"LE BERCEAU DE PHENICIE" : Pour que le monde soit extraordinairement libre !

Un voyage poétique au cœur de la Phénicie à travers une écriture qui séduit par son élégance, sa finesse, la subtilité du sens et la beauté des images. C’est ce que nous propose François Xavier, poète de son état, dans son long poème intitulé le Berceau de Phénicie, réédité aux Editions Books on Demand (BoD).

Un poème qui prend l’allure d’une fable à multiples ressorts au verbe poétique qui laisse parler son émotion et sa sensibilité dans un merveilleux livre de poésies ornementées de dessins qui prennent la forme de figures tantôt figuratives, tantôt abstraites. Deux versions graphiques pour célébrer le poème, imaginées par Ladislas Kijno, peintre de renommée connu pour ses collaborations avec des poètes contemporains : Louis Aragon, Tristan Tzara et bien d’autres.

Le poète et ses vers qui nouent le dialogue. Le peintre et ses deux graphiques peintes sur ces poèmes. Un livre qui dégage une lucidité aux allures prémonitoires. Une œuvre à la beauté qui entraîne dans les bouleversements du monde les plus profonds. « Loin du concert ahurissant des normes occidentales régissant l’ensemble de la planète. Car le monde est multiple. Multiples ses peuples. Multiples ses cultures. Donc, multiples doivent être les dialogues qui régissent nos échanges », peut-on lire dans la préface.

Alors, pour vous, le Berceau de Phénicie, « un long songe sur la mémoire du monde et son devenir, incertain ». Une métaphore de la Vie qui porte en elle un message des plus importants : l’urgente nécessité d’inventer de nouvelles façons de vivre ensemble et de « briser les chaînes » de l’ambition dominatrice afin d’édifier un monde de Paix et d’Amour. Au-delà des frontières. Au-delà de toutes limites !

Le Berceau de Phénicie : une histoire formidablement passionnante qui se raconte en deux temps.

Temps I : Le poète et son don d’émerveillement...

Au commencement, le verbe du poète surgi d’un hors temps pour porter le mystérieux message de la Vie et de la Mort ressuscités en Amour et en Paix à l’état embryonnaire dans les entrailles de cette « terre sacrée, oubliée », engloutie dans un monde sans couleurs. A la temporalité incertaine... Envahi par la haine qui se débat dans les va et- vient de ses bonds en arrière au bord du précipice du Berceau de l’Humanité. La Phénicie...

"Orient d’amour
Je t’aime de hargne à ne pas comprendre …"

Une Humanité qui cherche et se recherche au cœur de la Phénicie. Hier. Au présent. Demain... La Phénicie dans toutes ses temporalités. La Phénicie... Hier... Une terre, « née de glaise et de pourpre... » « de grâce dans le ciel épuré et froid... », « dans le berceau des mondes, cette terre de Phénicie souveraine et fière », au cœur d’un passé qui fut. Jadis. Dans un espace

"porté au firmament du temps par des jardins
jadis fleuris de mille essences.
Au-delà de la profanation des guerres..."

Terre de savoir. Ouverte aux « philosophes », aux « danseurs », aux « savants », aux chanteurs » qui, Tous d’un même élan cultivaient

"L’essence de l’homme
A l’abri des inquisiteurs de la nuit..."

La Phénicie... Au présent... Le geste d’un rapt unique dans l’Histoire par un « prince » qui Succomba au charme épicé du ravage de la soie Et -l’enleva -aux siens—l’arracha à la terre de Sion... Et voilà que cette « terre sacrée et oubliée...au nom sali... », otage de « l’enfer des querelles ».

"Cette terre à fruits qui ne donne plus

Que des fruits de plomb des fruits de mort..."

devient source d’inquiétude et l’objet de préoccupation de notre poète qui, au cœur de l’incompréhension s’en va interroger le futur. Il l’ interroge. Et l’ interroge. Encore et encore.

"Où se cache la terre de Phénicie d’aujourd’hui ?
Mille fois terrassée mille fois souillée...
Offerte au gourmet des rois du désert..."

Puis, dans un moment de flottement et d’incertitude. Devant l’immensité du vide. Face aux retours en arrière et aux bonds en avant de l’Histoire ponctuée de guerres, de meurtres et de violences, le poète soliloque dans un langage sans ponctuation. Les phrases en suspens. L’attente... Le temps pour notre troubadour d’exorciser le démon du doute qui prend possession de son esprit. Et le voilà qu’il interroge le futur. Encore !

"Orient du feu salvateur
Renaîtras-tu des cités oubliées... ?"

Et, « Pour oublier un instant le temps des infamies », le poète espère et va jusqu’à nous confier ses espoirs les plus secrets nous rendant, ainsi, témoins de son amour pour cette terre, lieu où il se perd pour mieux se retrouver ...

"Orient de mes rêves une porte s’entrouvre
Je la protège du souffle du Livre...
J’ose croire toujours en la paix des braves..."

Et le voilà qu’il se met à rêver. A entrevoir le futur. Il rêve d’une Phénicie à l’image d’un « jardin céleste ».

"Une Phénicie nouvelle

née des cendres brûlantes des charniers "

afin de

"faire de la Méditerranée
Le grand lac de la Phénicie qui chantait ton nom..."

Et afin de réaliser ce rêve qui hante son imaginaire, il s’imagine en sauveur de cette terre et entreprend le périple de « la ruse etde l’épreuve » d’où « naîtra la lumière ». Il devient, ainsi, cet homme qui « marche marche Et marche encore Pour ne pas s’oublier ». Ce « pèlerin solitaire » « parti de Byblos

"Porter la nouvelle cette renaissance imposée
au monde dur et froid..."

