Nom de code : Identité Nationale

Le débat sur l’identité nationale a été lancé dernièrement. Concept totalement fumeux se crashant un sur contexte socio-économique délabré, au point que les français ne se voient plus qu’en squatteurs d’un avenir qui ne leur appartient plus. Quel lien peut-on établir entre une situation objective de grandes difficultés accrues par l’absence notoire de résultats pour le gouvernement, et l’apparition de ce débat et des dérapages corrélatifs ?

Faut-il voir une volonté d’introduire des éléments "problématiques" largement hors-sol dans le continuum socio-économique ? Bref y a-t-il complot, comme il y eut complot pour désinformer et orienter la société anglaise avec l’utilisation massive de spin-doctors, ou la société états-uniennes par la référence omniprésente aux possibles attentats et subversions terroristes que pratiqua Bush et sa clique, aux fins de payer sa guerre et placer le peuple américain sous Patriot Act ?

Il paraitrait que les internautes décomplexés lâchent la bile et touillent la vase sur le débat « Identité Nationale ». Alors certains à gauche appellent les supposés modérateurs du débat à censurer mieux, poser un meilleur couvercle. Simple citoyen, d’ailleurs, ou ténor confirmé.

La liberté d’expression ça existe et pas pour rien, faut-il le rappeler à des hommes de gauche, ou même des hommes de droite qui ont encore un nez capable de percevoir le nauséabond fumet qu’exhale la Cour républicaine actuelle.

L’expression d’âneries racistes ne doit pas pousser à interdire. Par cohérence, d’une part. Il faudrait fermer une bonne partie des cafés français ou ce genre de propos fleurit régulièrement.

Ils affleurent pareillement au petits doigt de Monsieur de Chateau-Friqué, dans le salon du Luxe Hotel de Neu-neu sur Trivouillis. Peuvent le constater aux premières loges ceux qui ont la "chance" de lâcher quelques vents dans la soie la plus délicate. Nos amis au portefeuille gonflé sont bien souvent beaucoup plus racistes que le prolo moyen, car ils parlent de ce qu’ils ne connaissent pas et donc peut incarner leur suprême frayeur : l’Autre qui viendrait leur piquer les avoirs, les bénéfices, l’argent, quoi...

Pousser à l’interdiction des propos racistes – sauf naturellement, les plus ignobles et ceux appelant au meurtre ou à la dégradation quelconque de personnes nommément désignées -, c’est, d’autre part, le meilleur moyen pour qu’ils prolifèrent gentiment. L’interdit génère la rancoeur, dans un contexte où les tenants et aboutissants ne renvoient pas vraiment au réel. Fatalement, les récréminations face à ceux qui veulent interdire déboucheront ainsi.

"Ils nous empêchent de dire, de nous « exprimer », parce qu’ils vivent pas avec les "immigrés ». "Ces gens-là, ils sont pas comme nous, ils vivent pas comme nous !..Ma bonne dame".

Dans le contexte fielleux ramenant les raisonnement et les constats à des problèmes d’individus, de coutumes et de peaux, cette riposte aura du succès...

Et ce qu’ils diront, au fond, sera coulé dans les statues de boues que s’empressera de réaliser l’UMPen. Le politicard n’a pas son pareil pour transformer l’or en propriété privée, et la parole véritable et profonde en invectives simpliste.

En réalité ce que diront les gens qui vivent avec les autres, dans des quartiers et des campagnes, c’est qu’ils vivent avec des problèmes qui génèrent une confrontation et des pensées racistes. Ils diront les Africains qui vivent à huit dans un appart, et ils diront en même temps, si on les écoute vraiment et surtout si on les laisse parler, le prix du loyer, l’absence de bruit particulier, et des habitudes assez proches finalement. Ils diront que c’est pas le chien de M. Dugazeau ou le voile de Mme Bachir qui gênent, mais qu’on a peur et qu’on sait pas vraiment pour quoi. Peur de leur parler, de leur dire même bonjour. De leur tirer un sourire et de pas écouter des voix qui disent qu’ils sont des millions ou une centaine, mais prêts, prêtes à nous sucer la moëlle.

