Les enfants précoces vieillissent aussi…

Les enfants précoces vieillissent aussi…

Enfant surdoué, précoce, doué, à haut potentiel ou talentueux. Nous pensons savoir tout (ou presque) de cet OVNI, Organisme Vif Novateur & Intelligent. Mais ces enfants grandissent. Qu’advient-il alors ce ces chères têtes blondes lorsque le temps ayant fait son œuvre, ils deviennent des adultes et plus tard des seniors ? Leur intelligence s’estompe-t-elle au fur et à mesure que blanchissent leurs bouclettes ? Non, il semblerait bien au contraire, qu’avec l’âge, soit enfin venue l’heure de l’épanouissement et que pour eux l’été indien prenne les couleurs flamboyantes d’un automne canadien.

Qu’est-ce qu’un enfant précoce ?

Dans une société où l’on se délecte de pouvoir étiqueter les individus, l’enfant précoce pose le problème de son atypie. S’il est bien difficile de mettre chacun de ces enfants dans une de ces jolies boîtes qui facilitent notre réflexion intellectuelle, il est quand même possible de noter quelques caractéristiques communes. Les enfants précoces ont un fonctionnement intellectuel qui ne correspond pas à leur âge réel et leur intuition prédomine souvent dans la résolution des problèmes. Certains de ces OVNI développent des habiletés intellectuelles générales comme de vrais touche-à-tout, ou bien se spécialisent dans une discipline précise : mathématiques, musique, peinture, etc. Mais avoir des capacités intellectuelles et des talents hors normes ne signifie pas avoir la volonté ou l’énergie de les développer. Dans une association telle que Mensa* par exemple, les membres sont aussi différents que multiples. On y trouve des gens issus de toutes les couches de la société, du sans diplôme au multi doctorant, des artistes, des fonctionnaires et des paysans, des bourgeois installés et des rmistes. Une palette sociale multicolore. Avec pour seul point commun un quotient intellectuel élevé qui suffit pour les rassembler.

Que se passe-t-il à l’âge adulte ?

Devenir adulte n’entraîne pas forcément la résolution des problèmes que l’enfant précoce a rencontrés dans son enfance et son adolescence. Bien au contraire. L’enfant précoce devenu adulte a, sur le monde qui l’entoure, un regard encore plus aigu. Plus le fossé s’est creusé entre ses capacités intellectuelles et l’usage qu’il en a fait, plus le fardeau est devenu lourd à porter. Car de l’adulte surdoué on attend, consciemment ou pas, qu’il soit tout simplement exceptionnel. Si on a un quotient intellectuel proche de celui d’Einstein, les amalgames sont rapides et il sera difficile pour le quidam de comprendre que l’anonyme que vous êtes ne pratique pas la fusion nucléaire à froid comme d’autres font des tartes aux pommes. C’est peut-être pour cela que les adultes aux QI élevé, lorsqu’ils ne sont pas les auteurs de faits d’arme notables, demeurent dans l’ombre de leur trop grande sensibilité, isolés et frustrés. Lorsque le verdict de la douance tombe pour un enfant surdoué, l’intérêt et la curiosité se manifestent. Lorsque ce même verdict tombe pour un adulte dont on ne connaît aucune action prestigieuse, un sourire narquois teinté d’une pointe de scepticisme peut apparaître. A quoi servirait donc ce fameux quotient intellectuel ? Le pire est encore que le verdict de QI élevé ne soit jamais établi. En cas de malaise existentiel, il est préférable d’en connaître l’origine. Il devra être sacrément intelligent justement pour expliquer aux autres que le bonheur ne se trouve pas forcément dans le pré de la réussite sociale, que le 2% auquel il appartient n’a rien à voir avec le « Who’s who » des fortunes mondiales.

