Pourquoi peut-on affirmer de manière certaine que les grands financiers prennent les populations pour des pigeons ?

Nos impôts servent à rembourser les intérêts d’une dette publique illégitime

Voir le documentaire de Paul Grignon

Main mise progressive de la monnaie.

Les dynasties de banquiers ont de tout temps intrigué pour accaparer et conserver le contrôle de la monnaie. Dans les jours qui suivirent le putch de brumaire (après la révolution francaise), Napoléon III fonde la banque de France, une société privée par actions (bien que l’appellation prête à confusion) qui disposera en 1803 du monopole de l’émission de la monnaie. A sa tête, quinze personnes issues des grandes familles de rentiers.

Avec la même détermination, les banquiers prirent le contrôle de la monnaie de la fédération des Etats-Unis. Pour arriver à leurs fins, tous les moyens étaient bons. Thomas Jefferson, 3ème Président des Etats-Unis affirmait : « je crois sincèrement que des institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos privilèges (étatiques) que des armées institutionnelles. Déjà, ils ont élevé au sommet une riche aristocratie qui a défié le gouvernement. »

Revers des rentiers de la planète Cependant la lutte entre banquiers et homme d’Etats soucieux de l’intérêt général n’a pas toujours tourné à l’avantage des premiers. De 1861 à 1913, les organes représentatifs de l’Etat américain s’étaient réappropriés le contrôle de l’émission de la monnaie dans sa presque globalité. A ce propos, le Président Abraham Lincoln, mort assassiné avant le terme de son mandat dans des circonstances troubles, avait de grandes ambitions pour sa patrie. L’histoire a retenu la déclaration suivante : « Le gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d’achat des consommateurs. En adoptant ces principes, les contribuables économiseraient d’immenses sommes d’argent en intérêts. Le privilège de créer et d’émettre la monnaie n’est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c’est aussi sa plus grande opportunité. »

Prise de contrôle des créanciers de la planète

En 1913, le Président Woodrow Wilson, à peine élu transféra durablement le contrôle de la réserve fédérale (chargée de l’émission monétaire), du Congrès aux grandes banques américaines. Abusé, il aurait confié un peu tard : « je suis un homme des plus malheureux ; j’ai inconsciemment ruiné mon pays, une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de notre nation, en conséquence, ainsi que toutes nos activités, sont entre les mains de quelques hommes. »

La France n’est pas en reste. Au sortir de la 2nde guerre mondiale, l’économie nationale a besoin d’oxygène, la classe dirigeante se saisit de l’aubaine pour nationaliser la banque de France, toujours détentrice de l’émission monétaire, la faisant glisser du même coup dans la coupe de l’Etat. Un revers pour les dynasties familiales de banquiers qui perdaient une partie de leurs privilèges. De surcroît, la maîtrise étatique des périodes de déflation et d’inflation était une perte sèche de profit pour les principaux actionnaires.

Les grandes familles de banquiers pouvait compter sur le soutien inconditionnel de George Pompidou, un homme d’affaire brillant, à l’ascension fulgurante, nommé directeur général de la banque Rothschild. Elu à la présidence de la République, il promulgue l’article 25 de la loi 73-7 le 3 janvier 1973 cosigné par Giscard D’Estaing qui dispose : « le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »

A partir de ce moment, l’Etat français cède sciemment ses prérogatives aux banques. Le contrôle de la monnaie basculait de nouveau sous l’emprise directe des banques d’affaires. Cet événement mis fin aux trente glorieuses car, dès lors, la dette des collectivités territoriales, de l’Etat notamment, et les intérêts dus n’ont eu cesse de s’accroître au dépens des populations. Suprême garantie faite aux banques, l’emprunt Giscard du 18 janvier 1973 est indexé sur le cour de l’or, préservant la finance privée de toute dépréciation de la monnaie nationale. Effectivement, cette indexation ne permettra pas à nos collectivités publiques de tirer profit de l’importante inflation de la décennie qui suivit. Dans la même veine, le gouvernement de Raymond Barre décrétera arbitrairement en 1976 que l’Etat règlerait sa dette au-delà du taux d’inflation. Pour sûr, la problématique du contrôle monétaire n’a pas de couleur politique, l’opposition artificielle pour les questions essentielles relève plus de la comédie théâtrale que d’une réalité tangible. Preuve s’il en fallait avec le traité de Maastricht défendu ardemment par la gauche au pouvoir sans qu’aucun débat public ne s’attarde sur l’article 104 du dit traité qui dessaisit tous les Etats membres de l’union européenne du pouvoir de battre monnaie. Le traité de Lisbonne enfonce le clou en l’inscrivant dans le marbre d’une « constitution » européenne.

