Pour un second procès Halimi exemplaire, à cœur et à ciel ouverts ?

Foin du huis clos imposé par la loi ! Passons outre ! Le Garde des Sceaux y pourvoira !

Soulevons le couvercle ! On veut tout voir et tout entendre !

Procès pédagogique ! Procès ô combien salutaire ! Procès riche en enseignements et en résolutions de toutes sortes !

Procès exemplaire… en veux-tu en voilà ! Tout le monde quittant le prétoire beaucoup moins anti-sémites qu’en y entrant (sinon…plus du tout), puisqu’antisémitisme il y avait ; et tous se sont engagés à prêcher la bonne parole là où il est important qu’elle le soit (et même dans les prisons), loin des anathèmes qu’il aura bien fallu pourtant hurler aux oreilles des plus récalcitrants d’entre eux, mais dont on obtint et la capitulation et l’adhésion.

Vraiment ! Un vrai tour de force ce second procès Halimi !


Une chose mérite d’être dite (sinon… d’être rappelée) ; et à toutes fins utiles… d’être démontrée :

Si condamner les émeutiers avec des "C’est pas bien de brûler des voitures" n’a jamais dissuadé qui que ce soit de les brûler... Si sermonner les gens avec des "C’est pas bien d’être raciste" n’a jamais empêché qui que ce soit de le rester (ou bien de le devenir)…

Vilipender le peuple et plus particulièrement celui des « banlieues » à coups de « C’est abjecte d’être anti-sémite » n’empêchera personne de s’y complaire !

Et plus encore lorsque cette dénonciation de l’antisémitisme n’a qu’un seul but : discréditer et voué à une mort sociale, un adversaire idéologique ; ou bien lorsque le discernement fait cruellement défaut, sans oublier les cas de névrose obsessionnelle et de paranoïa aiguë ; et cet autre cas de figure (très fortement en voie de développement dans les années à venir) : l’anti-sémitisme qui n’est qu’un anti-sionisme exacerbé parce que… criminalisé par le cynisme de ceux qui, en secret, rêvent de faire de l’anti-sionisme un délit ; ceux-là mêmes qui n’ont qu’un souci : défendre mordicus la politique d’un Etat pourtant étranger à la France et à l’Europe par ces mœurs politiques ; et notamment, l’utilisation de sa force armée.

Et quand on sait que l’antisionisme n’est, le plus souvent, que la manifestation d’une désapprobation de la politique d’un Etat et non, la contestation de son droit à l’existence ; droit qui peut difficilement être remis en cause puisque… reconnu par la communauté internationale…

Car, si tout est dans l’exécution, quand on ne peut plus agir, notamment sur le plan politique – même symboliquement -, pour rétablir un équilibre, et que l’on est tout nus... (Le Garde des Sceaux s’empressant de demander un autre procès sous la pression des « représentants » les plus bruyants de la communauté juive) vers qui et vers quoi peut-on alors se tourner ?

***

La lutte contre l’anti-sémitisme (tout comme la lutte contre le racisme) ne peut être qu’un point de départ et certainement pas une fin en soi. Dans le cas contraire, ce sera un échec. Et d’ailleurs : c’est un échec !

Et si l’anti-sémitisme ne peut être qu’un point de départ, ce point de départ ne peut avoir qu’un seul point d’arrivée (pour peu que l’on se reconnaisse une obligation de résultats et pas simplement une obligation de mise en accusation) : le rapprochement des communautés autant que l’on puisse géographiquement, ethniquement et socialement les définir.

Certes, les chantres de la lutte contre l’anti-sémitisme ont pour eux trois atouts qui les dispensent de descendre de leur piédestal : le droit (l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit – à juste titre) l’Histoire – et c’est long l’Histoire et c’est cruelle et injuste l’Histoire ! -, et l’appartenance à une minorité leader en Europe, tout au long des siècles ; en ce sens qu’elle n’a que des exemples d’excellences sur lesquels s’appuyer.

Dans les années à venir, il est fort probable que nous soyons conviés à un face à face stérile dans lequel le plus « fort » (fort de son droit, de son Histoire, de son apport) vilipende le plus « faible » rendu plus faible encore : paria économique, paria culturel, paria social - et dernière tare : paria « morale » -, comme un pied sur sa nuque qui maintiendrait sa tête sous l’eau.

Face à face dans lequel une communauté a pourtant bien plus à perdre : celle qui a tout les atouts en main car, continuer de faire de l’anti-sémitisme une fin en soi, demandera de plus en plus d’énergie (prendre un problème par le mauvais bout ne fait que le rendre encore plus complexe à résoudre). Or, rien n’est plus précieux et rien n’est plus rare que l’énergie, et cette énergie dépensée dans un combat tous azimuts contre le vrai et le faux anti-sémitisme pour de bonnes et de mauvaises raisons (déjà explicitées ci-avant) minera de l’intérieur la communauté juive de France ; et le travail de sape a déjà commencé : pour s’en convaincre, il suffit simplement de comparer l’apport de la génération née après la guerre avec celui des générations précédentes.

Aussi, il ne pourrait bien qu’à l’avenir, les procès de type « Halimi » (dans sa plus simple définition : meurtre ou assassinat qui aurait pour victime un juif français) ne soient qu’un gigantesque piège pour une communauté qui semble en proie à un déclin intellectuel et moral irréversible, à l’image de notre société dans son ensemble  : société sans projet.

En effet, pour se développer, l’excellence – le talent, le génie -, a besoin d’une civilisation porteuse de projets et d’une métaphysique – quelque chose de plus grand que soi ; et la dernière compagne présidentielle n’a fait que confirmer cet absence de projet ; et rien n’est venu démentir la médiocrité des ambitions ; et sûrement pas des slogans du type : « la France soit tu l’aimes, soit tu la quittes » ; slogan qui sonne le glas de l’intelligence et de l’honnêteté en politique, celui de la démocratie et tout aussi gravement : celui de l’idée même de « vie en société », avec le ghetto pour unique horizon.

Et bien plus que l’image de notre société  : c’est bien celle de tout un Pays et de tout un continent qui n’ont rien prévu pour nous tous.

***

Si l’oisiveté est la mère des vices, l’ennui n’a rien à lui envier ; et l’existence non plus, elle qui a le vide en horreur…

Et c’est alors qu’arrive un questionnement redoutable : « Qui suis-je sinon ce que je puis être… avec ceux qui me ressemblent… contre tous ceux qui ne sont ni moi ni nous. »


 
 
 
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