Carte postale de ma terre...

Elle est là, douce, vallonnée, colorée, Oh, non ! pas de paysage sauvage, désert et grandiose… Non, elle est juste verte, si verte… douce, si douce… Champs de noyers à perte de vue…

Elle porte l’abondance pour nourrir chacun…

Elle ne s’emporte que très rarement, en des tempêtes d’une violence inouïe,
puis elle retrouve son calme… les arbres sont tombés ?
C’est pour nous rappeler à quel point elle est belle, qu’elle existe…

Elle cuit l’été sous le cagnard mais n’accepte la neige que quelques jours,
Juste pour se gorger des bienfaits de la nature …

Ses printemps vous bercent d’une lumière étincelante,
Les premiers rayons vous réchauffent fièrement le corps et l’âme…
Souffrances de l’hiver qui s’estompent lentement…

Sa rivière coule, douce et dangereuse, cingles élégants surplombés de falaises vertigineuses,
Que d’hommes y ont laissé leurs gabarres et leurs vies !
C’est qu’elle savait faire la dame des fonds pour les attirer dans ses remous !

C’est une terre qui a vu les premiers hommes y survivre,

… Les mots de mon père aujourd’hui disparu : « Tu sais, j’avais 10 ans et je portais la lampe à pétrole de l’Abbé Breuilh à la découverte de Lascaux… »
Qui se rappelle de cet érudit discret ?
« Oui … ton grand-père et lui était ami ! La découverte de l’Homme de Cromagnon, tu sais.. Ah !… j’étais gosse, mais, j’étais pas peu fier… »…
Les yeux plein de rêves et de souvenirs …

Ce futur géologue passionné de l’Homme, ému devant une statuette de la Dame de Brassempouy, rêvant la vie de Lucie…
Mystère des débuts de l’aventure humaine sur la Terre… l’Homme debout….

Ce père si distant, si aimant… l’Humaniste qui lisait Montaigne et Montesquieu…
Un périgourdin ? il n’aurait pas voulu déterminer l’identité française,
Certes non ! …

Il les aurait envoyé baller ces ventres mous avides de bénéfices et radins d’humanité…
Ces petits caporaux qui font la lie des extrêmes, ces intolérants…
Ces banquiers de la capitale qui ont oublié le bien commun,
la valeur du travail qui nourrit une famille…

Ces destructeurs qui ont oublié que la Laïcité n’est pas un mot
mais une réalité de tolérance à vivre dans le silence…
Ces bonimenteurs donneurs de leçons qui voudraient nous faire croire que
le voile est une question de foi….. Inacceptable soumission…

C’est simple, vous savez… On vit…

Ici, les curés vivent tranquillement, ils rient avec les enfants, plaisantent avec _ les vieux du village, se font tancer par les communistes du coin…

La violence a trop gagné son pain, on ne la veut plus… _On laisse la différence creuser son chemin doucement…

Oui, elle écoute, encore et toujours.
Que de Jacquou s’y sont battus, que de maquisards y ont disparu …

C’est qu’elle ne badine pas avec la liberté cette terre…

Je m’assois sur le perron de la vieille maison en pierre,
Mon voisin passe, me hèle de son accent (quel accent ?) ouvert et chantant d’un :
« Alors, tu y reviens toujours au pays, ça te manque trop, hein ?
Dis donc, ils sont pas devenus un peu fous tous dans ces grandes villes ? … »
« M’en parle pas ! …
Ils sont beaux tes champs… »

Et lui de se tourner vers le paysage splendide : « _ Tu trouves ? je sais pas bien moi, j’y suis tout le temps… »

Pudique et intemporelle Dordogne…


 
 
 
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