Le chaos financier : débâcle de l’Euro(pe)

« Il faut prendre l’argent où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. Bon, d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent mais il y a beaucoup de pauvres. »
Alphonse Allais

Cette boutade du grand humoriste est malheureusement vraie et ce sont en fait et toujours les petits, les sans-grade qui paient la facture des errances des grands. Le prix Nobel Joseph Stiglitz parlant de la crise financière de 2008-2009 dit que les banques ont réussi à mutualiser leur pertes avec les contribuables mais qu’ils privatisent leurs bénéfices au profit des actionnaires. Maurice Allais, Prix Nobel de sciences économiques 1988, a bien raison d’écrire alors que « par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire, pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi ».

On dit que 850 milliardaires sont plus riches que l’Afrique avec ces 850 millions. Qu’un Luxembourgeois (50.000 dollars par an de PIB) gagne en trois jours ce que gagne un Africain du Sahel en une année ! C’est cela la libre entreprise et la mondialisation -laminoir. L’Europe est dans la tourmente ; elle pensait avoir vaincu la crise déclenchée par la quasi-faillite dont la dette décuplait de semaine en semaine. Il y a un mois, elle était autour de 20 milliards d’euros puis 120 milliards. On découvre maintenant qu’elle serait autour de 350 milliards en attendant le pire si on s’installe du côté des « Grecs d’en bas », eux qui passeront à la caisse et ressentiront dans leur chair cette faillite dont ils ne sont pas responsables. Maintenant, si on s’installait du côté des Traders des banques des requins de la Bourse tout est bénef et, dit-on, c’est de bonne guerre. « Qui s’engrèce sur le dos du peuple grec ? » est le titre d’une publication avec un jeu de mots amusant si ce n’était pas tragique pour les Grecs.

Lisons cette contribution : « Le programme dit de "rétablissement des comptes" exigé par l’Union européenne et le FMI se résume en un superplan d’austérité, une "première" pour les pays de la zone euro, un chantage contre le peuple grec, des mesures considérées par la plupart des commentateurs en France comme un "mal à surmonter", comme s’ils nous préparaient à subir le même sort. Qui va souffrir (...) sinon les plus pauvres ? Avez-vous remarqué que dans les mesures annoncées par le gouvernement grec, aucune ne concerne directement les grandes fortunes ? Or, ces prédateurs sont à l’origine des difficultés de la Grèce. Ils volent au fisc chaque année 20 milliards d’euros. Le New York Times en faisait récemment la caricature en signalant que 324 résidents d’Athènes avaient déclaré avoir une piscine alors qu’un survol aérien fixait le chiffre à 16.974. Il y a plus grave. Le Telegraph annonçait que depuis le mois de janvier dernier, d’importants mouvements de fonds étaient enregistrés depuis les banques grecques vers des banques internationales telles Hsbc ou encore la Société Générale. Plusieurs milliards d’euros de nouvelles liquidités ont pris le chemin de ces banques internationales, les transferts à 5 milliards d’euros au mois de janvier, 3 en février. Au mois de mars, les transferts ont frisé, selon d’autres sources, les 6 milliards d’euros. La Suisse, la Grande-Bretagne et Chypre sont les principales destinations de ces fonds. Comment expliquer le silence entretenu sur ces mouvements de fonds ? Les grandes fortunes grecques planquent leur fric et n’ont pas d’inquiétude quant à leur sort. Les pauvres paieront la note. »(1)