Problèmes collectifs qu’une certaine gauche à écharpe qui aujourd’hui se déclare "responsable" et à l’ISF, a tendance à oublier pour répéter justement comme l’UMPen "y en a trop, y sont pas comme nous, et d’abord y sont pas chez eux".

Problèmes assez simples à régler, si on y réfléchit deux minutes, surtout si on a les pouvoirs d’un maire et a fortiori ceux des échelons supérieurs. Car il s’agit de quoi, pour enlever les lunettes déformantes et purger les esprits de la peur made in TF1 et "identité nationale" ?...

Il s’agit de permettre que les gens se PARLENT déjà. Donc, de leur donner des lieux d’expressions et des comités de quartier. Pas des comités bidules modèle Royal. Des comités avec pouvoir réels, pour qu’ils décident de faire des lieux où ils puissent se parler, et faire des quartiers où ils aient des choses qui leur donnent envie de se parler, même s’ils n’ont pas la même couleur, la même carte, les mêmes idées.

Des crèches, par exemple, ça laisse du temps et des esprits plus libres, et les mères se rencontrent dans les crèches...Au plan social et culture, on peut trouver très vite quatre ou cinq exemples de ce genre qui changeront tout de suite la vie. Pour peu qu’on laisse les gens trouver leurs propres manques et leurs propres modificaitions, en les appelant régulièrement obstinément par toute sorte de moyen, depuis la fête des voisins à la kermesse du quartier et, bien sûr, les comités. Qu’on leur laisse le droit de les décider, qu’on se comporte en élu, tout simplement au service de. C’est exactement, pile-poil, ce que ne font pas les élus UMPen, et très peu les socialistes, ou partis satellites.

Il s’agit également de donner aux gens du TRAVAIL. Le travail ça aide à vivre matériellement, ça aide à penser positif, à se projeter dans l’avenir, à faire des enfants en pensant pouvoir les élever, à construire sans craindre toujours de vendre en catastrophe. Ça aide à vivre, le travail.

A condition que, déjà, les élus ne favorisent pas le mauvais versant de la force entrepreneuriale, celui qui propose du travail mal payé, précaire et instaure la guerre de tous contre tous dans l’entreprise. Les élus UMP et PS sont spécialistes dans ce genre de "responsabilité" anti-sociale. Et même pas avec une main sous la table, parfois.

Donner du TRAVAIL, pourtant, c’est pas si compliqué. Il suffit de demander des comptes sur les emplois crées avec les milliards et les milliards d’aides, sans aucune contrepartie et surtout sans aucun résultat comme vient de nous l’apprendre, un rapport gouvernemental, dont le Canard Enchainé fait mention dans son numéro en date du 19 décembre 2009, accordés aux entreprises qui prennent notre bon argent public.

Les patrons, particulièrement les gros, seront incapables de fournir l’état d’emplois qu’ils n’ont pas créés. Le gouvernement, un gouvernement réel et non pas une structure en forme de serpillère, aura juste à demander la restitution des aides publiques, même en cas de faillite et fermeture.

On sait les patrons sont prompts à mettre la clé sous la porte et les salariés à la rue quand on exige d’eux qu’ils remplissent une part du Contrat Social à la mesure des aides immenses que les français consentent à leur offrir.

Je crois, sans trop avoir à m’avancer, qu’un très grand nombre d’emplois, de qualité et en CDI, viendraient soudain consteller de bleu les murs de l’ANPE.

Pour en revenir à « l’identité nationale », il faut dénoncer ce débat comme une faux-fuyant, démagogique, visant à ramener les yeux des français vers guignol et leurs envies vers le niveau « crétin seul dans l’univers ».

Il faut également soutenir fortement la pétition engagée pour que ferme le « ministère » et soit licenciée son âme damnée. Il faut exposer fortement, concisément, radicalement les conditions sociales qui créent du racisme – où sont les sociologues, les philosophes, les ethnologues, les journalistes de la gauche aujourd’hui, ou même ceux du caviar de gauche ? Où sont-ils quand on a besoin d’eux ? Mis à part quelques effets discrets et abscons, ou traités philosophiques distants.... -.

