Sarah-Palin-Canada ou l’ovation éhontée de l’imbécillité.

L’accommodement économique en tout est le plus sûr chemin de la dénaturation des sociétés, la voie insidieuse de l’abominable aliénation qui fait de l’homme la chose immonde d’un monde rendu déchetterie à ciel ouvert par l’idéologie du profit et du pouvoir.

Ce dernier samedi, la ville de Calgary accourut à un évènement politique et humain impressionnant et sans précédent par l’engouement suscité : Sarah Palin, conférencière. L’on imagine, que n’était pas admis qui voulait à cette sorte de dithyrambe de beau monde urbain, cette célébration du jet set politique nord-américain. D’ailleurs, les prix des mille places de la salle, toutes vendues en l’occasion, variaient selon la position de celles-ci dans l’enceinte du BMO Centre de Calgary, de 160 à 220 dollars. Pour des hommes d’affaire, des économistes et tous les snobs petits-bourgeois branchés de la ville, ce fût, on se l’envisage aisément, impensable de louper une telle occasion de rencontrer celle qui sera peut-être l’adversaire républicaine d’Obama en 2012.

Délirant, bête à manger du foin voire à brouter des fèces, notre société, patauge dans l’ineptie, se vautre dans l’indignité par choix et autodégradation programmée en son système de valeurs ou plutôt, disons, son axiologie d’aberrations. Il est en effet, une sorte de volition crapuleuse, de cohérence diabolique dans l’idéologie de l’establishment prédateur de nos sociétés, qui consiste à tout ramener au pécuniaire justifiant tout. Palin, vide comme la vacuité même, fascine ceux qui ont besoin de représentants-doublure pour appliquer les moindres horreurs de leur économisme. Ils choisissent donc des lutins savants du genre d’Obama lorsqu’ils veulent donner l’impression de changement, au sein de leurs servants officiels et en d’autres circonstances, ils désignent des fantômes loquaces tels les Reagan, les Bush père et fils et cette Sarah Palin qui, les uns et les autres, ne manquent pas de régurgiter des clichés d’un discours financiariste stéréotypé, ankylosé et inapte à renouveler sa rationalité trop tronquée, ses raisons d’exister pour l’intelligence interrogeante. Voilà pourquoi on abêtit le peuple lui ôtant tout goût de question sérieuse, toute propension à la quête interrogative devant son sort social et citoyen, pour le gonfler de saletés illogiques et de rognures idéologiques. Sarah Palin n’a rien à dire, on le sait tous. Sauf que dans le même temps, à peu près tous - par réflexe de foule, en cohue de flagorneurs, comme des animaux de horde - obéissent à l’establishment leur indiquant d’introniser ce stupide guignol, afin d’avoir leur part au sinistre profit des richesses communes rendues faussement rares parce qu’accaparées par les quelques opulentes crapules maîtresses du système financier qui délèguent Palin.

Me revient en tête la scène de ce film débile sur les bords qu’est Sex Academy , où une gentille demoiselle lycéenne, gracieuse et mignarde, niaisement belle et vaguement érotique, chiait diablement en quantité effarante, comme si tout son ventre n’était qu’un abîme récrémentiel, une fosse d’aisance biologique, ce, avec force de pets et de puanteur, avant qu’un accident ne la projette à l’étage inférieur qui se trouvait être une salle de classe où le professeur reçut en plein visage en même temps que la chieuse et d’autres voyeurs qui l’admiraient excrétant sans qu’elle le sût, des fèces explosant de toutes parts.

En vérité, cette histoire chiante d’un film hollywoodien non moins chiant, est une véritable allégorie de la réalité sociale nord-américaine voire occidentale. La métaphore exacte de la vérité de notre société hypermatérialiste et sans nulle autre valeur que l’argent et ce qui tourne autour de lui. On admire la fausse grâce, l’apparente beauté, les décors extérieurs et pécuniaires d’une société stercorale et hideuse ouvertement monstrueuse et tueuse ; on est bêtement fasciné de la voir chier sur nos têtes et enfin, l’on consent à recevoir ses crottes en plein visage ! Copromanie inavouée d’une génération déshumanisée qui n’est plus qu’un amas de réflexes sans réflexion, sans recul humain, sans verticalité volontaire pour dire NON aux réificateurs et aux corrupteurs utilisateurs tératogènes de l’essence humaine !

À force d’ovationner les merdes d’un système étatico-social platement asservi à l’économisme, le règne et le culte des matières douteuses et délétères finira par transformer notre monde si apparemment arrogant et mimant l’humanité, en masse de fécolâtres (adorateurs de fèces) indignes même de l’animalité des charognards qui eux, ne sont saprophytes que par inscription génétique et non par choix volontaire voire par flatterie, par lâcheté d’esclave soumis ou par cécité sélective devant l’argent et le pouvoir.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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1 commentaire
  • Il me semble même, que ce fumier, loin de servir de nourriture à de bonnes denrées que nous retrouverions dans nos assiettes, est déjà le summum de ce que ce monde de profit peut produire...
    Nous voilà scatophage, sinon par goût du moins parce qu’il est douteux de pouvoir trouver autre chose.

    On est tombé bien bas !

 
 
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