21ème siècle, une 1ère décennie de turbulences et de désillusions.

En métaphysique comme en réalité politico-économique des sociétés, le principal antonyme à la Vérité n’est pas stricto sensu le mensonge mais l’illusion. Et, dans le contexte de manipulation et d’illusion idéologique du monde selon la ploutocratie - tel par un cynique coryphée qui déstabiliserait un orchestre d’idiots pour des sots – toute dissonance est une note, toute cacophonie est musique...

Nous voilà, ayant bouclé les premières dix années de ce qui est à la fois un nouveau siècle et un autre millénaire, au début de la seconde décennie du 21ème siècle. Pour ceux qui se rappellent les espoirs d’amélioration globale de la réalité humaine à l’entrée du 3ème millénaire de l’ère dite « chrétienne » selon les chronologues occidentaux, la déconvenue aura été abyssale et à des années-lumière des attentes. La plupart des projections de transformation et d’évolution méliorative du monde, se sont révélées illusoires. Et même, l’humanité s’annonce encore plus pitoyable dans ses misérabilismes idéologiques de maltraitance de ses membres. L’espoir d’une civilisation sinon de loisir comme dirait J. Dumazédier, mais à tout le moins d’un monde où le travail perdrait sa pesanteur besogneuse d’imposition rappelant sans cesse le tripalium en son caractère d’obligation par besoin de subsistance pour enfin épouser sa condition d’option personnelle non forcée et de démarche désirée et désirable inscrite en son destin de contributeur à l’accomplissement de soi par l’exaltation du talent, est resté inaccompli. Car le loisir lui-même industrialisé, est à sa base produit des servitudes du travail, et son idéologisation, en fait une arme d’aliénation des populations qui entrave l’aspiration à un otium sain et élévateur. Tout comme l’envisagement d’une ère de paix sur la terre et de respect réciproque à l’intérieur des sociétés, entre les états et des alterhumanités, subit aujourd’hui plus qu’hier, les affres ravageuses de la désillusion.

L’Altermondialisme louable sur le plan planétaire comme conscience et regard alternatif mais limité dans son action à l’intérieur des états, semble avoir été affaibli à la guerre d’usure livrée à lui par le capitalisme protéiforme en cours et aussi sa propre difficulté à élaborer une révolution populaire planétaire, sans oublier la puissance pernicieuse des médias de l’asservissement entre les mains des quelques riches exploitant et détruisant ce monde, qui, par leurs émissions et messages, à grands coups d’amusements débilitants, imposent la doctrine des ploutocrates prédateurs de la planète.

Toutefois, porteurs d’une parole désaliénante, dans le même temps, les médias alternatifs ont fait une entrée remarquée dans l’espace de l’information du public et le dévoilement de certaines vérités sociopolitiques et économiques gardées cachées ou édulcorées par la presse classique.

Terrorisme, guerres, maladies et catastrophes.

Le démon qui hantait les capitalistes du début du vingtième siècle portait un nom idéologico-systémique : le communisme ; celui qui agite, obnubile par toutes sortes de coliques, les empires plus ou moins déchus, décomposés, débilités du début du 21ème siècle, est un fantôme auquel les idéologues et politiciens donnent corps selon les besoins de guerre et d’intervention de leur hégémonie : le terrorisme. Dès la toute première année du siècle et millénaire nouveau, les attentats du 11 septembre 2001 dont ne sait toujours pas vraiment hors de tout doute raisonnable, de qui ils sont, ont en quelque sorte, donné le ton au tourment et à la violence de certains états contre d’autres, violence qui allait se maintenir pendant toute la première décennie et se poursuit encore dans son escalade au moment où je rédige ce billet. Les guerres terriblement meurtrières du siècle écoulé étaient d’abord intercapitalistes (souvent intercolonialistes) entre des puissances économiques et militaires qui cherchaient à maintenir ou acquérir la préséance sur le monde ou une région (ce fut le cas des deux grandes conflagrations mondiales hormis l’invasion nazie dite Barbarossa en Urss où nazis et alliés s’entendaient pour la destruction du bolchevisme par les troupes hitlériennes) ; ensuite entre les deux blocs capitaliste et socialiste par pays interposés après 1945, selon une géostratégie clairement idéologique. D’où, la prégnance de la violence restait clairement une affaire étatique idéologiquement assumée. Aujourd’hui, c’est plutôt le déni idéologique et l’avènement des états agresseurs comme au temps des hordes antiques ravageuses de cités, tirant conséquence d’un prétendu terrorisme pour assouvir leur instinct de bellicistes, leur rage de tueurs, leur frénésie haineuse contre des pays désignés voyous dans la rhétorique impérialiste criminelle et désinformante des nouveaux colons aux besoins d’une géostratégie inavouable.