Il faut enfin montrer dans les projets politiques, etc, qu’une société ce n’est pas un machin comme le pense et le construit l’extrême-droite UMPen, avec ses alliés dans tout l’arc politicien aujourd’hui - comme le montra, entre autres, la présence de députés de gauche pour voter la loi tendant à réhabiliter la colonisation -, pour tout ce qui est blanc, costard, curé et CONTRE tout le reste.

Une société française, la vraie société française qui émergera des années vert-de-gris désespérantes que nous traversons est POUR. La masse des gens possède un discernement, une capacité de compréhension et une fondamentale grégarité, amplifiées et fortifiées par des millénaires de vie sociale.

Cela, ne peut le vivre et le comprendre cette petite fraction dans sa bulle dorée, à l’écart et contre le monde réel. Les français, les peuples du monde ont de la place pour tout ce qui est eux-mêmes, toute cette multiplicité qu’ils connaissent et reconnaissent parce qu’elle fait partie d’eux-mêmes. Ils ouvrent la porte à leurs voisins, à leurs égaux citoyens, à la société humaine. Évidemment, naturellement.

Rien à voir avec un idéal platonicien. C’est ici et maintenant, tous les jours au coin de la rue, qu’on les voit qui s’aident, les français, et qui s’aiment, même si leurs cultures, leur couleurs et leurs origines sont différentes.

Derrière la peur que les UMPen de la planète politicarde larguée, avide et autoritaire, veulent imposer comme tâche de fond, il y a des humains qui se réveillent dès qu’on ôte leur bâillon et le bandeau de leurs yeux.

Ils comprennent de plus en plus que la société CONTRE, la société de l’UMPen, c’est à peu près aussi pertinent et performant que les dinosaures.

La société du POUR, à venir, c’est une évidence. Car nous sommes tous différents, il suffit de se regarder, et pas le nombril et pas le miroir. Divers dans leur apparence et leurs idées, sont les français.

Et c’est dans cette idée qu’ils font leur vie et font de la bonne et belle société. Tant qu’il n’y a pas ce quarteron pour obscurcir ce que nous voyons et savons de notre propre vie vie, et nous intimer l’adoption d’un modèle « anti-social.

Fort heureusement, les français voient de plus clairement quelle est la fracture entre eux et le pouvoir, au cœur du désastre croissant que constitue l’action quotidienne de ce gouvernement et de ses alliés. Ils ne perdent rien de la farce démocratique qu’est devenue la Démocratie, par sa faute et celle des prédécesseurs dans le même esprit.

Ils ne sont nullement dupes de l’inanité de ce pseudo-monde où l’étranger est placé sur la Roue. Pseudo-monde susurré et illustré par les moyens les plus communs et les plus insupportables. Mensonge, corruption des cœurs et provocation, appel à l’"individualisme", activation fallacieuse de l’archaïque en nous, additionné de cette philosophie pour ados que constitue le libéralisme.

Un libéralisme qui nous entraîne comme un boulet vers des catastrophes de plus grande magnitude en France et dans le monde, nous le voyons tous malgré les tentatives de plus en plus minables de nos représentants pour nier le réel sans aucune vergogne, dévoyés qu’ils sont par le pouvoir, un pouvoir bien plus puissant et omniprésent que n’en rêva aucun Louis XIV, à Versailles.

Le dispositif « identité nationale », n’est qu’une fraction de cette vaste entreprise, de cette affaire qui continue alors qu’elle est déjà en train de pourrir. Elle porta, durant le laps de temps où elle fit illusion, le nom de « rupture ».

