Copenhague : second discours de Hugo Chávez Frías

Traduction du deuxième discours de Hugo Chávez, président de la République Bolivarienne du Venezuela, au sommet climatique de Copenhague Cop15. Discours tenu lors de la clôture de ce sommet très décevant, le 18 décembre 2009.

Bonjour, madame la présidente a vous dit une grande vérité, il faut déjeuner. Napoleón Bonaparte disait que les armées marchent sur les estomacs.

Je remercie beaucoup que l’ont nous ai donné la parole, au président Morales et votre serviteur, nous l’avions sollicitée tôt ce matin, parce que nous sommes ici depuis quelques jours déjà.

Obama est venu, il a parlé et est sorti par la petite porte. Cette petite porte, une porte cachée par là-bas, qui s’utilise j’imagine pour le service, pour la logistique et les coordinations de la présidence, et c’est par là qu’il est parti par la porte de derrière.

C’est l’empire, l’empire qui arrive à minuit, dans l’obscurité, et dans le dos de la majorité de manière antidémocratique ils cherchent à concocter un document que nous n’acceptons pas, que nous n’accepterons jamais.

L’assistance [applaudissements]

Et je suis absolument sûr que pour la dignité que nous défendons ici, nous, le gouvernement amphitryon, la reine du Danemark, que nous remercions pour son amabilité, ses attentions, j’ai eu un chauffeur très attentif qui s’appelle Thomas, les amis qui nous ont donné la sécurité, la dame de l’hôtel, les travailleurs de l’hôtel.

Hier soir nous nous réunissions ici dans un gymnase avec les milliers de mouvements sociaux qui ont manifesté avec des pancartes dans les rues sous la neige, les mouvements qui luttent pour la justice sociale, les partis politiques. Nous réussissons ici à Copenhague des compatriotes de l’Amérique Latine, des Caraïbes, de tous les pays. Nous avons été très contents.

Hier soir nous avons parié à la course, bien qu’Evo soit beaucoup plus jeune que moi j’ai gagné une course de cent mètres dans la neige, il court dur Evo. Je suis sûr que le gouvernement amphitryon partage les mêmes critères de nous, la majorité immense, ceux qui ne les partagent pas ceux qui sortent par la porte de derrière, et ainsi va sortir l’empire yankee de ce monde, par la porte de derrière, il va sortir par la porte de derrière d’une manière indigne.

Ici maintenant, nous sommes très inquiets parce que nous apprenons qu’il y avait plusieurs réunions, dont celles pour un petit groupe de pays amis de la Présidence de la Conférence, nous ne sommes pas des ennemis : vrai ? Nous sommes aussi amis de tous, ils ne nous ont pas invité à participer, pour rien, ni même consultés pour entendre notre opinion, et nous voulons dire fermement que tous les pays sont égaux, et nous les Présidents, des chefs de l’état et de gouvernement nous avons le même niveau, ici il n’y a pas de premiers Présidents et les Présidents de seconde zone, il ni y a pas de peuple de première classe et des peuples de seconde classe, tous sommes égaux, et nous voulons bien faire comprendre cela ici.

L’assistance [applaudissements]

Je crois que c’était une manière opaque d’agir, pour le dire de façon élégante (vous le savez ?), pour essayer de faire avorter ici une solution que comme Lula l’a dit, seul un miracle pourrait la sauver, et comme pour cela n’ont n’attendons pas un miracle, nous devons partir, je ne parle pas seulement au nom du Venezuela, j’ai été autorisé par les représentants des pays de l’Alliance Bolivarienne, ici présents, des peuples de notre Amérique c’est-à-dire le gouvernement et le peuple de la Bolivie, le gouvernement et le peuple de Cuba, le gouvernement et le peuple de l’Équateur, le gouvernement et le peuple du Nicaragua, le gouvernement et les peuples des Caraïbes, les pays de la Dominique, de San Vicente les habitants de Grenade, d’Antigua-et-Barbade et du Venezuela, n’allez pas croire que de la porte de derrière, par où est sorti Obama, va venir un bout de papier secret, top secret, et que l’on cherchera à le présenter au monde comme la solution.

