ELECTION PRESIDENTIELLE AU BELARUS

Bien que les résultats officiels ne soient pas encore publiés, la réélection d’Alexandre Loukachenko ne fait guère de doute. Selon un premier sondage il aurait obtenu 72 % des voix. Comme à l’accoutumée les médias occidentaux vont surtout montrer les manifestations des opposants, manifestations spécialement organisées pour diffusion télévisuelle mondiale instantanée.
L’article qui suit publié sur le site internet italien EURASIA donne un autre éclairage sur cette élection et quelques explications sur ses raisons (traduction comaguer)
Pour mémoire le Belarus compte environ 10 millions d’habitants et a bénéficié ces trois dernières années des taux de croissance économique de l’ordre de 8% l’an, les plus élevés d’Europe.

Le 19 décembre 2010 se sont déroulées au Belarus les élections présidentielles, avec la confirmation d’Alexandre Loukachenko à la tête du pays. Loukachenko, ex-directeur d’une ferme collective socialiste du temps de l’URSS, est arrivé au pouvoir en 1994 comme opposant au candidat bourgeois Shushkevich qui, suivant l’exemple de Boris Eltsine dans la Russie postsoviétique, avait privatisé les biens publics jetant sur pavé des millions de citoyens.

Loukachenko a adopté au contraire une politique qui a empêché les spéculateurs du capitalisme européen et américain de s’accaparer les ressources du pays, a renationalisé les entreprises des secteurs stratégiques de l’économie et a reconstitué quelques espaces de gestion ouvrière sur les lieux de travail, en donnant toute une série de prérogatives aux syndicats, qui sous la conduite de Leonid Kozik ont tourné le dos à la Confédération Syndicale International (CSI) de tendance social-libérale, pour adhérer à l’historique Fédération Syndicale Mondiale (FSM) fondée par les communistes en 1945. Sur le front international, ensuite, le Belarus est aujourd’hui un partenaire stratégique de tous les pays anti-impérialistes, comme la Chine, l’Iran et les pays en transition au socialisme latino-américaine comme la Venezuela de Chavez et la Bolivie de Morales. Le gouvernement révolutionnaire de Cuba a même honoré le président Loukachenko d’une médaille pour honorer ses mérites dans la défense d’un modèle de développe social basé sur la souveraineté et l’indépendance et en faveur d’un monde multipolaire.

Le rôle des communistes biélorusses

Loukachenko est candidat indépendant, tout comme sont sans parti la majorité des députés au parlement qui le soutiennent. L’unique réalité organisée qui a soutenu la candidature présidentielle était le parti Communiste de Belarus (KPB), organisation marxiste-léniniste qui non seulement dispose d’un groupe parlementaire à l’assemblée nationale de la république ex-soviétique mais aussi d’une représentation dans le cabinet gouvernemental de Loukachenko, dont il est l’allié organique. La position des communistes - explique Igor Karpenko, premier Secrétaire du comité citadin de Minsk de KPB - est dictée par le fait que, sous la présidence de Loukachenko, le Belarus a été capable de faire front à la crise économique, en garantissant un développement soutenable et moderne du pays, de maintenir la légalité contre les organisations mafieuses, de préserver l’unité de la nation en la défendant des menaces de l’impérialisme USA (nous rappelons de que Bush avait tenté d’organiser une « révolution coloriée » contre Loukachenko (diffamé comme « le dernier dictateur d’Europe ») et, surtout de prévenir une grande disparité dans la distribution du revenu. Le dirigeant communiste, qui a mis en garde contre la tentative de quelques forces libérales et nationalistes de « jeter le pays dans la tempête », a en outre affirmé que la politique du gouvernement vise « au renforcement du modèle de développement social et économique biélorusse, qui a permis l’amélioration du niveau de vie de la population”. Au côté de Loukachenko se trouvait aussi l’organisation juvénile de masse du pays, l’Union de la Jeunesse Républicaine, imposante organisation avec des cellules dans toutes les écoles du pays et héritière des « Komsomol », le nom qu’avait la Jeunesse Communiste aux temps du socialisme.

La gauche alliée de la… droite

La gauche au Belarus, en mettant de côté le Parti Communiste Biélorusse qui, ce n’est pas par hasard ne fait pas d’alliances en ce sens, ne jouit pas de soutien dans les classes populaires, mais plutôt presque exclusivement parmi les intellectuels d’extraction bourgeoise : outre les sociaux-démocrates qui considèrent le gouvernement de Loukachenko comme trop peu… « libéral” ; qui se trouvent dans l’opposition, dans une alliance à cinq avec la droite économique, conservatrice et ultranationaliste de caractère fasciste, même l’ex-parti des Communistes Biélorusses , conduit par son secrétaire Kalyakin, qui le 25 octobre 2009 - comme il le déclarait avec grande emphase deux jours plus tard à la jamais neutre « Radio Free Europe » - a modifié son nom en prenant celui de « Parti de Gauche (Monde équitable) » tout en maintenant la faucille et le marteau comme symbole. Le Parti de Kalyakin est inexplicablement reconnu comme véritable partenaire de partis européens comme DIE LINKE allemande et quelques secteurs de Rifondazione Communiste en Italie. Inexplicablement, car « Monde équitable » n’a pas vraiment les caractéristiques pour être défini de gauche : en effet son leader, outre le fait d’être un « ultra” de l’européisme, est connu pour avoir été en Février 2007 l’hôte des deux chambres du Congrès US auxquelles il a demandé d’influencer la dynamique politique interne au Belarus : en somme il s’en fallait de peu qu’il ne demande une intervention contre son propre pays afin d’y exporter la « démocratie ».


 
P.S.

Source : Comaguer

 
 
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