Hommage à toi l’Artiste !

A tous les esprits réfractaires et rebelles qui refusent les compromissions et les lâchetés qui maintiennent l’humanité dans un état d’enclavement, sous le joug de l’asservissement sous ses multiples facettes.

Toi l’Artiste !

Libre de toutes entraves, bravant l’interdit, l’esprit dans le vent, le coeur en errance,

Éternellement !

D’où puises-tu cette volonté de remettre l’humanité en marche ? A l’envers ! Et point à l’endroit !

Dans ta solitude, loin de nos regards moulés, colmatés et fabriqués, comment fais-tu pour t’affranchir de l’emprise du tourbillon des mots qui effacent les empreintes d’une vie sur le point de s’achever ?

Hé l’Artiste !

Sais-tu que dans le silence du recueillement, des pleurs se font de plus en plus perceptibles ? Entends-tu le bruit infernal des sanglots de cette femme ? Vois-tu de tes yeux altérés par la lumière blafarde du crépuscule, ce corps étendu sans vie ? Il gît là dans la boue nauséabonde de la mort ! Son odeur empeste l’espace. A côté, un enfant joue.

La vie, l’Artiste !

Et dans l’obscurité qui emplit l’espace du vide, abreuve-moi de ce regard qui se dérobe à ma vue abandonnée par la lumière du jour !

Mais toi l’Artiste, n’as-tu pas le pouvoir d’oser une entrée intrusive dans l’intériorité de ce vide qui ne cesse de creuser ? N’as-tu pas le pouvoir d’exorciser toutes ces peurs existentielles qui hantent l’immensité de l’humanité rampante ?

Te souviens-tu de cette prophétie que cette vieille femme nous racontait lorsqu’elle nous rendait visite dans nos rêves en mal d’amour ?

Te rappelles-tu de son visage ? De son corps ? De ses paroles ? De son regard ?

Des larmes de douleur, de joie, de souffrance, de bonheur inondaient notre cœur, ce vaste lieu lourd en mémoire d’abandon et de non retour.

Une voix. Des échos. Des voix. Un écho. Qui nous racontait. Qui nous racontaient. Et nous envoûtait. Et nous envoûtaient...

« Amachaho ». « Il était une fois ». « Once upon a time »."Kane ya makane fi kadimi ezzamane ».

Autant de formules qui annonçaient le déroulement d’une histoire qui nous transportait dans un au-delà forgé à l’image de nos envies ! De nos désirs ! De nos fantasmes ! De nos interdits ! De nos angoisses ! De nos peurs existentielles !

Archaïques ! Destructrices !

Et cette voix envoûtante racontait. Et racontait encore et toujours. Les sens en alerte, le verbe haletant, son récit glissait sur nos corps comme l’eau de la pluie qui se donne à cœur joie dans son écoulement sur notre peau en attente d’étreintes et de caresses. Ses mots reprenaient peu à peu vie. Et dans une danse solennelle digne d’un ballet à quatre vingt dix sous, ils s’en allaient. Un par un. Deux par deux. A la queue leu leu. Par procession goûter aux délices de l’évaporation dans les airs. Les voilà au cœur des vapeurs. Suspendus. Dandinant. Répétant inlassablement la danse de la transe dans sa course vers les restes paradisiaques qui gisent en nous. Mais ensevelis sous les décombres de l’inapaisement.

« Amachaho » !

dans la visibilité brouillée qui s’offre au regard, une forme à peine perceptible sur un rocher. A proximité, la mer prise dans une tempête de couleurs habillées de bleu « d’éternité », de gris chagrin, de vert espérance. Belle. Et rebelle. Douce. Et redoutable.

« Il était une fois » !

un corps. Un visage. Un être. Ni à l’image humaine. Ni à l’image de Dieu. Une image brouillée.

« Once upon a time ! »

une identité confuse. Brumeuse. Incertaine. Douteuse. Illisible. Incompréhensible.

« Kane ya makane fi kadimi ezzame » !

une figure de nulle part et de toutes parts. En attente dans ce vide investi par toi l’Artiste. D’où que tu sois ! D’où que tu viennes ! Où que tu ailles !

« Amchaho ».« Il était une fois ». « Once upon a time ». « Kane ya makane fi kadimi ezzamane ».

Un Homme libre à l’humanité humaine.

Attendre sa venue. Scruter son retour imminent sur cette terre usurpée Violée Brûlée Tout le long de l’histoire de l’humanité. Cette terre qui n’oublie pas et qui panse ses plaies pour se régénérer. C’est écrit sur les fronts. C’est écrit sur les murs. C’est immortalisé par l’œil humain.

Et dans l’attente du vide, le corps de l’Âme-Être brouillée a investi les sphères désertées par les forces maléfiques. Et dans le flou du paysage qui s’offre au visage telle une révélation illuminée, l’accomplissement de la prophétie millénaire !

C’était donc toi, l’Artiste ! Assis sur ce rocher à la marge de la marginalité. Tel un Dieu Tu as résisté aux vents. A la neige. A la pluie. Imperturbable. Occupé à nous délivrer des routines et des archaïsmes de tous genres Et propulser notre regard vers d’autres horizons. Un regard qui s’ouvre sur d’infinies possibilités qui appellent d’autres mondes où le possible et le devenir se conjuguent à l’infini Un monde où l’absence devient présence Où la parole libérée féconde la terre pour nourrir les songes et les rêves enfouis dans les replis de l’obscurité.

Oui. On l’attendait ce Messie. Ce Rassoul. Ce prophète sans barbe, sans cheveux blancs. Sans Grand Livre. Sans moralité. Sans …

Au loin, une lumière…

Mais tu pleures, l’Artiste ? On ne te reconnaît pas, hein ! Tu ne crois pas en ton retour dans ce monde inventé aux couleurs de ton regard ! C’est normal. Le noir masque les vues et aveugle les esprits. Mais un jour viendra où tu rempliras ce vide. Et tel un Roi souverain, tu régneras sur cette temporalité spatiale en voie de devenir. Et la nature réconciliée avec l’Homme inventera des couleurs, des formes, des idées qui transcendent le paysage de la nuit noire et froide.

Vas, l’Artiste !

Tes larmes ont formé un immense océan. Le soleil brille au milieu de la nuit. Les oiseaux migrateurs sont de retour. Ecoute ... Ecoute... le gazouillement de leur chant libre

Vas, l’Artiste !

Vas au- dedans de cette parole inspirée et qui inspire. La chaleur de ton œil qui nous regarde et nous contemple emplit nos cœurs de bonheur et de joie de vivre.

Ainsi va la vie, l’Artiste !


 
 
 
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