Une lutte de classes implacable

La lutte des classes s’aiguise de plus en plus. La bourgeoisie montre chaque jour qui passe son visage hideux qu’elle dissimulait pendant les périodes « paisibles » à travers son idéologie véhiculée essentiellement par les grands médias qu’elle possède. Tout son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation etc. est mis à mal par les pressions multiformes et la répression qu’elle exerce sur le mouvement social qui se déroule sous nos yeux. Plus la lutte dure dans le temps, plus cette classe devient brutale, arrogante et odieuse.

La classe dirigeante est prête à utiliser tous les moyens dont elle dispose pour écraser la contestation populaire. Elle fait feu de tout bois. Président de la République, gouvernement, députés, sénateurs, intellectuels, journalistes, experts en tout genre, policiers, CRS, la BAC etc. sont mobilisés pour venir à bout d’un mouvement, somme toute, pacifique. Deux classes aux intérêts diamétralement opposés s’affrontent ouvertement. D’un côté des millions d’hommes et de femmes, soutenus par une large majorité de leur concitoyens, qui défendent leur pension de retraite durement acquise et refusent de travailler toujours plus longtemps pour la bourgeoisie, de l’autre, une classe minoritaire, corrompue et parasite mais disposant de tous les pouvoirs et s’accrochant à ses privilèges. Les salariés sont prêts à sacrifier leurs maigres économies pour soutenir une lutte de longue halène : « C’est pas facile, question budget, reconnaît Gérard, cheminot. C’est même un sacré manque à gagner. Les fins de mois sont plus dures, sans aucun doute. Je me souviens, en 95, on avait eu presque un mois de grève !Là, on avait souffert… ». Un autre ouvrier criait à la face des journalistes qu’il allait liquider son plan d’épargne pour tenir le plus longtemps possible !
La bourgeoisie ne peut comprendre que de simples ouvriers peuvent lui tenir tête en sacrifiant des journées, voire parfois des semaines de salaires. Ses représentants au gouvernement, eux, attendent cyniquement l’essoufflement de la révolte en usant de la propagande et de la répression physique, psychologique et idéologique. Un combat inégal !
La classe dominante ne reculera devant rien pour défendre ses intérêts si le mouvement populaire perdure. Toute l’histoire des luttes de classes le montre. Déjà, elle utilise la force contre les salariés des raffineries en grève et les menace de les réquisitionner et même de les jeter en prison en cas de résistance de leur part. Elle menace les routiers de poursuites pénales s’ils continuent à bloquer les routes et les péages d’autoroute en solidarité avec leurs camarades des autres secteurs professionnels.
Le gouvernement s’est également attaqué aux lycéens qui ont rejoint le mouvement social. Un adolescent de 16 ans a été gravement blessé par un tir de flash-ball. Personne ne sait s’il va conserver son œil. Ce cas dramatique ne doit pas cacher la brutalité policière exercée sur les lycéens en lutte. Combien d’adolescents ont été matraqués, gazés, traînés au sol, gardés à vue et humiliés ? Mais cette répression aveugle ne fait que renforcer la détermination d’une jeunesse, dont l’avenir reste sombre, à se battre contre un pouvoir qui la méprise.

Quelle que soit l’issue du conflit, les salariés en général et les ouvriers en particulier ont déjà gagné, non seulement sur le plan moral en se battant contre une « réforme » réellement injuste, mais surtout ils ont pris conscience que l’État, le parlement, la police, les médias etc. sont contre eux et, partant, sont au service des patrons qui les exploitent tous les jours. La lutte dans l’unité leur a permis d’identifier clairement leurs ennemis de classe et le caractère bourgeois de la démocratie. Leurs intérêts et ceux de la classe dominante sont en contradiction totale. Ce combat de classe à classe dépasse, de ce fait, le cadre syndical et devient un combat politique.

Mohamed Belaali

Addenda

Deux classes irréconciliables que tout sépare

Ils sont les exploiteurs
Nous sommes les exploités

Ils sont les oppresseurs
Nous sommes les opprimés

Ils sont les dominants
Nous sommes les dominés

Ils sont les bourgeois
Nous sommes les prolétaires

Ils sont le capital
Nous sommes le travail

Ils ont le profit
Nous avons le salaire

Ils gagnent sans travailler
Nous travaillons sans gagner

Ils sont les parasites
Nous sommes les travailleurs

Ils sont une petite minorité
Nous sommes la grande majorité

Ils défendent la société de classes
Nous luttons pour une société sans classes

Ils sont le passé Nous sommes l’avenir

Mohamed Belaali


 
 
 
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1 commentaire
  • Une lutte de classes implacable 24 octobre 2010 18:07, par Duchesse rouge

    Voici un article et un poème bien galvanisants, mais...

    On voir "refleurir" l’idée de la lutte des classes. J’entendais Mélenchon marteler ces mots également à son discours au Théâtre Dejazet (il ratisse du côté du parti communiste ? décidément ces politiques sont incorrigibles ...)

    Il y a bien sur une classe dominante, celle des nouveaux riches à l’heure actuelle, certes.
    Mais cette vision purement politique reflète-t-elle la France actuelle ? pas sur.

    Les classes sociales ne sont plus, on existe par ce que l’on gagne, par l’argent qu’on a et par sa classe cuturelle (comme elle est injuste celle-ci).
    C’est plus insidieux, plus tordu et ça isole les hommes il me semble.
    On ne se reconnait pas par un groupe social et le salaire ne refète plus la classe sociale. Tout est plus diffus, la dualité bourgeois/ouvriers ?... non ...

    Quel dommage de revenir à cette vision "désuète" de la politique de gauche. On nous re-sert 68, on nous re-sert "la lutte des classes" ...

    A quand des hommes politiques qui nous font des propositions nouvelles pour un monde bien différents de 1936 et 1968....

    Bon, reste qu’il y a des toujours des hommes courageux qui osent se lever contre l’injustice (et elle a la peau dure), là, on est d’accord !

 
 
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