worked for.

The vast majority of Iranians voted for Ahmadinejad, for he is a modest man devoted to his people, he took care of the poor and had kept Iran free from the imperialist clutches. His work over the nuclear programme appears to be wildly popular, and even his defeated opponent did not dare to utter a single word against it. Ahmadinejad received strong support all over the country, even in the Azeri-populated North-West. He is also popular all over the world as a symbol of the Third World rebellion, on a par with Castro and Chavez. He maintains good relationship with neighbouring Russia and China, even with the US-occupied Iraq and Afghanistan. Ahmadinejad’s lightning visit to Yekaterinburg to the SCO conference in the midst of the upheaval has proved his statesmanship. In his well-received fiery speech he never referred to the crisis back home, and he was congratulated by his peers President Medvedev and President Hu Jintao with his electoral victory. His stalwart anti-Zionist stand endeared him to the Arab neighbours of Iran, even to annoyance of Arab rulers. His weapons saved Lebanon in 2006 from being devoured by Israel. Sometimes he goes too far, but otherwise, how can he find out how far he can go ?

The accusations of electoral fraud are absolutely groundless, as our friend James Petras well explained, while Thierry Meyssan expounded the technique of convincing Iranians that they were cheated. But beyond the sham of "fraud" there was a genuine complaint : elites often do not agree with democracy, with decisions by majority. Rich, educated and powerful feel that their voices can’t possibly have the same weight as that of an ordinary worker and peasant. They stand "for the government by an elite, and voting graded by each individual’s rating in that elite", as an Ian Fleming’s character, a James Bond’s friend, a drunken Australian sleuth Henderson used to say in You Live Only Twice.

Usually the elites find a way to "direct" democracy, so the ordinary people would eventually vote for a representative of elites. This is the way from India to the US. However, in critical moments this system does not work. Then the elites tend to disregard the majority vote and act directly. This was the case in Russia in 1993, when the new pro-Western elites did not agree with the majority represented by the Parliament and had sent tanks to shell the Parliament. On its ruins, they installed the new system of direct rule. This was the case in Belgrade, where the Serbs had to vote time and again until the elites’ candidate was confirmed. So on the psychological level, supporters of Mousavi felt they were cheated of power they deserve. But elections in Iran are not infrequent : they still may readjust their wishes, give more consideration to the will of ordinary folk and wait for the next election.

Beyond direct participants and candidates, the Iranian drama had two major protagonists whose positive actions helped to avoid bloodshed and disaster. One of them is the elderly Spiritual Guide Ali Khamenei, a wise man and a graduate of Moscow University. He was fully in control of the events. Such a man was missing in Kiev and in Beijing. His Friday sermon calmed the passions. He drew the clear contradistinction between the hooligans and CIA agents, on one hand, and sincere supporters of Moussavi’s agenda, on the other hand. After this separation of sheep from goats, civil peace could proceed without delay. Khameney forgave and embraced the supporters of Mousavi. Indeed, that was the end of the big demonstrations - only small groups of born-again activists defied his orders and were dispersed by non-lethal means.

The second protagonist was located in most unexpected place, in Washington. President Obama is a true hero of the drama. He refused to escalate the troubles despite neocon demands. He never called upon the Iranians to rise in arms against the evil regime ; he did not doubt legitimacy of elections, he did not threaten Tehran with extinction. For a recently elected president sandwiched between the old guard of Hilary Clinton and Joe Biden and the young guard of Rahm and Axelrod, with a severe recession on his hands, with his election coffers filled by Jewish donations, this was an act of reckless heroism, Iwo Jima kind. I can imagine what Ronald Reagan or George Bush, pere et fils, would say. Something like "We all are Iranians now" at least.

The failed "green revolution" was prepared by the Zionist-infiltrated CIA of Bush’s days. Paul Craig Roberts quoted a neoconservative Kenneth Timmerman who wrote the day before the election of a ’green revolution’ coming in Tehran as "the National Endowment for Democracy (NED, a CIA tool - ISH) has spent millions of dollars promoting ’colour’ revolutions . . . Some of that money appears to have made it into the hands of pro-Mousavi groups". But President Obama was a very reluctant player in this drama. Only after being pushed by Biden he expressed very modest desire to see no violence in Tehran. Thus, in my view, President Obama honourably discharged his Cairo promise to recognize elections and to avoid interfering in the internal affairs of the Middle Eastern states. True, he could not stop the CIA, but probably that was outside of his writ.

If one were to turn it into a stage play, the prologue would be played in the White House with arrival of the Israeli Prime Minister Netanyahu. His part could be played by a mature leman used to have things done her way.
- I want a new mink coat, - she’d ask, and the African would rudely enquire whether she’d be pleased with two kicks instead. Only, in a peculiar Salome-like twist, instead of the mink, Netanyahu asked for so many chopped Persian heads. He found a Biblical explanation : the Persians are Amalek, the enemy tribe, and so they have to be exterminated to their last cat.

Usually, when encountering Israeli Prime Ministers, American presidents would begin to argue like Abraham with the God of Old Testament : oh no, not to the last cat. Let us leave some Persian cats, please !

However, Barack Obama did not debate the topic : he demanded from the Israeli to freeze expansion of Jewish colonies.
- We should discuss methods of bombing Iran, rather, - objected Netanyahu, but the superior Negro did not buy the soiled merchandise of the Jew. He insisted on dismantling some of the colonies, and brought it into the agenda. In order to return Iran into the limelight, and to make us forget about the settlements, the Zionist infiltrators incited the trouble in Iran.

The developments in Iran are part and parcel of the present struggle of the American soul represented by their President Obama to cut the excessive Jewish influence down to size. In the very short time he stands at the helm of the good ship America he made a few daring steps :

* He made the Cairo speech and offered a palm branch to the Muslim world. * He demanded from Israel to remove the colonies and open the Gaza blockade. * He refused to support the Zionist plan to bomb and/or undermine Iran. * After 42 years, his Administration gave a Silver Star medal to a USS Liberty survivor. USS Liberty was attacked by Israeli jets and torpedo boats, and this dastardly deed was hid from the American eyes with connivance of all American presidents - until Obama. * Inspired by his victory, the University of California at Santa Barbara blocked the Jewish Lobby attempt to undermine and expel Professor Robinson. Such things had never happened before in America. This is comparable to first failures of Senator McCarthy and his HUAC, when the machine used to grate people suddenly broke down.

You could not expect that the Lobby will accept its defeat stoically. They counterattack Obama by all means, including silly blogs that list what he did not do yet, instead of being happy with what he already did. He has enough enemies on the right, so the left can relent - until safe days.

Iranians have now an important task to mend the wear and tear caused by the Zionist and CIA-inspired colour-coded campaign. They should remember that very advanced techniques of social psycho-engineering enable malefactors to use social networks like Twitter in order to capture and destroy societies. The ordinary Iranians who were captured by this form of mind control are as innocent as if they were poisoned. The time for throwing stones is over, now is the time to gather them.


 
 
 
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