Ses concepteurs, ses propagateurs n’ignoraient nullement qu’elle visait à continuer et à accroitre ce que des pouvoirs ultra-libéraux, parés d’étiquettes « gauche » ou « droite », ont bâti sans désemparer depuis plus de vingt ans. Obtenir le consentement à la désagrégation du lien fondamental qui fait de nous des êtres sociaux. Vivants qui nous nous reconnaissons et nous acceptons quelles que soient nos différences, fondamentalement car la société est notre véritable nature, et la coopération notre quête fondamentale.

Ne nous y trompons pas, la modération du débat "Identité Nationale" n’est que la fraction technique d’un petit complot localisé au coeur de la bataille des idées.

Bataille elle-même inscrite dans le conflit économique intense qu’y nous oppose à un système conçu et construit pour servir une élite. Une élite dont toute la stratégie est de dissoudre ce que nous appelons, nous, société.

Une élite qui n’aspire qu’à faire naître une néo-féodalité qui empruntant au Moyen-Age sa hiérarchie définitive, dont bénéficieront ceux qui ne s’appelleront plus "représentants du peuple", car ils n’auront plus besoin de ces oripeaux, s’ils réussissent.

La féodalité sera néo, car différente par le fait que les serfs que nous seront redevenus n’auront pas entre eux les liens étroits qu’entretenaient ceux du M.A.

Promis à nous, donc, le bâton ancien sans que nous ayons les liens pour résister. Nos mille et un liens éliminés, par l’opération « identité nationale », et bien d’autres qui n’attendent que le feu vert. Sans oublier les cartouches déjà brûlées : la burqua, la taxation des accidentés du travail, l’ultra-droite. Entre autres.

Aujourd’hui les français sont dans une situation sans précédent. Ils s’enfoncent dans la misère à grande vitesse, comme le démontre l’augmentation des faillites d’entreprises, des défauts de paiement individuels, des expulsions et des files devant les restaus du Coeur ou les Pôle Emploi.

Ils inaugurent également le déchirant privilège de se voir sans perspective d’avenir et de ne plus compter, ou presque, sur leurs représentants pour mettre en œuvre leurs volontés.

Ils en sont réduits à ne plus attendre que du pire, avant de sauter sans retour dans la case 2010 de ce territoire du nucléaire, de l’euro, des promesses de croissance et des serments de société nouvelle, prospère et confortable.

Les pseudos-élites aux manettes savent tout cela. Qui a dit que de grandes dents handicapent l’intelligence ?... On comprend donc le mot d’ordre que, peu à peu, ils adoptent, devant le délitement de la société française, que leur programme ne peut qu’augmenter.

Détourner

Il faut détourner les faits, détourner les ruminations, détourner les colères, détourner les ressentiments et les jacqueries qui couvent.

Ainsi, ce débat, en bon petit soldat. Ce "débat", qui permet d’amener les français à quitter des yeux la courbe de l’effondrement socio-économique général, de se distraire des très mauvaises nouvelles venant de chez le boss outre-atlantique. Car, là-bas comme ici, on se dirige lentement mais sûrement vers la faillite, l’effondrement du dollar et, qui sait, la fin de l’économie mondiale, peut-être pour le meilleur, sans doute pour le pire.

Retour au petit bout de la lorgnette.

Les propos racistes qui traversent la modération doivent être, donc, compris, comme un cran supplémentaire. On distrait par le débat, on accroche par la porosité de la barrière, porosité qui permet d’offrir un défouloir. Sans conséquences. La véritable solution n’étant absolument pas la cible étrangère quasiment désignée, ou la pseudo-définition d’une identité nationale dont chacun possède sa singulière description.

A l’aune de cet enfumage particulier, on regardera également les déclaration type "Maginot" des autorités économiques, les taxes type "patch" qui ne règlent absolument rien aux problèmes de fond, de l’asymétrie des revenus, du pillage méthodique du Tiers-Monde, d’une finance hors-contrôle, d’un pouvoir indue des banquiers, ou de la pollution et du productivisme structurel d’un système économique nous détruisant inéluctablement, parce que c’est sa nature.

