Un mot, cinq films...

Claude Lanzmann a trouvé le mot qui l’a rendu célèbre : shoah. C’est un mot choisi dans la Bible par les rabbins pour parait-il désigner la Chose. Lanzmann n’est pas le moins du monde rabbin et le justifie ainsi : "J’ai choisi ce nom parce que je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire.(…) Pour moi, shoah était un signifiant sans signifié".
Un bruit donc. Bruit qui s’est répandu dans le monde comme une trainée de poudre. Pourtant en hébreu, shoah signifie destruction, catastrophe.

Curieusement, personne n’a relevé qu’en arabe shoah se dit nakba et que c’est le nom que les Palestiniens ont donné à la déportation déguisée qu’ils ont subi en 1948. Pour eux, le signifiant ne manque pas de signifié. Si bien qu’on serait en droit de suspecter une concurrence déloyale entre les fils d’Abraham. Pour qui la meilleure catastrophe ? Shoah en français se dit Xinthia, en nord-américain Katrina. En polonais, je ne sais pas. Lanzmann a dû trouver que ça sonnait bien. Je n’ai pas son oreille. Pour moi, shoa recèle des sonorités qui éveillent le dégoût. Pour ceux de ma génération, juif a des propriétés voisines. Le sifflement du [uif] final pousse les lèvres en avant comme pour expirer le souffle d’un mépris. Dites juif, judaïsme, judaïque … et écoutez leur écho, surtout le dernier où vous avez jus, juda (le baiser ?) et le hic de l’ivrogne !... Ju-da-hic ! Maintes villes françaises, ont leur rue judaïque. Juif, judaïque, sont des mots qui ont ce qu’on appelle une histoire auditive lourde. C´est pourquoi, après la guerre de 1945, des âmes meurtries préférèrent dire israélite que juif... Ce que fait Rossel dans « Un vivant qui passe » dont je vais vous parler. Mais avant il faut que j’en finisse avec ce bruit autour de shoah. Sous prétexte que ce mot devint celui que les Juifs eux-mêmes voulurent en place du religieux holocauste, il a été repris par le monde par un penchant à ne pas en douter pro sémite. "Un signifiant sans signifié" ça plait toujours aux publicitaires. Et si c’était un acte manqué, c’est-à-dire très réussi ? Je crois moi que shoah fait jouir inconsciemment ceux qui haïssent les Juifs. SHOA ? chaud ah ? à chaud ? au chat ?... à Dachau… c’est la porte ouverte aux jeux de mots à la Le Pen -Durafour, dur à cuire- ! En Allemagne on a assisté aux mêmes contorsions. Zigeuner (gitan), est devenu tabou. On dit à la place minorité ethnique. Mais Jude n’est pas tabou… Sacrés Teutons ! Ce sont de vrais pharisiens, ils couchent le chien dans la mangeoire des bœufs pour les empêcher de manger et se rient de la surprise du toutou ! Prononcez [juif] plusieurs fois de suite, ça vous colle la bouche. C’est comme [suif]. La mère de Rimbaud, de son nom de jeune fille, se nommait Cuif, elle avait le fameux "bleu regard qui ment"... Je ne vous présente pas "Boule de suif "... A celui qui voudrait du signifiant de qualité, je suggère jewish qui a en plus l’avantage d’avoir un signifié. Son wish redonne espoir. Eliminons donc mes frères shoah, juif, cuif, suif, puif et quelques autres mots en -cide (génocide, judéocide), et adoptons en français le néologisme jewish qui, en plus fera plaisir aux financiers anglo-saxons, et on aura un jour la bouche gourmande de dire le beau nom d’Israël-Palestine. On ne nagera plus alors dans des signifiants dégoulinants qui signifient plus encore d’être sans signifiés, quoi qu’en pense Claude.

