Tu le sens mon remaniement ?

Les français se demandaient quand même un tout petit peu à quoi ressemblait cette blague étalée sur six mois. Blasés, ils soupesaient le masochisme gouvernemental que cette décision impliquait, le mépris implicite fermentant dans la main du prince qui lançait cette déstabilisation et l’obsession dominatrice qui faisait danser les caniches successifs. Au détriment, bien sûr, d’un gouvernement concentré et efficace pour une France qui, on le sait, va au mieux.

Le suspense ne les tuait pas, non. Il est terminé, il paraît.

Il faut quand même se rappeler que Sarközy de Nagy-Bocsa a concocté un premier gouvernement Fillon de mai 2007 au 18 juin et qu’un deuxième a suivi, jusqu’au 13 novembre 2010. Nous sommes donc dans le troisième Fillon. Dés le départ, l’effet est gâché. Ce qui n’empêche nullement les patrons de presse de faire là où on leur a montré sur un coin de nappe du Fouquet’s. Ils ont donc envoyé leurs tâcherons bâillonnes se bousculer sur le perron de la demeure royale tout le week-end.

Enfin, après la fumée blanche, une photo du pipole politique du jour émergeant du bain. Se sont mis à défiler à la télé-poubelle des chromos débilitants de Fillon photoshophé 30 ans d’âge n’en finissant pas de jouer des prunelles, entre Calas et Claude Francois, extatique et prophétique.

Bonus-track de la pipolade du marrant de Matignon, les medias ont ajouté le résident de l’Élysée. Juste derrière le nominé. Façon tutélaire. Et ce grand sentimental qui aime la France jusqu’au fond des yeux en lui cognant allègrement sur la gueule parce qu’elle aime ça, ne trouve rien de mieux que de sourire. Il y a des sourires qui flottent dans nos mémoires, tel celui de la Joconde ouvert sur un univers apaisé. Et il y en d’autres.

Comme si cette répétition obscène du même, apprêté à mort pour son troisième mariage virginal, ne suffisait pas, la presse ramène sa plume pour badigeonner le Premier Ministre nouveau dans son stuc hollywoodien.

Et de monter l’événement de toutes pièces, en se demandant, par exemple, comment le Châtelain Scintillant va exercer ses nouveaux pouvoirs.

C’est tout de même incroyable qu’il y ait des types qui soient payés pour se demander par écrit ou à « C dans l’air de l’UMP » si Fillon prétend encore gouverner, alors qu’il a accepté le « job », comme on dit chez les anglicistes en tongs, pour aider Sarközy de Nagy-Bocsa et que ce dernier lui a intimé l’ordre de se taire et de rester dans la loge. Ce que fait Fillon depuis trois ans, sans désemparer.

C’est même totalement de mauvaise foi, signe qu’on n’en finit pas de crever les sommets de la désinformation dans cette PQ nationale ou hebdo, de continuer à désigner un possible Fillon maître à bord d’un gouvernement efficace et autonome comme le voudrait la Constitution.
- Le locataire de l’Élysée qui a rebattu les cartes n’a jamais dit, ni même suggéré qu’il allait cesser de câliner tout ce que la France compte de racailles friquées tout en maintenant une dérive anti-sociale ferme. Il n’a jamais fourni non plus le moindre signe qu’il allait se séparer de quelques-uns de ces milliers de concepteurs d’extrême-droite dont il aime à s’entourer et qui l’engagent chaque jour à nous racler la tête sur le goudron, parce que si lui ne sait pas pourquoi, nous on le sait.

Sarközy de Nagy-Bocsa a fait un nouveau gouvernement pour trois raisons que précisément a presse et le PAF ne donnent pas.
Premièrement parce qu’il a plaisir à semer l’émoi dans la volaille subordonnée. Quel bonheur de se rehausser en tant que chef, maître des courbettes, des coups de cirage et des pleurs pour, suprême raffinement, assister au minables prestations de ceux qui craignent pour leurs pourboires à 15000€/mois, privilèges et gâteries de lobbies compris ! C’est ça l’essence et l’existence du chef, sinon où serait l’intérêt, mis à part un peu de monnaie ?...