Rien d’étonnant dès lors que des banquiers ont suggéré : « Le capital doit assurer sa propre protection par tous les moyens possibles, grâce à la coalition et à la législation…. En divisant les votants grâce au système de parti politique, nous les manipulons afin qu’ils dépensent toute leur énergie pour des problèmes n’ayant aucune importance. C’est donc grâce à une action discrète que nous garantirons la pérennité de ce que nous avons si bien planifié et accompli. »

Concentration du pouvoir monétaire dans le giron d’intérêts privés

« Le processus par lequel les banquiers créent l’argent est si simple que l’esprit résiste à y croire » assurait John Kenneth Galbraith, conseiller économique auprès des Présidents J-F Kennedy et Lydon Baines Johnson. Alors d’où vient l’argent ?

Le crédit crée la monnaie.

Des idées reçues circulent dans l’opinion sur l’origine de la monnaie, cependant la conscience publique fait son chemin. Il se dit que l’argent prêtée serait de l’argent placée en banques, qu’il existerait une contrepartie en or, que ce serait les banques centrales nationale ou européenne qui créeraient la monnaie….En réalité il n’en est rien. D’après un opuscule publié par la banque de France, « les particuliers, même paraît-il certains banquiers ont du mal à comprendre que les banques aient le pouvoir de créer de la monnaie…, les dépôts permettraient les crédits. Or, cette vue n’est pas conforme à la réalité car ce sont les crédits qui font les dépôts. » Graham F. Towers, gouverneur de la banque du Canada au début des années cinquante le confirme : « Chaque fois qu’une banque fait un prêt, un crédit bancaire est créé, de l’argent tout neuf. ». La banque centrale européenne émet certes la monnaie fiduciaire, dont elle confie aux banques centrales des Etats membres l’impression, mais l’argent fiduciaire des distributeurs de billets émis par la BCE représente moins de 10% de la masse monétaire en circulation révèle Dominique Plihon, maître de conférence, ancien salarié au commissariat général du plan.

Monopole du crédit.

Seules les sociétés bancaires ont prérogative pour faire crédit à un agent non financier, une entreprise, une collectivité, un organisme non lucratif ou un particulier. C’est un fait, le pouvoir de création monétaire appartient paradoxalement aux banques par le biais du crédit, évalué à plus de 90% de la masse monétaire existante en France. Ce qui fit dire à Marriner Stoddard Eccles quand il fut gouverneur de la réserve fédérale de Washington : « Voilà ce qu’est notre système monétaire. S’il n’y avait pas de dettes dans notre système monétaire, il n’y aurait pas d’argent. »

Création monétaire ex nihilo.

Quand un emprunteur offre des garanties apparemment suffisantes de solvabilité (salaires fixes, caution, assurance, hypothèque…), la banque crédite le compte du souscripteur par une simple opération comptable, une écriture informatique sur le compte de l’emprunteur. C’est le motif pour lequel l’économiste français Maurice Allais, prix Nobel, s’insurge : « La création monétaire doit relever de l’Etat et de l’Etat seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la banque centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent « les faux droits » résultant actuellement de la création de monnaie bancaire. » A l’instar d’économistes indépendants appartenant au courant "libéral", bien des experts, peu audibles et de toutes horizons, dénoncent ce subterfuge monétaire consistant a créer de la monnaie à partir de rien. Par ailleurs, ces experts estiment que les banques devraient détenir un gros pourcentage de réserve obligatoire pour convertir la monnaie scripturale le cas échéant et prévenir une faillite.

Dogme de la croissance.

Sans croissance soutenue, sans prosélytisme de la croissance relayé par les masses médias, le système économique actuel ne pourrait satisfaire le besoin pressant en crédits bancaires. A ce propos, l’économiste américain Ewart Kenneth, théoricien des systèmes fit cette boutade pertinente : « toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut continuer à jamais dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ». De la croissance, encore de la croissance, toujours de la croissance, est symptomatique d’un modèle économique destructeur pour l’environnement planétaire et les populations humaines, appauvrissant cadre de vie, qualité de vie et niveau de vie des peuples de tous les continents.Pourquoi et comment s’y prennent-ils ?

Le taux de réserve fixé arbitrairement, varie d’un continent à l’autre. Dans la zone euro, au 2 février 2010, il s’établissait a 2%. Cela signifie qu’avec un dépôt de 2 euros (en monnaie fiduciaire), une banque peut en prêter 50 fois plus par un subterfuge comptable. Ce modèle ne repose que sur la confiance des épargnants.
Si la hausse moyenne de la masse monétaire dans la zone euro est de 11% par an alors même que la BCE a pour mission de la maintenir à 4,5% par an, ca démontre clairement que les banques usent de la planche à billets pour faire crédits, notamment aux Etats. C’est paradoxal, car il est communément admis que le prétexte invoqué à la confiscation du pouvoir régalien pour les Etats de battre monnaie s’appuie justement sur ce postulat. De la bouche de grands spécialistes de tous pays, il s’agit d’une vaste arnaque organisée à l’échelle des nations. L’économiste primé Maurice Allais ne mâche pas ses mots : « dans son essence, la création monétaire ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique, je n’hésite pas à le dire pour bien faire comprendre ce qui est réellement en cause, à la création de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement condamnée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents. »

Endettement public irréversible.