Pardonne lecteur cette longue introduction-digression. J’étais parti pour te parler des films de Claude justement que je te conseille de voir si tu veux goûter ma prose, "Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures"… et "Un vivant qui passe". Je te recommande aussi deux articles du Monde sur shoah, l’un du 26.02.05 de Meschonnic, juif anti-shoah, et l’autre du 20-02.05 du pro-shoah Lanzmann qui ont si bien piqué ma curiosité que j’ai cru d’abord indispensable de t’en parler pour que tu connaisses la source de mon admiration et pour Lanzmann et pour l’hébreu. (1)

Les films donc. Lanzmann metteur en scène est bon dans la métaphore, doué avec peu de moyen. Comme le poète se ligote avec le vers, il se lie avec la forme nue de l’image et lui laisse parler son langage. La scène des oies qui caquètent haut et fort dans Sobibor et brusquement se taisent, les gros plans sur les visages parsemés de tics, les bouffées de cigarette, ça en dit plus long que tout discours… C’est quand il se met à vouloir y mettre le sien de langage, son langage d’idées, qu’il court le risque de faire de la propagande notre Lanzman. Et il en fait. Douce, sans colère visible. Si douce qu’elle est passée inaperçue et qu’il s’est fait un nom -grâce à la Chose, grâce à Shoah- à la fois de cinéaste et de Juste-ardent-défenseur-des-Juifs-martyrisés-de-toute-la terre. Bravo Claude !

En 1985, quand Shoah est sorti, je ne l’ai pas vu. Tout le monde s’y pressait à l’époque. Les journaleux s’extasiaient. Raison pour rester chez soi et attendre que l’écume ait fondu. L’histoire de ce film est compliquée. Shoah contient le film Sobibor qui ne fut montré qu’en 2001 à Cannes. Neuf ans après Shoah, il y eu Tsahal, louange crânement militariste de Sobibor. De Shoah est extrait également Un vivant qui passe, il fait pendant à Sobibor. Ce titre est poétique. Un vivant passe et… le passeur de vivant revit. Le "vivant qui passe" c’est qui ? Lanzmann / Yehuda Lerner, héros de Sobibor ? Devant quoi passe-t-il ? L’ensemble des Juifs morts ? Devant le juge Lanzmann ? Moi, c’est plutôt le Rossel qu’il interviewe, l’Helvète au cigare qui empeste, à la neutralité douteuse, que je vois en "mort-vivant". Il fumera durant tout l’interview répandant un nuage nauséabond dans la pièce. Un psy nous expliquerait sans doute qu’il a voulu enfumer son questionneur. Cette odeur visible était comme le symbole évanoui mais fort de celle qu’il aurait dû sentir à Auschwitz lors de sa visite mais qu’il n’a pas sentie. Lanzmann supporta bravement l’enfumage. Tout ce qu’il voulait c’était mettre Maurice Rossel en difficulté, il y parvint. Voici son stratagème. Quand il débarque chez lui il est certain que Rossel a été trompé par les nazis, s’est trompé lui-même et ne veut pas le reconnaître, que donc il est complice. Il pénètre chez lui "par effraction". Il le dit dans le bonus. Rossel lui avait fait savoir plusieurs fois qu’il ne voulait pas lui parler. Qu’à cela ne tienne. Notre Claude était dans ce coin de Suisse pour affaires. Il téléphone pour savoir si l’Helvète, ex du CICR est là : − Allo ?... − Rossel am Telefon… Claude ne répond pas, raccroche, fonce et… surgit comme par miracle sur le pas de la porte rossellienne ! Il est poli. Rossi n’ose pas le rembarrer, le fait entrer. Culpabilité ? Désir de justification pour laver sa mémoire qu’il sait suspectée ? Toujours est-il qu’il accepte de parler alors qu’il sait à l’avance ce qu’on va lui reprocher, ce qui est (même s’il se sait coupable de naïveté), une preuve d’honnêteté. Ce n’est pas tout à fait le cas de Claude. Il veut coincer Maurice, le convaincre de faute, le faire avouer. Il l’avoue dans le bonus. Moi, à la place de Rossi, j’aurais réagi après ce traquenard, fait des déclarations, ne me serais pas laissé manipuler par le bon papa Lanzi à allure de gros intellectuel-modeste-pas-méchant. Saura-t-on jamais quel "salaud sartrien" fut Rossel ? Mais un homme courageux est-il pour autant autorisé à accuser un autre de lâcheté ? Le problème est plus que philosophique. Lanzmann dit mystérieusement dans son article déjà cité : "J’ai appris de Sartre que se réapproprier le tort absolu est le premier pas vers l’authenticité et la liberté. Cette réappropriation commence par le nom : je serai le nègre, je serai le juif". Aphorisme de Flagellant à Signifié occulte ? Métaphore du juif arcbouté contre l’assimilation ? Difficile à trancher...

