La British Petroleum affronte une vague de pressions et résiste aux pressions financières.

L’article que je viens de lire dans le Washington Post (voir ref. en fin d’article) pose la question de fond de savoir si la BP a la stature économique suffisante pour être capable d’honorer les engagements financiers dus à l’accident survenu dans le Golf du Mexique à 72 km des côtes américaines.

Les coûts inhérents au drame du 20 avril peuvent être sérieux pour la BP mais ils ne lui seront vraisemblablement pas fatals.

Ce géant de l’industrie mondiale s’en sortira…. Le Washington Post (qui ne passe pas pour un organe de presse bien révolutionnaire !) est peut-être bien plus percutant en annonçant les chiffres bruts, sans trop de commentaires finalement. Les chiffres annoncés froidement sont encore une fois choquants et les « questionnements » de ces analystes financiers sont « bateaux ». Lisez bien les chiffres, ils parlent d’eux-mêmes… Les milliards de dollars (j’en perds le sens même d’ailleurs) du côté des bénéfices… les millions pour le reste… J’en reste pantoise.

Et tout cela rend hélas, encore une fois, plus dérisoires et poignantes les images d’écologistes et de scientifiques libérant quelques oiseaux sauvés de cette nappe qui continue à souiller cette partie du globe... que va-t-il rester de ce pays magnifique...que restera-t-il du pays Bayou ? Que restera-t-il de ces pêcheurs de gambas et autres crustacés…. Petits… tout petits… Non, maintenant j’en suis révoltée…

......

Si les « blessures » financières de la BP après le drame du 20 avril dernier peuvent être sérieuses, elles ne lui seront vraisemblablement pas fatales.

Même si la plupart des investisseurs ont fait la grimace à la BP faisant ainsi baisser le prix de l’action de 19% et fait perdre $36.7 milliards de sa valeur sur le marché depuis l’explosion, l’entreprise reste plus que saine. Sur le marché la BP a encore une valeur de $152.6 milliards soutenus par un réseau marketing mondial solide – une opération lucrative en Russie, un contrat prometteur pour booster la production sur un champ de pétrole immense en Irak et bien d’autres gros intérêts encore. Elle reste le plus gros producteur de pétrole du Golf du Mexique. Qu’elle soit estimée par ses revenus ou ses avoirs, elle est parmi les cinq plus grandes entreprises au monde.

Les analystes financiers expliquent que les réactions des actionnaires paraissent « disproportionnées au vue des coûts auxquels la multinationale fera face ». Pour mémoire, les dommages et intérêts à payer à l’origine par Exxon à la suite de la marée noire causée par l’Exxon Valdez en 1989 évalués à $5 milliards en 1994 avaient été baissés en appel. L’année dernière, Exxon a accepté de payer moins de $1 milliard, intérêts compris.

A ce jour, les bénéfices vertigineux de la BP l’emportent sur les coûts gigantesques de la marée noire dans le golf.

Lundi dernier, la BP disait avoir dépensé $350 millions dans les 20 premiers jours en réponse à la marée noire, soit environ $17.5 millions/jour. Elle a déjà payé 295 des 4700 réclamations reçues à ce jour pour un montant total de $3.5 millions. Pour mémoire, au cours des quatre premiers mois 2010, le géant du pétrole basé à Londres a fait une moyenne de $93 millions de bénéfice/jour.

On estime que le pétrole qui s’échappe des puits endommagés dans le Golf représente de 5000 à 25000 barils par jour. Pendant les 4 premiers mois de 2010, la BP a produit 2.5 millions de barils de pétrole brut par jour dans le monde… pour un montant de $71.86 par baril.

La BP possède également une forte capacité d’emprunt. Les économistes estiment qu’elle pourrait emprunter jusqu’à $20 milliards sans dépasser ses prévisions d’endettement (…)

Certes la BP a des projets ambitieux aux coûts importants : Un plan d’investissement de $20 milliards pour cette année, et des acquisitions - essentiellement des actifs de Devon Energy (1) - pour une somme de $8.4 milliards.