Le monde retourne, tout simplement, par une sorte d’involution idéologique, à l’âge des invasions primitives dotées néanmoins d’armes industrielles ultra sophistiquées et radioactives telles les bombes à uranium appauvri. D’ailleurs, les armées elles-mêmes deviennent des espèces de groupe de mercenaires qui ne défendent aucune cause, une bande de militaires petits-bourgeois grassement payés pour intervenir occuper et exterminer s’il y a lieu, des populations désarmées. L’on comprend que des armées non nationales mais vendeuses de services guerriers font de plus en plus émergence sur l’échiquier de la violence autorisée. Force est aussi de remarquer que l’Afghanistan, l’Irak, pays agressés, occupés, n’ont point connu de guerre récente et actuelle, sinon qu’une lâche invasion des coalitions occidentales appelant d’abord au désarmement de leurs envahis avant de les bombarder puis de piller (on connaît la mise à sac, la destruction des structures et l’émiettement de l’Irak post-Saddam avec tous les milliards rapportés par cette « guerre » à la clique de Bush et à d’autres tenants de l’establishment étasunien, sous prétexte de terrorisme).Toutefois, nous disons clairement ici que le vrai terrorisme quel qu’il soit, doit être terrassé, lavé et détruit. Sauf qu’il faille que ce ne soit pas de la bêtise politique des états, utilisant la peur et l’insécurité pour imposer l’empire de quelques profiteurs du malheur. Car les massacres militaires occidentaux, la persécution idéologique, le génocide économique, l’extermination sociopolitique du droit à l’autodétermination des peuples sont tout autant et plus terroristes que les impardonnables ignominies sanguinaires islamistes perpétrées crapuleusement contre d’innocentes gens. Il faut libérer le monde des abominables déchets du fanatisme religieux faisant ignoblement d’innocentes victimes sous prétexte de défendre leur cause mais cesser également l’infâme terrorisme militaire, économique et politique d’une poignée de pays nantis impérialistes contre la planète entière.

Hélas ! nous savons d’expérience, que le sang versé des souverains avec la complicité passive de leurs sujets, reste dans l’histoire pour écrire leur gloire et que le crime le plus terrible, le plus ignoble commis par les puissants et les vainqueurs, finit par devenir prouesse historique voire héroïsme sous la plume des exaltés, des nationalistes, des ethnocentristes faussement dits patriotes !