L’affaire est donc de faire avouer Rossel qu’il s’est laissé "complaisamment aveugler" par les nazis (l’expression est d’Hélène Frappat dans le livret donné avec le DVD), que le rapport de sa visite à Theresienstadt en 1944 est honteux, que le CICR c’est des plaisantins, sinon des vendus. Lanzi va jouer au juge d’instruction à charge et essayer d’arracher un aveu. Quoi de plus facile ? Rossel est surpris, n’a pas relu son rapport depuis, donc ne connaît pas son dossier. Il avait 27 ans à l’époque et n’avait aucune formation spécifique comme inspecteur du Comité international de la Croix rouge, le CICR. Il avait demandé ce poste à un ami haut placé parce que, officier, "il s’ennuyait comme garde frontière". Pourtant, bien avant Theresienstadt, il va aller à Auschwitz. Son statut d’employé du CICR ne lui en fait ni l’obligation ni ne lui en donne le droit, il le précise dans la conversation. Le fait-il alors par curiosité, par devoir, par perversion ? Rien de sûr ne ressort de ses réponses. Il sera accompagné jusqu’à la zone par un officier de la Wehrmacht. Passé le contrôle final, il est sans protection officielle dans le périmètre du camp. Par un coup tordu dont les nazis avaient le secret, ils auraient pu le tuer. Qui les aurait mis en difficulté pour ce petit meurtre perdu dans l’océan des autres ? Il fallait quand même être gonflé pour aller là-bas ou alors il fallait être inconscient de ce qui s’y jouait… or ce n’était pas le cas si l’on en croit Rossel ! Donc, là encore, mystère ! Pourquoi y est-il allé ? Lanzi y serait-il allé, lui le grand dénonciateur de Suisses ? Une chose est d’être résistant dans le Limousin, où, malgré le danger, on a les coudées franches, une autre d’aller se jeter dans la gueule d’Auschwitz dont le signifié en 1942 mord à belles dents. Ça se passe bien, Rossel ne part pas en fumée. Les nazis montrent tout, en dissimulant tout, et renvoient le voyeur dans le grand Tout du monde pour qu’il y raconte ce qu’il n’a pas vu. Faire une visite n’est pas faire une inspection que diable, il faut le redire encore. C’est pourquoi il est reçu fort aimablement, nous dit-il, par le chef du camp. On imagine volontiers la scène dans un film de Polanski ! − Kaffee mein Herr ?... Pour jouer son "rôle CICR", il proposera d’envoyer des colis de médicaments... Le chef accepte et remercie. A la question de Lanzmann, Rossel dit qu’il n’a vu ni fumée, ni lueur, ni senti d’odeur. Claude imagine-t-il des fours rougeoyant au crépuscule et visibles à l’œil nu par les "visiteurs" ? Mais Rossel dit qu’il savait qu’à ce moment les nazis détruisaient les Juifs même s’il en ignorait le détail pratique... Dans le camp il avoue avoir croisé des groupes de détenus amaigris aux regards hallucinés. On sent que Lanzi veut lui faire dire quelque chose, mais comme il ne sait pas lui-même quoi, ça reste vague. Toujours sa poésie, le sous entendu, celui qui n’est pas oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s’entend, celui qui laisse des traces à l’écran comme le visage de Rossi quand il est embarrassé, ou celui de Yehuda Lerner avec son tic à la commissure des lèvres. Celui aussi qui laisse des traces à l’oreille quand Rossel hésite et qu’il en rajoute pour masquer son hésitation... Mais comment être juste quand on instruit seulement à charge et pas à décharge ? Comment, lorsqu’on culpabilise quelqu’un, espérer qu’il soit serein et se confie ?

