En finir avec le PS

Je ne roule pour personne, ni pour le NPA, ni pour le front de gauche, ni pour le PS, si certains pouvaient voir dans cet appel une machination visant à poser le PS en victime. Encore moins pour l’UMP, bien évidemment, même si quelques-uns pourront penser que je fais le jeu « objectif » de la droite en publiant ce texte. Ce en quoi ils auront tort, car c’est en maintenant la fidélité à un boulet social-démocrate perclu de libéralisme que je ferais le jeu de l’UMP.

Je suis un simple citoyen d’en bas qui en a marre de voir passer le train du projet politique, de l’action collective de la Gauche, en grande partie à cause de cette formation qui provoque un trou d’air politique permanent où s’enterrent les protestations, les revendications et les unions véritablement de gauche.

S’il demeure sans doute quelques militants égarés dans ce qui fut un grand parti de gauche, il doivent s’interroger en âme et conscience. Leur parti pèse énormément sur la vitalité de la gauche. Il la lamine au jour le jour, par ce qu’il est devenu, ce qu’il n’incarne plus et ce qu’il empêche.

A eux d’en tirer leçon et de revenir dans la gauche, c’est-à-dire quitter cette structure morte accrochée au modèle représentatif actuel qui lui donne élus et villes, par un jeu électoral complètement faussé par la phalange UMP et ses relais médiatiques, pour le profit d’une caste capitaliste qui confisque littéralement la démocratie.

On voit encore certains, dans diverses formations de gauche vraiment à gauche normalement, appeler à des alliances locales, voire nationales, avec ce parti qui n’a plus rien de gauche. Je dis qu’il faut dénoncer cette erreur, cette faute.

Le maintien d’alliances hétéroclites axées sur des copié-collé idéologiques maniant la carpe et le lapin ne sert à rien. Les bannières mêlant le PS à des gauches diverses, pour une union de croyants incapables de cibler le même adversaire et le canon commun à braquer sur lui, sans parler d’un véritable projet politique local ou national partagé, sauf exceptions, dessert la crédibilité et la durée des alternatives.

Pas de désagrégation réelle des modes de gestions de droite, pas d’alternatives concrètes pour le renversement de potentats locaux UMP et la mise en place de réalisations politiques évidentes et importantes, avec l’allié PS. Et, bien sûr, pas d’indépendance réelle et symbolique de la Gauche, par rapport à un parti pour qui trop de citoyens votent encore, donc, en croyant voter à gauche.

Non, la gauche ne se redressera pas, ne pourra faire un projet pour faire réellement dérailler le capitalisme, puis le dépasser, tant qu’elle demeurera à l’écoute de ce fantôme qui lui tend les mains pour ne pas rejoindre les limbes.

Il faut en finir. La page PS est terminée.

Je suis le premier à le déplorer, mes souvenirs étant liés à l’alternative 81 et la suite, comme beaucoup d’hommes et femmes de gauche, mais on est bien obligé de la constater.

Le PS est composé de notables en trop grande partie, son projet politico-économique est inexistant, son opposition à la déferlante ultra-droite est basée sur des discours mous où le bon mot remplace l’énergie et la radicalité. Son soutien aux luttes est invisible, hormis pour RESF, sa capacité à mobiliser les citoyens les plus frappés au quotidien par la machine gouvernementale capitaliste est nulle.

C’est un appareil, une "machine à gagner", comme disait Huchon, une machine sans âme, sans avenir, dont les têtes de listes sont bien trop souvent des traîtres à la cause du prolétariat, ou des nantis, grands bourgeois partageant le mode de vie et les conceptions politiques de l’UMP, le libéralisme en acte.

Ceci au plan local, comme au plan national.

Chaque jour l’actualité témoigne du renoncement de ce parti à ce slogan qui nous fit tant espérer : changer la vie. Dans les municipalités, les régions, le pays tout entier, on peine à voir ne serait-ce que quelques exemples, portés par des élus PS, d’une politique proposant des alternatives, des ruptures avec les modalités capitalistes locales et nationales.

Je veux dire par là des politiques, déjà locales, qui impliqueraient réellement, et non pas de manière seulement consultativo-symbolique, le citoyen dans l’élaboration des projets d’emploi, de loisirs, de santé, de maîtrise de l’énergie, etc. Des projets qui redonneraient à ce citoyen la maîtrise de sa ville, en lui conférant un poids de proposition, de choix et de sanctions contre les élus qui ne mènent pas la politique qu’il exige. Des projets politiques qui seraient réellement débattus, suivis, modifiés, amendés par lui, et non pas construits en petit comité avant d’être vantés par des structures de communication.

Au lieu de cela, nous voyons des gestions gestionnaires passant par-dessus tout le monde, des délégations permanentes de moyens financiers et humains au privé, des « coups » médiatiques sécuritaires, et des journaux municipaux qui vantent l’élu PS exactement de la même manière qu’ils nous vendent les élus de droite. Avec quinze fois la tête du maire, à défaut de projets et d’implications des habitants. Quant nous n’avons pas, de plus en plus, à la tête de nos villes, de petits autocrates dont le maintien au pouvoir apparaît comme seule ambition et horizon politique.

Le PS a fait son temps. Il a eu un blanc-seing de trente ans. Trente ans où il est allé, sous nos yeux, de renoncements en renoncements, de la social-démocratie au libéralisme plus ou moins feutré, du cul de plomb à l’abstention active face à la pwofitasyon.

Ca suffit.


 
 
 
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2 commentaires
  • En finir avec le PS 26 juin 2009 10:19, par idem

    C’est dit et bien dit. Un constat sans appel que certains font aujourd’hui. le PS hypothèque non seulement l’idéal ( et oui on en parle encore) mais usurpe l’idée et le mot de gauche. Alors oui, il faut en finir avec le PS. Cela dit, au train où vont les choses on n’aura pas besoin de l’aider à se dissoudre.

  • En finir avec le PS 27 juin 2009 10:51, par didier

    Le PS n’est plus à gauche depuis longtemps d’ailleurs on peut penser que Valls va finir par mettre la main dessus en tant que chouchou des médias(l’homme de gauche moderne blablabla etc...) ce qui achèvera sa droitisation. Pour reconstruire une gauche ça ne va pas être de la tarte tant la possibilité d’une alternative est difficile à défendre auprès des populations qui en auraient le plus besoin. De plus il faut réfléchir sur la prise de pouvoir, les participations au gouvernement et même au système car on peut se demander si certains élus qui veulent sincèrement le combattre ne finissent pas par le servir en toute bonne conscience.
    Luttons tout de même !

 
 
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