Hamsi Boubekeur

« Préparatifs d’un mariage kabyle »

Commentaire détaillé

"Préparatifs d’un mariage kabyle"

Gouache sur papier, 40x50

La scène représentée sur ce tableau peint à la gouache, sur papier met en perspective les préparatifs d’un mariage, un événement d’une très haute symbolique dans la culture de la Kabylie natale du peintre.

Face à cette composition au style pictural figuratif, le regard se perd dans la profusion des détails qui s’offre à la vue du spectateur. Lentement, il se laisse glisser sur la surface de ce spectacle qui met en évidence l’art de la minutie, de la simplicité et de la spontanéité du geste créateur.

Doucement, il se laisse éblouir par les couleurs vives, chaudes, chatoyantes et par moments éclatantes où dominent le clair dans ses multiples variantes illuminant les personnages et le moindre recoin du tableau.

Le regard devient aiguisé devant cette image dérivée de l’imaginaire du peintre. Les sens sont caressés par le subtil jeu des couleurs de cette scène qui évoque la fête, la joie, l’opulence, la générosité. Autant d’éléments qui incitent le spectateur à se libérer peu à peu de sa propre représentation pour faire sienne la vision du peintre.

Et voilà que le regardeur est immergé dans les rêves inachevés du peintre. Et voilà qu’il se retrouve propulsé au cœur d’une réalité légèrement métamorphosée voire fantasmée au gré des désirs et des émotions de l’artiste qui se nourrit des souvenirs d’une temporalité à la fois proche et lointaine qui lui insuffle le souffle de l’inspiration et de la création.

Au cœur de cette toile, un village niché dans les interstices de la plus haute montagne de Kabylie. Un jour où tout chante et danse, où les amitiés se créent et les liens se tissent. La rancœur, l’amertume et les animosités sont oubliés et enterrées dans la motte de terre que des mains nobles retournent semant l’allégresse et la paix.

Aujourd’hui, c’est jour de fête. Akli épouse sa cousine germaine Massa. Ils tous venus. Ils sont tous là pour l’heureuse circonstance : cousins, cousines, voisins, voisines, ami(e)s... Comment pourrait-il en être autrement dans une société où la conscience collective et le partage de valeurs communes sont érigés en valeurs suprêmes ?

Les voilà surpris au milieu d’un vaste champ transformé en lieu de réjouissances. Peints de dos, de face, assis, accroupis, debout, parés dans leurs plus beaux atours, ils vont et viennent, s’activent, s’affairent, se rendent utiles. Chaque personnage a un rôle bien déterminé. Pendant que les femmes roulent le couscous, épluchent les légumes, dansent, chantent, les hommes égorgent les moutons, aiguisent les couteaux, ramassent du bois pour alimenter les feux qui serviront à cuire le couscous que les parents du marié offriront aux invités qui viendront partager leur joie et souhaiter longue vie aux mariés.

Au cœur de cette grande scène où les préparatifs s’étalent sur la totalité de l’espace pictural, où les hommes et les femmes investissent le même espace, la vie se déploie dans tous les sens mettant en évidence une société de l’abondance où l’entraide et la solidarité sont au centre des rapports humains.

Les oliviers, le cactus en fleurs, les robes aux motifs colorés, les hommes et leurs moustaches, symboles de virilité, le couscous et bien d’autres éléments sont autant de détails qui renseignent le spectateur sur les us et coutumes d’une culture millénaire que le peintre imagine étincelante et rêve éternelle.

Mais où sont donc passés les mariés ? Entre les mains magiques du peintre qui les embellit pour l’heureuse circonstance !


 
 
 
Forum lié à cet article

2 commentaires
  • Moi qui pensait en apprendre un peu plus sur les préparatifs d’un mariage Kabyle, ce sera pour une autre fois...
    Le tableau était tout de même sympa.

    Oreade du site Oreade Mariage

  • Sujet qui pourrait bien faire l’objet d’un prochain article. Pourquoi pas ! Si au cours de mes recherches, je découvre des ouvrages traitant de ce sujet, je ne manquerai pas de vous les faire connaître

    Cordialement

    Nadia Agsous