Catastrophes – maladies - environnement…

Outre le tsunami d’Indonésie et le séisme d’Haïti, tous deux fléaux vraiment naturels décimant des populations, le début du 21ème siècle aura révélé aussi le comportement de la nature abusée qui rebondit contre l’homme en mésusant. Le déboisement effréné, le réchauffement planétaire dû à l’activité industrielle sont en effet désignés comme responsables de la violence sans précédent des catastrophes climatiques et atmosphériques : l’ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans a eu le lugubre mérite d’un éclairage douloureux mais fort sur les conséquences dudit réchauffement planétaire tout en ayant montré le faciès hideux du capitalisme étasunien qui, éhonté, garde chez lui de véritable ghettos de misères humaines, pires que les bidonvilles des pays les plus pauvres. Une légion d’autres cas de sécheresses, d’inondations comme en Australie, de feux de forêt affectant jusque les villes comme tout dernièrement Moscou, sont autant de cris de la nature en réaction aux excès humains et modes de production la déstabilisant, bousculant son cours normal. Outre cela, le fléau de la pollution des composantes de la planète (air, sol et mer) menace de mille déséquilibres qui risquent d’agresser la vie voire la détruire. Nous devons également parmi le mal-être du régime de vie en société capitaliste où la malbouffe et le stress dévorent l’homme de mille maladies métaboliques et cardio-vasculaires, signaler la malédiction pathogène souvent cancérigène des pesticides chimiques dangereux et leur coïncidence avec une terrible épidémie de cancers dans des pays industrialisés où ce fléau atteint les plus de 40%, près de 50% des populations. À cela, l’enrichissement éhonté des big pharma passant par une médicalisation exagérée et l’administration massive de médicaments créant de l’assuétude chez des malades ou prétendus tels, rendus comme dirait Ilitch, patients à vie. Il ne faut pas négliger non plus les hormones dont on nourrit le bétail et la manipulation du vivant, les fameux transgéniques qui - selon certaines sources - sustentent sinon directement les hommes mais certaines bêtes dont nous mangeons la chair, le risque d’extension de la carburation végétale faisant craindre la faim par la soustraction des denrées utilisées comme carburant à l’alimentation des populations, augurent d’abyssales terreurs de santé personnelles et publiques pour les natifs de ce siècle. Nous reviendrons, un autre jour, aux maladies d’un système iatrogène et des retombées nosocomiales de ses structures de rection.

Pour étendre notre regard sur la férocité du capitalisme pollueur et meurtrier de ce début de siècle et de millénaire, fait tellement grave et menaçant du monde d’aujourd’hui, événement méphitique, nauséabond de ce début de siècle, la marée noire de la British petroleum qui montre éloquemment l’inféodation totale de l’État aux grandes compagnies pollueuses. Quant à Bp, les niaiseries de plaintes contre elle, ne sauront jamais réparer toutes les vies océaniques qu’elle aura détruites et les conséquences non encore connues de ses retombées. Dans une société où c’est le particulier qui est pénalisé, devant payer le moindre sachet de plastic issu de résidu pétrochimique comme le font désormais les super marchés, ce qui est encore un financement des riches par les travailleurs et les pauvres, l’écocide et le géocide sont devenus chose autorisée et rentable pour les ploutocrates. Nous sommes en plein dans le fameux « capitalisme vert » dénoncé par les défenseurs authentiques de l’environnement.

Toutefois, pour reparler de l’altermondialisme, malgré la conscience planétaire qu’il mobilise contre toute mondialisation, malgré ses puissants combats, ses mérites indéniables, il demeure encore prérévolutionnaire et doit trouver la voie du déclic spécifique aux états, de l’incursion intranationale pour devenir révolutionnaire. Il lui manque la tétralogie idéo-active, ce que j’appelle les quatre idéo-praxis de la révolution authentique que nous rappelons ici et qui s’édicte comme suit :

1) la critique du statu quo

2) la proposition d’un nouvel ordre viable et applicable en mode de substitution

3) la démonstration de la méliorativité de ladite substitution

4) l’indication d’une stratégie réaliste d’implantation du nouvel ordre de substitution proposé.

Hécatombe et déshumanisation me paraissent le double faciès, le revers duel sans avers du monde de ce siècle en cours. Tout se joue par les frilosités et frénésies du capitalisme nord-américain et européen face aux autres grands pôles d’économie de marché asiatique et sud-américain. Et aussi la sorte de colique narcissique et raciale provoquée par la récupération puis la supplantation par la Chine de l’occident morveux. Un monde entre les mains de grossiers décideurs, d’aigris fonctionnaires qui mouchent leur salissure dans la gestion sociale et excluent tous ceux qui ne sont de leur coterie.

Quant à la planète physique, elle se rebelle par catastrophes multipliées en nombre et intensité. La gravité de la plupart des terreurs naturelles qui frappent les coins du globe, dont plusieurs sont conséquence de l’activité humaine industrielle et autre, rappellent que l’irrespect de la Terre-mère peut en faire le tombeau de l’humanité, tandis que de soi disant scientifiques affairistes et stipendiés vendent l’imbécile rêve de déménager vers une hypothétique exoplanète qui, même dans l’énormité de l’ineptie soutenant cette hypothèse, naturellement, serait l’apanage des grands riches propriétaires d’industries pollueuses.

