Chronique de deux expulsions avortés

Sitti et Liouize sont nées aux Comores où elles n’ont vécu que jusqu’à l’age de trois ans.
Elles ont suivi toute leur scolarité en France(à Mayotte) jusqu’à l’obtention de leur baccalauréat. En 2008, elles sont arrivées en métropole, à l’université de Pau ? afin d’y suivre des études de géographie.

C’est une histoire qui commence comme un fait divers qui se déroule dans une ville de province. En Béarn là où se dresse le château d’ Henry IV. La cité trône aux pieds des contreforts pyrénéens. Très loin des tumultes des mégapoles, Pau est le Chef lieu du département des Pyrénées Atlantiques, il accueille une préfecture. Qui a connu ces jours derniers un mouvement de contestation né de l’ abus d’autorité et de pouvoir. A l’origine ; un gouvernement pernicieux ,doublé d’ un préfet qui expulse plus vite qu’il ne réfléchi. Les manifestations qui se sont succédées devant les grilles de la préfecture étaient principalement animées par des étudiants et professeurs des Réseaux Université Sans Frontières (RUSF), auxquels c’étaient joint des militants,(RESF)allant de la Ligue Des Droits De l’Homme, au Mrap, ainsi que des solidarités spontanées. Tout ce monde battait le pavé ,informant, ceux qui désiraient l’être à l’aide de tracts, du mégaphone, des percutions rythmiques qui réchauffaient les participants qui soudainement se lançaient a l’assaut du froid dans une ronde qui rappelait celle d’ « Afriqua » du très emblématique Yannick Noa. La veillée du soir s’occupait avec des cartons sur lesquels des feutres noirs exprimaient la solidarité, ainsi que la fabrication de bateaux et d’avions en papier symbolisants les moyens utilisés pour un voyage retour des sans papiers. Tous cela sur fond de : « Révocation du Préfet de la honte ! libération des camarades étudiantes » !

Le tract qui suit a été réalisé par le réseau des étudiants de ( RUSF )

On leur refuse le droit d’étudier, leur crime :être nées dans un pays étranger

Sitti et Liouize sont nées aux Comores où elles n’ont vécu que jusqu’à l’age de trois ans.
Elles ont suivi toute leur scolarité en France(à Mayotte) jusqu’à l’obtention de leur baccalauréat. En 2008, elles sont arrivées en métropole, à l’université de Pau ? afin d’y suivre des études de géographie.
Malgré les multiples demandes de régularisation, la préfecture s’est toujours refusée à faire un geste en leur faveur. En mai 2009, le tribunal administratif de Pau avait confirmé leur obligation de quitter le territoire, décision prise par le Préfet des PA. Elles ont subi depuis 2 ans de nombreuses pressions, des menaces indignes d’un Etat qui se dit démocratique, et ont vécu dans la peur constante de l’expulsion. Le lundi 25 janvier 2010, elles se sont fait interpeller alors qu’elles étaient sur le chemin de la faculté,et mener directement vers la police de l’air et des frontières (PAF). Le jour même, elles étaient conduites au centre de rétention du Quai de l’horloge, à Paris, afin de décourager toute mobilisation locale.
Immédiatement, étudiants, professeurs et militants extérieurs se sont mobilisés, notamment en organisant des assemblées générales, des actions devant la préfecture à Pau et également à Paris devant l’ambassade des Comores par exemple.
Face aux absurdités de ce gouvernement, nous demandons la libération et la régularisation de Sitti et Liouize. Le réseau université sans frontières(RUSF) de par son implication et sa volonté de soutenir l’ensemble des étudiants,avec ou sans papiers, lutte sans cesse pour que tout le monde puisse étudier(contact RUSF) : rusf64@ gmail.Com ).
De ce fait l’assemblée générale réunie le 26/01/2010 a considéré qu’une carte d’étudiant implique un droit de séjour, c’est pour cela qu’elle défend la volonté des étrangers à étudier librement sur notre territoire, sans la crainte de l’intervention intempestive du ministère de l’immigration, de l’intégration,et de l’identité nationale.
Le juge des libertés a statué sur la libération de Sitti et Liouize le 27 01 2010 vers 17h30 mais le parquet de Paris a fait appel de cette décision 3h plus tard. Elles doivent donc être jugées demain vendredi devant la Cour d’Appel de Paris.
Cet acte intolérable et malsain nous amène à vous appeler à un soutien plus important,et à organiser un
RASSEMBLEMENT DEVANT LA PREFECTURE DE PAU A 11H CE JEUDI 28 01 2010

SOUTENONS TOUS ENSEMBLE SITTI ET LIOUIZE ! LIBERATION ET RÉGULARISATION DE NOS CAMARADES ! Contact RUSF Pau : rusf64@gmail.com

Droite dans ses bottes, La France terre d’asile renie son passé ,mais gare à celui qui contrevient à une obligation, ou à une prescription de la loi car il devra en répondre devant la justice. Alors que dire quand un Préfet se fait le chantre de l’expulsion qui nous interpelle comme autant de violations des droits humains ? Quand la loi prend systématiquement le parti du plus fort elle est ce que l’on appelle communément la loi de la jungle. Elle alimente les tribunaux d’exceptions. Quand ce n’est pas les brigades de la mort. Dans les pays ou l’autocratie est la forme avancée d’une démocratie expurgée. Mais nous en sommes heureusement pas encore là. La France c’est dotée d’un gouvernement antisocial qui pratique une politique sur le mode des méthodes zélées d’une époque que la morale réprouve.

