Décryptage de la nébuleuse médiatique autour d ela Côte d’Ivoire

Source : Ivoire Vox

Jamais crise post-électorale africaine n’aura fait couler autant d’encre, impliqué autant d’énergies, généré autant de réactions. À croire que le contentieux électoral ivoirien est unique en son genre et sans précédent, ce qui est totalement faux.

Plusieurs interrogations s’élèvent naturellement au regard de l’indignation très sélective de la soi-disant communauté internationale avec à sa tête la France de M. Nicolas Sarkozy, qui s’érige pompeusement en donneur de leçons à un pays africain, que le président français semble considérer comme un « sous-pays » encore sous sa coupole colonialiste, plus de 50 ans après les indépendances.

Dernières manœuvres en date, la stratégie d’étouffement économique d’une population ivoirienne à qui l’on veut décidément faire subir tous les maux, assorties d’une tentative d’adoucissement de l’image du poulain désigné. En effet, M. Ouattara, après avoir violemment appelé à une agression injuste et illégale contre la Côte d’Ivoire, recule maintenant de plusieurs pas pour s’aligner sur les premières propositions faites par le Président Laurent Gbagbo en proposant une « main tendue »…. Cette même main que Laurent Gbagbo lui avait tendue dès les premières heures de la crise, et qu’il avait vertement rejetée, malgré les propositions successives pour une issue pacifique faites spontanément par le président Gbagbo.

Pour rappel, nous nous interrogions dans notre édition du 4 Janvier dernier sur l’incompréhensible blocage dans lequel s’entêtait M. Ouattara : nous estimions fort surprenant que ce soit le Président qui a été légalement investi au regard de la Constitution ivoirienne, qui fasse preuve d’ouverture et de diplomatie :

- Premièrement, le Président Laurent GBAGBO a fait une première offre de discussion en « tendant la main » à Alassane Ouattara.
- Deuxièmement, le Président Laurent GBAGBO a demandé que l’on revisite les élections en mettant en place une Commission Internationale neutre.
- Troisièmement, le Président Laurent GBAGBO a demandé un recomptage des voix sous le contrôle de cette Commission neutre.
- Quatrièmement, le Président Laurent GBAGBO a souhaité s’asseoir à la table de négociation avec M. Alassane OUATTARA.

A toutes ces propositions, le camp Ouattara a opposé un non catégorique. Étrange pour quelqu’un qui se dit spolié….

Il souhaite à tout prix une action armée, qui fera couler le sang de millions d’ivoiriens et de ressortissants de la CEDEAO. Avec la hargne vindicative de M. Nicolas Sarkozy, il perd de vue le fait que depuis près de 15 ans, il est le dénominateur commun de toutes les crises ivoiriennes. Il perd de vue le fait qu’aucun de ses appels à la grève et à la désobéissance civile n’a été suivi. Il perd de vue le fait que la population ne se soulève pas pour que sa « soi-disant volonté » soit respectée.

Fait très inquiétant, depuis quelques jours, des avions déversent à Bouaké des centaines d’hommes lourdement armés, des centaines de rebelles armés ont été déposés dans les quartiers d’Abobo et Anyama et ont commencé à attaquer les Forces de l’ordre de la République aujourd’hui, faisant des morts parmi les forces armées ivoiriennes et des civils. Nos sources font état de ce qu’une intervention militaire est en cours de préparation contre la Côte d’Ivoire prévue pour la fin du mois de Janvier, avec l’appui logistique de la France.

D’une part, la solution à la crise ne viendra pas d’une attaque militaire, quelle que soit son envergure. D’autre part, il ne s’agit pas d’enlever un individu pour en placer un autre, comme dans un jeu de Playmobil...Il convient ici de rappeler ce que dit la Constitution ivoirienne :

Article 40 de la Constitution Ivoirienne

En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l’intérim du Président de la République est assuré par le Président de l’Assemblée nationale, pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l’élection du nouveau Président de la République.

L’empêchement absolu est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres.

Les dispositions des alinéas 1 et 5 de l’article 38 s’appliquent en cas d’intérim.

Le Président de l’Assemblée nationale, assurant l’intérim du Président de la République ne peut faire usage des articles 41 alinéas 2 et 4, 43, et 124 de la Constitution.

En cas de décès, de démission ou d’empêchement absolu du Président de l’Assemblée nationale, alors que survient la vacance de la République, l’intérim du Président de la République est assuré, dans les mêmes conditions, par le Premier vice-président de l’Assemblée Nationale.

La Côte d’Ivoire a des lois et une Constitution qu’il faudrait enfin que la France et ses suiveurs se décident à respecter. La Côte d’Ivoire est un état souverain au même titre que les autres pays et non leur terrain de jeux. Les ivoiriens ne sont pas dupes de la comédie médiatique qui se joue.Le voile se lève de plus en plus sur l’issue calamiteuse du second tour des élections ivoiriennes. Le contentieux électoral existe bel et bien et les fraudes avérées qui ont entaché le vote dans certaines régions du Nord du pays sont étayées de preuves irréfutables. Elles ont fait l’objet de plaintes formelles et officielles déposées par M. Gbagbo auprès des instances constitutionnelles ivoiriennes. Le camp Ouattara n’a déposé aucune plainte et de surcroît continue d’affirmer que « rien ne s’est passé au Nord »….

La Côte d’Ivoire aspire à la paix et à la justice. Nous demandons que tout soit fait pour que notre pays sorte une bonne fois pour toutes de ces crises répétées dont le seul dénominateur commun est M. Alassane Ouattara depuis plus de 15 ans.


 
 
 
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