De l’illusion capitaliste passant du féodalisme au colonialisme puis à l’impérialisme jusqu’au libéralisme frileux et sélectif d’aujourd’hui, où le pôle économique occidental qui a imposé le néolibéralisme au monde, condamne les propensions de tout autre à la libéralisation véritable du commerce tel aujourd’hui les États-unis contre la Chine, le capitalisme est le système de toutes les illusions. Illusion de la propriété lorsque la majorité des soi disant propriétaires est liée par la dette du crédit toute la vie, illusion du bonheur par l’accumulation, illusion de l’être par l’avoir. Quoi de plus puéril !

Moins des enfants que des gorets espiègles de leur propre boue, que ces hommes de la civilisation hypermatérialiste et financiariste !

En me rappelant Frege et sa logistique, je me prends à découvrir la double occurrence contradictoire du mot enfantin : la pureté innocente avec sa grâce ingénue ou la grossière naïveté de l’immaturité d’un adulte dont l’âge mental et les actes sont indignes de l’âge chronologique.

Nous sommes au temps de la barbarie souriante des hégémonistes où les minus héroïsés, gnomes présidents et premiers-ministres, myrmidons pour la plupart sans vision ni grandeur d’esprit, dont l’èthos si peu humain réduit le monde en géhenne immolatrice des valeurs. Ils sont cloîtrés dans les bornes de leur petite existence de paltoquets complexés et n’ont même plus la finesse du politique, et leur sphère se réduit à leur coterie et aux quelques patrons qui financent leur élection et de toute façon, maîtres de l’ordre économique, qui leur dictent leur action. Tout pour eux est exclusion et en crapules mesquines, ils excitent le populo à haïr l’humanité et conspuer les hommes de valeur, eux qui se complaisent dans leur méchanceté de malandrins arrivistes. On est loin de l’atticisme littéraire, l’Antiquité hellénique où malgré leurs cités éponymes, malgré leur toponymie, certains penseurs évolués se proclamaient citoyens du monde.

Etats-unis-Amérique latine, avancée révolutionnaire et coups d’État.

L’esthétique poético-dramatique des Sophocle, Virgile et Eschyle qui, entre autres, ont enfanté la littérature et la philosophie occidentale, pour avoir pris la relève en synthétisant les richesses et héritages des civilisations précédentes telles l’égyptienne et la mésopotamienne, savait que le monde n’avait pas de centre « racial » ou ethnique et laissait l’agressivité prédatrice aux cerbères bâtés du pouvoir..Toutefois, je dis qu’aujourd’hui, nous devons reprendre le pouvoir aux cerbères de l’économie et aux immondes politiciens les servant en leur soumettant l’État, car ils ont l’obsession tueuse de la domination et sont criminels compulsifs contre les peuples et la planète…

L’antagonisme nord-sud a pris un autre tournant après la chute du bloc soviétique et l’avènement d’un monde multipolaire. Au 21ème siècle, le nord se fait représenter par ce qu’ils appellent eux-mêmes par manière d’euphémisation idéologique « communauté internationale ». Communauté Interventionniste constituée de colons et d’impérialistes des puissances occidentales le plus souvent ex coloniales usant des organismes internationaux, qui arbore la pire impudence dans son attitude vis à vis des mouvements populaires latino-américains, décriés à tort comme populistes lorsqu’ils rejettent la « démocratie » ploutocratique des États-Unis et de leurs alliés. C’est en fait, de la moralité sélective, de la schizophrénie politique que d’être simultanément exterminateur pillard et moralisateur de charte ! Dans la lignée du castrisme, selon leur propre réalité, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua s’organisent dans leur propre communauté économique et l’Alba est un modèle de souveraineté sud-sud parmi des états qui résistent et ressurgissent désormais, malgré toutes sortes de persécutions crapuleuses des impérialistes et de leurs suppôts, et esquissent leur remontée de l’abîme nord-américain creusé à leur destin. Une véritable catharsis après les traumatismes historiques infligés par les « gringos » aux 19ème et 20ème siècles. Néanmoins, un retour en arrière semble se dessiner, la résurgence de la logique du coup d’État militaire appuyé par les Etats-Unis. Les cas respectivement raté contre Chavez et réussi contre Zelaya, plus que probants en l’occurrence, sont terriblement inquiétants quant à cette nouvelle imminence de l’immonde atavisme politique étasunien contre tout pouvoir progressiste aux Amériques.