Pas un jour ne passe sans que le gouvernement de Sarkozy, ne se distingue avec la répétition de faits provoquant le désordre dans tout ce qui nous reste des conquêtes comptables des droits humains, des droits du travail …en bref tous les acquits qui ne pouvaient qu’évoluer dans une logique d’ascension vers plus d’égalité. Apres tant d’années de luttes… ces acquis nous semblaient protégés, dans une sorte de Panthéon de la Mémoire Sociale où ces préceptes seraient écrits afin d’y être pérennisées. Tant d’années pour obtenir les avancées sociales payées au prix fort de la lutte syndicale et politique. Pour tout perdre en quelques mandats Présidentiels. Ces gouvernements qui se distinguent par la désintégration de tous nos acquits pour faire allégeance aux banques et aux grands patrons a qui ils ont promis la casse des services publics qui de « guerre » lasse sont condamnés à disparaître. A moins qu’un sursaut nous libère de la désespérance. En tournant le dos à la fatalité qui exerce encore une croyance mal définie mais récurrente chez les laissés pour compte , chômeurs, petits salaires, retraités, femmes au foyer, familles nombreuses, accidentés du travail, handicapés…

Pas un jour ne passe sans que le piège antidémocratique ne soit actionné par l’Etat contre tout ce qui lui fait résistance. Contre tout ce qui faisait la fierté de la France, en particulier le droit d’asile devenu pour ainsi dire caduque. La charte des droits de l’homme et du citoyen… la nouvelle déclaration universelle intégrant l’indépendance des peuples et des Etats … l’abolition de la peine de mort… la loi Veil sur l’avortement… vont -elles résister aux coup de butoirs de l’Etat. Devant ce qui ressemble a une série de complots contre les institutions d’intérêt collectif qui ont en charge leur propre défense. Fouillons dans les strates des écrits « gravés » dans la charte des droits de l’homme il y a matière à réponse aux aberrations d’un Etat qui est résolument tourné contre son peuple.

« Unesco 1960 » adopté le 14 décembre une convention qui définit ainsi le terme de « discrimination » « toute distinction, exclusion ou préférence qui fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique ou toute autre opinion, l’origine nationale ou sociale, la condition économique ou la naissance,a pour objet ou pour effet de détruire ou d’altérer l’égalité de traitement en matière d’enseignement. Concrètement, ce principe de non- discrimination concerne l’admission des élèves dans les établissements d’enseignement, l’interdiction de toute différence de traitement, les aides accordées par les autorités publiques aux établissements d’enseignement et le traitement des ressortissants étrangers. Le Préfet justicier à charge, fait penser à ces chasseurs de prime avec la loi comme bréviaire mais sur le fond une perfidie qui dénote un esprit très éloigné de la raison. La traque : Il est dans son élément tout en rappelant dans la presse « qu’il applique strictement la loi » (encore un vieux cliché)dixit : « La France ne peut accueillir tout ceux qui souhaitent vivre ou étudier ici. Ces deux jeunes filles ont donné des renseignements fantaisistes sur leur logement et n’offrent pas assez de garanties financières . j’espère qu’elle repartiront d’elles même comme çà il n’y aura pas de reconduite forcée »

Voir le texte ci-dessus « Unesco 1960 » pour se persuader que les deux étudiantes ont subit une discrimination sur leurs conditions économiques.

Expulser ces jeunes étudiantes vers les Comores pays qui leur est totalement étranger (elles y son nées c’est tout) mais cela devient véritablement une addiction pour les obsessionnels de l’identité nationale qui risque de se transformer en une inquiétante assuétude, et pourquoi ne pas pousser l’absurdité à son extrême pendant qu’on y est en les expulsant vers l’Afrique , berceau de leurs origines : le crime serait alors parfait. C’est à Mayotte qu’elles ont leurs attaches familiales, et leurs pères respectif ne sont-ils pas de nationalité Française.

