Elie Domota : Le LKP a fait le choix de refuser l’affrontement

Le 02 décembre 1973 naissait la Centrale syndicale UGTG : Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe
L’intervention du porte-parole du LKP à l’issue de la manifestation ayant rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Pointe à Pitre le mercredi 25 novembre 2009.

Byen bonjou, byen bonjou pèp Gwadloup,

Nous profitons pour souhaiter au préfet FABRE la bienvenue au pays LKP. [1]

Malgré toutes les abominations déversées sur notre compte, malgré les mille et une choses dites à notre encontre, aujourd’hui, nous étions plus de 25 000 manifestants dans les rues !

Le camarade NOMERTIN a déjà salué toutes les camarades handicapés présents à la manifestation. Et nous tenons également à saluer toutes les femmes présentes, car la base du LKP ce sont les femmes. Et parce qu’aujourd’hui c’est aussi la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Et nous les hommes présents, il faut aussi que nous cessions, car il y en a qui le font. En paroles, en pensée, avec leurs mains, leurs pieds et tout ce qu’ils trouvent… Que dans ce pays, nous respections les femmes !

Jodila , après l’organisation de leurs états généraux, après avoir raconté qu’ils avaient apporté des réponses aux revendications, (il y a à la télé une bande annonce affirmant que les réponses ont été apportées ; dans le quotidien France Antilles, il y a aussi une pleine page sur leurs prétendues réponses)… nous voyons bien qu’ils ne cherchent qu’à nous couillonner !

Hier, au Sénat, les élus UMP ont voté un amendement gouvernemental assurant que le RSTA est un complément de salaire : c’est une première victoire ! Mais nous ne devons pas nous y arrêter !

Et dans la foulée, le spécialiste du communiqué [NDR : Victorin LUREL, président PS du Conseil régional de Guadeloupe], en a pondu un autre assurant que c’est grâce à son action que cette victoire a été obtenue…

Nous nous lui disons que si ceci a été reconnu, c’’est bien parce que nous sommes débout dans les rues à manifester ! Et nous ne devons pas nous arrêter ! Car la clause de convertibilité, les problèmes de la jeunesse, les questions du prix des carburants et du prix des marchandises… ne sont pas réglées ! Les problèmes du chlordécone, de l’éducation… ne sont pas réglés ! Nous n’avons pas le droit de nous arrêter !

Bien évidemment que cela est difficile, nous savons que ça l’est. Mais c’est parce que c’est difficile que nous sommes debout dans les rues, et que nous ne devons pas reculer ! C’est pour cela qu’il nous faut continuer !

Alors d’ores et déjà, nous prenons vendredi soir un nouveau rendez-vous de bilan, là où chaque camarade pourra s’exprimer ! Et comme l’a dit le camarade NOMERTIN, nous n’avons pas à faire marche arrière : dès l’instant où nous entendrons qu’ils ont décidé d’augmenter le prix de l’essence, nous serons en grève dès le lendemain matin pour manifester dans tous les coins de Guadeloupe !

Nous prenons cet engagement aujourd’hui, car nous ne pouvons laisser Mme PENCHARD venir en Guadeloupe pour nous couillonner ! Et nous avons bien compris que si SARKOZY fait donner raison à Victorin LUREL au Sénat - alors que tous ses amendements ont été refusés à l’Assemblée nationale - c’est bien là un désaveu pour Mme PENCHARD. Un désaveu, car lors de ses venues en Guadeloupe, elle n’a pas cessé de raconter qu’il s’agissait d’une allocation. Aujourd’hui, son propre gouvernement doit reconnaitre que le RSTA n’est pas une allocation mais bien un complément de salaire ! Dorénavant le candidat de SARKOZY en Guadeloupe c’est LUREL et non la ministre PENCHARD.

C’est pourquoi beaucoup de politiciens se taisent sur ces questions et préfèrent tirer à boulets rouges sur le mouvement social. Car la seule chose qui les intéresse, ce sont les fauteuils… Nous nous ne sommes pas là pour occuper des fauteuils, mais pour défendre une plateforme de revendications et un accord qu’ils ont signé !

Hier, nous avons fait le choix de refuser l’affrontement car ils étaient venus [NDR : référence aux milliers de force de répression arrivés en Guadeloupe dans les semaines précédentes] pour livrer nous livrer bataille, faire en sorte que les choses dégénèrent et arrêter les dirigeants du LKP, afin de démanteler le Liyannaj Kont Pwofitasyon. Et nous emmener ce matin en comparution immédiate [NDR : 4 nouveaux substituts du procureur sont en place ; pas des juges d’instruction, mais bien des substituts].

Donc, volontairement nous leur avons laissé les supermarchés, les magasins d’HAYOT, les stations-services... Et aujourd’hui nous pouvons nous applaudir pour leur avoir démontré que nous avons la capacité de descendre dans les rues par dizaines de milliers. Parce que nous an balan é an konsyans. Parce que nous n’avons mis ni une feuille de tôle ni une roue ni une palette dans les rues.

Et encore une fois nous disons au préfet FABRE : bienvenu au pays LKP !

Ansanm nou ka lité,
Ansanm nou ké gannyé !

Elie DOMOTA,


Notes

[1] NDR : ce nouveau préfet avait à son arrivée affirmé que sa mission première était de garantir l’ordre public en Guadeloupe


 
 
 
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