Essayons de comprendre le mécanisme des opérations en Bourse. On sait en règle générale que les traders surveillent les affaires qui paraissent sans risque surtout si la victime visée est sans défense. Pour Jim Rickards : « Goldman Sachs peut créer des CDS 10 fois plus vite que l’Europe peut créer de la monnaie » Définissons rapidement sans être spécialiste et habitué de ce langage ésotérique des banques, nous empruntons l’explication suivante : « Les crédits default swaps (CDS) sont l’instrument permettant de spéculer contre le risque de défaut d’un Etat. (...) Un CDS s’apparente à une assurance qui permet de transférer le risque de défaut à un autre opérateur. Selon la définition du Que Sais-je, "Les 100 mots des produits dérivés". Le premier CDS aurait été proposé en 1995 par la banque JP Morgan. Jim Rickards démontre en effet que toute tentative par l’Europe de se sortir d’affaire en imprimant de la monnaie est condamnée par avance. Regardez ce que Soros a fait à la Banque d’Angleterre en 1992. Il s’est attaqué à la livre sterling. La Banque d’Angleterre avait un nombre limité de dollars. Soros vendait de la livre sterling et achetait du dollar, et la Banque d’Angleterre achetait des livres sterling et vendait du dollar pour défendre la parité livre / dollar. Tout ce que Georges Soros avait à faire pour gagner était de vendre plus de livres que la Banque d’Angleterre n’en avait. La différence est qu’à l’époque il avait besoin de vrais dollars pour ce faire. Aujourd’hui, pour briser une banque centrale, vous n’avez pas besoin d’argent mais seulement de vendre de l’euro synthétique à découvert ou des CDS. La BCE vient de lancer un plan de renflouement d’un trillion de dollars. Goldman Sachs peut créer et vendre facilement 10 trillions de dollars d’euros synthétiques. Et donc Goldman Sachs domine de très loin tout ce que les gouvernements peuvent faire. Pour simplifier, Goldman Sachs peut créer et vendre des euros plus vite que la BCE ne peut créer de l’argent. »(2)

L’exemple indien

En fait, on constate que les investisseurs doutent de plus en plus des capacités de croissance de certains pays de l’Europe, alors que des politiques de rigueur budgétaire se mettent en place, qui vont réduire les capacités de consommer. Ces craintes incitent les investisseurs à se porter sur des valeurs refuges comme l’or. Ce dernier reste d’ailleurs, proche de son plus haut historique à 1248,15 dollars l’once. Justement, à propos de l’or monnaie refuge, s’il en est, ne fait que grimper. Depuis moins de deux ans l’once d’or a augmenté de 70%. Il y a moins de 11 ans, l’once était à 253 $, elle a été multipliée par cinq pour atteindre 1250 $, soit 40 $ le gramme, le louis de 10frs était à 50 euros en 1999, il est maintenant à 188 euros. C’est dire à titre d’exemple si l’Algérie avait pu prendre exemple sur l’Inde qui a acheté fin octobre 2009 pour 200 tonnes de dollars d’or au FMI, au prix de 820 $ l’once, soit pour un total de 6,7 milliards de dollars, en moins d’un an et demi elle a dégagé une plus-value de 2,2 milliards de dollars. Si elle avait placé cet argent dans les bons du Trésor à 2%, elle aurait gagné en un an et demi, 200 millions de dollars ! Dix fois moins.Cherchez l’erreur en comparant avec nos réserves de change qui dorment dans les banques américaines. Nos gouvernants doivent savoir que depuis un an, le FMI veut mettre en vente 1//3 de ces 3217 tonnes d’or, soit 1070 tonnes...Imaginons que nous achetons cet or.

Que fait l’Europe pour porter secours à la Grèce après avoir laissé l’Irlande se faire laminer ? Il y a plus de deux mois pendant que la situation n’était pas aussi catastrophique, Angela Merkel a pris la tête d’une croisade contre la Grèce disant que le contribuable allemand n’allait pas payer pour les Grecs qui sont insolvables ; il y eut même du chantage ; Daniel Cohn- Bendit accuse le gouvernement français d’avoir forcé les Grecs à acheter du matériel militaire contre un appui de Paris. Deux mois après, c’est la débâcle et la théorie des dominos se met en marche. Non seulement le déficit de la Grèce devient abyssal, mais d’autres pays sont montrés du doigt par les agences de notation comme Moodys et prêts à être donnés en pâture aux requins des Bourses.

Pour Philippe Vassé : « La crise de l’euro, reconnue par tous dorénavant comme une expression aiguë de la crise mondiale en cours, est passée à un niveau supérieur. C’est un fait admis très largement maintenant. Après l’échec du fameux plan de soutien à la Grèce, voilà que les politiques européens, paniqués et déboussolés, mais appuyés par le FMI (Fonds monétaire international), ont présenté un deuxième plan, censé sauver toute la zone euro du désastre, le tout avec un montant maximum utilisable de.....750 milliards d’euros ! (...) Si la situation ne menait pas à la catastrophe des centaines de millions de citoyens en Europe, et derrière, dans le monde, on pourrait rire de la réaction de ces politiques à l’appréciation première des spéculateurs de leur plan : les politiques sont étonnés que les marchés tout d’abord la capitulation sans condition des Etats, via les dirigeants politiques, devant leurs souhaits !!! (...) Ce ne sont plus les producteurs de richesses matérielles, capables de nourrir, loger, améliorer l’existence des 6,5 milliards d’habitants de la Terre, ce sont la spéculation à travers ses banques et leurs "produits financiers". La spéculation et ses "produits financiers" vampirisent toute l’économie réelle, et aussi maintenant les ressources publiques des Etats, ce qui conduit inévitablement à la spoliation sociale et économique des peuples, par le chômage, la misère, la baisse du niveau de vie, les reculs civilisationnels évidents, la dureté de l’existence du plus grand nombre. »(3)

Est-il trop tard ?

