Palestine-Israël : une question coloniale, une question française

Conférence-débat - Palestine-Israël : une question coloniale, une question française.
Mercredi 24 février – 19h Salle Jean Dame – 17, rue Leopold Bellan 75002 Paris, métro Sentier

Dans le cadre de la semaine anticoloniale, la CCIPPP, Génération Palestine, l’UJFP, en partenariat avec l’ACCA, organisent une conférence-débat sur le thème : Palestine/Israël : une question coloniale, une question française.

La question palestinienne est particulièrement importante pour toute réflexion sur la colonisation aujourd’hui parce que les Palestiniens continuent à vivre une situation coloniale directe et violente. Celle-ci est l’héritage de l’impérialisme européen qui a transformé l’ensemble des relations internationales depuis la seconde moitié du XIXème siècle jusqu’au milieu du XXème siècle.
La Palestine a connu les deux formes de colonisation nées durant cette période : colonie administrative dans le cadre du mandat britannique, elle est progressivement devenue une colonie de peuplement, à l’instar de l’Algérie ou de l’Afrique du Sud, notamment lorsque la déclaration Balfour promet en 1917 la création d’un « foyer national juif » en Palestine.

Aujourd’hui, la colonisation en Palestine, c’est d’abord la politique de l’Etat d’Israël, qui maintient les Palestiniens, de Cisjordanie, de Gaza ou des territoires de 1948, dans une situation d’infériorité dont les fondements sont ethniques et, en définitive, racistes. Mais la colonisation en Palestine concerne aussi les relations internationales : les Etats-Unis cherchent à préserver leurs intérêts dans la région à travers une politique qui prend la forme d’un impérialisme renouvelé. La question palestinienne concerne aussi la France et les Français.
En effet, la France joue un rôle non négligeable dans la création de l’Etat d’Israël et, aujourd’hui, dans le soutien apporté à cet Etat. Au sein de la société française résonnent aussi les échos du conflit israélo-palestinien : la cause palestinienne est largement perçue à travers le prisme de l’imaginaire colonial qui perdure en France et qui révèle des tensions entre différentes parties de la société française.

C’est sur ces questions que Youssef Boussoumah, Gus Massiah, Denis Sieffert, Yaël Lerer et Mireille Fanon Mendes-France nous inviteront à réfléchir le 24 février.

Youssef Boussoumah,
militant du Mouvement des Indigènes de la République et historien, reviendra sur les fondements idéologiques et le cadre colonial du soutien de la France à la création de l’Etat d’Israël.
Gus Massiah,
un des fondateurs du CEDETIM, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale. Il est également parrain du Tribunal Russell sur la Palestine. Il interviendra sur la place de la question palestinienne dans l’évolution des stratégies de colonisation et de la pensée coloniale.
Denis Sieffert,
directeur de la rédaction de Politis et auteur en 2005 d’Israël-Palestine, une passion française, s’intéressera quant à lui à la perception du conflit en France et à la façon dont l’imaginaire colonial interfère dans le débat sur la Palestine.
Yaël Lerer,
Militante politique et éditrice( Al-Andalous), elle est co-fondatrice du BFW "Boycott ! supporting the Palestinian BDS call From Within" (Boycott, soutien de l’intérieur à l’appel palestinien pour le BDS" . Yael parlera de l’impact de l’idéologie coloniale sur la société israélienne.
Mireille Fanon Mendes-France,
de la Fondation Frantz-Fanon, membre du Tribunal Permanent des Peuples, articulera la question palestinienne au principe juridique du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tel qu’il s’énonce dans le cadre des relations internationales, suite à la Conférence de Bandung en 1955.


