Les criminels dans la Guerre d’Algérie

« Opération de maintien de l’ordre », « Action de pacification », tels étaient les termes utilisés pour qualifier une guerre que l’on avait eu l’indécence de cacher à la population française. Aujourd’hui, le conflit qui s’est déroulé sur la terre d’Algérie entre 1954 et 1962 porte, enfin, son vrai nom. Il a fallu plus d’un demi-siècle pour reconnaître que les « événements », dans l’ancienne colonie, étaient une « Guerre ». Une sale guerre, si tant est qu’il y en ait de propre, avec son cortége d’atrocités, de crimes … pourtant amnistiés par les accord d’Evian. Peut-on permettre que des assassins, se vantant d’actes lâches encore de nos jours, puissent vivre en liberté ? C’est la question que pose l’écrit.

Toute peine mérite son heure.

Aujourd’hui, celle de la justice a sonné. Et nous nous devons de la carillonner afin que tous entendent… même les sourds.

Un demi-siècle s’est écoulé dans le mensonge, la tromperie, la duplicité, la dissimulation. Un demi-siècle que les politiques nous menaient en bateau, nous donnaient le mal de mer, nous faisant tanguer, car les gouvernements et les assemblées françaises ne reconnaissaient pas la Guerre d’Algérie qui, pourtant, avait bien existé, avait bien eu lieu, avait bien tué des centaines de milliers d’êtres humains, tous sexes, tous âges, toutes origines et toutes religions confondus !

Quelle honte pour la mémoire des disparus ! Que l’opprobre couvre ceux qui ont menti au peuple mais aussi et surtout à l’histoire !

On est en droit, alors, de se demander pourquoi l’on a fermé les yeux, fait semblant, officiellement, de ne pas voir, jusqu’à nos jours, ce que tout le monde savait déjà ?

Pourquoi, également, les Algériens n’ont-ils pas donné de suites aux drames qu’ils ont vécus et dont ils ont été les victimes expiatoires ?

Ce sont bien les questions qu’il faut poser… ou plutôt qu’il faut oser poser car, en général, elles fâchent ! Et les suites que l’on donnera, instinctivement, à mon article l’illustreront parfaitement bien.

En réponse, je dirai qu’il existe de nombreuses raisons, toutes plus dramatiques les unes que les autres, qui ont permis, au silence, de prévaloir. Mais celles qui motivent mon écrit me paraissent assez hardies quant à leur exposition. Nous allons voir pourquoi.

Nier la simple notion de « Guerre » signifiait, d’abord, en filigrane, ne pas reconnaître au peuple algérien son combat non contre la France, à proprement parlé, mais contre le colonialisme… c’est à dire contre une certaine forme de gouvernants et de gouvernements qui, jusqu’à ce jour, n’arrivent pas à gober la souveraineté de celle qu’ils considèrent encore comme une colonie… sinon comme une vassale alors qu’elle forme une Nation, un État reconnu par le monde entier, un territoire.

Et Sarkozy, plus Français que les autres parce que d’origine hongroise, représentant de cette frange, en a donné toute la mesure lors de son discours populiste de Toulon et continue à le faire en refusant la repentance… qu’il est pourtant le premier à revendiquer, en bon et parfait sioniste, utilisant l’industrie de l’holocauste à l’instar de l’État le plus « démolicratique » du Moyen Orient, lorsqu’il s’agit du drame des Juifs. Oui, oui… nous savons déjà que « ce n’est pas la même chose »… puisqu’en Algérie on n’assassinait que des Musulmans… que des Algériens… pas des êtres humains car, comme on le sait, « l’Algérien… ça ne vaut rien » !

Nier la « Guerre » c’était, encore, désavouer la victoire, pourtant patente, du peuple algérien sur le complexe militaro-industriel colonial, une pilule dure à avaler parce qu’elle reste au travers de la gorge de tous les nazillons qui souhaitaient que l’Algérie fût française.

Mais ce qu’il faut retenir, et c’est le principal, réside dans le point suivant : l’absence de reconnaissance d’une guerre signifie, dans l’esprit des négationnistes, souvent méga sionistes, qu’elle n’a jamais existée et que, par conséquent, il n’y a jamais eu ni exactions, ni carnages, ni atrocités, ni tortures… ni morts… juridiquement, du moins ! Un tour de passe-passe comme seuls savent le faire les racistes de tous bords irrités par un peuple qui a su briser vaillamment le joug auquel ils l’avaient soumis.

Néanmoins, pareille pratique signifie nier l’histoire et encore plus sa dynamique. C’est cela le révisionnisme, le vrai, et dans toute sa splendeur.

A contrario, la Guerre étant reconnue, elle suscite de nombreuses interrogations parce qu’elle crée ipso facto des droits, des devoirs et appelle des corollaires dont les plus évidentes sont les notions de "Crimes de guerre", de "Crimes contre l’humanité," de "Génocide".

Bien évidemment, afin de nous endormir on nous ressassera l’importance des traités et plus particulièrement des accords d’Évian censés éponger les contentieux et amnistier tous ceux qui avaient commis des crimes.

C’est aussi, dans ce but, que l’on a attendu aussi longtemps afin de donner corps à la prescription si, d’aventure, certains se hasardaient à mettre en doute les accords… d’avant !

Eh bien non !

La prescription ne peut être prise en compte, elle ne peut jouer pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide… confer le Statut de Rome.

En conséquence, ceux, des deux camps, qui se seraient tristement et lâchement illustrés dans une lutte contre des populations civiles restent toujours passibles de poursuites pour les chefs cités.

Jusqu’à aujourd’hui et bien encore demain !

En somme, il n’est pas trop tard pour faire rattraper les assassins par leur histoire… quels qu’ils soient et quel qu’en soit le bord !

On se demande pourquoi ce versant du Droit international n’est jamais évoqué dès lors qu’il s’agit de crimes contre les colonisés et plus particulièrement contre les Algériens ?

Il m’a été donné de connaître, cet été, une région de ce pays, Saida notamment, (et elle n’est pas la seule) ayant particulièrement souffert des outrances et des outrages de la guerre.Sa population se souvient encore des exactions commises par l’Armée coloniale dirigée par un colonel tristement célèbre, qui portait le nom bizarre que l’on connaît et qui l’avait terrorisée. L’homme est encore vivant, en général, il crâne grassement et se la joue héros de bien, bien fou. Les horreurs que l’on m’a racontées à son sujet dépassent l’entendement.

C’est pourquoi j’ai jugé nécessaire, en conscience, de rédiger le présent écrit afin de susciter la création d’une pétition demandant la mise en place d’une commission d’enquête internationale dans le but de faire la lumière sur les crimes commis en Algérie et permettre la traduction des assassins devant une cour internationale afin que justice soit faite !

Mais, ce n’est pas tout.

Pareille opération remettra les pendules à l’heure et suscitera la repentance laquelle améliorera sensiblement les rapports entre deux pays qui, malgré tout, ont une histoire commune et qu’en effaçant la mauvaise par un acte de contrition dont les Algériens seront sensibles, ils peuvent repartir sur une bonne.

Ceux qui sont intéressés par l’action pourront me contacter par mail. Je rédigerai alors une pétition que nous lancerons et soumettrons au public sur internet dans le but de recueillir des signatures.

A vos plumes !


 
 
 
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