Guillermo Fariñas ne veut pas voyager !

Le 15 décembre 2010, le Parlement européen a remis le prix Sakharov 2010 à celui que le Courrier International présente comme un « journaliste en lutte pour défendre les libertés publiques à Cuba », j’ai nommé Guillermo Fariñas. D’après ce media, les autorités cubaines n’auraient « pas autorisé le journaliste à venir à Strasbourg, malgré les demandes pressantes du président du Parlement européen Jerzy Buzek ».

Pauvre Fariñas, victime d’un régime impitoyable, obligé à mettre sa vie en danger dans des grèves de la faim si nombreuses qu’il mériterait de figurer sur le Guiness des records, entre le plus gros mangeur de saucisses et le plus grand collectionneur de boites de camembert ! Un homme seul, isolé, emprisonné à plusieurs reprises pour ses opinions, en butte à la vindicte des frères Castro (c’est mieux de mettre un nom sur l’adversaire, ça émeut plus l’opinion que de parler d’un état dans sa globalité, rappelez-vous-en, ça peut servir ! Non, non, ne me remerciez pas !).

Avant de verser une larme sur ce héros solitaire, il est bon de vérifier nos renseignements.
Et là, surprise(s) !

D’abord, l’emprisonnement pour délit d’opinion… En fait, les deux condamnations dont il a écopé sont venues sanctionner des violences physiques : en 1995, pour une agression sur une collègue à l’hôpital où il travaillait (multiples blessures au visage et aux bras), 3 ans de prison en liberté conditionnelle, puis, en 2002, une récidive sur un homme âgé (qui y a perdu un bras !) lui a valu 5 ans de détention. Une femme, un vieil homme, tout ça n’est guère glorieux pour un combattant de la liberté ! Comme disait le Cid : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » !

Passons ensuite à Fariñas, squelettique, quasiment agonisant, dont la photo a ému beaucoup de gens – et c’est vrai que l’image était difficile à encaisser, une grève de la faim fait toujours des dégâts, il suffit d’aller voir dans des prisons françaises. Mais comme Zapata Tamayo, décédé quelques mois plus tôt des suites d’une grève de la faim dans une prison cubaine, le « héros » a reçu en permanence une assistance médicale de haut niveau et gratuite. La différence de base avec Zapata Tamayo, c’est que Fariñas a toujours eu l’intelligence de renoncer à temps à poursuivre son action ! Peut-être aussi a-t-il bénéficié de conseils éclairés de gens à qui il est plus utile vivant que mort, contrairement au malheureux Zapata Tamayo…

Isolé ? Voire ! Même quand il était « à l’article de la mort » (¿), Fariñas passait son temps au téléphone portable à donner des interviews à divers journaux étrangers… D’où tenait-il ce téléphone de haut niveau technologique ? Qui payait la facturation ?? De quoi vit-il, d’abord, lui qui ne travaille pas depuis un bout de temps ??? Et comment se fait-il que le « gouvernement dictatorial des frères Castro » n’ait pas saisi le téléphone ni expédié « l’opposant » ad patres ????

Concernant le financement des activités du récent prix Sakharov, une partie de la réponse se trouve dans une lettre adressée par Fariñas lui-même, en août 2009, à un certain Ángel de Fana Serrano, bienfaiteur de l’interessé, qui habite Miami et dont les liens avec l’organisation paramilitaire Alpha 66 sont connus. Sans parler des relations étroites de Fariñas avec la Section des intérêts US à La Havane dont on connaît les largesses vis-à-vis de « l’opposition démocratique interne »… Et les journaux de Miami publient sans états d’âme les articles du « ciberjournaliste », comme le quotidien hispanophone de Miami qui vient de publier en première page la déclaration du prix Sakharov qui affirme que ce prix récompense toute la dissidence politique cubaine…

Venons-en à la chaise vide à Stokholm, une chaise couverte d’un drapeau cubain. Fariñas ne peut pas quitter le pays ? Alors, pourquoi se laisse-t-il si complaisamment photographier avec son joli passeport ?

Et pourquoi Guillermo Fariñas a-t-il refusé il y a quelques mois à peine la proposition du gouvernement espagnol d’émigrer vers Madrid où il aurait été reçu à bras ouverts ? A-t-il vraiment dit qu’il ne voulait pas voyager de peur de ne pas pouvoir retourner ensuite dans l’enfer du goulag des Caraïbes ?

Mystère !
Et boules de gomme.

Annie Arroyo
Kubako Etxea / France-Cuba
22 décembre 2010


 
 
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Quel beau passeport !
 
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1 commentaire
  • Guillermo Fariñas ne veut pas voyager ! 25 décembre 2010 19:43, par Libertad

    Bien sur... les taules cubaines sont paradisiaques... Et les frères Castro sont de gentils animateurs. Dictateurs de droite ou de gauche manipulent les mêmes propagandes.