Francophonie : foutaise, fracas fabulateur et faramineuse fumisterie

Tout est vendable et vraisemblable, une fois porté par l’imposture du discours idéologique dominant qui a bonne presse par la mise à contribution des intervenants publics officiels autorisés ayant le contrôle des médias. La construction de la réalité par eux prise en charge, se moque hautainement du réel et de la vérité.

Le G20 et la Francophonie se sont affublés respectivement à Gyeongju et à Montreux de deux sommets officiels hauts en couleur en cette dernière fin de semaine écoulée, ajoutant ainsi la leur à celles des splendeurs multicolores du climat automnal. Il faut dire que les très honorables politiciens qui gouvernent ce genre de rencontres, ont l’art politique de la prestance scénique. Pour le premier (qui ne nous intéresse pas en ce billet), le fameux G20, ses membres nous auront à nouveau servi - sur fond de réforme du Fmi, cette organisation d’asservissement économique des pays pauvres à l’échelle du monde - le vieux fumet rance et réchauffé de réparation des conditions économiques d’une planète qu’ils ont pourtant fortement eux-mêmes contribué à rendre invivable. Quant à la Francophonie, sujet de la présente brève réflexion, elle aura été pathétique jusqu’au bout, jusque dans l’excentricité des divagations et la fumisterie extrême des manières. Le glorieux Sarkozy - roi soleil de la Francophonie, vu la préséance évidente de la France en cet organisme quasi fantôme qui ne sert même pas à promouvoir les œuvres de langue française au sud quand celles-ci sont sans intérêt colonialiste - bruyamment engagé aux côtés des moins nantis de cet apathique regroupement de pays à populations francophones, a pompeusement condamné la spéculation sur les matières premières, la crise alimentaire frappant les pauvres… Alors que précisément la France est en tête de ceux qui altèrent la texture voire déchirent par endroit, ce tissu hétéroclite dit Francophonie frappé d’inanité et de forclusion quand on y considère les peuples du sud qui n’ont rien en commun avec le nord sinon la langue (parfois fossile ou symbolique, vu la réduction des pourcentages de locuteurs la parlant encore) et les balafres de l’histoire traumatique que pérennisent les politiques nord-sud en vogue à l’intérieur même de ladite Francophonie.

Comme on le sait, les « chefs » (plutôt les histrions pour la plupart) du nord ont la fâcheuse tendance de prendre tout le reste du monde pour des ineptes au point de collectionner des ramassis de mots délavés, galvaudés, désubstantialisés par simulation d’éthique pour ne pas dire de moralisation de ce qui est foncièrement et essentiellement immorale : leur hégémonie impérialiste. Naturellement, c’est le contraire qui serait étonnant car n’est-ce pas normal que des représentants d’un système insensé, qui n’obéit qu’à la logique de l’argent pour l’argent, contribuent à désignifier tout ce qu’ils touchent de leur « pouvoir » !? En vérité, il serait tout simplement hérésiarque que les politiciens, ces prêtres de la religion du marché présidé par leurs vrais patrons, délaissaient le rituel de l’exploitation et de la subordination de l’homme pour le culte du profit des institutions de finance et du commerce.

Les sommets internationaux de chefs d’État (surtout ces sommets décalés nord-sud) sont souvent des scènes où les saltimbanques prétentieux, les plus dédaigneux et les plus impassibles du nord, vont avec quelques pairs farceurs, vomir leur incongruité faraude, habillée de mignardise pour se donner bonne conscience et se laisser croire des surhommes tout en infantilisant les représentants du sud. En guise d’illustration de cet état de fait, il faut justement constater le dernier élan susmentionné dans ce texte du Sarkozy humaniste condescendant, promoteur pédantesque de la justice interétatique et grand discoureur progressiste, qui vient de s’inscrire avec une grandiloquence émouvante, en défenseur des pays périphériques de la Francophonie, évoquant par exemple en les fustigeant, les émeutes de la faim de 2008. Un simple petit laisser-aller à leur discours comme par amnésie volontaire de quelques minutes, et l’on pourrait vraiment s’en convaincre ! Sauf que dans le même temps, le Fmi de Strauss-Kahn dont la France est part très influente et active, réaffirme la mise à mort de tous relèvements endogènes agricoles et autres des pays périphériques, en s’arrangeant pour maintenir la mainmise tueuse des grands sur les petits. (En passant, dans ce sommet de Francophonie, pas un mot n’a été soufflé sur la restitution des 17 milliards d’euros dus par la France à Haïti). Quand il s’agit de mentir pour avoir bonne presse tout en fignolant les pires destructions et paupérisations, l’attitude schizophrénique d’État est la santé bien ancrée des monstres hégémoniques. Pour le reste, les traitements nosocomiaux appliqués aux pays du sud les plus paupérisés, ne feront qu’accentuer leur dépendance et servir l’ironie macroéconomique iatrogène du nord, un peu comme le sourire sinistre et glacial du tueur compulsif et sadique aux victimes prédestinées de ses méfaits…

Narcissisme « altruiste » du nord…

Naissance d’un économisme bienfaiteur où le prédateur économique, comme jadis les colons esclavagistes, se croit débonnaire et porteur altruiste du salut aux peuples étrangers plus ou moins inaptes ! Ce capitalisme gauchisant, comme le gauchisme de marché des socialistes de carrière, instaure l’ère d’un « impérialisme révolutionnaire » prêché des lèvres maudites de ceux qui se paient la tête des peuples par des matoiseries politiques simplistes. Ce capitalisme de bonté inexorable ne servira que le narcissisme cannibale du nord. La mission des taupes politiciennes de la ploutocratie mondiale que sont les illustres élus du nord économique, consiste à acheter quelques écrivains et personnalités « morales et intellectuelles » du sud pour radoter et asseoir la crédibilité des politiques du nord. Ainsi, les politiciens des pays impérialistes, peuvent se permettre de confabuler à contre courant de la véritable action de leur système représenté, qui n’est que le supplice planifié des damnés d’une économie planétaire prise en otage par les cossus et invisibles terroristes économiques des banques et multinationales du nord usant des institutions financières planétaires telle la Banque mondiale, le Fmi quand ce n’est carrément l’Onu contre les peuples.

Ce ne sont point les manigances de roi des politicards délégués d’oligarchies - délégués qui n’ont d’ailleurs rien de régalien - qui nous feront croire à leurs bobards humanitaires, eux, qui depuis longtemps déjà, ont déserté leur propre humanité au profit de l’argent sale, du financiarisme et de la gloire ignoble d’exterminer le monde par le crime économique et la finance en clamant leur grandeur immonde.

Dans la Francophonie comme ailleurs, seuls les suds peuvent quelque chose pour les suds en s’émancipant de la barbarie de l’économie malsaine du nord. Tant qu’ils ne l’auront compris, le mirage d’un monde solidaire et altruiste maintiendra longtemps encore les peuples écrasés des suds à travers un destin exproprié et l’abîme économique généré via la logique de l’aide à un pseudo-développement exogène, logique délétère et illusoire du cautère sur la jambe de bois !

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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2 commentaires
  • Ne pensez-vous pas que le Sud reste subordonné à l’économie capitaliste qui se caractérise par l’impérialisme, par la domination des riches sur les pauvres à cause du système monétaire international système totalement féodal ? Il faudrait en sortir car le dollar et la FED ne devraient pas être reconnus comme la seule référence, c’est un cartel de banques qui dominent le monde de façon dictatoriale !

 
 
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