String et burqa même combat...

Plût au ciel que lecteurs et lectrices, enhardis et devenus momentanément féroces comme ce qu’ils lisent, trouvent sans se désorienter leur chemin à travers ces lignes sombres et pleines de poésie. Car, à moins qu’ils n’apportent dans leur lecture une logique rigoureuse, les émanations mortelles de ce texte imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que les femmes lisent ces lignes, encore moins les hommes. Mieux vaudrait que la plupart dirigent leurs talons en arrière et non pas en avant comme les yeux d’une Fille se détournant respectueusement de l’auguste face Maternelle…

Malgré le chant du coq sarko, les croisées de la burqa sont en route vers la Jérusalem funeste. Après une décennie d’offensive string et de nombrils à l’air, voici la contre-offensive voilée. On avait eu la Fille chevauchant sa ficelle d’entre-jambes, voici la Veuve et ses falbalas de noir désir. Entre la "Pouffe mondialisée" et "la Mort-vivant-une-vie-humaine" annoncée par le philosophe de Iéna, se cachait la Toute puissante Mère bobo-libérale. La voici toujours plus sûre d’elle, plastronnant dans Elle ou Cosmopolitan, tout en expulsant à jets continus de son ventre fécond nos futurs cadavres et nos futures lois.

La Fille, à l’époque de sa floraison, tirait les rebords de son string le plus haut possible au dessus de la ceinture de son pantalon pour montrer aux jeunes coqs qu’à défaut de chevaucher le vent elle pouvait chevaucher un cordon et, qu’à chaque mouvement de ses fesses, elle en sentait la chaude présence au plus profond de son intimité. A ceux qui se scandalisaient de ces manières, notre Vierge répondait qu’elle avait le droit de vêtir son corps librement sans tenir compte de ces êtres malfaisants que sont les hommes et dont le cerveau -c’est connu- est rempli de sperme. Ces derniers, repus de pornographie, se vengeaient à l’aveuglette. Viol par ci, dérouillée par là, méchantes brûlures infligées au hasard, tandis que, dans le sous-sol de la démocratie, s’organisaient les fameuses tournantes. Les victimes en étaient blessées et fières à la fois, se découvrant capables comme leurs copines du cinéma, de vider en un tour de main les bourses de plusieurs loubards. Lesquels, rongés de culpabilité, devenaient les défenseurs de leurs petites soeurs auxquelles d’autres loubards faisaient subir le même sort. Le danger augmentant, le Frère du bled se chargea de mettre sous voile protectionniste les vierges restantes. Dans sa hâte pourtant, il oublia que ce voile n’indiquerait pas plus leur virginité que leurs bonnes manières. Au contraire, ainsi protégées jusqu’au bout de leurs doigts, elles auraient la liberté de se soumettre -si tel était leur plaisir- au sinistre habitus du mâle dont le pire est de surprendre l’imprudente dans la cage d’escalier d’une courneuve comme Catherine Breillat nous a invité à le découvrir dans son film choc, d’être violée sans que retombe sur elle la honte d’avoir été une victime consentante, de recevoir en sa bouche ornée de noir la manne brûlante du troubadour de banlieue. Par la burqa, l’extase féminine devient anonyme et interdit qu’aucun regard impur n’en déflore le secret. L’orifice supérieur devenant comme celui du bas une fleur bordée de soie dont la possession persuade l’homme qu’il a fécondé le Virginal, fantasme universel que tout mâle reconnaît pour sien s’il est honnête. L’avantage étant que si la burquiste est laide, l’amant ne sera pas incommodé par ce crime d’honneur. C’est l’équivalent de ce qu’autrefois disaient les garnements de quartier : "Si tu baises une laide met-lui son slip sur la tête". La burqa nous ôte ce souci et libère la femme de l’ambiguïté de son désir et du souci de sa beauté. Stringée ou burqée, vêtue de probité candide ou de lin blanc, nous la désirerons toujours mais saurons désormais que ce désir vacillera entre plaisir et dégoût, que ce sexe fémino-maternel dont nous sommes sortis et où nous entrons avec une frénésie qui ne se dément pas, cette vallée de larmes faite d’un "œillet violet" et d’une bouche cousue, nous sera toujours le lieu de l’aller et du retour dont nous entretenait Saint Augustin dans ses moments d’inspiration.