C’est une problématique taboue. Le service de la dette, c’est-à-dire la somme que la France doit verser chaque année pour « honorer » sa dette, est constitué du capital et des intérêts des emprunts.

Pour la France, la charge des seuls intérêts de la dette a dépassé les 50 milliards d’euros depuis 2007, absorbant la totalité de l’impôt sur le revenu. D’après le compte général annuel de l’Etat français, le remboursement du capital de la dette, se chiffre actuellement à environ 80 milliards d’euros, absorbant les autres recettes fiscales directes. Chaque année une émission d’une nouvelle dette d’environ 110 milliards a lieu pour financer l’amortissement d’anciens emprunts. L’Etat, bon prince, ne veut pas renier une once de ses engagements pris 37 ans plutôt vis-à-vis de ses créanciers. En revanche, il n’eut aucun scrupule pour renier ses engagement vis-à-vis des petits épargnants qui avaient souscrit un plan épargne logement attractif avant les années 2000 notamment. En l’occurrence, le gouvernement avait fait voter une loi rétroactive pour imposer les PEL bien antérieurement à la promulgation de la loi. Une manière malhonnête de pousser les épargnants à clôturer leur PEL.

Parallèlement, la part des recettes de l’Etat dans le PIB n’a cessé de diminuer, passant de plus de 22% en 1981 à 17% en 2008. Mais pour la grande majorité des contribuables imposables aucune baisse significative constatée, c’est le moins qu’on puisse dire. Et si, comme le dit le macro économiste Robert Barro, un déficit élevé est « l’impôt de demain », la hausse des recettes fiscales auprès des contribuables, notamment des plus prélevés à proportion de leurs revenus, ne sert plus à investir dans la recherche et le développement qui sont réduits à peau de chagrin, mais à financer de nouveaux emprunts pour faire face aux dépenses courantes. Par ce biais, les actionnaires majoritaires des banques sont assurés de percevoir sans effort et en toute discrétion une rente exorbitante. Pour André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder, auteurs de "La dette publique, une affaire rentable". Éd Yves Michel, 2008, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un moyen dissimulé pour détourner les ressources de la masse des contribuables vers une infime minorité de rentiers.

Qui plus est, s’agissant d’un Etat, la solvabilité se mesure au potentiel de prélèvement sur les citoyens, qui est fonction de leur capacité contributive mais aussi de leur… volonté à contribuer. Ainsi, faute de pouvoir saigner à blanc trop brutalement les citoyens sans les inciter à protester énergiquement, il n’y a pas d’autre solution "pérenne" que de sabrer dans les dépenses. Cela n’a pas empêché la Cour des comptes de préparer le terrain en publiant le 23 juin 2010 un rapport qui dispose que « compte tenu de l’urgence, c’est sur les recettes qu’il ne faut pas hésiter à jouer des à présent, car « il est plus difficile d’infléchir rapidement la courbe des dépenses. »

Endettement des particuliers encouragé

Les investigations de l’essayiste et urbaniste Margrit Kennedy mettent à jour qu’en répartissant les ménages allemands en dix tranches de revenus, la différence entre intérêts perçus pour les épargnes placées et intérêts débités pour les crédits bancaires, n’est éventuellement positive que pour la dixième tranche. En outre, les prix que nous payons sont constitués pour une bonne part du poids d’intérêts divers ? Les investigations de l’économiste allemand Ralph Becker aboutissent à une moyenne de 46% d’intérêts cumulés pour les foyers allemands sur les produits de consommation en 2001 ; un ordre de grandeur révélateur pour les populations des pays occidentaux…

In fine, grâce aux intérêts perçus ex nihilo et au levier des prélèvements obligatoires, les barons de la finance ont l’assurance de transmettre des créances immuables à leur descendance.
Des lors, n’est-ce pas les créanciers des nations qui auraient beaucoup à perdre en cas d’effondrement du paradigme économique ? Or, n’est-ce pas les créanciers des nations qui tirent un profit indirect de la compression des services publics, de l’augmentation des impôts de toutes sortes ? Endettement public irréversible. C’est une problématique taboue. Le service de la dette, c’est-à-dire la somme que la France doit verser chaque année pour « honorer » sa dette, est constitué du capital et des intérêts des emprunts.


 
 
 
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1 commentaire
  • Article très intéressant en soi , avec quelques citations "qui valent de l’or", si on peut dire, qui mériterait quelques complémentaires pour les béotiens dont je suis.

    Reste, d’une part, à évoquer le rôle du Club Bilderberg dont on ne nous parle pas assez et assez souvent et, d’autre part, à donner les noms des principaux actionnaires par exemple des onze banques qui ont été récemment "bénéficiaire" d’une pseudo grosse amende pour entente illégale .

 
 
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