Accrochez la queue du Mickey !

Les gagnants de la Légion d’Honneur 2010 sont maintenant connus.
L’objectif officiel de cette remise de médaille est détaillé dans un texte de 1962 du code de Légion d’Honneur et de la Médaille Militaire. En substance, récompenser des « Mérites éminents » acquis au service de la Nation, soit à titre civil soit à titre militaire.
Napoléon Bonaparte, créateur de la Légion d’Honneur, livra un siècle et demi auparavant l’objectif réel cette distinction : "C’est avec ces hochets qu’on mène les hommes".

La cuvée 2010 de la Légion d’Honneur vient de sortir.

Figureront, pour la postérité et pêle-mêle, dans le tiroir des remerciés par l’ultra-droite, des élus lambdas mais politiquement bien sous tous rapports avec l’UMP, des pipoles décomplexés à string tricolore, des financiers responsables de notre ruine à l’insu de leur plein gré, des épiciers gavés, des pharmaciens avec entregent, des historiens attachés à la vérité médiatique, ainsi que des cohortes d’anciens de toutes officines à sabre et goupillon.

Sans oublier les évitables PDG, exécutifs, responsables et autres petits et grands chefs de la vénérée entreprise alimentant depuis toujours les soutes et les idées sarkolandaises.

Bref, un ensemble de personnes qui n’ont pas du tout l’immense mérite, aux yeux du staff élyséen, d’être du côté du manche et légèrement à droite de l’extrême-droite, mais celui d’être remarquables, au sens de l’intérêt le plus général. Et bien compris.

Dans la presse, on a signalé, délayé, touillé... Bref, on a papoté comme d’habitude sur la cuvée nouvelle. Le petit doigt en l’air et la plume tenue. Ils ne sont pas rares les maîtres financiers de notre libre presse, les directeurs de programmes, les chroniqueurs bien propres au-dessus des oreilles, qui aimeraient bien, à l’occasion...

Pleine lune ou bris de glace calculé, un dénommé Stéphane Guillon a lancé l’olive de son cocktail sur la figure d’un invité au ballet à breloques, Jean-Luc Hees, patron de France-Inter propulsé officier de Légion d’Honneur.
Accessoirement patron du même Guillon, qui lui reproche d’avoir accepté de participer au bal, d’avoir accroché, sur un poitrail qu’il croyait rebelle, une médaille forgée au karcher.

L’offusqué, contre toute attente, n’a pas convoqué le manant au Pré-aux-clercs.
Il consulte ses avocats en regardant sa médaille et en feuilletant ses collector de Charlie-Hebdo dans lequel il tenait chronique résistante, face à la montée des tous les conformismes et de toutes les soumissions.

Stéphane Guillon, le héros du jour, l’homme qui n’offre pas sa poitrine aux médailles, fait front. Si par malheur son adversaire embarqué par l’ultra-droite en venait aux ultimes expédients et brisait sa carrière sur France-Inter, il lui resterait celle sur Canal+.

Le résistant continuera à y recevoir 18 000 € par semaine pour soigner les nobles blessures reçues dans la bataille contre le monde infâme des dévoyés du gratin.


 
 
 
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2 commentaires
  • Accrochez la queue du Mickey ! 19 janvier 2010 23:30, par Christian Goubert

    Ajoutons que Stéphane Guillon n’en est pas à sa première olive lancée en direction des membres de la nomenklatura de Droite et autres Bobos (re)convertis au libéralisme.
    Guillon est probablement la seule voix de la radio qui délivre un discour différent du « prêt à penser » politico-médiatique. Strauss-Khan a eut droit lui aussi d’être égratigné par le chroniqueur de France-inter. Et rappelez vous du retentissement national de cette affaire !
    C’est encore une preuve de l’existence du climat liberticide dans lequel nous vivons.
    Et pourtant, comme le dit si bien Guy Bedos : « L’humour est la dernière arme de Résistance »

  • N’est -ce pas un peu trop ?... 7 février 2010 09:04, par Charles Quint

    Dix huit mille euros par semaine ???!!!...

    J’aime bien l’humeur vachard et acide de Monsieur Guillon...

    Il est bon que les riches, les puissants, soient de temps à autre un peu bousculés.

    Mais j’ignorais que cela méritait autant d’argent !

    A ce niveau de rémunération, a t’on encore le droit de critiquer un système dont on profite aussi grassement ?

    N’y a t’il pas là une forme de connivence ?...