Et voilà que la voix du poète se fait de plus en plus distincte dans l’obscurité du jour qui vient de s’éteindre. Une voix qui … qui dégage une chaleur magnétisante. Une voix qui chante. Et chante comme elle respire faisant surgir les émotions les plus nues. Jusqu’au vertige ! Jusqu’à l’évanouissement !

"Pour clamer haut et fort le renouveau de l’Orient
Terre de paix et de tolérance ilôt de sable ..."

où au loin, l’ombre d’un homme en délire. Le poète et sa voix. Elle nous parle. Nous pénètre... presque par effraction. Retourne nos émotions dans tous les sens. C’est alors que les sonorités musicales du verbe poétique s’échappent une à une des replis subtils de la lisière de la folie créatrice pour nous posséder. Puis, tout en mimant le geste du premier désir, elles nous fécondent. Et voilà que la voix du poète parle à la sensibilité de cette terre qui prend l’apparence d’une femme au cœur chaud, « fille perdue fière putain », « fille de l’eau et du vent », « la princesse des matins du monde offerte pour le bien des hommes » qui laisse voir sans pudeur les désordres de son corps.

Ecoutez ! Ecoutez, ce va-et—vient précipité de mots nus au sens tissé des fils d’or venus du pays de l’Amour et de l’Amour... Oh, ce verbe qui dit et parle ! Ah, cette parole aux mille images poétiques et suggestives qui chante, conte, chuchote ! Cette écriture du rythme et du rêve qui sonne comme une confession aux mille et une révélations … Ce long poème qui propulse dans la vie poétique étourdissante qui créée de l’irruption, du surgissement. Et libère l’énergie enfouie dans les fins fonds des jardins psychiques pour éveiller à la beauté du vers et de ses significations transgressives.

Le temps du poète arrive à sa fin. Et voilà que d’un geste lent, solennel et sans cesse renouvelé comme s’il cherchait à graver davantage les empreintes de son message de Paix et d’Amour, ce passeur de mots, d’images, d’émotions, de sensations, confie son poème au peintre afin qu’il nous livre sa compréhension et son interprétation de cette épopée qui avance sur les chemins de traverse colorés d’ici et de là bas. De là bas et d’ici.

Temps II : Le peintre et son irrésistible désir d’inventer son langage pictural...

Voici alors venu le temps de la Rencontre du peintre avec le poème. Le face-à-face ! Une longue histoire à rebondissements. Entre violence et douceur. Entre désir de fusion avec cette poésie à l’âme sensuelle et l’irrésistible envie de s’en libérer. Un va-et-vient dans un espace délimité qui laisse entrevoir la possibilité d’un monde... ouvert … où le verbe poétique et le signe pictural deviennent un lieu de partage où tournoient des infinies de lumières qui nous roulent et nous enroulent dans la spirale féerique de leur magie éblouissante. Déchiffrer « la langue des profondeurs » du poème afin de rendre accessible « la langue de son âme ». Telle est la préoccupation première du peintre. C’est pourquoi, dans la première version intitulée Variation graphique 1, il se met à interpréter le poème dans les signes culturels de la terre de Phénicie comme s’il voulait l’enfermer davantage dans ses propres significations.

A ce stade, le peintre est prisonnier du poème qui devient alors un support dont la fonction est de dicter à l’artiste les formes et le sens de ses illustrations. Mais, voilà que les premiers signes d’étouffement commencent à se faire sentir. L’envie de se libérer des attachements qui lient le peintre au poète le prend aux tripes. Et se fait de plus en plus pressante.

Ses désirs ? Étreindre le poème dans son sens le plus subtil ! S’immerger dans les replis les plus secrets de ses sonorités musicales ! Et nous transmettre le sens de ses chuchotements. De ses égarements. Et alors, au fur et à mesure de l’avancement du geste créateur, il bouscule les significations du verbe poétique. Libère son énergie psychique. Dérape vers un univers inconnu. Et au bord du vide rédempteur, il crée son propre langage. Une parole qui éclate en monologues picturaux : Variation graphique 2. Un cri qui prend la forme de hiéroglyphes sortis tout droit d’un imaginaire qui renoue le fil d’une histoire qui se laisse entraîner dans un tourbillon qui fait vibrer les émotions. Le peintre devient, ainsi, créateur de sa propre langue. Une multitude de formes dépouillées de tout artifice et de faux semblant porteuses d’un message qui vient faire écho à celui du poète : Paix. Amour. Humanité. Trois mots véhiculés par le truchement de la poésie et de la peinture, deux moyens d’expression artistique qui unissent deux êtres liés par un rêve commun : Faire de la terre un lieu où la reconnaissance, l’échange, l’altérité... sont des éléments centraux dans les rapports humains.

Et face à ce langage qui prône l’humanisme, n’hésitez pas un seul instant ! Osez une incursion dans le monde enchanté de la Phénicie telle que l’aiment et l’imaginent nos deux artistes ! Oui. Osez ! Et enivrez-vous des mille et une senteurs des essences de ces idées qui mènent sur les chemins d’une pensée libre où vous goûterez au Plaisir dans ses acceptions multiples. Plaisir du sens. Plaisir des sens. Plaisir d’une œuvre à lire absolument car d’une signification profonde. D’une beauté furieuse. Et d’une actualité on ne peut plus brûlante.

Pour en savoir plus :
http://leberceaudephenicie.unblog.fr/


 
P.S.

 
 
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