Déjà nous le contestons, parce que nous ne connaissons pas ce document. Il a circulé ici des versions et des documents peu transparents, cela ont doit le réclamer.

Nous sommes sûrs qu’aucun type de fraude ne sera tenté, parce que ce serait une fraude aux peuples du monde.

Si quelque chose doit s’implanter dans le monde, être récupéré dans le monde c’est la confiance entre nous, ça suffit que certains se croient supérieurs à nous les indiens du sud, à nous les noirs africains indigènes, les peuples du sud, nous sommes tous égaux.

Eh bien, nous partons en laissant une protestation : ceci est une violation des procédés des Nations Unie, non ?

Nous avions peur que l’on ne nous donne pas la parole, il nous avait été dit ici par le Secrétariat que l’accès à la parole n’était pas garanti, et on nous expliquait depuis ce matin que seulement un groupe de Présidents allait parler, des Chefs d’État très dignes, ils sont dans une liste de ceux qui ont agit, vous ne savez pas qui a agit, non ?
C’est pourquoi nous remercions beaucoup la Présidente qui nous a donné la parole au Président Morales et à moi-même. Cela aurait été lamentable si l’on avait tenté de nous mettre un veto durant cette réunion, je ne peux le penser, le soupçonner.

Le Protocole de Kyoto, Lula l’a déjà dit, ne peut pas être déclaré mort ou éteint, comme le prétendent les États-Unis c’est pourquoi Evo a dit une grande vérité : Si Obama, le Prix Nobel de la guerre a dit ici même (certes ça sent le soufre ici, ça sent le soufre, cela continue à sentir le soufre dans ce monde) qu’il est venu pour agir.
Eh bien, démontrez-le monsieur, ne partez pas par la porte de derrière, faites tout ce qu’il a à faire pour que les États-Unis adhèrent au Protocole de Kyoto, et nous allons respecter Kyoto et promouvoir Kyoto, et répondre au monde de manière transparente.

L’assistance [applaudissements]

D’autre part tout indique pour que les réductions des émissions de carbone pour 2050 ne soient pas inférieures à 80, 90%, la majorité des données coïncident là-dessus.

Nous croyons madame la présidente, que Copenhague ne finit pas aujourd’hui, pour la dignité de ce peuple, nous ne voulons pas partir avec le goût amer de la frustration.

Non, nous voulons partir avec le souvenir d’un peuple joyeux, d’un peuple que nous ne connaissions pas, une ville, un pays : Le Danemark.

Nous voulons emporter Copenhague dans le coeur non comme une frustration mais comme un espoir. Hier soir nous le disions, Copenhague ne finit pas aujourd’hui, Copenhague a ouvert les portes pour que nous continuions de mener un grand débat mondial sur la question comment sauver la Planète, comment sauver la vie sur la Planète.

Copenhague n’est pas une fin, Copenhague est un commencement, pour que nous obtenions les accords qu’il faut obtenir, et Evo le disait déjà, obtenir l’équilibre de la mère une terre : la Pachamama.

Ce qu’Obama dit est vraiment ridicule, les États-Unis qui ont la machine à fabriquer des dollars, les États-Unis qui ont fourni 700 milliards de dollars, je crois, pour sauver les banques, c’est avec raison qu’ils disent là-bas dans les rues que si le climat avait été une banque ils l’auraient déjà sauvé.

Maintenant il vient dire qu’il va apporter 10 milliards de dollars par an, un chiffre dérisoire. C’est un peu une plaisanterie ce qu’a dit le Président des États-Unis : La dépense militaire des États-Unis, et bien ! Elle coûte 700 milliards de dollars par an.

Seulement en diminuant la dépense militaire de moitié au moins ils y arriveraient, les États-Unis, qui sont les plus grands émetteurs, qui sont les plus grands pollueurs, et il est le grand coupable, l’empire yankee, pour avoir imposé des invasions, des guerres et des menaces, des assassinats et même du génocide capitaliste dans ce monde, les États-Unis et ses alliés, ce sont là les grand coupables, ils devraient l’assumer avec dignité, en vérité nous savons que ce gouvernement des États-Unis ne va pas l’assumer, parce qu’il n’est rien de plus que la continuation du gouvernement précédent, Obama restera dans l’histoire comme l’une des plus grandes frustrations, pour beaucoup de gens qui ont cru à lui aux États-Unis et dans d’autres parties du monde, mais là il le démontre, une grande frustration.