Les clandestins sans papiers

Les mesures drastiques adoptées par certains gouvernements Européen , ; le zele que s’autorise le gouvernement Français en particulier utilisant des méthodes musclées contre des personnes dont il ne sait rien de leurs parcours de vie,d’ errance et de souffrance. L’acharnement du gouvernement à renvoyer les “clandestins” vers leur pays d’origine malgré les lourdes conséquences provoquées par la fuite de ces contrevenants prêts à tout pour réussir leur périple en échappant à la prison, quand se n’est pas a la mort, parfois a la guerre, et de quel crime c’est rendu coupable celui qui au risque de sa vie la perd en traversant les mers sur une coquille de noix pour nourrir sa famille.

article 14 : de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :“Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de béneficier de l’asile en autre pays”
Article 9 : Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé

Nous sommes tous des étrangers :

Le mythe du français de souche ne repose sur aucune raison historique. Au cours des siècles qui nous ont précédés c’est l’apport des étrangers qui a contribué à édifier le pays.

Étrangers c’est l’histoire de la France où le français de souche n’est autre qu’un étranger qui a fait souche.Il a fait souche dans la géographie évolutive de ce qu’est aujourd’hui la France. Aussi il serait déplacé de s’enorgueillir d’une identité à exclusivité française, quand on sait que l’originalité de la France repose sur une mosaïque de cultures croisées de peuples du Sud du Nord et de l’Est.

Longtemps les traditions migratoires ont ignoré les frontières ( symboliques ) . Avec la géographie des territoires et des frontières et le développement de la propriété privée, est née une certaine sédentarisation des hommes et des esprits. Si l’étranger a inspiré de tout temps crainte et méfiance c’est avant tout par le souvenir des invasions armées étrangères.

Avec la Révolution Française, loin de s’apaiser un puissant sentiment de suspicion se développe envers tous les étrangers ; le soupçon repose sur le complot (les espions au service de l’étranger) La situation des étrangers à cette époque renvoie à une image complexe, malgré les influences libératrices de la République .C’est l’émergence de l’idée de Nation et de Patrie à défendre qui avec la guerre, débouche sur la notion de « Nation en armes » qui singularisera un nationalisme de clocher ,et qui finira par se perdre dans la xénophobie ( l’affaire Dreyfus ).

La France devient pour longtemps une zone de dépression démographique. Trois grandes vagues 1880/1914 , 1920 /1931 et l’après Seconde Guerre Mondiale. Ce qui fait d’elle le premier pays d’immigration du monde : ce qui lui assure une croissance économique sans précédent , et à l’évidence, l’ascension sociale des français « et assimilés » ( cela ne sera pas tout à fait la même chose pour les travailleurs immigrés (français )mais « non encore à part entière .)

Sur fond de crise économique les patrons lâchent les nervis avec les chiens.

Les années 30 (sur fond de crise économique ) ont cautionné une montée xénophobe dans le midi de la France, un déferlement de haine contre les travailleurs Italiens, alimenté par des ligues d’extrême droite qui les stigmatisaient publiquement par voie de tracts ou articles. Des rixes racistes à cette époque firent de nombreux morts .

Il est tout de même fort de café de constater que toutes les périodes de crises économiques engendrent des exactions , des provocations criminelles , relayées par l’Etat et les patrons.

« L’immigration choisie » exclusivité Sarkozy, n’est qu’une resucée colonialiste. Quand Sarkozy Président de la République reprend toutes les thèses et slogans racistes de Le Pen ; « La France, aimez-la ou quittez-la ». Il n’y a rien à dire de plus, sinon qu’ils sont les deux côtés d’une seule et même pièce bien entendu antisociale.

… des enfants raflés jusque dans les écoles et placés en Centre de Rétention avec leurs parents. En attente d’expulsion. Une circulaire a d’ailleurs servi depuis 2006 à piéger des familles qui, confiantes dans les lois de la République, viennent spontanément donner leurs coordonnées.

Aujourd’hui des milliers de familles sont concernées par ces expulsions. En 2008 le quota est de 26000 personnes en 2009 de 30000 expulsions « Le Réseau Education sans Frontière » mène des actions, pour entraver cette chasse aux familles. Les ministres Ortefeux et Besson ont de quoi être « fiers » de ce travail mené rondement sans tambour battant, n’y état d’âme, jouirons t’ils des subsides de cette fonction sans le remord d ‘un Judas.

Déjà en 1932 sur les chemins de Vichy, en pleine période de délire xénophobe et antisémite, Paul Reynaud soulignait que « mettre à la porte des étranger dont les enfants étaient en fait des petit Français est l’un des signes de manque d’imagination et de courage dont nous souffrons ».

Aujourd’hui il est trop tôt pour dire Sitti et Liouize seront enfin libres de continuer sereinement à appréhender l’avenir pour leurs études L « ’ immigration choisie » n’est pas une fin en soit pour Sarkozy qui met en œuvre un ersatz de cette allégorie la« société choisie » afin d’endoctriner toutes nos faiblesses. Nous sommes prévenus depuis longtemps et un peu plus tous les jours qui passent. Les associations comme , RESF , RUSF sont la démonstration que la lutte avec l’option Unitaire et démocratique, sont une bonne école du moins pour continuer les conquêtes des droits humains .


 
 
 
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