Ploutosphère

Ploutocratie : n.f. Gouvernement par les plus fortunés. (déf. Le Petit Robert )

Wikipedia commente la définition de « ploutocratie » en ajoutant que, d’un point de vue social, cette concentration du pouvoir dans les mains d’une classe sociale s’accompagne de fortes inégalités et d’une faible mobilité sociale. « Fortes inégalités » marquant un léger euphémisme en France, aujourd’hui.

Un exemple, sans doute terriblement populiste. A ma décharge, une certaine difficulté à entrer dans la peau d’un membre des classes fortunées. Jean-Charles Naori, PDG de Casino, patriarche du patronat français, concepteur du monde dérégulé qui nous asphyxie aujourd’hui (Fakir, juillet/aout 2010), gagnait 700000€ de salaire en 2009 (JDN 16/06/2010) ; pas d’attribution de stock-options ou d’actions gratuites cette année-là, pour lui. Ca lui laissait quand même 58333€/mois.
2,8 millions de salariés touchent le SMIC en France, ce qui leur laisse 1055€ net par mois, pour un temps plein.

Il n’est pas interdit de penser que Sarközy de Nagy-Bocsa et son gouvernement Fillon ne sont pas vent debout contre ce différentiel social d’une ampleur inédite. Il semble même, avec ses camarades, mettre une certaine volonté à l’incarner. Recensement :

- un ministre cumule des intérêts privés - salariat de sa femme par la représentante majeure de la ploutocratie française, Bettencourt Liliane, dont il savait, d’après le juge Courroye, qu’elle avait massivement fraudé le fisc -, avec une fonction où il doit sanctionner les fraudeurs et, aujourd’hui, organiser des réformes qui appellent les français à accepter des privations sans précédents. Privations qui jusqu’à présent ne touchent quasiment pas les magnats comme Bettencourt. (Woerth) ;

- un ministre ne possède pas un mais plusieurs logements de fonction (Estrosi),
- un ministre cumulard loge dans un appartement de fonction pour un prix de moitié inférieur au prix de marché, alors qu’il gagne près de 20000€ mensuels (Tron) ;
- une ministre loge régulièrement la famille dans son appartement de fonctions (Amara) ;
- dix ministres, dont Alliot-Marie, De Raincourt et Bachelot, cumulent retraite et traitement ;
- un ministre s’offre sur le dos de notre porte-monnaie déjà exsangue 24000€ de cigares (Blanc) ;
- une ministre critique l’hotel grand luxe de l’équipe de France de foot, mais choisit pour la nuit de cette indignation...un hôtel encore plus luxueux (Rama Yade) ;
- un premier ministre gagne des sommes aussi choquantes que le présdent mais considère qu’évoquer la diminution des salaires ministériels est « complètement con » - Canard Enchaîné 16/06/2010 - ;
- un président s’offre un luxe néronien en exigeant, en 2009, que dans son appartement de fonction les fleurs soient fraîches en permanence, pour la bagatelle de 280.000 euros par an, qui ne sortent pas de la poche présidentielle ou de celle de sa femme, pourtant multi-millionnaire en euros ;
- un président a multiplié son salaire par trois et n’est toujours pas revenu dessus alors qu’une crise économique dure frappait déjà les français en 2007, précédant de peu LA crise des subprimes avec ses suites où nous nous enfonçons ;
- un président a transformé le château offert par la République – l’Elysée - en PME pour écraser le rôle des Assemblées qui est, normalement en état de droit, de représenter le Peuple français et d’exercer les volontés que celui impose ; l’Elysée employait encore dernièrement 1.000 personnes, parmi lesquelles 44 chauffeurs et 87 cuisiniers. Le double du personnel de la reine d’Angleterre. Son coût a été multiplié par neuf en douze ans, d’après Dosière, député PS. Il avoisine les 90 millions d’euros, d’après lui.

La réalité ploutocratique saute aux yeux, aussi démesurée que « nouveau riche ».

Elle accompagne naturellement une politique caricaturalement soumise aux ordres d’une caste, section française d’une élite mondiale au mêmes visées. Caste qui a imposé aussi obstinément que douloureusement l’ultra-libéralisme depuis les années 70.

Résultat de cette situation, les français vivent en crise économique depuis 40 ans. Ils perdent chaque année des dizaines de milliers d’emplois, de services sociaux, du pouvoir d’achat et des libertés.

Bref, s’éloignent considérablement leur qualité de vie et leurs espérances, leur croyance en la cohésion sociétale basée sur un assemblage de mots simples : "Liberté Egalité Fraternité ".


 
 
 
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