Quant au Proche-Orient, il demeure la scène de l’immanquable conflit israélo-arabe : les interventions et horreurs du Tsahal à Gaza, la colonisation de Jérusalem, les frappes contre le hezbollah libanais illustrent bien le bellicisme nationaliste sioniste derrière elles. Bellicisme qui n’est pas un fait juif mais la politique d’extrémistes grivois accaparant le pouvoir avec l’appui de racistes impérialistes internationaux d’horizons divers. Nous pouvons néanmoins être certains que la juste résistance implacable du peuple palestinien et la puissante sophia juive millénaire motivant ses tenants silencieux (car on laisse surtout s’exprimer les extrémistes, pas les sages) finira un jour par bannir du pouvoir l’extrémisme et le bellicisme comme méthode politique internationale et forcer le respect au droit territorial et global des palestiniens tout en créant un climat de paix entre Israël et ses voisins. Ce n’est qu’une question de temps.

Crise économique, misère, écocide,

Un constat révoltant, malgré tout l’ostentation de richesse et de gaspillage par les minorités les plus cossues, plus des deux tiers de l’humanité et la plupart des pays, végètent dans la « pauvreté » programmée par des institutions internationales occidentales, de concert avec les classes putréfiées du pouvoir local... Une paupérisation qui est aujourd’hui pas mal présente dans les grandes villes du nord. Par ailleurs, la crise économique déclenchée par les excès de spéculations financières et bancaires, volontairement aggravée par quelques banquiers étasuniens et occidentaux séquestreurs d’État, plus filous que d’autres, a été et continue d’être payée par les peuples qui ont tout bonnement accepté d’en coltiner le faix s’accusant du péché de leurs maîtres économiques par l’appauvrissement, l’endettement, le crédit et l’inflation dans la nouvelle féodalité du monde. L’État, en enrichissant encore et encore les coupables par l’argent des contribuables, chose paradoxale car nul coupable n’est logiquement censé être rémunéré pour ses forfaits avérés, s’y est manifestement montré propriété privée des puissants banquiers et banques privées qui exploitent et paupérisent les peuples...

Toujours est-il, malgré le contraire étalé dans la grande presse alignée, le monde, littéralement devenu un marché d’actions par anticipation et de crédits exponentiels, se vautre dans une crise multiple à côté de celle économique née de l’extrême financiarisation de l’économie mondiale dite néolibérale. Une crise dont les abîmes et conséquences funestes sont loin d’être atteints et dont l’issue est difficilement prévisible.

Ailleurs, la confirmation de nouveaux pôles économiques et politiques, se dessine en une redéfinition de la géopolitique planétaire. Géopolitique qui n’est pas sans conflit selon les heurts géostratégiques qu’elle implique vu la percée de la Russie dans le giron de l’économie de marché, s’affirmant puissance économique émergente tout en demeurant superpuissance militaire, la Chine qui court vers le sommet mondial de l’économie, sans oublier les puissances moyennes comme l’Iran qui, par son alliance avec des puissances amies, sa maîtrise industrielle et savoir-faire scientifique et nucléaire, sa préséance religieuse régionale laquelle, quoique critiquable, constitue régionalement de vrais remparts antioccidentaux. Dans cette mêlée, les cas de l’Inde et du Brésil passé huitième économie mondiale, sont à remarquer malgré leur liaison avec l’occident, car ils cherchent une autonomie diplomatique au sein de l’Onu et assument un leadership de puissances nouvelles, qui, certainement, relativisera et commence déjà à relativiser l’importance des puissances traditionnelles dont certaines perdront carrément leur statut.

Culture populaire et folklorisation de la politique.

