Communiqué du Parti Ouvrier Indépendant

Source : POI

- Alors que les appels à la grève pour le retrait du projet Fillon-Sarkozy-Woerth se multiplient dans différents secteurs du public et du privé, y compris, pour certains d’entre eux, à partir du lundi 18 octobre ;

- Alors que ce 16 octobre, à nouveau, par centaines de milliers, les travailleurs et les jeunes, la population, ont manifesté dans tout le pays et dit que ce projet n’est ni amendable ni négociable, qu’il doit être retiré ;

- Alors que le gouvernement Sarkozy Fillon n’hésite pas à recourir à la répression, en particulier contre les jeunes qui ont manifesté contre la réforme des retraites qui, pour eux, repousse encore plus loin l’âge auquel ils peuvent prétendre obtenir un vrai travail, un vrai salaire ;

- Alors que le rapport Attali inscrit la contre-réforme des retraites dans une longue chaîne de mesures anti-ouvrières qui passe en particulier par le démantèlement complet de la Sécurité sociale de 1945 et l’étranglement des services publics à tous les niveaux ;

Dans un tel contexte, il y a trois éléments que les travailleurs ne peuvent comprendre, car ils vont à l’encontre du mouvement en profondeur qui cherche la voie de la grève pour le retrait.

- Le premier de ces éléments, c’est le refus obstiné des responsables de la majorité des confédérations syndicales, et en particulier ceux qui constituent l’intersyndicale permanente, d’avancer le mot d’ordre de retrait.

- Le deuxième élément, c’est le refus d’avancer le mot d’ordre clair de grève jusqu’au retrait. Certes, dans de nombreux secteurs, les travailleurs avec leurs organisations syndicales, sans attendre les consignes venues du sommet, ont engagé la grève reconductible. Chacun le comprend : un appel dans l’unité de tous les responsables des confédérations, une fois pour toutes, pour dire grève jusqu’au retrait, contraindrait le gouvernement à reculer.

- Troisième élément, et non des moindres : le déferlement de déclarations des dirigeants des « partis de gauche », qui ces derniers jours sont ouvertement montés au créneau contre le retrait du projet de loi.

C’est Martine Aubry, qui jeudi soir déclare : « Je m’adresse au gouvernement pour qu’il suspende le débat au Sénat et mette aussitôt les syndicats autour d’une table pour remettre tout à plat. » C’est Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés du PS, qui déclare jeudi encore : « Tout n’est pas forcément à rejeter » dans le projet du gouvernement, invitant à reprendre des discussions « avec les organisations syndicales et patronales » à partir du texte tel qu’il est aujourd’hui. C’est Manuel Valls, autre dirigeant socialiste, qui invite les membres de son parti « à ne pas demander le retrait du projet, parce qu’il faut le remettre à plat et parce qu’il faut une réforme des retraites ». C’est François Hollande, autre dirigeant socialiste, réclamant mercredi « qu’une discussion sur la base du projet actuel puisse se faire avec le gouvernement d’un côté et les partenaires sociaux de l’autre ».

Sur la base du projet actuel ? Mais les travailleurs ne sont-ils pas en grève, parfois depuis plus d’une semaine ? N’ont-ils pas manifesté à six reprises, par millions, au cri de « ni amendable, ni négociable, retrait ! » ?

Quelle signification a ce soutien ouvert apporté, par les dirigeants d’un parti supposé représenter les intérêts des travailleurs, à un projet Sarkozy-Woerth qui serait « amendé » à la marge ?

Chacun le comprend : la contre-réforme des retraites, c’est une exigence du Fonds monétaire international, de l’Union européenne, des fonds de pension qui maintiennent sous surveillance l’endettement de la France.

Chacun le comprend, le rapport Attali vient en appui à cette exigence et prétend mettre en coupe réglée et les retraites, et la Sécurité sociale, et les services publics, et l’école publique : tous les droits sociaux et démocratiques, pour répondre aux exigences des fonds de pension.

Des millions de travailleurs, obstinément, par la grève et la manifestation, exigent à nouveau, ce 16 octobre, le retrait. Cette volonté, soutenue par l’immense majorité de l’opinion publique comme le montrent tous les sondages, exige une réponse conforme à la démocratie : retrait pur et simple.

