La nausée d’un quidam

La nausée d’être dirigés par de sinistres imposteurs est telle qu’il devient difficile d’en parler avec sérénité ! Sans s’illusionner sur les prédécesseurs au pouvoir et leurs arrangements (jusqu’au récent épisode de l’ami de Chirac), la transformation de notre pays sous la coupe de celui qui s’en croit propriétaire devient insupportable.

Ce qui est nouveau, c’est le nombre et la remontée en surface des étrons. D’une certaine manière le mieux dans l’évolution avec le petit nouveau est que cela est devenu visible, malgré les remugles. De la condamnation du propriétaire de la BMW percutée par un scooter que le hasard faisait conduire au fiston Jean ayant pris la fuite, à la tentative de propulsion du même à l’EPAD ; de l’inexistence de secret d’état ["on vit dans un monde où…" patati patata] proclamée par celui que concerne l’affaire Karachi, ou de la fin du secret bancaire promise par le même que concerne l’affaire Mamie Zinzin, les promesses de ces élus gros calibres sont solubles dans le mensonge et le mensonge est LA règle, bien au-delà de la langue de bois pourri à laquelle collaborent les médias mainstream mains dans la main du pouvoir des puissants, pardon pour ces poly-pléonasmes des temps modernes.

Mais quelle honte que ces zélotes dévoyés aux affaires, que ces laquais du PAF incontournables, auto proclamés intellectuels ou journalistes vendus à leurs intérêts. Les plus affligeants étant les suiveurs sans conscience qui se rangent à l’avis du nombre entretenu par les sondages d’influence, aux raisonneurs coupeurs de cheveux en quatre cautionnant l’inadmissible de leur torpeur. C’est ainsi que de petits matins en grandes soirées, dans les bombardes à bobards, de gros malins et autres experts en faux nez pissent des commentaires tortueux sur l’économie, la crise (toujours plus chronique, cherchez l’erreur), passant du trou de la sécu à la pandémie (H1N1 fantôme, sauf pour les labos) des pertes financières abyssales subies par les banques à cause de méchants lampistes (hou Maddoff, pôvre UBS ! hou Kerviel, pôvre SG !) aux profits vertigineux d’icelles, sans lier les milliards à trouver pour financer les retraites au pillage tranquille organisé pour les plus nantis, au fonctionnement même des banques et commerces affiliés, sans mettre en balance la dette colossale des états aux intérêts consentis aux banques, à leur renflouement par nos pommes, passant du déni-tabou de droit de parole et d’enquête (sur rien de moins que les plus grands crimes du siècle, me direz-vous) au terrorisme annoncé mais sans nul doute épargné par la seule l’efficacité de nos vigipirates, ou encore sautant du ras le bol qui gronde de toutes parts aux jeunes immatures qui se piquent de penser à leur retraite… Au prétexte que notre démocratie serait aussi la leur, ces jeunes insolents voudraient s’exprimer ? On croit rêver… Mais c’est trop bon !

Tout ce brouillard pour dissoudre des liens de causalité flagrants et taire l’essentiel.
Taire le vol organisé, nommé -mais qu’en termes galants ces choses là sont dites !- "libéralisme économique", "mondialisation"… un indéniable progrès pour dire que l’argent circule sur la planète quasiment à la vitesse de la lumière (merci Internet), mais les poursuites de la délinquance financière restent bloquées au frontières : z’ont pas leurs papiers (on a tout compris Denis). Pas de quoi s’étonner alors de n’avoir qu’une Europe du fric, pardon, de l’euro. Quid du partage de ces richesses créées par une partie de l’humanité, préemptées par quelques poignées de milliers d’individus en envoyant des milliards d’autres à la tourmente ou à la mort. Pourquoi la guerre en Irak, pourquoi aussi en Afghanistan, pourquoi les drônes US au Pakistan, pourquoi encore la colonisation Israélienne, pourquoi toujours le malheur des Palestiniens ? Pourquoi le ralliement de la France à l’OTAN sans l’accord des Français ? Pourquoi le silence des agneaux du PS sur ces questions essentielles ? Pascal Boniface, de l’IRIS en sait quelque chose.

N’avoir parlé de l’affaire Clearstream que par le petit bout de la lorgnette, alimentant des histoires de crocs de boucher en guise d’écran de fumée, alors que Denis Robert (encore lui) avait largement démontré le rôle de lessiveuse planétaire de cette banque de compensation (boite noire conçue pour ne jamais parler), avant même LA crise financière et les sordides affaires à la "Mamie Zinzin"… Les passeurs de plats peuvent avoir oublié ce journaliste et l’ignorer encore, continuer à tourner autour du pot en évitant soigneusement le cœur des tourments qui nous affligent, distiller leur idées poisseuses plutôt que de rapporter des faits et les analyser, leur propension invariable à noyer le poisson et conclure par un tour de passe-passe… passe pourtant de moins en moins. Tout comme l’illusionniste qui continue son spectacle alors que de plus en plus de gens dans la salle s’impatientent et ne rient plus aux numéros ratés.