Deuxièmement, il fallait sauver le cuisinier Woerth. Exit l’homme aux chèques, exit le signe visible du danger. Soustraite la tentation évidente de remonter la piste nauséabonde du pognon jusqu’à Sa majesté. On s’en doutait un peu, le procès et le juge promis au préposé des cercles de la grosse thune, vont se faire attendre. Et maintenant que l’œil d’une certaine presse encore rétive n’est plus fasciné par le rictus du maestro des retraites, on va pouvoir s’occuper de ceux qui oseraient fouiller encore, en commençant par écouter leurs vies et trouver quelques secret personnel ou de famille qui les tiennent coi, voire en inventer, via nos estimables services sécuritaires sécurisant la sécurité du Chef.

89% d’entre vous pensent que le Fillon’s tour III ne va rien changer, d’après un des sondages dernier.
Effectivement, l’ombrageux à 20 000€/mois continuera à pratiquer une politique xénophobe fermement centrée sur le démolissage des gueules de Rom, mais toujours bien coiffée. Il persistera, avec l’aura de l’expérience, à dilapider notre argent dans les poches patronales pour que ces derniers laissent à la rue les moins de vingt-cinq ans et les plus de quarante-cinq. Il rassurera les ménagères franchouillardes de moins de cinquante ans qui aiment le brushing bien net et le cheveu teint jusqu’aux racines, par des réponses toujours lestées de bonnes leçons à la racaille feignante, communiste, basanée, anarchiste, terroriste et française que le Kärcher n’a pas encore balayée.

Cette fascinante dérive fasciste se poursuivra dans une atmosphère un peu nostalgique, cependant.
Callaghan est revenu, toujours planté bien droit dans ses bottes de jardinage. Les RPR de la première erreur, ceux qui ont serré la main à Sirven et popularisé la « coupure physique » essuieront une larme en voyant l’ancêtre jouer avec ses petits soldats.

Tonalité festive également, mais de bon ton. Il ne faudrait tout de même pas croire que nos politiques d’ultra-droite, si fermement attachés à nos, pardon, à leurs retraites et soucieux de voir nos, pardon, leurs salaires augmenter, vont convoquer un Grenelle de nos salaires, supprimer les aides aux patrons qui n’embauchent pas, ou booster le RSA, voire sortir les handicapés de la misère chronique. On se calme, il n’y en a eu qu’un qui a changé l’eau en vin, c’était Borloo, et il est parti.

Mais la pendule, celle qui compte, marque déjà 2012. C’est Chabot qui l’a dit. Elle a l’oreille de Nicolas. « Nicolas », c’est une proximité, un privilège, un code, que dis-je, pour passer les portes du quartier Réseau/Piston. Si tu l’as, tu rentres dans le Viproum et en route vers la glorieuse gloriole à six zéros. Si tu l’as pas, on te coupe les ailes et tu rentres à pied.

Chabot, donc. Calvi, pourquoi pas. Etienne, à la rigueur. Ils le murmurent, l’assurent, le confient.
On nous préparerait quelques douceurs, là-haut. Quelques miettes s’apprêteraient à ruisseler sur les murs scintillants du mensonge médiatique. Un peu d’huile serait versé sur les gonds du portail de la prison.

Un espèce de Téléthon. Pour la France. Épreuves, casting sur tout le pays et sponsoring grave. Société Générale, Emirates, Mac Do, Bertelsmann, le must, le top, la totale de chez Total.

On attend des millions de participants, sur tout le territoire. Les derniers seront les premiers, aurait promis le Chef. Ce qui ne signifie pas forcément que les premiers seront derniers, mais il y a tout de même de l’espoir pour ceux qui veulent libérer leur énergie de pôle emploi.

Attali aurait avancé que le concept serait travaillé par Endeuxmolle.
« La sélection et l’élection de Miss Chômage 2012 est un évènement hors-normes qui va mobiliser le pays » aurait déclaré off ze record le PDG de la boite d’événementiel. « C’est une magnifique entreprise collective qui va souder la France », aurait commenté le nouveau président de l’UMP, ajoutant « Je sais qu’elle est chère au cœur de Nicolas et qu’il donnera tout ce qu’il a pour qu’elle réussisse ».


 
 
 
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