On pourra sourire deux minutes en écoutant les surenchères rhétoriques basée sur la peur de l’autre et la haine du Rouge que développent la fraction la plus dépourvue cérébralement et la plus proche du modèle fascisant, dans les rangs de la phalange UMPen. Après tout, c’est bientôt l’heure de nous souhaiter bonne année.


 
 
 
Forum lié à cet article

2 commentaires
  • Nom de code : Identité Nationale 24 décembre 2009 22:49, par Ecrelinfr

    PATRIE (Paul Valéry)

    Je trouve une étroitesse de vue singulière à tous ceux qui nous enclosent de force en un pays ! Nous sommes bien assez malheureux d’être en naissant condamnés à une certaine langue, à de certaines pensées, sans nous condamner encore à un certain amour.

    (Lettres à quelques uns. Paris, Gallimard, 1952, p. 11)

    Pour moi, la Patrie n’est pas sous les plis d’un drapeau ni une terre limitée ; ma patrie, ce sont mes idées, mes rêves, et ceux-là sont mes compatriotes qui les détiennent avec moi.

    (Lettres à quelques uns. Paris, Gallimard, 1952, p. 11)

    • Nom de code : Identité Nationale & DU NABOT QUI NOUS GOUVERNE ! 30 décembre 2009 15:53, par Jean-Marie Brunier

      Du nabot qui nous gouverne ou l’ahurissante « ipséité (*1) » du Politique :
      Que dans cette république bananière (*2), une femme ne s’avise de porter la « burqa », c’est pire que si elle s’adonnait à un lancer de nains...Les propos sidérant d’un Ministre me donne à penser que si un homme, sans domicile fixe (selon la formule), meurt de froid dans la rue...Eh bien, en plein début du XXI siècle, c’est banal et la valeur de la vie, on s’en fout complètement.
      Ce qui compte, en dépit de la paupérisation de plus en plus ostensible de la société française, c’est qu’un inamovible marchand de sommeil, fier représentant d’un gouvernement fantoche et du Peuple dans son entier, ne remédiera pas à cette situation...Il est Dieu...Là, partout...Oui, il est partout...Même dans nos conscience ?
      En 2.010, il y aura dans ce beau pays en déconfiture, trois millions de pauvres gens qui s’appelleront « Rémi »...Pour ceux qui ne connaissent pas « Rémi », je les invite à venir faire les courses avec lui dans un « Supermarché »...
      Sûr qu’avec 448 €uros par mois, ils pourront se gaver...
      Pour ce qui est de l’Identité Nationale(*3), de la Burqa et du reste, que l’âne qui votera par peur, en faveur de Celui qui focalise ses espoirs sur la fin d’une « immigration non contrôlée » et qui protègera les prébendes et le confort du nain intolérant...
      Sur Celui qui a trouvé là un juteux fond de commerce et un bon « bouc émissaire », sur un faux débat en éludant la misère...
      Je demanderai à l’âne de lire gratuitement (car bientôt même l’air qu’il respirera, il devra le payer) et surtout s’il a fréquenté l’École de la République, de méditer sur la vie des bêtes, étant sûr que le Grand Équarisseur viendra un jour le visiter :
      « L’Âne vint à son tour et dit : J’ai souvenance
      Qu’en un pré de Moines passant,
      La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
      Quelque diable aussi me poussant,
      Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
      Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
      A ces mots on cria haro sur le baudet.
      Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
      Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
      Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
      Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
      Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
      Rien que la mort n’était capable-
      D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
      Selon que vous serez puissant ou misérable,
      Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

      Jean-Marie BRUNIER

      *1-Ipséité : caractère du sujet pensant qui a le pouvoir de se représenter lui-même comme demeurant malgré les changements qui affectent son corps et son esprit. Conscience réflective de soi à soi-même.
      Du latin ipse, la chose en elle-même, soi-même et qui désigne le miroir et donc ce qui réfléchit une image.

      *2-Lire le Nouvel Obs du 25 juin 2009

      *3-Le mot « identité » est un faux ami. Il commence par refléter une aspiration légitime, et soudain il devient un instrument de guerre. Le glissement d’un sens à l’autre est imperceptible.
      Amin Maalouf.

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes