Plaisir et Déplaisir

Je plains le plaisir insouciant du sot devant l’indécence qu’il soutient ingénu à ses propres dépens.

J’ai le dédaigneux déplaisir de l’esprit répugné des bobards désinformants de la grande faune médiatique envahissante, méprisable qui ment, pontifie pour mieux débiter l’imposture.

Je suis horrifié de la contre-nature du spirite psalmodiant le démon pour quelques miettes périssables ; je partage le juste mépris des hyperconscients répugnés de société sordide des choses anthropomorphes errantes qui se croient des hommes par les tristes vétilles matérielles et babioles d’apparat qu’elles exhibent en guise de sens et de trône.

Je conspue ces innombrables femmelettes sottement sexistes, fatalement « féministes » qui grimacent, se prennent grossièrement la tête au moindre sourire simplement affable de la civilité d’un homme ! Elles qui dénaturent en succubes, le rapport normal des sexes et empoisonnent en cerbères sexués, la vie et le naturel rapprochement humain des genres.

Je dédaigne l’idéologue essentialiste, le bourgeois ostraciste, le petit-bourgeois arriviste, tous néants phagocytants qui se gavent d’inepties complexées, et se croient plus heureux que les inadaptés par refus à leur amas d’ombres et de reflets qu’ils appellent société.

J’exècre les racistes, les coloristes et les cuistres qui braillent en baragouinant et bayent aux fientes qu’ils régurgitent dans l’idéologie et l’État.

J’éprouve toutefois le plaisir sain et pur d’une aube qui entonne la poétique d’aurore des hirondelles et danse du crépuscule quand la lune fait la chasse au soleil et que les étoiles préparent leur ronde silencieuse où chantera l’éros débridé du soir et des alcôves.

J’ai l’extase de la prière intérieure, l’oraison spirituelle qui n’oublie guère la beauté d’un azur au plus fort de la catastrophe des vicieux prédateurs dont l’âme boueuse et impure fait du monde un air vicié qui asphyxie l’être et la beauté.

J’aime la splendeur des femmes vraiment femmes qui savent aimer et se laisser aimer sans se croire une autre espèce surhumaine par le sexe ; féminine et humaine sans être ni mégère ni matrone, ni esclave ni chose.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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3 commentaires
  • Plaisir et Déplaisir 6 juin 2010 15:26, par Libre Plume

    Des mots du philosophe, pointus et exacerbés aux mots du poète purs et vrais.
    Beau texte.

    Les plaisirs dans tout ce qu’il y a de poésie humaine et de spiritualité, dans la nature qui nous donne des leçons de liberté, dans les ailes des hirondelles et dans une aube prometteuse... Plaisir d’une spiritualité profonde, personnelle, oraison à la beauté.

    Les déplaisirs face à la bêtise, la cupidité, la soif du pouvoir, l’inconscience des puissants. Le déplaisir face à la femme qui a perdu sa féminité par seul soucis d’égalité. Déplaisir à voir ces hommes reliés seulement entre eux par l’intérêt de la survie d’une classe sociale, ceux qui possèdent, petits ou grands bourgeois venus de tous horizons.

    Et puis, je me disais aussi en vous lisant :
    "J’aime la splendeur des hommes vraiment hommes qui savent aimer et se laisser aimer sans se croire une autre espèce surhumaine par le sexe ; homme et humain sans être tyrannique, ni chef, ni soumis".

    Oui, ça sonne bien aussi.
    Bref des hommes et des femmes qui se reconnaissent dans leur différence...

    Les rêveurs ont encore de beaux jours devant eux !

    Beau texte vraiment...

    • Plaisir et Déplaisir 6 juin 2010 18:15, par C. Loty MALEBRANCHE

      Merci à vous, Madame ou Monsieur.

      Vous venez de prouver que le lecteur intelligent co-écrit l’oeuvre de l’écrivain et qu’aucun texte n’est jamais vraiment terminé.

  • Plaisir et Déplaisir 7 juin 2010 11:43, par Libre plume

    Rire ! me voici élevée au rang de "lecteur intelligent", merci, merci... Co-écriture... bien sur que non, juste des mots qui avaient bien résonnés.

 
 
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