Etat de siège autour d’Aminatou Haidar dans El Aaiun occupé

Aminatou Haidar est chez elle, assiégée et cernée par les forces de sécurités marocaines. Personne ne passe. Même la presse internationale n’est pas autorisée à l’entendre. Il y a deux jours une jeune femme a été enlevée par des policiers en civils, interrogée longuement et frappée par les autorités marocaines pour avoir tenté de rendre visite à Aminatou.

Aminatou Haidar, défenseure Sahraouie des Droits de l’Homme est rentrée le 18 décembre 2009 à El Aaiun, au Sahara Occidental après 32 jours de grève de la faim.

Elle avait été arrêtée par les autorités marocaines le 13 novembre à l’aéroport de El Aaiun, à son retour des Etats-Unis après avoir reçu le prix du courage civil de la fondation John Train. Elle avait ensuite été expulsée vers Lanzarote, et débarquée de l’avion, de façon illégale parce que sans titre de transport et contre sa volonté. Elle avait entamé une grève de la faim pour revendiquer ses droits, la restitution de son passeport et le retour chez elle auprès de ses enfants et de sa famille, auprès de son peuple opprimé.

Aminatou symbolise la lutte Sahraouie pour le respect du droit international à l’autodétermination du peuple Sahraoui. Sa grève de la faim était respectueusement suivie et soutenue par les sahraouis en lutte pour leur identité.

Son retour à El Aaiun est une victoire pour elle et pour les Sahraouis. El Aaiun est au Sahara Occidental, il n’y a pas d’autre version valide, malgré les violents efforts de l’occupant Marocain.

Mais la liesse populaire ne peut s’exprimer sereinement au Sahara occidental. Les forces de polices sont omniprésentes. Les Sahraouis, femmes hommes, enfants vieillards sont arrêtés arbitrairement, interrogés, frappés et torturés, sous les yeux des médias. Chacun doit user d’ingéniosité pour pouvoir agiter le drapeau de la république qu’il reconnaît, la République Arabe Sahraouie démocratique en exil dans les campements de réfugiés, dans le désert du Sud Ouest algérien à trente Km environ de la ville de Tindouf.

Les rencontres entre journalistes et militants des droits de l’homme sont écourtées ou empêchées, dites interdites par les représentants de l’autorité Marocaine qui interviennent jusque dans les habitations Sahraouies. Par respect pour la sécurité des Sahraouis, plus que par respect d’une règle barbare et non écrite, les journalistes abrègent leurs entretiens. La réalité a démontré et démontre encore que la résistance au nom du droit ou de la raison n’entraînerait que de la violence de la part des représentants de l’autorité marocaine, qui ne s’annoncent et s’avancent qu’en nombre, menace tacite.

Aminatou Haidar est chez elle, assiégée et cernée par les forces de sécurités marocaines. Personne ne passe. Même la presse internationale n’est pas autorisée à l’entendre. Il y a deux jours une jeune femme a été enlevée par des policiers en civils, interrogée longuement et frappée par les autorités marocaines pour avoir tenté de rendre visite à Aminatou.

L’autorité marocaine qui s’impose au Sahara Occidental, vecteur de la démocratie affichée du Royaume, empêche la liberté de la presse internationale, démontre que l’occupation du territoire est brutale, irrespectueuse des droits des citoyens, et du droit international.

35 ans de ce régime n’ont convaincu personne d’un supposé bien fondé de l’appartenance du Sahara Occidental au Maroc, et pourtant la communauté internationale n’agit pas pour le respect du droit international et la protection des Sahraouis.


 
 
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