Altération du mérite, aliénation programmée de l’homme …

En société, la vérité n’est souvent qu’un grand bruit orchestré par le petit nombre des maîtres des structures de reproduction de l’ordre social, que reprend le grand nombre comme par acte de foi .

La vérité sociale est donc le plus souvent, l’antithèse de la Vérité, c’est-à-dire, altération de la réalité cachée des faits et corruption de la nature des choses par l’idéologie. Le mensonge que croit la majorité des membres de la société, est déterminant du comportement collectif et devient truisme du corps social au mépris de la Vérité…

Le mérite est avant tout l’indice des valeurs d’une doctrine sociale ou métaphysique. En effet, le schème métaphysique nous donne à voir et à vivre un monde duel où les forces de l’accomplissement et de la déroute sollicitant tous deux l’être humain, il faut à ce dernier toute la force spirituelle et morale pour se retrouver dans la voie de son existence sans sombrer dans la déchéance et le mauvais. Il s’agit de réalisation de soi ou de perdition. Le mérite est donc l’empire du choix juste qui élève l’homme, sans quoi, c’est le démérite.

Une société sans vrai mérite, où le prétendu mérite se retrouve dénaturé par la soi disant élite pour aliéner ses membres, est une bauge, une jungle malpropre de quelques exploiteurs des faiblesses humaines. Société nihiliste et lucifuge qui ruine les dimensions ontologiques de l’homme, société de reniement inconscient de soi par l’individu qui s’associe sans le savoir aux malpropretés du système, les intègre, les ingère dans son mental et se tue pour laisser vivre la minorité maîtresse de l’ordre socioéconomique en lui et pour lui à sa place. Et une population soumise à cette sorte de miroir aux alouettes, n’est qu’une collection d’individus vivant dans l’indécente illusion imposée à eux et qu’ils adoptent par ignorance et aliénation. Déchéance du sens, l’homme privé de cette chose essentielle à sa marche et son orientation sociale s’effondre et s’amenuise au stade d’ombre mimétique de ses bourreaux. Inhumation du vivant chez l’individu rendu reflet par l’anthropophagie systémique programmant l’autophagie individuelle qui voit l’homme se dévorer lui-même au profit d’une oligarchie pernicieusement manipulatrice. Convaincre l’homme d’inessentialité et lui apprendre à déifier le système avec ses fausses valeurs comme seule essence, la société a su habilement transformer le monde en ramassis de choses anthropomorphes qui s’enorgueillissent de leur propre néant et de leur niveau d’assimilation par le système qui leur prête figuration et gloriole sur leur ruine quand ils acceptent sans résistance leur réification.

D’une société-moule-de-choses où le démantèlement de toute humanité constitue la vocation des crapules dites élites, il ne peut y avoir que des objets anthropomorphes errants, pour qui le mérite est l’assimilation aux horreurs des valeurs platement marchandes et pécuniaires des monstres gouvernants. Nous assistons à la mort de l’homo œconomicus, qui, dans l’idée même charriée par le concept, s’il cherchait son intérêt avait encore un certain sens de son humanité à préserver ne serait-ce que comme agent économique.

Aujourd’hui, par l’excès de la finance et l’effacement de l’agent économique pour le spéculateur boursier, l’homme a été totalement subverti en patient de la spéculation financière et du crédit. Car si l’on voulait humaniser un peu la collection d’individus qu’on appelle société de nos jours, il suffirait de rendre l’économie plus humaine et de consacrer à une véritable éducation de masse, via la presse, un dixième du temps adonné à des réclames pour produits débiles et à des loisirs abrutissants qui s’y donnent au quotidien. Comme ces fonctionnaires d’État, méprisables, fermés dans leur fonction, eux-mêmes fonctions mécaniques et automatiques dans la machine sociale, l’homme d’aujourd’hui se soumet bêtement à sa fonctionnalité de travailleur consommateur et joue le rôle misérable - sans jamais prendre du recul - que lui assigne le système.

Détruire le mode de vision du prêt-à-penser social, se libérer des inaptitudes de la valeur humaine subvertie dans l’ordre de corruption du mérite où sévit le plus hideux démérite, voilà la démarche que doit tout individu digne de la nature humaine. Refuser la logique d’évaluation de soi par l’argent, la fonction et les contingences sociales extrinsèques pour s’évaluer par la spiritualité, la moralité et l’intellectualité orientées vers la réalisation de soi, telle est la voie de l’Homme vraiment méritant.

Substituer la valeur humaine aux valeurs systémiques, reste la bouée de sauvetage face au grand naufrage qui menace l’essence humaine de disparition définitive par autodestruction inconsciente.


 
 
 
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