Qu’on se représente déjà le chiffre, écrit John Lloyds : Le new deal de Roosevelt, c’était 50 milliards en dollars d’aujourd’hui, et le plan Marshall, 100 milliards d’aujourd’hui. Mais se rend-on compte que cette somme fabuleuse, 750 milliards, l’intervention la plus démentielle de tous les temps, et de loin, ne représente qu’à peine plus de 10% de la dette de la zone euro, qui est de 7000 milliards d’euros ? Se rend-on compte aussi que sur cette somme, où l’intervention du FMI doit être considérée comme complémentaire de l’intervention européenne, plus de la moitié des 750 milliards, soit 440 milliards, doivent être considérés comme « mobilisables », c-a-d qu’ils n’existent pas encore ? Et pourtant ! Cette somme si folle fait si pâle figure ! Pour Frederic Lordon : « Un plan de sauvetage de l’Espagne seule a été estimé par Natixis à un ordre de grandeur de 400-500 milliards d’euros, et l’on ne parle encore ni de l’Italie ni de l’Irlande » (...) Ce qu’on oublie allégrement de dire dans cette affaire, c’est que l’actuelle crise n’est pas une crise du déficit budgétaire de la Grèce, mais bel et bien une crise des banques européennes, et l’opération de sauvetage n’était pas destinée à la Grèce, mais aux banques européennes (...) C’est donc d’un nouveau hold-up dont il s’agit, au crédit de la spéculation et au débit de la dette publique, qui vient de s’opérer. (...) Il s’agit d’une permutation de créancier. Le contribuable européen se substitue aux banquiers qui récupèrent ainsi leur mise. C’est-à-dire le reste de l’Europe va emprunter à des banques pour « sauver » les banques qui ont prêté à la Grèce et que la Grèce ne peut pas payer le 19 mai !(4)

La question est de savoir s’il n’est pas déjà trop tard et si le plan, au-delà de la réaction positive initiale observée lundi matin sur les marchés, sera en mesure de ramener durablement le calme. D’abord, annoncer la création d’un fonds de 750 milliards d’euros pour aider des pays défaillants, c’est, d’une certaine manière, entériner que l’Espagne et le Portugal vont connaître de très graves difficultés au cours des prochains mois. La division commence à s’installer au sein de l’Europe. Comme l’écrit l’économiste irlandais David McWilliams : « Il y a quelques semaines, nous avions fait remarquer à quel point l’Irlande était passée de la démocratie à la "bancocratie". Par le biais de l’Etat, en effet, les richesses étaient transférées des "non-initiés" - en l’occurrence, le peuple - vers les "initiés" de notre système bancaire. (...) Qu’on ne s’y trompe pas, le sauvetage de la Grèce, qui nous coûtera 1,3 milliard d’euros, ne sauvera pas le peuple grec, mais les banques qui ont prêté de l’argent à la Grèce. Ce n’est pas un prêt, non plus : c’est un cadeau. Ce qu’on a présenté comme le sauvetage d’un Etat en faisant appel à notre sentiment de solidarité européenne, n’est rien d’autre qu’un transfert direct d’argent, de votre poche à celle des créanciers étrangers de banques françaises et allemandes. (...) La bancocratie est désormais transnationale. (...) On nous demande de nous serrer la ceinture, pendant que les pays au coeur de la zone euro jouissent d’un relâchement du crédit. (...) C’est la recette de la division et de l’instabilité (...) L’euro nous vaudra-t-il le même sort ? C’est possible. Afin de le sauver, les politiques doivent prendre l’argent des pauvres pour renflouer les riches, en présentant l’opération comme un geste de solidarité européenne. Ça suffit comme ça ! »(5)