Côté culturel, sous prétexte de refuser l’élitisme, on semble sombrer de plus en plus dans le règne de la populace. L’art d’élite faussement dénoncé élitiste et qui devrait être porté aux peuples pour les élever de leurs goûts non éduqués, est écarté au profit de la démographisation massive et en série de productions pour la consommation rapide. C’est, sur le prototype du fast food, ce que nous nommons du « fast art entertainment ». Et la politique s’en ressent avec une avalanche d’amuseurs publics niais, votés massivement et personnellement enrichis à travers une dangereuse dérive du sérieux dans le scénique. Politique-spectacle et mort de l’homme politique par l’intrusion des politicards clownesques. Le populisme culturel, lançant ses bateleurs investis, ses saltimbanques littéraires et cinématographiques en guides d’opinion, c’est l’encanaillement invasif de l’espace public. Et l’esbroufe et la frime médiatique exhibitionniste remplaçant la profondeur, toutes les dégénérescences humaines et surtout platement bestiales prennent leur extension dans un milieu social délétère.

Ah ! Vraiment comme dirait Einstein : « la bêtise humaine est infinie comme l’univers » ! La politique volontairement démagogique, populacière de l’État rendu simple bras des oligarchies financières et bancaires, n’ayant plus de limite dans sa perfide substitution à la suprématie de l’État-Nation et sa corruption de la démocratie, la gesticulation grimacière des politicailleurs venant parfois directement des abîmes du showbiz, se substitue à tout flambeau d’élévation, et dévoile la pesante bêtise et déchéance comme seule face de la société de ce temps, temps d’illusion de vie dans ce qui est en fait du lent suicide espéciel, de l’homophagie comme effigie de l’humanité en dénaturation dans un monde triplement malade des trois assuétudes régnantes :

a) la dépendance à l’argent et à la consommation

b) la dépendance aux drogues et aux médicaments

c) la dépendance à la sexualité ou au sexualisme.

En terminant ce premier article sur la décennie écoulée, je dois signaler que la seconde décennie commence au moins avec un joli pavée dans la marre corrompue du monde : cette révolte qui vient de faire fuir le kraken Ali. En ce début d’année 2011, la première de la seconde décennie du siècle, de nombreux remous politiques par des révoltes populaires donc, comme en Tunisie et ailleurs au Maghreb et dans d’autres pays arabes tels l’Égypte, le Yémen, prouvent que les peuples sont encore en lutte et que l’histoire bouge au feu des antagonismes et des exigences de dignité humaine. Quoique, il faille aux peuples, disons-le ici sans détour, trouver les structures de la libération pérenne les préservant des récupérations de leur geste par les multiples et sempiternels despotes des majorités et minorités marginalisées, l’actualité maghrébine est une pénombre dans les épaisses ténèbres politico-économiques de la planète, qui prouve que malgré la zombification quasi-totale de certains peuples passifs en pays soi disant démocratiques où ils sont esclaves de quelques banquiers et industriels commerçants sans le comprendre, des jeunes de la périphérie continuent de croire à un monde moins toxique et moins répressif.

Nous promettons deux autres articles pour compléter le survol analytique initié en ce texte. Pour l’heure, la question est celle-ci : les majorités souffrantes et minorités ostracisées, sauront-elles jamais créer les structures pérennes de la libération ? Les peuples, en ce nouveau siècle, peuvent-ils ou pourront-ils se donner les moyens de leur liberté ? C’est à tous ceux qui croient à la liberté, de projeter et d’entreprendre la fondation des possibles !

Et, dans cette inversion du sens et de tout, dans ce monde tristement à l’envers, les ordures triomphantes se croient intelligentes et pensent même que ceux qui vivent dans la marge par répugnance de leur saleté institutionnalisée et gouvernante, sont des faiblards ou des fous !

L’illusion d’humanité voire de surhumanité des monstres prédateurs à la fois moralisateurs et juges, fait si souvent oublier que nul n’est sur terre pour jouer les conquérants de l’humanité mais que chacun a le devoir ontologique d’être un conquérant d’humanité, le conquérant inlassable de son humanité.

Dans un monde en grave crise et déficit d’humanité, qui refuse d’ouïr les appels tout simples de l’Esprit-Hypostase, Essence Divine et Humaine en l’Homme, et préfère faire bruire les fuseaux des violences matérialistes, exterminatrices de l’économie idolatrée et de l’argent-dieu, disons narquoisement : vive la bêtise magnifiée, vive l’infrabestialité en odeur de sainteté !

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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