Theresienstadt, contrairement à Auschwitz, n’est pas un camp de concentration, c’est une ville à 50 km au nord de Prague, présentée par les nazis -dont l’humour en ce domaine était infini- comme un ghetto modèle, une sorte de Nouvelle Jérusalem Judaïque. Pourquoi pas Doctor Mabuse City ? Rossel y voit des israélites affaissés dans l’illusion qu’ils s’en tireront s’ils sont obéissants et taisent leur état aux "visiteurs". Il dit que ces gens sont là parce qu’ils appartiennent à l’élite juive allemande, sont des privilégiés, ont réussi à être dans les bonnes grâces des nazis grâce à leur argent. Il dit que certains même ont payé pour y être. D’autres ont payé des visas pour quitter l’Allemagne au plus fort de la shoah. Il souligne que dans l’horreur, il y a toujours des riches qui s’en tirent mieux que les pauvres, ce qui est une évidence mais peut-être aussi une preuve d’antisémitisme larvé contre la « finance israélite », eh eh !... Perfide, Lanzmann fait semblant d’approuver l’allusion aux ploutocrates Juifs qui trahirent les israélites pauvres, évoque les Jüdenräte (2) polonais qui prêtèrent main forte à la Chose Shoah, mais il veut que Rossel reconnaisse, là, devant sa caméra qu’il a été complaisant. Rossel s’en défend car il sent le piège tendu par Lanzi qui consistera ensuite à crier à la face du monde que le monde dans sa totalité, CICR compris, a trahi les Juifs, a été le complice d’une shoah et lui Rossel aussi. C’est l’argument qu’on entend depuis qu’un historien amateur a prétendu que les Alliés auraient pu, donc auraient dû, bombarder les voies de chemin de fer menant à Auschwitz. Sans préciser en quoi concrètement, cela aurait pu empêcher massivement et surtout durablement les déportations.

Pour Lanzmann, il faut que Rossel fasse son mea culpa pour être un homme, pour redevenir l’Homme qu’il a cessé d’être à 28 ans, le jour où il a visité la maudite Ville de Thérèse et a écrit un rapport qui démontre sinon sa complicité subjective, du moins sa complicité objective avec les nazis. Ce procès, c’est le procès type des « marxistes » d’antan, aux capitalistes de tout poil : « Du seul fait que tu existes et ne la critiques pas, tu es le complice objectif de la bourgeoisie ». Qu’aurait dû faire ou qu’aurait pu faire Rossel là où il était ? Lanzmann n’en dit mot bien sûr, il se garde bien de jouer les conseiller ou les moralistes. Mais on devine qu’il lui reproche de ne pas avoir, au risque de perdre son travail, voire sa vie, dénoncé sur le champ la duplicité des nazis sur les ondes, dans la presse, par tous les moyens à sa portée. Il fallait les dénoncer sur le champ car, d’après Lanzmann le Monde à ce moment savait tout de l’horreur en cours et il ne fallait pas hésiter à dire leur fait à ces monstres ! Le reproche fait au pape par les pourfendeurs de catholicisme, est de même type : −Pourquoi votre Sainteté n’a-t-elle pas promulgué une bulle du genre « Mit brennender Sorge (3) » ? La SNCF fut aussi accusée par les mêmes d’avoir mis ses wagons et ses rails à disposition des exterminateurs. Pourquoi pas la Ratp pour le Vel d’Hiv ? Ça s’est plaidé récemment. Sur le résultat possible de ce coming out -s’il avait eu lieu-, Lanzi bien sûr, ne dit rien. Il veut bien faire de l’histoire virtuelle en posant des questions sans réponse valable mais, sachant que les réponses auraient évidemment le même caractère virtuel, il ne les pose même pas. Si Rossi avait dit : Je me sens coupable, qu’aurait répondu Lanzi ? Lui aurait-il donné l’absolution ou aurait-il tenté de le trainer devant un tribunal ? Voilà pourquoi il ira d’un Sobibor d’horreur et de courage en 1985, où un enfant tue froidement à coups de hache un nazi aux yeux bleus, à une Tsahal d’horreur en 1994 qui a le courage de tuer des enfants qui osent lancer des pierres sur ses chars Merkava, ou bien le courage de bombarder un bâtiment entier et ses habitants pour tuer un terroriste. Du courage de Lerner se révoltant à Sobibor à 16 ans, il débouche sur le "courage" d’une armée, qui, au contraire de la nazie, traiterait bien ses ennemis, serait chevaleresque comme l’étaient autrefois les princes. On rirait de ce "comique out" si la ficelle n’était pas si grosse. On rit, mais surtout on pleure de voir qu’un intellectuel, un penseur, le directeur des Temps Modernes en personne, quelqu’un supposé faire marcher sa matière grise, tombe dans un si gros panneau. Il semble désormais acquis que pour lui les hommes, cultivés ou pas, instruits ou incultes, ne peuvent que tomber de charybde en scylla, de révolte en soumission, de résistants en collaborateurs, de De gaulle en Pétain, de Maurras en Aragon, de Doriot en Thorez, d’intelligence en bêtise, que c’est la même chose au fond. Tous peuvent faillir sauf… Lanzmann ! Doctor Honoris Causa d’or lagoyim...