Vieillir aux portes de l’été indien

L’enfant précoce devenu adulte traverse sa vie avec bonheur ou désespoir, ou simplement avec banalité ce qui, pour un être aussi curieux et ouvert est la pire des choses. Une vie grise pour un intellect multicolore et hors de proportion n’est pas un cadeau de la vie. Plus les années passent, plus les questions se pressent dans leur cerveau toujours plus avide de connaissances. L’enfant curieux est devenu un adulte inassouvi de savoir, un être un peu effrayant car tellement différent de ses congénères. Parler à un adulte surdoué ne serait-ce pas se confronter à quelqu’un qui pourrait surclasser l’autre intellectuellement ? On fantasme sur l’intelligence comme sur beaucoup de choses. Là où la retraite peut devenir source d’ennui, l’être au QI élevé peut enfin trouver sa revanche. Les seniors surdoués s’estiment en effet plus comblés par leur vie que les autres seniors. Sauf s’ils n’ont pu s’accomplir professionnellement. Les enfants précoces devenus seniors n’ont pas perdu leur clairvoyance qui peut être génératrice d’angoisse. Mais leurs capacités intellectuelles leurs permettent tous les projets d’avenir. Les seniors surdoués que la vie n’a pas autorisé à poursuivre leurs études devraient peut-être reprendre leurs études et montrer enfin, ce dont ils sont capables. Il n’y a pas de limite d’âge pour s’inscrire à l’université alors pourquoi ne pas retourner sur les bancs des amphithéâtres ?

Jean Auel pourrait être un bel exemple pour les seniors surdoués. C’est à l’âge de 28 ans que cette mère de cinq enfants a eu connaissance de son quotient intellectuel, à 40 ans qu’elle a décroché une maîtrise en suivant des cours du soir, et à 44 ans que la saga préhistorique « Les enfants de la terre » l’a fait connaître mondialement. La suite, nous la connaissons tous. Il suffit de trouver sa voix et de s’accrocher à ses rêves.

* Mensa : www.mensa.fr - Association internationale regroupant les personnes situées parmi les 2 premiers centiles a un test d’intelligence générale (tests de QI).


 
 
 
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2 commentaires
  • Les enfants précoces vieillissent aussi… 7 janvier 2011 11:45, par chantal

    Bizarre de se découvrir précoce à 60 ans ! Médecin scolaire ,chargée de dépister les troubles spécifiques des apprentissages ,dont la précocité, je me suis reconnue dans ces enfants.Lors d’une formation professionnelle, le Docteur Olivier Revol traçait le parcours d’un enfant précose ,TDAH et dyslexique, c’était exactement le mien.Je me savais dyslexique, j’ai ensuite compris que j’étais TDAH (diagnostic confirmé) et enfin, je découvre que je suis précoce:choc, je m’étais toujours crue idiote.Ce nouveau diagnostic a aussi été confirmé par un spécialiste.L’avenir s’ouvre devant moi, j’ai des idées plein la téte.Je n’osais rien faire,me croyant trop bète.
    J’ai un fils comme moi, il découvre à 30 ans ce que je découvre à 60.
    J’ai eu une vie très mouvementée ,très compliquée ;j’écris un livre actuellement.
    Chantal

  • Les enfants précoces vieillissent aussi… 7 janvier 2011 12:01, par chantal

    J’ai fait des études de médecine qui m’ont parues faciles,je n’ai jamais travaillé après 20h.Cela n’a fait que renforcer mon idée que j’étais sotte et je pensais avoir une bonne mémoire.Si je réussissais , c’est parce que c’était facile, pensais-je.Après avoir passé des tests sur la mémoire, il se trouve que j’ai une mémoire de travail déplorable, comme tous les dyslexiques et TDAH(et j’en suis )mais une exellente mémoire évenementielle.
    Réflexion faite, j’ai admis ce que beaucoup me disaient :à savoir que c’est sans doute plutot parceque je suis intelligente que j’ai trouvé ces études faciles malgré deux troubles spécifiques des apprentissages !.Le diagnostic de précocité a été confirmé par des spécialistes à...60 ans.Je vais pouvoir faire quelque chose des milles idées que j’ai et qui ne sont peut-etre pas toutes idiotes !
    Chantal