A peine bouclé, le plan de sauvetage déjà périmé ? L’euro n’en finit pas de plonger ; ven-dredi 14 mai, il a chuté jusqu’à 1,2380 dollar pour la première fois depuis dix-huit mois. La zone est condamnée à se réformer sous peine d’une « possible désintégration de l’euro », selon les termes mêmes de Paul Volcker, conseiller économique du président américain, Barack Obama. « De toute évidence, je pense que l’on peut dire que l’euro a échoué et est tombé dans un piège qui était manifeste depuis le début », pointant l’absence de politique budgétaire commune. « L’Europe va devoir décider si elle veut être plus ou moins intégrée, et cela remet l’euro en question », a-t-il poursuivi. Comme le titrait l’hebdomadaire britannique The Economist, la monnaie unique est peut-être « sauvée, mais pas guérie ».(6)

Au risque d’être politiquement incorrect en terre d’Occident, la question qui se pose est la suivante : la finance islamique autorise-t-elle de telles situations où on voit des Etats ruinés du jour au lendemain, où la sueur, les larmes et la détresse des travailleurs grecs mais pas seulement par une véritable théorie des dominos macabres ? Ce sont les Espagnols, les Portugais d’en bas, voire les Français d’en bas qui risquent d’être les prochaines victimes de cette hydre qui ne s’enrichit que dans le malheur des plus vulnérables. La finance islamique a une vertu morale qui permet de partager les risques et a priori rien de tel ne peut arriver si les produits dérivés, les produits toxiques ne l’atteignent pas par effet de mimétisme, l’appât du gain étant le même sous toute latitude, il faudra une grande dose de morale pour s’arrêter au fil du rouge à partir duquel tout est permis puisque rien n’arrêtera le loup « Homo lupus homo » dit-on. Cette devise s’applique admirablement à Goldman Sachs qui, l’année dernière, appelait à l’aide too big to fall, trop grosse pour couler, a amené le gouvernement américain de venir à son aide avec l’argent du contribuable, par contre en 2010, elle déclare 92% de bénéfice que naturellement elle ne mutualisera pas avec les contribuables qui l’ont remise à flot. Il n’y aura que les traders qui en profiteront. Ainsi va le monde de la libre entreprise.

Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique enp-edu.dz


 
P.S.

1.http://canempechepasnicolas.over-bl... grec-49837276.html

2.http://www.boursorama.com/forum-pol... 44808-1 14 mai 2010

3.Philippe Vassé : Crise de l’euro : Agoravox 12 mai 2010

4.John Lloyds, 750 Milliards : chroniques d’une fin non annoncée Agoravox 13 mai 2010

5.David McWilliams : Aveuglés par notre confiance en l’euro. Irish Independent 10.05.2010

6.Marie de Vergès : Trichet : « La situation la plus difficile » Le Monde.fr 15.05.2010

 
 
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3 commentaires
  • Il est très difficile de suivre l’auteur de l’article dans son effort de rendre intelligible la crise financière qui secoue l’Europe actuellement. La spéculation est présentée comme la cause essentielle de la débâcle alors qu’elle n’en est que l’accélérateur. Le vrai problème est celui du déficit budgétaire qui, lorsqu’il n’est pas sous contrôle, entraîne de facto les États comme le Portugal, l’Italie, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne (PIIGS) dans la spirale folle des emprunts sous n’importe quelles conditions pour payer les dettes encourues et soutenir leurs dépenses publiques. Faut-il rappeler que la Grèce n’a rejoint la zone Euro qu’à la faveur d’une année fiscale exceptionnelle, celle de 2003 si je ne m’abuse, qui lui a permis de rencontrer les critères de Mastricht en matière de déficit budgétaire (-de 3% du PIB). Hormis cette année là, la Grèce a toujours été, en Europe, le mauvais élève de la rigueur budgétaire. Et pour cause ! Son industrie est quasi inexistante. Son agriculture est non compétitive car l’Euro à renchérit les coût de production. Ses services sont médiocres. L’innovation technologique est confidentielle. En fait c’est un pays qui consomme beaucoup et produit peu ou rien. Avec le Drachme, la Grèce, aurait pu espérer un meilleur sort. Avec l’Euro elle a remis son destin entre les mains des spéculateurs qui ont attendu le moment propice pour lui porter l’estocade. La cause n’est donc pas la spéculation mais l’absence de gouvernance qui fait que le bateau naviguait à vue, gouvernail bloqué. L’Iceberg n’était malheureusement pas loin ! Goldman Sachs, comme n’importe quelle banque fait ou essaie de faire de l’argent avec de l’argent, ce qui est en soi impropre ou immoral. Elle n’a pas les moyens d’imprimer de la monnaie. Les seuls moyens dont elle dispose, et ils sont quand même importants, ce sont les avoirs de ses déposants et les emprunts inter-bancaires qui deviennent de plus en plus difficiles d’accès surtout en période de crise. Elle a par contre les moyens d’accentuer la pression sur un pays endetté pour le mettre définitivement à genou. C’est ce qu’elle a fait c’est ce que les agences de cotation font en général, c’est ce que Sorros à fait avec la livre Sterling, c’est ce qu’il a essayé de faire avec le franc français du temps de Balladure (ministre des finances ou premier ministre je ne me rappelle plus). Il ne faut surtout pas oublier que cela est permis car ce sont les forces du marché si chères à nos capitalistes qui s’expriment avec la violence qu’on leur connait. Alors la seule riposte que les grecs et les autres peuples esquintés par la cupidité capitalistique ont à faire, c’est de dénoncer les fondements même du capitalisme sauvage, de refuser ce système barbare qui rend l’avenir de l’homme incertain.