Sans jamais avoir apporté la preuve de leur efficience, ces maitres penseurs parus-vendus ont encore l’audace de se croire supérieurs et que la démocratie leur appartient ! (cf cet article sur les marottes de M. Apathie. Heureusement qu’il y a le courage et l’humour du jury de "La laisse d’Or", tant d’articles brillants sur la toile pour qui veut les trouver et les lire, mais aussi des jeunes pour sauver l’honneur de parents ne doutant pas une seconde qu’un immeuble de 47 étages peut, très dignement et dans la solitude, s’autodétruire par désespoir… d’avoir perdu ses deux grandes sœurs : une sorte de solidarité.

La solidarité, cette forme d’intelligence qui construit aussi cités et citoyens. Dans le pays de Descartes, la raison des parleurs ayant pignon sur rue n’interroge guère ce qui dérange. Il faut donc y voir une œuvre logique, celle de l’information dirigée, la communication du pouvoir. Puissent les citoyens avoir hérité de celles du premier -logique et raison-, à tout le moins avoir davantage de bon sens. Puisse la ruine du dictateur en herbe tenir à ses Ray Ban, à son style "décomplexé". Afficher sa névrose avec la fierté infatuée de celui qui ne voit pas son dos ruisselant de crachats prêterait à sourire, n’était… sa fonction. Ca en dit long sur le pouvoir, les modalités d’accession à ses plus hauts sommets et la pratique de cette forme d’alpinisme !

Ca en dit long sur l’"opposition", la gauche trop gauche pour que nous voyions au-delà de sa maladresse une réelle volonté de changer en profondeur des pratiques bananières et les règles qui président aux plus grandes iniquités. DSK FMI nous dit-on, certes ça prête à sourire aussi et c’est lui que les sondages d’influence nous prédisent… logiquement, mais lui seul ? Dans l’entre deux tours des élections présidentielles au Brésil, les candidats s’envoyaient des volées de bois verts dont notre opposition, si elle se sentait les coudées -et pensées- franches, pourrait bien s’inspirer avant de brocarder la liberté de ton d’un Mélenchon. Curieusement déjà, Jospin et DSK avaient respectivement ignoré et désamorcé l’abracadabrantesque bombe du Chirac de la Mairie de Paris, avant le pschiit final.

Faut-il être vendu ou abruti (au sens étymologique, dans un premier temps) pour gober les fadaises que l’on nous sert ! Et l’on sait que les plus grosses passent le mieux, comme en témoigne cet apparent paradoxe des "lois semblables aux toiles d’araignées qui attrapent les petites mouches, mais laissent passer guêpes et frelons" [Jonathan Swift].

Mais maintenant, l’un OU l’autre : dans le premier cas, c’est productif et logique pour l’intéressé (au sens propre, si l’on peut dire), dans le second, c’est proprement idiot car très dommageable au crédule et plus encore à ses pairs. Et à court terme !
Il faut au second se documenter, chercher à comprendre pour se dégager de cet abrutissement organisé, cette anesthésie insidieusement distillée par tous les pores du premier pouvoir. Rechercher par soi même, avec qui questionne les faits et les actes, avec qui interroge le réel et l’histoire, et si le mal persiste accepter tôt ou tard le statut d’abruti au sens plein ! L’abruti peut du reste avoir fait des études poussées et exercer de hautes responsabilités, il lui suffit de fermer ou détourner les yeux. Un genre d’intelligence et d’inertie tranquille qui relève du psittacisme, le confort du suivisme, de la conformation aux idées les plus répandues, d’où le rôle des médias et la nécessité de ne pas les laisser entre toutes les mains : comme disait Coluche, faut pas déconner, il y a des gens qui regardent !

A l’inverse donc, ouvrir les yeux ailleurs, rechercher les causalités qui s’imposent : appeler un chat l’animal éponyme, c’est chausser des bottes de 7 lieues pour passer outre le dédale des mensonges. Voilà pourquoi j’avais aimé un article d’Ariane Walter redonnant de la dignité aux électeurs, incidemment même à ceux qui ont hissé un illusionniste sans foi ni loi et passablement grossier au pouvoir ("A Nicolas Sarkozy" dernier).
Etant de nouveaux gueux, certes high tech, mais pour des castes plus affutées encore, nous avons tout à gagner à tout attendre de nous-mêmes, à préserver par notre vigilance et nos exigences, par les comptes que nous demandons à ceux qui nous représentent, le fonctionnement de la démocratie.


 
 
 
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