Laissez passer Charles Michel !

L’article treize de la Déclaration « universalisant » les droits de l’homme est catégorique : « toute personne a le droit de circuler librement ». Or, Charles Michel, le ministre belge de la Coopération au développement, vient de se voir interdire à son tour l’accès à Gaza par les autorités israéliennes.

Cette violation flagrante d’un des principes élémentaires régissant nos sociétés lui assure d’ores et déjà le soutien massif, inconditionnel et sans frontières de tous les droits-de-l’hommistes dignes de ce nom. Les appels à manifester en sa faveur vont pleuvoir. Les pétitions de soutien satureront la Toile.

Sympathiques, ces gestes n’en demeureront pas moins insuffisants. D’autant que le temps presse ! Le bras de fer avec l’État hébreu est déjà engagé et l’issue en est malheureusement connue. Aussi, faut-il d’urgence sauver cet équilibriste de la première heure de la position équidistante — un acrobatique numéro de cirque qu’il tient de son père. Autrement dit, il faut faire entrer sur-le-champ Charles Michel à Gaza !

Mais comment ? A l’évidence, le temps manque pour intenter une action en justice. D’ailleurs, qui traduire devant l’autorité judiciaire compétente ? Où tenir ce procès ? Pas en Israël bien sûr, ni en Palestine. Encore moins en Belgique où la compétence universelle se vautre dans un coma de plus en plus profond.

A l’approche du carnaval, l’idée d’un déguisement vient naturellement à l’esprit. Même si le résultat de l’opération frôlait le zéro en retombées médiatiques, voyager incognito éviterait à Charles Michel de froisser les susceptibles dirigeants israéliens. Sans changer de look, le ministre MR pourrait se fondre dans un groupe de citoyens belges partis dénoncer sur place l’apartheid local.

Option touristique plus hasardeuse, les guides gazaouis qui proposent encore le circuit labyrinthique des tunnels courant depuis la frontière égyptienne jusqu’à Gaza n’offrent aucune assurance annulation. Or, les obstacles y sont nombreux. Ils s’accumulent d’autant plus que l’Égypte condamne et Israël démolit les infrastructures de ce tourisme souterrain démodé.

Comme dans tout brainstorming, l’hypothèse a priori saugrenue d’une entrée en force du libérateur Charles Michel à Gaza à la tête d’une armée de Casques blancs ne peut être écartée. D’autant qu’elle serait médiatiquement de loin la solution la plus rémunératrice.

D’autres pistes encore méritent sans doute d’être sérieusement explorées. L’ensemble du personnel du cabinet Michel doit vraisemblablement y travailler avec zèle depuis l’annonce de l’affront essuyé par leur patron.

Quelle que soit l’option retenue, la course contre la montre est lancée. Et le défi est de taille. Faire entrer Charles Michel à Gaza avant qu’il ne rompe l’équilibre fragile de sa politique équidistante entre les Palestiniens et les Israéliens — c’est-à-dire avant qu’il ne durcisse son attitude à l’endroit des Palestiniens.

Certes, l’arrêt de la coopération belge en faveur de Gaza ne sera pas nécessaire pour lever l’interdiction israélienne qui frappe Charles Michel. Rien qu’une attitude un peu plus conciliante de sa part envers Israël lui ouvrirait déjà tout grand les portes de Gaza.


 
 
 
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