Merci à Chantal Thomas et à ses copines qui parent et embellissent les femmes, merdre aux faux prophètes, soi-disant partisans de Muhammad, qui lui aimait les meufs mieux que les beaufs et que la horde des chiennes de garde à la badinter. Je suggère aux incultes du corps et de l’esprit de lire le Coran ainsi que la vie de son créateur pour comprendre que, sur la question sexuelle, il surpasse tous les impuissants de notre temps droit-d’hommiste. Sans complexe mes frères, ouvrons des bordels, mais des bordels intelligents ! Mettons-y pour les clients instruits et respectueux que nous sommes, des salariées nues sous burqa et avec string, et je vous garantie qu’alors la prochaine enquête sur l’Identité nationale remportera un succès. Le vingtième siècle a déconsidéré non seulement l’Homme mais aussi le Surhomme promis. Il est d’importance stratégique qu’apparaisse à l’horizon 2020, sur fond de raréfaction des énergies fossiles et de déliquescence de nos économies une Sur-Femme et une Sur-Mère. Aragon, encouragé par sa communiste russe d’Elsa, la subodorait. Jean Ferrat la chanta :

la femme est l’avenir de l’ho..ô..mme…

Chers camarades hommes et chères camarades femmes de notre temps, chantons en chœur l’ hymne à Celle-autour-de-qui-tout-tourne...


 
 
 
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8 commentaires
  • String et burqa même combat... 3 avril 2010 12:10, par vieilledame

    "Les victimes en étaient blessées et fières à la fois, se découvrant capables comme leurs copines du cinéma, de vider en un tour de main les bourses de plusieurs loubards. "
    ouais, j’connais plein de filles qui sont fières d’avoir été violées...

    enfin, je suppose que c’est de l’humour ?????

    Pour avoir eu, en ses débuts, une sexualité heureuse et simple et amoureuse et dépourvue entièrement de sado-masochisme, initiée (et même éduquée) par un africain du centre (matrilinéaire) , et ensuite pour y avoir renoncé totalement à 40 ans (il y a plus de 20 ans) , après essais et erreurs nombreux, pour cause d’impossibilité de retrouver la poésie, la puissance et la beauté amoureuse de ces premiers temps - je suis triste de lire ce délire agressif dont seul l’exaspération me réjouit, puisse qu’elle sera peut-être l’occasion de progresser dans ce domaine, sous peine d’exploser en petits morceaux de colère destructrice ? non ?

  • String et burqa même combat... 3 avril 2010 12:11, par vieilledame

    PS : j’ai toujours détesté Jean Ferrat

    • String et burqa même combat... 9 avril 2010 22:50, par cosette

      Non, là il faut être juste, certes les goûts ne se discutent pas mais Jean Ferrat était un grand poète... il s’est un peu trop aragonisé versus Triolet mais il était poète. Personne n’est parfait et puis, tout le monde l’a cru dans les années soixante, soixante dix que la femme était l’avenir de l’OM.

  • String et burqa même combat... 3 avril 2010 16:40, par Djamel Dabeldi

    Un beau texte de Cosette. Je souscris. Djamel Dabeldi.

  • String et burqa même combat... 5 avril 2010 21:35, par Dominique

    Le titre était intéressant et juste ce qu’il fallait de provocateur pour donner envie de lire !
    Le chapeau, encore mieux, "les femmes feraient mieux de ne pas lire". Ah ! j’y vais alors... j’en suis une !
    Alors, Cosette, je ne demande qu’une chose à la vie ... me donner toujours un esprit ouvert pour comprendre ceux qui me parlent différemment... bon.. j’ai les mots (enfin normalement) mais là.. tous ensemble... ben... ça passe pas !
    Je ne comprends rien. Je lis, je relis... rien à faire !
    Le titre pourtant me plait bien : string ou burqa... les extrêmes dans la bêtise de même façon. Quand l’obscurantisme est dans toutes les sociétés.
    Et puis, votre article est passé dans la rubrique "Dieu et religion" !!!! quel rapport avec Dieu et la religion ? ce n’est qu’un fait de société... surtout le string .... lol !
    Allez, à vous lire à nouveau. Dominique

    • String et burqa même combat... 9 avril 2010 22:58, par cosette

      merci Dominique de votre prise de distance... Il y a plusieurs façon de lire et seuls les paresseux (et les paresseuses) lisent sans se donner la peine de lire plusieurs fois, surtout entre les lignes... je pourrais développer pour vous spécialement si vous m’en faisiez la demande, mais par écrit il y a toujours le risque du malentendu... Il faudrait le faire de vive voix, si un jour vous passez par le Sud...
      cordialement,