Esclavage,

Ames d’Afrique décimées par l’asservissement,
Hommes et Femmes échangés contre de la pacotille à deux sous.
Enchaînés à fond de cale,
Transportés comme de vulgaires ballots de marchandises
La mer est vaste, jetons-y les malades et les faibles,
Peu importe la souffrance et les morts.

Retour des navires toutes voiles dehors, chargés d’épices,
de café et de cacao voguant vers les villes d’Europe.
Bordeaux, Nantes, Marseille…
Richesse sur le sang de ces esclaves.

Les plantations, déjà un système capitalistique efficace et rentable.
Pendant ce temps des esclaves enchaînés en gang system,
Suant et peinant dans les champs de tabac,
Supportant la promiscuité des cases,
La violence comme outil pour faire travailler,
travailler, encore et encore.

Hommes, femmes et enfants réduits à l’état de bêtes de somme.
Le viol comme une évidence pour des maîtres
pas si incultes que ça.
La terreur comme pain quotidien,
On nourrit les esclaves comme les bêtes,
tant qu’ils peuvent rapporter, après ...

Je vois cet enfant soumis dès son innocence,
Cette jeune fille salie dans sa candeur,
Des hommes brisés et humiliés,
Je vois la mer couleur sang...

Esclaves martyrs souffrant tel Christ en croix,
« … je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus
petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »

Comment, Chrétiens ? Comment ?

Le sang de ces Hommes parle à l’Ile de Gorée,
La mer n’a rien lavé,
Ses vagues rouges s’échouent sur nos côtes et répètent
aux oreilles attentives de ne jamais oublier.

Quel scandale que la traite des humains.
Quel ignominie que ce silence coupable.

Comme un génocide qui vaut bien ceux des Indiens d’Amérique,
des Arméniens, des Juifs et des Palestiniens ….
Dieu que la liste est longue…
L’homme ne changera donc jamais ?

Mais de ces champs s’élève la victoire,
celle de la musique qui les rend libre,
malgré les coups,
Elle est là dans ces negro spirituals.
Ils ont passé le temps, les notes s’envolent.

Et voici les hirondelles de printemps,
Elles tournoient et paillent dans le ciel azur.
Il me plaît d’imaginer les âmes des esclaves libres
tels ces oiseaux tourbillonnant au-dessus de nos têtes.
Espérance de bonheur et de liberté enfin accomplie.

Si !
Pourquoi pas ?

Esclaves… nos frères.

« Nouveau Testament, Matthieu, 25-40/46 « Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli, nu et vous ne m’avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m’avez pas visité »


 
 
 
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1 commentaire
  • Esclavage, 3 novembre 2010 11:50, par Benoit

    Texte magnifique.
    Malgré la religion, la loi, les penseurs ou que sais-je, l’homme a commis les pires atrocités à ses propres frères par le passé.

    Ce qui me frappe le plus est la co-existence à la fois d’une religion forte d’une part et de l’esclavage d’autre part.

    Ce point me paraît crucial, primordial, pour comprendre que les bons sentiments et le beaux discours ne suffisent pas à garder la forêt des flammes.

    Il y a la réalité, dure, cruelle, que tout le monde préfère ignorer, par confort.
    Et après moi le déluge.
    De l’autre côté il y a le monde que l’on s’imagine, confortable, protégé, avec une conscience propre.

    A l’époque de l’esclavage, la religion permettait de laver les consciences, la même religion qui prône pourtant l’égalité des hommes.

    Lecteurs, je vous exhorte à ouvrir les yeux sur le fonctionnement du monde réel : l’homme malheureux, avide, veut détruire le monde.

    Ni les clercs, pourtant dépositaires du message divin, ne font leur travail d’objection, ni les pouvoirs et contre-pouvoirs en place, ni les organisations internationales, ni les textes de lois, les constitutions.

    Tous ces artifices n’ont pour but que d’être les écrans de fumée masquant l’incendie qui ne demande qu’à s’étendre. Ces institutions, règles, protections ne sont là que pour calmer les angoisses des peuples.

    "Mais", me rétorquerez-vous, "la démocratie a progressé".
    Oui, à chaque fois au prix d’innombrables vies humaines qui se sont sacrifiées dans la défense d’un idéal de l’homme différent de celui que l’homme mauvais voulait imposer.

    Qui, aujourd’hui, est disposé à sacrifier sa vie dans la défense d’un idéal ?
    Qui peut n’avoir suffisamment rien à perdre aujourd’hui pour braver l’interdit ?

    Ma foi me lâche, l’horizon s’assombrit, car l’espoir disparaît à mesure que j’apprends à connaître les rouages du monde.

    L’actualité récente nous prouve jour après jour que l’on peut bafouer la constitution impunément, que l’on peut bafouer les droits de l’Homme, que l’on peut mélanger législatif et exécutif sans s’inquiéter de censure, que l’on peut museler les médias de masses avec une facilité déconcertante (quand ils ne s’auto-censurent pas eux-même).

    ... et tout ça se passe en France, pays qui, plus que tout autre, se doit d’apporter l’espoir au monde quant à la possibilité d’existence de la liberté dans le cadre d’une société équilibrée.

    Frères lecteurs, humains, comme moi, qui souhaitez la paix, n’ayez point d’illusions : nous ne pourrons y parvenir qu’au prix du sacrifice de nos vies à la défense de cet idéal.

    De l’éphémère temps qui nous est imparti sur cette terre, nous arrivons nu et repartirons nus, sans rien garder de ce que l’on se sera forcé d’amasser.

    La lecture de ce magnifique texte m’a amené aujourd’hui plus qu’avant à remettre en cause le but de mon existence.

    Puisse-t-il inspirer chacun avec autant de force.

 
 
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