Maintenant il faudra y ajouter les frais de nettoyage. Les puits creusés pour intercepter le pétrole de celui qui est endommagé pourraient coûter plus de $100 millions chacun. Les montants des poursuites judiciaires futures ont été établis. Les lois passées en 1990 après l’accident de l’Exxon Valdez rendront la BP et ses partenaires responsables des coûts de nettoyage et ce jusqu’à un montant de $75 millions de dommages. Les responsables de BP ont affirmé lundi dernier s’attendre même à dépasser ce montant. « Les $75 millions estimés ne font pas partie de nos priorités pour l’instant » a expliqué David Nagel, vice président du groupe.

Vendredi dernier, la Standard & Poor’s (2) confirmait le taux de crédit de la BP mais changeait ses prévisions de « Stable » à « Négative ». Un de ses analystes financiers expliquait : « Tant que BP pourra maîtriser le puit endommagé et nettoyer la nappe relativement vite, la société aura les liquidités nécessaires et la stabilité financière pour en assurer les coûts immédiats. Cependant, il est encore trop tôt pour estimer avec certitude l’impact futur réel de la marée noire sur BP ».

D’après les analystes financiers, la British Petroleum survivra mais les dégâts causés par le désastre de la plate-forme tuant 11 ouvriers sont immenses. D’après Fadel Gheit, le spécialiste de l’industrie des pétroles chez Oppenheimer (3) : » Cet accident est un désastre majeur avec des implications catastrophiques non seulement pour les entreprises concernées mais aussi pour l’industrie du pétrole offshore et les différentes économies de la côte du Golf du Mexique ».

..........

Peut-être… en tout cas, je ne vois qu’une chose, c’est que cette entreprise peut absorber les coûts gigantesques dus à ce désastre sans précédent…. Cela fait réfléchir à la puissance économique qu’elle représente et l’influence qu’elle doit avoir sur les économies des pays qu’elle approche. L’Irak par exemple n’a pas fini d’être dépecé… Enfin, c’est une autre histoire… pardon… un autre désastre…

Tous ces chiffres gigantesques, à l’image du drame qui se joue en ce moment pour la faune et la flore et les habitants des côtes du Golf du Mexique, donnent le tournis !

Ces géants de l’économie dépassent mon entendement… « Vanité des vanités, tout est vanité…. « (Ecclésiastes)


 
P.S.

D’après l’article « “BP facing a wave of pressure, but not from its balance sheet”, by Steven Mufson, Tuesday, May 11, 2010. Washington Post (internet)

(1) Devon Energy, Producteur indépendant de pétrole et de gaz (Source : Site internet devonenergy.com)

(2) Standard & Poor’s (S&P) est une filiale de McGraw-Hill qui publie des analyses financières sur des actions et des obligations. C’est une des trois principales sociétés de notation financière, avec ses concurrents Moody’s et Fitch Ratings. Elle est connue sur le marché américain pour son indice boursier S&P 500, pour son pendant australien, le S&P 200, ainsi que pour l’équivalent canadien, le S&P TSX (Source : Wikipedia)

(3) Oppenheimerfunds, courtier (Source : Site internet Oppenheimerfunds.com)

 
 
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1 commentaire
  • Bavure de British Gaz en Algérie

    "Meryem Mahdi harcelée et licenciée abusivement par la multinationale BRITISH GAS en Algérie"
    "Meryem Mehdi, 42 ans et de nationalité algérienne, a été licenciée sans préavis en novembre 2009 de son poste de responsable des ressources humaines et des opérations au sein de la société British Gas, à Hassi Messaoud dans le Sud algérien. Estimant cette procédure abusive, Mme Mehdi saisit alors les services locaux de l’inspection du travail. N’étant pas parvenu à faire valoir ses droits, Meryem Mehdi a entamé le 10 décembre 2009 une grève de la faim."
    "Le comité de soutien ajoute que « la politique de BG ne peut être plus mesquine, elle invite aux négociations, fait croire que tout est sur la bonne voie et change d’avis après quelques jours, dans le but peut-être de sacrifier une Meriem pour qu’il n’y ait pas de milliers d’autres travailleurs algériens à demander leurs droits ».
    Après 79 jours, Mériem Mehdi a mis fin jeudi dernier à sa grève de la faim suite à un accord à l’amiable entre British Gas et son avocat.

    "Néanmoins, sa santé a été gravement affectée par cette grève de la faim record. Mériem Mehdi est un exemple vivant du combat de la femme algérienne pour ses droits."
    (d’aprés Algérie360/ algerie-focus/ Le Temps d’Algerie )

 
 
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