Mais ce qui importe, ce qui importe, le plus important c’est que les peuples du monde et les gouvernements dignes du monde, la majorité, nous nous mettions d’accord et nous impulsions de vraies solutions.

Nous ne venons pas ici pour demander l’aumône, nous venons dans des conditions d’égalité apporter de modestes idées pour trouver des solutions, que personne ne l’oublie, que personne ne l’oublie, la faute est au capitalisme, et il faut attaquer les causes.

Depuis le Venezuela nous le disons modestement, la manière unique d’obtenir l’équilibre des sociétés, de sauver la vie, d’obtenir des niveaux supérieurs de vie, de mener l’être humain à des conditions dignes d’existence, est à travers le socialisme, c’est un débat éminemment politique, éminemment moral, éminemment nécessaire, absolument nécessaire ; le capitalisme est le chemin vers la destruction de la Planète.

Madame la présidente nous voulons qu’il soit clair, nous partons, nous ne pouvons espérer plus longtemps, nous partons, mais les pays de l’ALBA font clairement comprendre que nous contestons dès à présent tout document qu’Obama passerait par sous la porte, ou qui sortirait de nulle part, comme disaient hier certains d’entre vous, en essayant de présenter cela comme une solution salvatrice.

Il n’y a pas de solutions salvatrices, nous partons simplement en sachant qu’un accord n’a pas été possible ici à Copenhague, et il n’a pas été possible parce que, comme hier nous le disions : il y a un manque de volonté politique des pays les plus développés de la Terre, en commençant par les États-Unis, et c’est une vraie honte, c’est l’égoïsme des plus responsables, surtout pour les raisons dérraisonnables de production et de consommation de son capitalisme hyperdéveloppé.

Fidel Castro a écrit (et je finirait sur cela pour ne pas interrompre le déjeuner, la photo et les séances qui viennent) une réflexion hier soir, par là allez, comment c’est depuis La Havane, cette réunion, avec l’espoir que des décisions soient prises pour sauver l’humanité, et il parlait d’une clôture médiocre, d’une clôture sans gloire.
Je suis d’accord, ce sera une clôture sans gloire, mais je veux dire aussi madame la présidente, en honneur à tous ceux qui ont participé, ont été entendus, ici il y a des gens qui n’ont pas dormi pendant je ne sais combien de jours, une reconnaissance spéciale pour vous, les négociateurs, les ministres, les délégués, les chefs de délégation, les experts, tout ceux qui ont travaillé, il faut donner une reconnaissance à tous...

L’assistance [applaudissements]

Et ayons la foi dans le fait que votre travail intense ne va pas être perdu, c’est un apport.
Nous partons plus conscients du problème et plus engagés à créer une conscience chez nos peuples sur le sujet du climat, et sur le sujet du déséquilibre environnemental.

Maintenant comme l’a dit Fidel c’est une clôture qui va arriver, sans gloire, je ne veux pas dire que cela sera avec de la peine, non la clôture pénible qui va arriver cette après-midi, c’est une clôture qui laisse en même temps la porte ouverte à cet espoir, cet espoir de ce que nous réussissions à prendre des décisions pour sauver l’humanité, et nous ne les obtiendrons qu’en laissant de côté les intérêts égoïstes spécialement ceux des pays les plus développés.

Je veux payer un tribut à Copenhague et à son esprit, à son peuple et aux peuples du monde et nous engager avec la vie, nous engager avec l’avenir.

Une clôture sans gloire, mais une bonne clôture, pleine d’espoir, ainsi nous emporterons Copenhague dans notre coeur.

Madame la présidente merci beaucoup. Mesdames, messieurs, bon après-midi.

L’assistance [applaudissements]


Source : Segundo discurso de Hugo Chávez en Copenhague (18 de diciembre de 2009)
Traduction : Primitivi


 
 
 
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