Copenhague porte le capitalisme vert sur ses fonts baptismaux

Article publié dans je journal Le CITOYEN N° 33

Ils sont venus, ils sont tous là, pour une belle photo de famille. Quelle famille que celle du capitalisme triomphant qui transmute le carbone en euros et en dollars ! Vive la pollution, vive la couche d’ozone, vive le réchauffement climatique et vive ceux qui, pour en faire commerce, bénéficient de l’ensemble des médias planétaires. Il fallait faire peur aux pauvres et aux moins pauvres. C’est fait. Avec les même images de la banquise qui s’écroule et de ce bel ours blanc qui dérive sur un morceau de glace. Bravo ! Joli scénario. La Terre se meurt et l’homme — c’est a dire, vous et moi , mais sûrement pas les multinationales — en est le seul responsable !

Coupable !

Vous n’aviez qu’à éteindre la lumière du couloir avant de partir ! Vous n’aviez qu’à ne pas laisser votre téléviseur ou votre ordinateur en veille le soir ! Vous n’aviez qu’a acheter des ampoules basse consommation ! Vous n’aviez qu’à recycler vos déchets ! Vous n’aviez qu’à rouler à vélo ! Vous n’aviez qu’a prendre le train — même s’il a été supprimé car il n’était pas rentable ! Vous n’aviez qu’a vous chauffer à l’électricité nucléaire fournie par un prestataire privé, de préférence ! Vous n’aviez qu’à ne pas manger autant de viande de bovins dont les flatulences ignobles percent la couche d’ozone ! Vous n’aviez qu’à ne pas acheter cette belle salle à manger dont le bois, à coup sûr, provient de la déforestation de la forêt primaire ! Vous auriez dû faire l’impasse sur votre pot de yaourt qui fait en moyenne 7 600 kilomètres pour venir échouer dans votre assiette !

Non, mais, puisqu’on vous le dit ! Vous n’êtes pas raisonnables du tout, vous les humains ! Même Sarkozy vous le dit ! Vous n’êtes pas du tout, du tout, responsables. A la limite du laxisme même ! C’est à cause de vous que les océans vont monter de plusieurs mètres, envahissant, de ce fait, des pans entiers de votre beau pays en noyant femmes, enfants, vieillards et chômeurs ou autres crève la faim ! Oui. Vous l’avez bien entendu, c’est à cause de vous ! Même Cohn Bendit vous l’a dit, et vous avez été nombreux à voter pour lui ! Et Nicolas Hulot, il vous le dit aussi en vous fourguant ses déodorants et autres produits dérivés ! Même Greenpeace vous le dit dans ses campagnes médiatiques : vous êtes responsables... Vous polluez trop... Coupable ! Coupable ! Oui, coupable, même vous le chômeur aux fins et aux débuts de mois difficiles, même vous qui dormez dans la rue ! Tout est de votre faute ! Tout !

Vive la décroissance !

Et pourtant... Et pourtant, personne ne vous le dit, mais... nous allons vous faire une confidence : tout ce qui arrive à notre pauvre planète, alors bien sur, vous êtes un peu responsable, parce qu’on vous a conditionné, mais le problème, il est ailleurs ! Il est dans la consommation et la croissance !
Hé oui, tout ce qui arrive mais dont personne n’a parlé à Copenhague et pour cause, c’est la faute du flouze, de l’oseille, de l’artiche.. Du fric quoi !

C’est pour cela que Le CITOYEN soutient la décroissance ! Car c’est le seul moyen de sauver la planète. Consommer moins, beaucoup moins.
Aller à l’essentiel en banissant le superflu.

Et si la croissance s’arrête, imaginez ce qui va se passer ! Plus de CAC 40, plus de boursicoteurs qui s’en mettent plein les fouilles, plus de fonds de pension, plus de dividendes à deux chiffres, plus de banquiers qui jouent au Monopoly avec votre argent. Et peut être, plus de délocalisation, le coût de la vie qui diminue, les légumes et le pain au juste prix. Il n’y aura plus aucun intérêt de privatiser le service public. Imaginez ce monde là ! Il est souhaitable, possible si nous décidons de moins consommer ou de consommer plus intelligemment. Et si nous relocalisons l’industrie, l’agriculture... Si le pot de yaourt ne faisait plus que 20 km pour venir dans votre assiette au lieu des 7 600 d’aujourd’hui ! Imaginez, imaginez !

Quand le Dieu de la finance change le carbone en dollars et en euros

Ce n’est ni a Kyoto, ni à Copenhague que les problèmes climatiques et celui, plus crucial encore, de la survie de l’espèce humaine vont trouver une solution à la hauteur des enjeux. Non. Dans ces sommets là, on parle pognon et l’on imagine la meilleure solution de faire du fric avec l’écologie et la peur du lendemain. On appelle cette façon de faire, le capitalisme vert et les écotartufes qui gravitent autour, les All Gorre, Hulot, Arthus Bertrand ne sont que des marionnettes agitées par les grands de ce monde pour effrayer le bon peuple et le culpabiliser afin qu’il accepte les solution que le capitalisme propose. Ces solutions, vous les connaissez : payez ! Payez encore et toujours. Taxe carbone, TIPP, etc. L’imagination est au pouvoir quand il s’agit de plumer le consommateur, le contribuable et les pauvres en général.

Elle l’est tout autant quand il s’agit de faire des cadeaux somptueux à ceux qui polluent le plus ou qui font le plus de bénéfices.

Le coupable de tous nos maux porte le nom de capitalisme, c’est lui qu’il faut combattre et éradiquer et non pas l’homme. Plaçons l’être humain au centre de toutes les préoccupations et nous sauverons la terre et l’humanité.


 
 
 
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3 commentaires
  • Copenhague porte le capitalisme vert sur ses fonts baptismaux 10 décembre 2009 22:27, par vital georges

    On nous enfume au CO2
    Je ne suis pas un négationiste.
    Mais je partage votre analyse.
    Avec le CO2 on reste dans la réparation des dégats.
    Nouvelles technologies pour produire propre.
    Quand c’est produire qui faut, modifier.
    La vraie cause de tous les mots c’est le taux de profit.
    Le taux de CO2 est une conséquence du taux de profit
    La déforestation est une conséquence du taux de profit
    L’épuisement des sol est une conséquence du taux de profit
    La polution, la vie de dingue, tout cela est une conséquence du taux de profit
    Pourquoi donc les écologistes se laissent ils embarquer dans dans le sauvetage au CO2 ?

  • Copenhague porte le capitalisme vert sur ses fonts baptismaux 11 décembre 2009 12:52, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    C’est le propre du capitalisme que de punir ses victimes et de récompenser les coupables. Par exemple, les banquiers qui ont provoqué la crise se prélassent dans les milliards que leur versent les dirigeants pour les "soutenir" dans les conséquences de leurs méfaits alors que le peuple perd jusqu’à ses souliers.

 
 
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