Voilà comment au nom d’un noble idéal, on joue dans la mangeoire de la propagande raciste de l’état juif, on se roule dans le foin du mépris congénital du Herrenvolk ashkénaze pour les Sémites Palestiniens. On à une poutre dans l’œil mais la paille du voisin nous irrite. Pour messieurs Lanzmann et autres Taguieff-Adler-Finkiekraut-Glucksmann, les Juifs sont à la fois les pauvres victimes des méchants goyim et ceux qui les surpassent en tout par l’intelligence, l’honnêteté et, depuis 1948, par la force. Ils sont les victimes parce que les meilleurs, les goyim veulent les exterminer parce qu’ils ont une "haine métaphysique pour le peuple qui est à l’Origine et le sait et le veut" (article du Monde déjà cité). La haine qui s’abat sur eux est la preuve qu’ils sont au dessus de l’humanité jalouse, qu’ils appartiennent au fameux Peuple Elu. L’état juif continuera donc à mettre en œuvre un antisémitisme mortel contre les Sémites de Palestine pour prouver que si l’en était aimé de ces antisémites, il ne les tuerait plus... C’est pas sa faute s’il tue 1500 civils à Gaza à la veille d’une élection, s’il bombarde au phosphore, à l’uranium du pauvre, c’est la faute aux racistes roquettes du Hamas, c’est la faute à l’amour que ces sémites anti-juifs barbus lui refusent. Les Juifs, c’est connu, sont le bouc-émissaire collectif des milliards de sous-hommes qui ne sont pas israélites, sont les nouveaux Messies en masse condamnés à une crucifixion prochaine comme le fut le meilleur des Juifs il y a quelques deux mille ans.

C’est ce que Lanzmann a voulu dire dans ses films à l’insu sans doute de son plein gré. Etre juif c’est appartenir au peuple martyr. Le seul véritable martyre de l’Histoire c’est celui enduré par le peuple de l’Origine. Une shoah est une Chose innommable qui s’est exercée sur le peuple "témoin de Jéhovah". Tous les autres massacres ne sont que de simples écoulements de sang, des meurtres sans signifié. Schalom ha shoah, be’ezrath ha’El…

Cosette


 
P.S.

(1) Articles du Monde de Meschonnic du 20-02.05, qui critique le mot de « shoah » et celui de Lanzmann du 26.02.05 qui y répond et s’intitule « Ce mot de shoah ».

(2) Jüdenräte = Conseils juifs. Institution communautaire, sorte de Crif polonais de l’époque.

(3) Mit brennerder Sorge = « avec un souci brûlant ». Nom d’un bulle papale au XIXe siècle.

 
 
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