Sarközy : jusque-là, ça va

Il est loin le temps où tous les possibles souriaient. 2007, année bénie où le cheval de retour endossait une auréole d’innocence et triomphait dans la course présidentielle, grâce aux soutiers médiatiques Arlette Chabot et autres Elkabach, pour faire pêter le champ au Fouquet’s, entouré d’un aéoropage quasiment caricatural de ploutocrates.

2010, annus horribilis. Sarközy de Nagy-Bocsa scotché au plancher des sondage. Ses tentatives d’approcher le peuple et de serrer des mains sans qu’une armada policière ne les écarte ou qu’il ne chasse lui-même les défiants de quelque insulte malvenue, ne fonctionnent pas. La magie du verbe est morte, l’orateur a mué baratineur. On a bien cadré, dans les villes et les campagnes, la stratégie de celui qui n’est plus autre chose qu’un monarque : palabrer sur l’accessoire, mentir sur l’important et occulter l’essentiel.

L’essentiel qui remonte à la surface aujourd’hui, à si gros bouillons que Sarközy n’arrive plus du tout à colmater les fuites, malgré le limogeage quasiment par mail de deux indélicats membres de la piétaille gouvernementale.

Ainsi du ministre du Travail. Ce brave Woerth a beau clâmer urbi et orbi qu’il est digne, intègre, insouçiant et méprise les jaloux de l’opposition qui feraient un coup, il se déploie dans l’imaginaire public, concentre la colère diffuse, métastase à toute vitesse un gouvernement, un président déjà sonnés debout.

A sa décharge, l’homme pourrait objecter qu’il fait partie du gouvernement Fillon, le cinquième équipe depuis juin 2007, dernier avatar de pas moins de 12 remaniements. Il ne s’y aventure, peut-être parce que le mal qu’il incarne vient de plus loin, de bien plus profond sans doute.

Woerth, c’est un métier. Une carrière entière consacrée à servir des caciques RPR puis UMP qui ont quelques idées politiques et beaucoup d’intérêts, de combinazzionne permanentes. Ce profil ne connecte pas avec « responsable intègr e » dans l’esprit public.

Encore moins inscriptible dans la liste des personnalités préférées des français quand on a une femme qui a servi jusqu’à tout récemment la personne la plus riche de France.

Toujours pas, si on apprend par des écoutes clandestinement obtenues que Woerth et le chef himself e auraient touché leur petite douceur sous forme de chèque.

Définitivement plus, sans doute, alors que l’ancienne comptable de la plus grande fortune de France, Bettencourt nous apprend hier que 150000€ auraient été remis à Woerth, déjà trésorier de l’UMP à l’époque, durant l’équipée victorieuse vers la France d’après. Evidemment pour huiler les rouages de la machine à gagner du candidat Sarközy.

Alors que les écoutes clandestines, à peine sorties par Médiapart il y a quelques semaines, nous avaient révélé que Woerth était à aux yeux de Bettencourt et à ceux de son administrateur De Maistre, rien moins qu’un « ami » ce qui n’entre pas en ligne "crédit" dans le compte citoyen de M. Tout-le-Monde.

On veut bien imaginer, par pure bonté d’âme, que cette comptable retraitée risque la colère d’un ministre et les mesures de rétorsion de l’état sarkozien par simple malveillance. C’est d’ailleurs le sens de la réaction d’Eric Woerth qui se dit spontanément « outré, totalement. ».

On table sans crainte de se tromper sur la réaction de l’opinion publique. Woerth : 22 mars 2010 - ? juillet 2010.

Woerth, déjà au passé politique, affronte demain le futur pénal, après les poursuites que s’apprête à engager le Parquet de Nanterre contre sa femme. Poursuites alimentées par des bouches qui s’ouvrent sans cesse en France et à l’étranger pour révéler les proximités, les facilités, les oublis et les franches malversations qu’auraient connues et couvertes le couple Woerth, pour faciliter la vie, organiser les impunités, couvrir les délits fiscaux de « généreux donateur » fil rouge du RPR de la cassette Mery comme de l’UMP d’aujourd’hui.

Une « tête de pont » a sauté, pour Nicolas Sarközyde Nagy-Bocsa. L’affaire est terrible, elle n’est rien par rapport à ce qui vient : les écoutes de l’ex maître d’hôtel de Bettencourt l’incriminait pour avoir touché, lui aussi. Voilà que la comptable fait de même.

Conclusion provisoire sur le champ de ruines qu’est Fillon V.

Après les cumuls, les privilèges et les abus, nous avons appréhendé une collusion avec les puissances d’argent, pour en venir, aujourd’hui, rien moins qu’à une accusation de corruption suspendue au-dessus de la tête du chef de l’Etat.

L’explosion du gouvernement Fillon est programmée.

Elle sera à la mesure du système ploutocratique, aristocratique et clientéliste jusqu’à la corruption, semble-t-il. Il ne peut y avoir qu’une solution citoyenne à la hauteur de l’exaspération d’un pays qui s’enfonce dans la crise, tandis qu’impunément banques et grandes entreprises engrangent les bénéfices et augmentent les prix au-delà de toute raison, avec la bénédiction des politiques.

Des élections anticipées.


 
 
 
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2 commentaires
  • un espoir pour... demain 10 juillet 2010 13:44, par Lutopick

    Oh oui oui oui ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii... ! Mais à en croire les sondages, ce serait Martine qui l’emporterait, et vu son passé récent en matière de probité (rapport aux élections du PS face à Ségolène) et vu le soutien du PS à l’Europe libérale qui nous brime. Il ne serait pas vain de patienter un peu et d’offrir une véritable opportunité de changement au pays, avec le Parti de Gauche.

  • Sarközy : jusque-là, ça va 11 juillet 2010 16:28, par Sylvie

    Je vous félicite de respecter l’orthographe du patronyme du dangereux petit Chouchou qui travaille actuellement à l’Elysée au profit des sionistes avec son Lévitte.

    C’est très rare dans les médias

    Pourquoi en effet omettre le tréma de Sarközy ? Il y a eu un arrêté du tribunal là-dessus ?

    Surtout que ce début de patronyme se prononce Sarkezi

    Et d’ailleurs pourquoi Sarközy ? Quand on parle de son "meilleur" ami, on ne dit quasiment jamais Galouzeau, mais Villepin ou de Villepin .

    Alors au nom de quel règle ne dit on par Nagy-Bocsa ou de Nagy-Bocsa ?

    C’est écrit comment sur son acte de naissance ?

    Par contre il n’est pas interdit , et ça n’a rien d’une insulte, d’appeler notre "cher" (coûteux !) petit président NABO. Non pas nabot, NA(gy)-BO(csa) . !

    C’est gentil comme diminutif, non ?

 
 
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