Peinture, Sculpture ou Finance, où est l’ART ?

A l’occasion de la vente chez Sotheby’s à Londres d’une statuette de Giacometti 74,2 millions d’Euros, on peut se poser la question de la signification sociétale de la monnaie, que l’on appelle d’un mot qui devient encore plus vulgaire qu’il n’était déjà : l’ARGENT. Mais cette vente à un prix olympien n’est que la pointe d’un iceberg bien plus volumineux, telles les rémunérations des maîtres de la finance, ou de l’industrie, qui sont incommensurables avec leurs besoins domestiques, aussi luxueux soient-ils !

Question qu’on peut se poser devant l’envolée, que dis-je l’éjection hors du système solaire de la petite statue de Giacometti qui s’est vendue à plusieurs millions de dollars (74,2 millions d’Euros) !

Est-ce un marché ? ou bien un duel, un tournoi, comme au moyen-age entre quelques seigneurs courtois, au début, puis se gâtant pour forcer le résultat, à l’avantage du plus fort, "le jugement de Dieu". Y a-t-il un rapport entre la qualité reconnue d’une oeuvre dite d’art, et une pareille extravagance financière ? C’est plus la mise à mort d’un rival dans une querelle sans intéret pour les habitants de la planète, mais qui entame sérieusement le bon fonctionnement de la vie économique ; on est dans la tragédie de Faust à qui le diable promet la domination du monde en échange de son âme !

Terribles dérives actuelles de l’organisation des sociétés, profits et salaires incommensurables avec les besoins domestiques, spéculateurs aux moyens supérieurs à ceux d’un Etat ...

Attention, messieurs les drogués des pouvoirs, l’argent, ou plutôt la monnaie, n’est qu’une convention pour faciliter les échanges commerciaux nécessaires à la vie courante, mais pas une potion magique pour corrompre à tout va, car finalement à quoi vont servir ces sur-salaires, sinon à ça ! à détourner le cahier de charges d’une fonction directoriale soumise à des règles démocratiques déjà bien écornées. Le but d’une société industrielle ou commerciale est de fournir un service à la société toute entière, et obtenir en échange les moyens de vivre par la rémunération de ce service, et rien de plus ; tout prélèvement supplémentaire est sans objet, excepté un peu d’auto-investissement, pour garder des forces de proposition. Imaginez ce que va faire un directeur qui va substituer à sa personne un véritable comité-entreprise qui pourra se comporter comme un véritablle cancer de la société qu’il est censé diriger ! (ou digérer...)

Il est convenu, sous prétexte de "liberté" de fermer les yeux sur le secteur privé, mais quid d’une entreprise publique, comme EDF en France, dont le nouveau directeur, ancien PDG de Veolia-Environnement qui a touché en 2008, 1,6 millions d’Euros, et qui a condescendu à ne toucher que son nouveau salaire de directeur d’EDF réajusté à un tel niveau.

Que ceux qui ont un peu de mémoire se rappellent les lois anti-trust qu’ont dû prendre les Etats-unis après la seconde guerre mondiale, et ces trusts n’étaient rien en comparaison des sociétés multinationales pétrolières, nucléaires, bananières, pharmaceutiques, ou agro-alimentaires, qui au passage, diffèrent de moins en moins de mafias narcotiques...quand on voit la façon dont elles gèrent les populations et les espaces qu’elles confisquent, maltraitent, et dénaturent... !


 
 
Portfolio

l’homme qui marche

verso du billet suisse de 100 FCH représentant la statuette

 
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