Le 16 octobre 2010


 
P.S.

C’est pour aider militants, travailleurs et jeunes de toutes tendances qui combattent pour surmonter les obstacles qui se dressent devant leur action unie, que le Parti ouvrier indépendant fait la proposition de la désignation de délégués à une « conférence nationale pour l’unité ouvrière, pour arrêter le bras destructeur du gouvernement, pour le retrait et l’abrogation de toutes les contre-réformes, pour la reconquête des droits et de la démocratie ».

 
 
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2 commentaires
  • Communiqué du Parti Ouvrier Indépendant 25 octobre 2010 11:45, par Humberto

    Ce parti "ouvrier" independent prone le socialisme, la république et la démocratie. Lisez son site. Pourquoi P"O"I ? Ce parti mené par Daniel Gluckstein s’appelait Parti des "travailleurs", et avant ca, l’Organisation communiste intenrational, l’OCI. L’OCI-AJS fut d’ailleurs crée fin des années 40, après la seconde guerre mondiale, par les renseignements américains pour mener la scission de la CGT et créer le syndicat FO.

    Que pasa ? Encore une scission chez les trotskystes ? Ou un changement de nom ? Enfin pourquoi faire ?

    Désolé, mesdames/messieurs les anciens et les nouveaux du groupe OCI-AJS, les ouvriers, les prolétaires luttent pour le socialisme, le communisme, et le pouvoir des travailleurs (la dictature du prolétariat, pour ne pas le dire et pour ne pas vous faire peur).

    Le leader du parti Gluckstein est bien l’ancien candidat à la présidence de la France pour l’OCI devenu Parti des "travailleurs" ? Ils ont passé le plus clair de leur vie à appuyer les PS, tout en y emettant quelques critiques (l’"ouvriérisme indépendent" l’exige ?).

    le P"O"I dit : "la contre-réforme des retraites, c’est une exigence du Fonds monétaire international, de l’Union européenne, des fonds de pension qui maintiennent sous surveillance l’endettement de la France".

    Et le système capitaliste dans tout ca ? Celui cherche en réalité à diminuer encore plus le revenu des travailleurs pour accroître l’exploitation capitalise. Depuis Mitterand (soutenu par les trotskystes de l’OCI comme de la LCR devenu NPA), et depuis les années 80, la masse salariale représente une part toujours plus petite du gateau national en France et dans d’autres pays. Même l’économiste Patrick Arthus le reconnait (cf son livre "Pourquoi faut-il partager les revenus ?). La "réforme" des retraites n’est que le dernier avatar de l’exploitation des travailleurs.

    Alors, les trots, un peu de lutte de classes qui démolit le capitalisme et amène à la dictature du prolétariat, comme disait Marx ? Marx ! Vous vous souvenez ? Un peu de rupture nette par rapport à vos amis du PS ? Ou allez vous passer toute votre existence à aboyer derrière eux ?

    • Oh là là ! On dirait que tu n’as pas tout compris toi :
      "et le capitalisme dans tout ça ?" : mais les instances qui est le chantre du capitalisme sont le FMI et l’UE (en Europe). Celles-ci s’appuient sur les agences de notation.Le POI parle bien de capitalisme, de quoi d’autre sinon ?

      Quant à l’argument d’agents de la CIA, c’est ce même argument qui était utilisé par les staliniens contre les trotskystes afin de les discréditer.

      Le soutien au PS ? Oui pour l’élection de Mitterand en 81, ce qui était une erreur il est vrai. Depuis, l’arguement n’est pas valable.

      Merci également ton analyse pertinente de l’économie mondiale : "depuis les années 80, la masse salariale représente une part toujours plus petite du gateau national en France et dans d’autres pays". Pourquoi critiques-tu le NPA et le POI à ce sujet ? Mais bon, peut-être que l’interdiction des licenciements, la retraite à 37,5, la rupture avec l’UE, etc. c’est être capitaliste pour toi.

      Ne fais pas que lire des bouquins et viens sur le terrain militant avant de la ramener et de balancer n’importe quoi !

 
 
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