 
 
 
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5 commentaires
  • Je trouve ces colloques, conférences débats, séminaires et autres trouvailles de ce genre, de la pure distraction, au mieux. Au pire, ce serait le côté jardin d’une conscience plutôt intellectuelle et plutôt altermondialiste, qui tendrait, benoitement, à rendre la culpabilité de l’occident plus acceptable et moins mortifère. Le malheur des palestiniens a été conçu dans les laboratoires occidentaux. Il perdure à cause de l’engagement aveugle de ce même occident au côté d’une entité terroriste qui n’entend pas entendre raison. Une algue bleue jetée en une mer paisible par un esprit mal tourné ne peut que faire les ravages que l’on sait. Alors, appeler les botanistes en dernier recours n’aidera pas la mer à retrouver son eco-système. La seule solution à ce problème est une guerre sans compromis et sans rémission. Elle sera longue, atrocement pénible. Mais pour ceux qui savent patienter, la victoire sera inéluctable.

    • C’est facile de parler de guerre...La guerre est la plus atroce des choses sur terre. Elle tue des innocents par millions, sans compter les vies brisées par les mutilations physiques et morales. Les peuples devraient exiger que les dirigeants se mettent d’accord pour amener la paix une fois pour toutes. L’Israël d’aujourd’hui est une escroquerie mentale mais l’on ne peut pas revenir à la situation d’avant où seuls les Palestiniens occupaient le pays, descendants légitimes des habitants de l’antiquité. On sait bien que les Romains n’ont jamais déporté de peuple juif et que ceux qui sont arrivés au XX<ème siècle étaient des descendants de convertis. Il faudrait en fait trouver autre chose, créer une nouvelle Palestine qui engloberait à nouveau la Jordanie et permettrait à des familles des trois confessions monothéistes de cohabiter dans un projet de société laïque avec des droits et des devoirs pour tous. Il n’y a jamais eu de peuple élu sur cette terre, c’est tous ensemble que nous nous en sortirons.

      • Je ne puis qu’être en accord avec vous cher monsieur lorsque vous professez que la guerre est la chose la plus atroce qui puisse exister sur terre. Mais alors, il faudrait le dire aux américains, aux français, aux allemands et aux sionistes qui conjuguent le futur des palestiniens à l’imparfait. Il faudrait leur faire comprendre que la guerre ce n’est pas bien et que la paix c’est mieux ! Il faudrait leur faire comprendre que tuer des Gazaouis, sans discernement, et des militants palestiniens qui défendent leur liberté n’est pas à proprement parler une valeur humaine. Ce n’est pas à moi, bougnoule aphone, de le leur faire comprendre. Moi, je suis de l’autre côté du mur, derrière le bruissement de la vie. Mon monde est celui des ténèbres bruissant des seules larmes de la veuve et de l’orphelin. Mon monde à moi est le terreau de l’ineffable douleur. Celle là même dont l’écho n’arrive pas à rencontrer ni l’empathie, ni la compassion des bourreaux manucurés qui trônent à la maison blanche, à l’Élysée et ailleurs dans ce monde occidental si fier de ‘’Sa démocratie’’ et de ‘’Ses droits de l’homme’’. Il y a un moment pour tout, y compris pour les arguties.

      • Qu’il est jouissif de pleurer sur une population dont tout le monde se fout (à l’instar d’Haïti).

        Tout le monde a son histoire à débiter aux autres sur les diverse origines de ce territoire. On évite SOIGNEUSEMENT de parler des véritable bourreaux de cette population qui sont surtout des arabes jordaniens, ils vivaient parmi les juifs bien avant vos ancêtres.
        Les bourreaux, vous les connaissez bien, vous les représentez : le hamas demandez aux "boucliers humains" de gaza ce qu’ils pensent de ces monstres.

        Même le fatah les dénoncent.

  • Merci pour ces blogs très bien faits, clairs, remarquables, je comprends tout c’est dire ! Je voudrais ajouter ici un message ou plus exactement une pensée pour Azzedine Kallak, mort en Aout 78, dont plus personne ne parle (parce qu’il a été tué par des extrémistes qui lui reprochaient sa modération et non par des sionistes comme Mahmoud ou d’autres.) Azzedine ne fait pas un martyre convenable. C’était un ami.

    Hélène Larrivé

    Pour preuve lorsque j’ai voulu faire un blog sur lui, à son nom, il n’y avait presque rien, j’ai ramé pour finir par trouver une photo de lui : la seule que j’ai dénichée était au format d’identité minuscule. http://azedinekalak.blogspot.com