    • Le chaos financier : débâcle de l’Euro(pe) 23 mai 2010 10:37, par HugBert

      Excusez-moi, mais effectivement, vous n’avez pas compris l’article et vous semblez propager l’analyse très superficielle de nos médias. Effectivement, ce qui alimente la caisse de nos états est principalement le travail salarié : donc le chômage implique une baisse des recettes de l’état et donc du défficit. Là où le bâts blaisse, c’est que ce sont les états qui se sont portés à l’aide des banques, crise des subprimes de 2008, qui, renflouées, saignent à blanc des pays fragilisés par cette aide apportées aux banques. Au final, ce sera les contribuables qui feront les frais d’une crise induites par l’impéritie des banques qui ont provoqué celle des subprimes.

      Ceci étant, une question me tarode l’esprit. Des pays à on qui applique une réforme (de rigueur il faut entendre) sont des pays où les revenus vont fatalement baisser (salaire ou prestation sociale). Or, il me semble que ce sont ces pays mêmes qui font marcher l’économie (qui va pouvoir acheter aux chinois ?). Je ne vois pas comment cela relancer l’économie (mondiale ou locale)... je dois louper quelque chose.

      • Le chaos financier : débâcle de l’Euro(pe) 25 mai 2010 00:35, par larbi chelabi

        On peut si vous le voulez continuer à polémiquer longtemps sur les tenants et les aboutissements de la crise européenne actuelle. Le monde de la finance est implacable. Il n’a pas d’état d’âme. Si un pays devient insolvable, les bailleurs de fonds potentiels l’achèveront par l’imposition de taux d’intérêts élevés qui représentent supposément le risque financier assumé par les institutions créditrices. Pour avoir accès à des prêts avec intérêts ’’ordinaires’’ il faut que le pays en question puisse démontrer à nouveau sa solvabilité financière. Or le budget de l’État comme le budget de n’importe quelle famille comprend deux rubriques essentielles : la ligne du haut qu’on appelle les revenus et la ligne du bas qu’on appelle les dépenses. La différence entre les deux c’est le déficit (si la ligne des dépenses est supérieure à la ligne des revenus) ou l’excédent (si la ligne des revenus est supérieure à celle des dépenses). Dans le cas d’un pays en cessation de paiements comme l’est présentement la Grêce, le seul remède que le monde de la finance reconnait c’est de contrôler la ligne du bas (dépenses) car celle du haut est toujours aléatoire. Chaque poste budgétaire dans lequel l’État met de l’argent (infrastructure, santé, éducation, pensions de retraites etc) est scruté à la loupe et charcuté tant et aussi longtemps qu’on n’a pas trouvé le point d’équilibre entre ces deux lignes. Ceci est la pure vérité. L’occulter n’aidera ni la Grêce, ni les grecs. On peut la déplorer mais on ne peut pas la changer. La seule manière de s’en sortir, c’est de sortir du système capitaliste et néo libéral qui produisent ces distorsions sur l’économie réelle. Je suis d’accord avec vous pour dire qu’ un chômage élevé peut effectivement avoir un impact sur les revenus de l’État (moins d’impôts à prélever) mais comme je le mentionnais précédemment, ces revenus sont par définition hypothétiques et sont factorisés dans le cas de la présentation d’un budget de crise. Donc on s’en préoccupe moins. Par contre, sabrer dans les dépenses de l’État c’est tangible. Les bénéfices à court terme sont réels même si sur le long terme cela peut être dramatique.